On donne à un homme un coursier de Sardie pour le récompenser immensément. On lui en donne quatre ou cinq pour l'élever au-dessus de ses pairs, lui faire tutoyer l'élite - et lui valoir la jalousie, parfois mortelle, de ceux qui montent les chevaux des steppes. L'impératrice consort du Tagur venait de lui accorder deux cent cinquante chevaux célestes. À lui, Shen Tai, fils cadet du général Shen Gao, en reconnaissance de son courage, de sa dévotion et de l'honneur rendu aux morts de la bataille du Kuala Nor. On me tuera pour s'en emparer. On me réduira en charpie pour mettre la main sur ces chevaux avant même que j'aie regagné la capitale. » Deux cent cinquante sardiens, introduits par son entremise dans un empire qui éprouvait pour ces montures un désir insatiable, qui gravait à leur image des blocs de jade et d'ivoire, qui associait les mots de ses poètes au tonnerre de leurs sabots mythiques. Le monde vous offre parfois du poison dans une coupe incrustée de pierreries, ou alors des présents stupéfiants. Il n'est pas toujours facile de distinguer l'un de l'autre.
Il est une forme de fantasy dont le Canadien Guy Gavriel Kay est le maître incontesté. Entre la Provence médiévale de La Chanson d'Arbonne, l'Espagne de la Reconquista des Lions d'AI-Rassan, l'empire byzantin de La Mosaïque de Sarance, il revisite l'histoire sous une coloration fantastique et l'imprègne de son lyrisme mélancolique si particulier Les Chevaux célestes s'inspire de la Chine du VIle siècle sous la dynastie des Tang.
Cadeau empoisonné s’il en faut. Suite à ça, Shen Tai va devoir se protéger car de nombreuses tentatives d’assassinat vont être lancées contre lui. Qui peut bien lui en vouloir pour chercher à l’assassiner. La liste est longue et la route sera remplie d’embûches.
Une mystérieuse confrérie de guerriers : les Nankins lui viendront en aide. Ils sont payés par de puissants personnages pour le protéger. A savoir aussi, que Shen Tai a, plus jeune, subi leur formation pour ensuite s’engager dans l’armée, puis suivre des études pour passer les concours pour devenir mandarin. Il a de multiples formations qu’il n’a jamais terminées mais qui en font un homme cultivé et courageux, habile aux armes.
Ce roman est aussi un prétexte à nous faire connaître la Chine des Tang au Haut Moyen-Age chinois. Les guerres, la vie à la cour impériale, les intrigues, les assassinats, la vie des courtisanes, des étudiants nous sont racontés à travers la plume de Guy Gavriel Kay.
On s’attache aux différents personnages qui gravitent autour de Tai, entre autre Wei Song, une Nankin déléguée à sa protection, son ami poète Sima Zian, sa sœur Li-Mei devenue princesse impériale, son premier amour Bruine de printemps source de haine entre lui et Wen-Zou le premier ministre, L’empereur Taizu, l’héritier Shinzu et tant d’autres. Tout est lié, les intrigues sont nombreuses mais elles font avancer l’histoire et les dynasties au fil des manigances et des profits. Un jeu d’échecs où chaque coup est prévu largement à l’avance.
Entre romance et narration historique on se laisse prendre au jeu. L’auteur y mélange les héros fictifs et réels. Dommage qu’il ait changé les noms des vrais protagonistes, il est plus compliqué de s’y retrouver. Plusieurs recherches sont nécessaires.
Je ne suis pas très connaisseuse de l’histoire chinoise, il faut dire qu’ils ont près de 4000 ans d’histoire, mais je veux bien apprendre de cette façon là. J’apprécie toujours autant ce genre d’apprentissage à travers les romans. Surtout aussi bien écrit que les romans de Guy Gavriel Kay.
A très bientôt avec la suite.


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