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jeudi 9 juillet 2026

Yawaruma (Laure Billoët)




Il y a des mondes dont on ne revient pas indemne, même vivant on en revient transformé.
Quand l’avion s’écrase au cœur de la forêt amazonienne, elle pense avoir tout perdu, sa famille, son monde et son avenir mais la forêt ne tue pas toujours, parfois elle observe et parfois elle choisit.
Elle apprendra que dans la jungle, chaque pas engage une dette et que chaque choix a un prix. Les décisions ne concernent plus seulement la survie, mais l’honneur, la transmission, et ce que l’on accepte de sacrifier pour protéger les siens.
Entre civilisation et forêt, violence et solidarité, Yawaruma raconte l’apprentissage d’une jeune fille devenue femme, dans un monde où rester humain est peut-être l’acte le plus courageux.




La forêt amazonienne…. Un crash d’avion, la peur, l’angoisse, le sang tout concourt à mette l’héroïne en situation de dépendance. De plus deux jeunes enfants l’accompagnent, s’accrochent à elle. Elle, la toute jeune fille va devoir affronter pour eux trois, un voyage qui ne la laissera pas indemne.

Sa rencontre du début avec un indien charismatique qui va les guider, les protéger et les aider est le début d’une aventure qui la laissera à tout jamais changée.

Il y a l’héroïne dont on ne connaît pas le nom, mais il y a aussi la forêt amazonienne, une présence envoûtante, vivante, qui est remplie à chaque pas de dangers diffus, d’animaux,de plantes, l’ambiance étouffante et angoissante.

Elle est un personnage en elle-même. L’homme ou la femme qui s’y trouve doit prouver sa valeur mais surtout son appartenance à ce milieu.

L’héroïne devra affronter de multiples situations pour s’y faire une place. Et quelle place !!!

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman, à la fois envoûtant, effrayant mais si beau. Il nous raconte les tribus disséminées qui vivent en harmonie avec la nature et la faune. La place du chamanisme, des soins avec les moyens mis à disposition par la nature. Et ce sentiment diffus que rien n’est acquis, tout est affaire d’appartenance, de respect de l’autre et de l’environnement.

Et bien sûr on y voit les prédateurs, les autres qui viennent pour envahir, détruire au nom d’une certaine modernité.

Très belle découverte, j’ai beaucoup apprécié le style, vif, envoûtant et percutant.

jeudi 2 juillet 2026

Eren Stanford – L’héritage (Constantin Tsuvaltsidis)




Depuis plus de mille cinq cents ans, le vaisseau Eureka traverse l’univers, défiant les lois de l’espace-temps et les frontières de la réalité. Chaque saut l’éloigne un peu plus de la Terre, chaque distorsion redessine le monde qu’il laisse derrière lui. Lorsqu’il revient dans l’orbite de Gaïa (EXP123), une exoplanète au passé énigmatique, c’est toute la destinée de l’équipage qui vacille. Au centre de cette mission : Eren Stanford, xénologue d’exception, héritière d’une ancienne lignée sacrée marquée par un legs qu’elle n’a jamais choisi.
Entre technologies interdites, héritage génétique, mémoire enfouie et conflits spirituels, Eren s’avance sur un territoire où la science rencontre le mythe, où l’exploration se transforme en quête intérieure. Tandis que l’Eureka fait face à des choix décisifs, la jeune femme devra affronter ce qui la lie à Gaïa… et à son propre passé.
Un roman de science-fiction dense et immersif, mêlant space opera, exploration interstellaire et destin individuel, où le voyage devient autant cosmique qu’intime.



Une envie de space-opéra, je me lance dans la lecture de ce roman proposé par Librinova pour le mois de juin.

Le lecteur se retrouve à bord de l’Euréka, vaste vaisseau qui à la suite d’un premier voyage dans l’hyper-espace fait un bon dans le temps qui les prive de tout repère lors de leur retour sur terre. Le temps pour eux n’a duré qu’une semaine mais sur Terre il s’y est passé plusieurs dizaines d’années qui les ont privés de tout ce qui s’apparentait à leur famille et parenté. Les hommes et femmes de l’Euréka se retrouvent donc à voyager en permanence encore plus loin dans l’espace et dans le temps.

1500 ans plus tard en temps réel, ils reviennent sur l’orbite de Gaïa de part la volonté du Major Eren Stanford. Ou plutôt c’est l’esprit et la personnalité d’une autre entité qui l’y conduit. Une mission doit s’accomplir pour le bien de l’humanité.

Je dois dire que j’ai eu un peu de mal à adhérer à la narration, les phrases sont soit dans un langage soutenu soit dans un langage plus que familier. Les notions scientifiques me semblaient incompréhensibles, le fait est que je n’ai jamais été très fan de physique et notion de l’espace. Il n’empêche que l’idée du roman en elle-même est pas mal, deux esprits dans une même personne, une planète plus qu’énigmatique, une population qui a une langue très ressemblante à celle de la Terre d’origine, un monde médiéval avec des notions de magie. Une armée de femmes guerrières au service d’une mystérieuse princesse Illiane qui semble avoir des affinités et similitudes avec la Major Eren Stanford.

Il y a de l’action, mêlée à du mysticisme, à une pointe de magie, des notions scientifiques avec bataille dans l’espace entre belligérants venant de la Terre et l’Euréka, tout ça sur fond de dictature sur Terre. La religion s’en mêlant on y trouve aussi beaucoup de fanatisme.

J’ai bien aimé les personnages principaux Eren, sa gardienne Jo Rodriguez, les guerrières de Gaïa. C’est foisonnant mais un peu trop confus dans les explications reliant Eren et Illiane. On a l’impression de naviguer dans un monde sans repère.

Donc une lecture en demi-teinte. De l’humour, de l’amitié et de la franche camaraderie entre les différents personnages mais un manque de
compréhension dans les différents enjeux qui ont mené à la conclusion.

mardi 2 juin 2026

Ce qu’il reste de toi et moi (Lylian et Sophie Ruffieux)




Armelle et Entso sont en couple depuis 15 ans. Un travail, des enfants, une petite maison dans la banlieue parisienne. Les jours passent et se ressemblent pour ce gentil couple qui a tout et rien pour être heureux. Lors d'un moment intime, une conversation s'engage, les reproches pleuvent, la crise éclate. Fin de partie.

Armelle et Entso, l'histoire d'un couple qui a tout et rien pour être heureux. De leur rencontre passionnée à la lassitude d'un quotidien rythmé par les enfants, le travail, la routine... leur couple s'effondre lentement, et la séparation devient la seule issue pour Armelle. Éloignés mais ensemble, Armelle et Entso vont explorer ce qu'il reste d'eux et peut-être se donner la chance de se rencontrer à nouveau. Une histoire singulière mais universelle.

115 pages




C’est une belle histoire d’Armelle qui vient de sa Bretagne natale et d’Entso originaire de Madagascar. Elle démarre sur les bancs de l’université de lettres. Ils sont jeunes, amoureux, plein de rêves, de désir. Ils se découvrent, s’aiment et fondent une petite famille avec tout d’abord un garçon, Arthur puis une petite fille Madina. L’amour est là, Armelle se créer sa petite boutique d’antiquaire, Entso, lui se cherche entre les petits boulots et l’écriture de son livre qui lui prend tout son temps. Où trouver le temps de vivre pleinement sa vie familiale avec sa femme et les enfants ?

J’ai adoré cette Bande-dessinée. Elle retrace bien le parcours d’un tas de couples. La jeunesse, la rencontre, la passion, l’amour, l’installation et la création d’une famille et le temps qui passe. Qui bloque, qui lasse bien que l’amour soit toujours là. Chacun cherche son chemin malgré tout et puis ….

J’ai aimé la structure de cette BD, une première partie toute en images, sans écrits et pourtant on ressent tout. La dessinatrice a su bien rendre la rencontre et l’amour d’Armelle et Entso.

Puis la seconde partie il y a dessins et dialogues. Le ressenti de chacun est exprimé à la fois par l’image et les mots. C’est ainsi en alternance jusqu’à la fin.

Les couleurs toutes douces magnifie le dessin et le ressenti. On y voit le quotidien des amoureux, leur séjour en Bretagne sur l’île de Sein quand le père d’Armelle décède. C’est beau, c’est touchant.

Très belle histoire qui m’a fait ressentir beaucoup d’émotions. Je vous la recommande.

Merci à Babelio et les éditions Soleil pour cette masse critique et pour cette très belle découverte.

Les chevaux célestes (Guy Gavriel Kay)




On donne à un homme un coursier de Sardie pour le récompenser immensément. On lui en donne quatre ou cinq pour l'élever au-dessus de ses pairs, lui faire tutoyer l'élite - et lui valoir la jalousie, parfois mortelle, de ceux qui montent les chevaux des steppes. L'impératrice consort du Tagur venait de lui accorder deux cent cinquante chevaux célestes. À lui, Shen Tai, fils cadet du général Shen Gao, en reconnaissance de son courage, de sa dévotion et de l'honneur rendu aux morts de la bataille du Kuala Nor. On me tuera pour s'en emparer. On me réduira en charpie pour mettre la main sur ces chevaux avant même que j'aie regagné la capitale. » Deux cent cinquante sardiens, introduits par son entremise dans un empire qui éprouvait pour ces montures un désir insatiable, qui gravait à leur image des blocs de jade et d'ivoire, qui associait les mots de ses poètes au tonnerre de leurs sabots mythiques. Le monde vous offre parfois du poison dans une coupe incrustée de pierreries, ou alors des présents stupéfiants. Il n'est pas toujours facile de distinguer l'un de l'autre.
Il est une forme de fantasy dont le Canadien Guy Gavriel Kay est le maître incontesté. Entre la Provence médiévale de La Chanson d'Arbonne, l'Espagne de la Reconquista des Lions d'AI-Rassan, l'empire byzantin de La Mosaïque de Sarance, il revisite l'histoire sous une coloration fantastique et l'imprègne de son lyrisme mélancolique si particulier Les Chevaux célestes s'inspire de la Chine du VIle siècle sous la dynastie des Tang.




Les chevaux célestes sont pour les chinois de l’époque Tang, des montures hors pair qu’ils envient farouchement. C’est le royaume de Tagur qui les possèdent. Hors Shen Tai, fils cadet d’un général décédé va se retrouver au centre d’un vaste défi quand, en récompense de son courage et de son abnégation à enterrer les morts d’une vaste scène de bataille, il va recevoir 250 sardiens, c’est à dire des chevaux Ferghana, chevaux racés, résistants et puissants. Des chevaux de guerre qui peuvent changer la donne lors d’un conflit.

Cadeau empoisonné s’il en faut. Suite à ça, Shen Tai va devoir se protéger car de nombreuses tentatives d’assassinat vont être lancées contre lui. Qui peut bien lui en vouloir pour chercher à l’assassiner. La liste est longue et la route sera remplie d’embûches.

Une mystérieuse confrérie de guerriers : les Nankins lui viendront en aide. Ils sont payés par de puissants personnages pour le protéger. A savoir aussi, que Shen Tai a, plus jeune, subi leur formation pour ensuite s’engager dans l’armée, puis suivre des études pour passer les concours pour devenir mandarin. Il a de multiples formations qu’il n’a jamais terminées mais qui en font un homme cultivé et courageux, habile aux armes.

Ce roman est aussi un prétexte à nous faire connaître la Chine des Tang au Haut Moyen-Age chinois. Les guerres, la vie à la cour impériale, les intrigues, les assassinats, la vie des courtisanes, des étudiants nous sont racontés à travers la plume de Guy Gavriel Kay.

On s’attache aux différents personnages qui gravitent autour de Tai, entre autre Wei Song, une Nankin déléguée à sa protection, son ami poète Sima Zian, sa sœur Li-Mei devenue princesse impériale, son premier amour Bruine de printemps source de haine entre lui et Wen-Zou le premier ministre, L’empereur Taizu, l’héritier Shinzu et tant d’autres. Tout est lié, les intrigues sont nombreuses mais elles font avancer l’histoire et les dynasties au fil des manigances et des profits. Un jeu d’échecs où chaque coup est prévu largement à l’avance.

Entre romance et narration historique on se laisse prendre au jeu. L’auteur y mélange les héros fictifs et réels. Dommage qu’il ait changé les noms des vrais protagonistes, il est plus compliqué de s’y retrouver. Plusieurs recherches sont nécessaires.

Je ne suis pas très connaisseuse de l’histoire chinoise, il faut dire qu’ils ont près de 4000 ans d’histoire, mais je veux bien apprendre de cette façon là. J’apprécie toujours autant ce genre d’apprentissage à travers les romans. Surtout aussi bien écrit que les romans de Guy Gavriel Kay.

 A très bientôt avec la suite.




dimanche 12 avril 2026

L’or des Espagnols T9 des aventures de Fanch Leroy (François Lange)



En ce début de l’été 1862, le préfet du Finistère semble avoir toutes les raisons de se montrer inquiet. Un aristocrate a été retrouvé dévoré par ses cochons, dans son manoir de Saint-Yvi, et un prêtre sauvagement assassiné dans le presbytère de la paroisse voisine.
Chose étrange, au moment de leur mort, les deux victimes se trouvaient en possession de pièces en or espagnoles datant du XVIe siècle.
Dans ce contexte, à la fois sensible et compliqué, François Le Roy se voit chargé de l’enquête mais, à peine arrivé dans la région, il est lui-même victime d’une tentative de meurtre. Installé dans un Concarneau en pleine mutation économique et sociale, le « Policier de l’Empereur » devra simultanément affronter plusieurs adversaires redoutables. L’Or des Espagnols fait tourner les têtes… pour le meilleur et pour l’Empire !
Roman d’aventures autant que polar historique, "L’Or des Espagnols "offre une fresque vivante où se croisent sociétés secrètes, espions étrangers et tueurs sans scrupule. Une intrigue haletante, servie par un sens aigu du détail et une reconstitution soignée, qui fera vibrer les amateurs d’Histoire, de suspense et de grandes énigmes.





9ème tome des aventures de Fanch Leroy, polar régional breton, L’or des Espagnols nous rappelle que lors des guerres de religions et des Ligues sous Henri IV, la Bretagne était occupée par des troupes espagnoles à différents points stratégiques de la Bretagne et ceci en aide aux troupes catholiques.

1862, une affaire criminelle va ramener à la surface ces évènements.
Un crime atroce est commis. Tout d’abord un aristocrate est retrouvé mort dévoré par des cochons, puis un prêtre est assassiné dans son presbytère.
Ils semblent affiliés à une mystérieuse confrérie royaliste. Les autorités impériales prennent cette affaire très au sérieux et dépêche l’Inspecteur principal Fanch Le Roy sur les lieux.

Ce petit polar régional nous amène à Concarneau et ses environs. L’affaire policière est le prétexte pour l’auteur de nous raconter le pays, les habitants, les coutumes, les évènements historiques et évolutifs de l’industrie sardinière qui ont fait la fortune des industriels de Concarneau.
Un lexique attenant à la fin du volume, nous décrit avec précision les différents points intéressants de l’époque.

Dans cette collection, je connaissais plus particulièrement les aventures de Mary Lester l’héroïne de Jean Failler. Avec cette série je découvre Fanch Le Roy, policier impérial bigouden,faisant partie du Cabinet de l’Ombre, sorte de police secrète de Napoléon III. François Lange a une belle connaissance de l’histoire et des coutumes de la région et nous livre là, un sympathique héros tout en couleur, aventureux et téméraire.

J’ai vraiment bien aimé, l’histoire est prétexte à mieux connaître les petits événements de la région ainsi que les hommes qui l’ont faits. Il y a de l’humour, la gastronomie est aussi à l’honneur ainsi que les bons vins. Nos héros en sont particulièrement friands ;-)
Un petit roman policier historique que j’ai pris grand plaisir à découvrir. A l’occasion je lirai volontiers les autres tomes.

Merci à Babelio et aux Éditions Palémon pour cette masse critique mauvais genre.

jeudi 12 mars 2026

Le laboratoire des ombres (David S. Khara)

 






Londres, 1841. Un mystérieux paquet livré dans l’ombre.Un fonctionnaire retrouvé mort. Une invention qui pourrait changer le monde. Ou le détruire...Ashton, agent secret britannique aux multiples visages, plonge au cœur d’une affaire qui menace l'équilibre de l’ordre mondial.Les découvertes révolutionnaires de Michael Faraday sur l’électricité attisent toutes les convoitises et pourraient, entre de mauvaises mains, se transformer en arme dévastatrice. Le savant visionnaire et Ashton s’engagent dans une course contre la montre pour déjouer un complot aux ramifications insoupçonnées.Mêlant polar historique et roman d'espionnage victorien,Le Laboratoire des ombres vous plongera dans une aventure sombre et haletante, où une seule étincelle pourrait bien embraser le monde...




Londres 1841, le siècle des découvertes électriques et technologiques.

Un crime suspect au niveau scientifique va mettre un agent secret, Ashton sur les traces d’un dangereux assassin. Tout semble mener à des recherches plus que révolutionnaires d’un certain Michael Faraday, personnage historique réel qui se fond plus que bien dans l’intrigue.

Ses recherches semblent avoir fait des émules mais pas dans le bon sens. Un engin de mort bien particulier semble découler de ses travaux.

On assiste donc à une histoire mêlant espionnage, recherches scientifiques et polar. Un complot semble se mettre en place. C’est donc la course contre la montre dans un Londres victorien, où se côtoient aussi bien les gros bras que les agents de renseignements.

On y rencontre aussi Elvina, jeune aristocrate fantasque qui se trouve très intéressée par les recherches de l’illustre physicien Faraday.

Tout ce petit monde fera de son mieux pour déjouer ce complot.

Petit clin d’œil à la montée en puissance de certaines unités de renseignements nationales comme internationales. Le pays en a grandement besoin dans les enjeux géopolitiques de l’époque.

Roman qui se lit facilement, chapitres courts, ambiance de l’époque bien ressentie des bas-fonds aux maisons cossues.

Les notions d’électricité sont évoquées à travers les discours de Faraday et aussi les sacrifices faits à la santé des chercheurs quand ils côtoient des phénomènes inconnus à l’époque.

J’ai bien aimé à la fin, le chapitre très intéressant consacré au savant Michael Faraday, génie du XIXème siècle.

Une suite semble s’annoncer. Nos héros ont encore de beaux jours devant eux. ;-)

Merci à Babelio et les Éditions Maison Pop pour cette masse critique privilégiée.

Je voulais vivre (Adélaïde de Clermont-Tonnerre)





Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L’enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d’argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l’oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l’ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady. Voici venu le temps d’écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d’une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires. Magnifique portrait d’une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d’hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat – jusqu’à la transgression ultime – pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.



Prix Renaudot 2025, je me l’étais mis en pense-bête suite à une interview à la télévision. Et oui, un roman qui parle de Milady, la grande méchante du chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas « Les trois mousquetaires ».
J’ai lu la trilogie il y a fort fort longtemps, du temps de mon adolescence. J’étais déjà à l’époque, fan de romans historiques. Entre Les trois mousquetaires, Vingt ans après et le Vicomte de Bragelonne, je m’étais régalée. Un pour tous, tous pour un !!!

Et voilà, Adélaïde de Clermont-Tonnerre qui sort ce roman sur Milady de Winter. Une claque, un coup de cœur. La méchante de Dumas trouve grâce à mes yeux.

Avec l’écriture de l’autrice, on comprend mieux cette femme si extraordinaire, le pourquoi et le comment de ce qu’elle est. Elle est d’abord une enfant dépossédée de tout, traumatisée par des événements horribles. Elle apprend très tôt à se méfier de tout et de tout le monde. A part quelques rares personnages qui la protégeront et la guideront, l’insécurité sera toujours là.

La couverture du livre le dit bien : « Je voulais vivre – Milady n’est pas une femme qui pleure. Elle est de celles qui se vengent ».

Milady a de nombreuses identités mais elle surtout la petite Anne qui a appris à se défendre seule, elle est vive, tourmentée, rebelle et belle. Elle espère comme toute femme au bonheur et à la paix, mais les circonstances et sa beauté la mène vers d’autres chemins.

Le fil du roman s’articule à travers différents témoignages.

Tout d’abord celui de d’Artagnan, lors de la bataille de Maastricht entre deux combats, celui-ci se confie à son compagnon de combat. Il lui raconte cette funeste soirée de la mise à mort de Milady sans procès, ni défense. Il lui raconte surtout ses doutes et ses regrets .

Puis de nombreux personnages qui ont croisé Milady donnent leur version des faits. Au fond l’autrice donne la parole à la défense que la jeune femme n’a pas pu avoir avant sa mort.
« J’avais vingt-cinq ans. J’étais femme. J’étais mère. Je servais la France. Et je voulais vivre. »

J’ai pris grand plaisir à lire ce roman, il réhabilite le personnage de Milady avec ses failles et ses défauts. Il la rend accessible et on sent de l’empathie pour le personnage. Elle est une femme avec ses qualités et ses défauts, ses choix sont les siens. Ils sont souvent guidés par son envie de vengeance et pourtant elle aspire à la paix.

Adélaïde de Clermont-Tonnerre a su avec brio s’imbriquer dans le roman de Dumas en donnant la parole à celle en qui on ne voyait que le mal. Finalement, tout dépend de quel bord on se place, l’adversaire étant toujours l’ennemi et le mal incarné.

Excellent roman qui m’a beaucoup touché, j’ai adoré l’écriture de l’autrice, vive, élégante et dynamique. Prix Renaudot bien mérité je trouve.


mardi 3 février 2026

Le point armé de Dieu (Hubert Prolongeau)




Un western plein de fureur, entre violence et fanatisme religieux.

« Je fais une prophétie, Orrin. Tant que tu resteras loyal à la vraie foi, aucun de tes ennemis ne pourra te faire de mal. Tu nous es revenu avec de longs cheveux sur la face, comme Samson. Ne les coupe jamais, et aucune balle ne t’atteindra. »

Dans l’ombre de Joseph Smith, fondateur de l’Église mormone, il y a Orrin Porter Rockwell, l’ami des premières heures devenu garde du corps. Son premier et plus grand fidèle. Pistolet à la main, il est prêt à tout pour défendre l’intégrité du prophète, quitte à menacer, piller ou tuer. Et qu’importe si cela fait de lui un fugitif, un hors-la-loi… Le lien qui l’unit à Joseph dépasse toutes les lois humaines. Il est l’exécuteur de la justice divine, le Poing armé de Dieu.

Hubert Prolongeau est journaliste indépendant ( Le Monde , Télérama ), chroniqueur (France Culture) et auteur de plusieurs livres et scénarios de bandes dessinées. Dans ce nouveau roman, il revient sur les grandes heures de la fondation de la religion mormone et interroge le rapport entre foi, violence et fanatisme religieux.




Le point armé de Dieu, l’ange destructeur ainsi que Samson de part sa longue chevelure, de nombreux surnoms ont été attribués à Orrin Porter Rockwell, garde du corps et ami de Joseph Smith fondateur du mouvement mormon au 19ème siècle dans une Amérique en formation.

Il naquit le 28 juin 1813 à Belchertown, dans le Massachusetts. Sa famille était proche des Smith, c’est ainsi qu’il fit connaissance de Joseph, plus âgé que lui. Orrin, de part l’époque, l’environnement et certainement son tempérament baigne dans un environnement violent et agressif. Le début du roman en est la preuve à la façon dont se règle déjà à l’âge de 15 ans une affaire de vengeance.

L’auteur a choisi de faire d’Orrin, le narrateur de son histoire. On se retrouve ainsi dans sa tête, dans ses choix, dans son absolue confiance en Joseph à qui il restera fidèle jusqu’au bout.

A travers lui, on assiste à la création et à la montée du mouvement mormon. Dans un monde en constante évolution, très puritain et majoritairement protestant, cette nouvelle religion va avoir du mal à trouver son territoire. Les convertis se pressent autour de leur prophète, construisent des villes et temples. Ils cherchent un endroit où s’installer ce qui n’est pas du goût de la population locale. Vite des affrontements, des massacres ont lieu. Des obligations de quitter les territoires les feront aller d’État en État.

L’époque est très violente, c’est la loi du plus fort qui prédomine. Rockwell est illettré mais sa force, son habileté au pistolet et son absolue fidélité à sa foi et aux institutions mormones ont font un bras armé fort efficace. Personnellement c’est le côté historique qui m’a le plus intéressé. A travers son roman, bien écrit, fluide et percutant l’auteur nous décrit la création, l’évolution du mouvement. Il n’y parle pas de doctrine mais plutôt de mise en place d’un processus pour faire émerger un mouvement communautaire.

J’ai lu ce livre, alors que mon mari regardait sur Netflix la mini-série A l’aube de l’Amérique, qui finalement est la suite de ce roman. On y retrouve le successeur de Joseph Smith , Brigham Young qui fut le premier gouverneur mormon de l’Utah où se sont réfugiés une partie du mouvement après l’assassinat de Joseph Smith. Comme le livre, l’action y est très violente, les images ayant double effet. L’intérêt historique est là mais cette violence terrible est difficile à supporter.

Merci à Babelio et les éditions Seuil cadre noir pour cette masse critique privilégiée qui m’a permit de découvrir un pan de l’histoire américaine que je ne connaissait absolument pas.

La sirène (Christophe Lestic)






Amnésique, recueillie par Sigmard, un chef nordique, au cœur d’une nuit glacée sur le plateau gelé de Horg, Carmina, une guerrière indomptable, s’est reconstruite en épousant son sauveur. Mais, après sa mort tragique, elle doit fuir sa région d’adoption et abandonner, une fois encore, sa vie.Depuis, accompagnée d’un équipage de pirates assoiffés de sang et de gloire, qu’elle commande d’une main de fer, elle parcourt les mers, semant la mort et amassant plus d’or que dans ses rêves les plus fous. Mais cette invincible furie cache un terrible secret, après lequel elle court inlassablement. Car de terribles cauchemars hantent ses nuits. Alors, à l’insu de son redoutable équipage, elle cherche désespérément un être assez puissant pour la délivrer de son amnésie et lui rendre son passé. Pourtant, si elle craint une chose plus encore que de passer le reste de sa vie sans connaître sa véritable identité – qui elle est vraiment –, c’est de découvrir les terribles événements qui ont conduit à son amnésie. Car les cauchemars ne laissent planer aucun doute : elle a commis des actes funestes. Il est parfois des secrets qu’il vaut mieux laisser enfouis, mais en aura-t-elle la force ? Ou exhumera-t-elle les fantômes de son passé ? Pour le meilleur ou pour le pire ?



En ce début d’année je me suis vue, proposer cette lecture par les éditions Librinova. Un bon pavé de plus de 1000 pages.
Un roman à la fois tourné vers la piraterie mais aussi la fantasy, le fantastique, la mythologie. Un savant mélange des genres.

La première moitié du livre est centré sur la Sirène, Carmina jeune capitaine pirate mais aussi ancienne reine d’un clan viking. Elle mène sa troupe d’anciens vikings exilés de leur terre après un massacre. Ils la vénèrent, lui obéissent en tout point et elle les mène toujours vers la victoire et les prises fructueuses. Mais la Sirène a son côté sombre, elle est amnésique, elle fait des cauchemars et regrette son mari et roi qui est mort au combat.
De nombreuses aventures vont les mener sur les mers et vers les combats pour amasser toujours plus d’or. Elle s’intéresse aussi au trésor d’un archi-mage Jayan aujourd’hui disparu . Son jeune mage du bord Tuck est chargé de s’introduire dans une bibliothèque très restreinte au commun des mortels, pour y faire ses recherches.

La deuxième moitié du livre est plus actif et intéressant. Les chapitres se répartissent entre les différents personnages principaux qui se retrouvent séparés. L’action devient plus diversifiée et tournée vers les arcanes du pouvoir des princes et les différentes conspirations. J’y ai trouvé plus d’intérêt.

Le personnage principal, la Sirène est pragmatique, sanguinaire, passionnée mais aussi fragile de part son amnésie qui lui fait connaître des moments de violence incontrôlée. Elle va chercher à connaître ce qui fait d’elle un tout.
J’ai bien aimé les hommes de son équipage, jeunes et vieux loups de mers. Ils sont joviaux et brutaux. Une fraternité règne entre eux et apportent régulièrement un peu d’humour dans la narration.
Différents personnages jalonneront l’histoire qui auront chacun leur intérêt dans la quête de Carmina.

Au final, un livre qui se lit facilement, les descriptions sont parfois un peu trop longues, les batailles aussi mais le fond de l’histoire, le milieu maritime, la magie m’ont accrochée.
La fin laisse en suspens de nombreuses interrogations, je suppose qu’il y aura une suite, du moins je l’espère. ;-)

lundi 5 janvier 2026

Pieds nus dans les étoiles T1 (Agathe Aygadier)




La vérité cachée de tous les grands voyages ? Ils donnent les leçons qu'on s'attendait le moins à recevoir. Provence, automne 1776. Menacée par une enquête de noblesse, la jeune baronne de Sérignan gagne précipitamment l'Italie du Nord dans l'espoir d'y retrouver les papiers de famille qui lui manquent, sinon elle risque de perdre son titre et tous ses biens. En compagnie d'un négrillon destiné à la cour de Turin, elle entreprend alors un long voyage à travers les Alpes, sur la dangereuse route Royale, jusqu'à ce qu'un accident l'arrête au pied du fort de Sallestres, commandé par le sévère surintendant Santandrea. La voilà contrainte de passer l'hiver en pays étranger. Blessée, esseulée, en butte à la malveillance des habitants, elle découvre aussi les activités d'un petit cercle de savants dont les propos l'ébranlent. Peut-on écouter sans danger ces idées si nouvelles ? Et quand pourra-t-elle quitter ce village de plus en plus hostile pour repartir à la recherche des documents dont elle a tant besoin ? À moins que Sallestres soit un piège à retardement, et que le destin l'attende encore beaucoup plus loin... Premier tome d'une trilogie historique foisonnante, Pieds nus dans les épines est à la fois un roman d'aventures, un roman d'éducation et un roman d'amour qui ne dit pas son nom, situé à la fin de ce siècle des Lumières dont l'effervescence et les paradoxes nous fascinent encore aujourd'hui.
 



D’après le quatrième de couverture ce roman sorti en octobre 2025 est le premier tome d’une trilogie historique. L’intrigue démarre en 1776, Louis XVI est monté sur le trône deux ans auparavant. Le royaume de France est en grand déficit, de nombreuses réformes sont mises en route, dont celle d’enquêter sur les origines des nobles. Il faut prouver avec certitude et papiers à l’appui que l’on a le sang bleu.

La jeune baronne Laure de Sévignan est donc mise en demeure de prouver la filiation noble de son défunt mari. Car qui dit défaut de noblesse et possession de fiefs, dit impôts, les nobles en étant exemptés. (Chercher l’erreur !!!! ;-)
La jeune femme se lance donc à travers un long périple qui va l’amener de Marseille à Nice puis à travers les Alpes sur la Route Royale où elle vivra d’éprouvantes mésaventures. A sa suite nous continuons à visiter l’Italie de Turin à Venise.

Roman historique au siècle des Lumières, l’auteur y mêle l’aventure, l’amour, la compréhension de soi à travers les idées de l’époque, la connaissance des populations et de leur quotidien aussi bien des pauvres gens que de la haute société. Laure de Sérignan en sortira totalement transformée en bien ou en mal, on ne le saura pas car une suite nous attend.

Au début j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’intrigue, elle se met en place lentement la narratrice étant Laure de Sérignan. C’est un long journal qu’on lui demande de rédiger pour une faute qu’on ne connaît pas tout au long du roman.

Et puis peu à peu le langage soutenu employé, celui de l’époque, est devenu plus familier et je l’ai lu avec plaisir. Les descriptions des différentes villes traversées, les mœurs et coutumes des populations sont très intéressantes.
L’héroïne est ce qu’on appelle à l’époque une Provençale, avec sa langue d’oc encore très vivante dans toutes les couches de la société.

J’ai aussi bien aimé sa relation avec un petit page métis Joseph dit Zeph, qu’elle accompagne en Italie. Leur rapprochement ressemble à celui d’une mère et de son fils. Il est vif, plein d’esprit, de spontanéité, et musicien. Un surdoué de l’époque mal reconnu de part la couleur de sa peur.
Et puis bien sûr il y a le comte Santandréa, pour le côté romantique. Un homme ouvert aux idées de l’époque et aux avancées scientifiques.

Un roman en somme, très intéressant de part la diversité des situations, des régions, des paysages et des villes traversées.
Un bon moment de lecture et une belle découverte.
A quand le 2ème tome ? -;)))

dimanche 30 novembre 2025

Les enquêtes de Moka, chat philosophe et végétarien (Sophie Noël et Flore Burtel)




Découvrez les aventures surprenantes de Moka, le chat végétarien, prêt à tout pour aider les membres de la Communauté, les seuls qui ont su l'accepter !

Je ne sais pas à quoi pensaient les divinités félines le jour où elles m'ont créé ! Elles m'ont affublé d'incroyables qualités, certes, mais pas toujours faciles à gérer pour un chat : végétarien, philosophe et empathique.

Quand j'ai déboulé dans la cave du Manoir-aux-Pies, j'ai découvert la communauté d'animaux la plus bizarroïde de la création. N'empêche : même s'ils se méfient de moi, ils sont bien d'accord pour que je mène l'enquête alors que l'un d'eux a mystérieusement disparu...




Suite à quelques critiques sur notre cher site Babelio, je me suis mise en tête de découvrir ce petit livre jeunesse qui a déjà fait le bonheur de mes petites filles qui comme moi adorent la gente féline.

Dans ce petit roman pour les 9/12 ans, nous faisons connaissance de Moka, chat de gouttière qui mange à tous les râteliers mais pas n’importe lesquels, il est …. végétarien. De quoi le mette en marge de ses congénères des villes. Il se décide donc à quitter son quartier pour de meilleurs auspices : la cave du Manoir-aux-Pies.

Il y découvre une communauté disparate et joyeuse, celle de la communauté de la cave qui rassemble araignées, souris, mouche et joyeusetés. Tous un peu à côté de la plaque mais fort soudés. Son empathie, son courage tout relatif vont le mener à une enquête fort importante, retrouver un membre très estimé de cette communauté.

Fort sympathique à lire, les personnages tous plus hétéroclites les uns que les autres sont fort attachant et plein d’humour. Pour ceux qui comme moi ont un ami chatounet, on y retrouve toutes leurs mimiques et comportement qui nous réjouissent tant .

A recommander aux petits et grands.

Les ombres de Willowthorne (Estelle Faye)



Dans un dix-neuvième siècle où la magie est l’apanage des aristocrates, l’université de Willowthorne est l’une des plus sélectes et des plus secrètes d’Angleterre, lentement envahie par le givre et plongée dans un automne éternel.
Par une nuit de novembre, à Londres, Liam, un bâtard irlandais des bas-fonds, échappe à un guet-apens et découvre qu’il est le fils illégitime du duc d’Harbone. Envoyé à Willowthorne par son père mourant, il devra lutter autant pour s’intégrer là-bas que pour survivre, dans un monde hostile dont il ignore les codes, et où le moindre faux pas peut lui être fatal.
Épaulé par Wendy et Jude, ses amies d’enfance avec qui il forme un trio inséparable, il cherchera son chemin parmi les secrets et les fantômes, tout en tombant malgré lui sous le charme de l’intrigant Sohan Crow.




Londres, milieu du 19ème siècle, Liam, Jude et Wendy, trois jeunes élevés par la mère de Liam, Moïra sont soudés, débrouillards, s’accommodant du peu qu’ils ont. Liam se découvre être le fils illégitime d’un duc en fin de vie. Celui-ci par acquis de conscience lui propose un marché : rejoindre la sélecte et secrète école de Willowthorne et obtenir son diplôme pour hériter d’une partie de son héritage. Aubaine, que Liam ne saurait refuser.

Le voici donc, en route vers son destin. Wendy, son amie de toujours le rejoint en tant que lingère pour le protéger. Car grand danger il y a.
C’est un monde hostile à ceux qui ne sont pas de la caste des nobles et Liam va vite se retrouver pris dans l’engrenage des petits coups bas.
A Willowthorne, il fera l’expérience de la fausse et de la vraie amitié. De l’amour aussi.
Des secrets sont profondément enfouis au cœur de la bibliothèque de l’école prise dans une gangue de givre. A Liam et ses amis d’en découvrir la trame.

Un bon roman ado, qui surfe sur du Harry Potter et le monde des fées et de la magie Le Glamour. Les traits de société de cette époque sont évoqués, prétention des nantis en milieu scolaire, misogynie, patriarcat, amours défendus, harcèlement scolaire et j’en passe.

J’ai bien aimé tous nos héros, un petit plus pour Wendy, petite débrouillarde au grand cœur.

L’écriture d’Estelle Faye est facile à lire, on s’immerge rapidement dans l’histoire, en passant de Londres et son fog à l’école Willowthorne avec son très particulier automne permanent.

La fin est particulièrement émouvante. Très bonne lecture, un bon moment de détente.




samedi 25 octobre 2025

Xérys, voyage vers les sept soleils (M.C Mersch)



Voilà des millénaires que la Terre n'est plus ; pour survivre, l'humanité s'est installée sur des planètes disséminées dans l'Univers. Mais la paix relative de ce nouveau monde s'effrite lorsqu'un exode dépeuple Xérys et que Lyrde est accusée d'ourdir un complot. Fils d'une exilée xéryenne et brillant Pressenteur capable de lire l'avenir grâce à la transmutation analogique, Éésis est envoyé par sa confrérie sur Lyrde afin d'enquêter sur ses intentions. Il y découvre les arcanes de la synthèse, un état profond d'harmonie, mais aussi un secret immensément convoité que détiennent ses habitants. Cependant, l'Univers est loin de lui avoir révélé tous ses mystères : son périple l'entraîne sur les traces du Voyage vers les Sept Soleils, dont il semble avoir reçu la légende en héritage... Éésis parviendra-t-il à percer les énigmes du cosmos et de sa propre destinée ? Plongez au cœur d'une odyssée intergalactique fascinante, poétique et mémorable, dans la lignée des grands textes de science-fiction.



Publié en mars 2025 aux éditions Librinova, ce bon gros pavé de plus de 1000 pages nous mène au fin fond de l’univers après l’explosion de notre belle planète, minée par les guerres, la pollution.

Sept vaisseaux spatiaux se sont échappés avec à leur bord différentes communautés. Celles-ci se sont établies sur des planètes refuges au fin fond de l’univers. Chacune développant sa propre société en fonction de leurs critères : Aria, Lyrde, Jill’, Arnie, Gania, Soliden et la mystérieuse Xérys, la planète blanche.

Le principal héros, Eésis, pressenteur arien, fils d’une exilée xéryenne est curieux de sa planète d’origine mais aussi de tout ce qui concerne les six autres planètes. Un pressenteur est conscient et à un savoir immense, il peut analyser et prévoir les événements de manière logique.

Les planètes sont inquiètes et se sentent menacées de l’évolution de la société de Lyrde qui a développé la Synthèse, sorte d’uniformisation dans la paix et la communication de sa population. Eésis est envoyé en éclaireur et de ce fait est mis en danger par les autres gouvernants qui voudrait bien connaître le fonctionnement de cette synthèse.

Ce roman est une étude sociologique, géographique des différentes planètes qui ont toutes des caractéristiques profondes et antagonistes les unes des autres. Chaque société a ses coutumes, principes qui relèvent des différents courants régnant à l’époque sur la Terre d’origine.

La réunion autour du héros d’un ou deux compagnons issus de ces planètes nous mènera à la découverte de la septième planète secrète et mystérieuse Xérys.
C’est un long cheminement qui regroupe une équipe profondément unie qui veut accompagner son leader au bout de son périple.

L’auteure nous livre ici une grande étude des grands courants de pensées qui régnaient sur la Terre à l’époque et qui de ce fait on été transposés dans ces planètes reculées que ce soit au point de vue religieux, ethnique, intelligence artificielle, rapport homme/femme dans la domination et l’exploitation, ainsi que la loi du fort qui prédomine.

Intéressant dans la forme mais à mon avis trop long et trop dilué dans les descriptions. Les poèmes relatifs à Xérys sont très beaux. Les planètes, leurs caractéristiques géographiques, sociologiques sont très bien décrites mais justement à la longue je me suis lassée du manque d’action qui en découlait.
Les chapitres sont longs, concentrés sur chaque planète, sauf à la fin qui concerne surtout Xérys qui a un côté plus métaphysique et fantastique.

En somme une lecture en demi-teinte, j’ai bien aimé les relations entre les héros et leurs aventures sur chaque planète, un peu moins la longueur du livre diluées dans les descriptions certes poétiques mais à mon avis superflues.

Merci à Librinova et son auteure pour cette découverte.


jeudi 10 juillet 2025

L’homme au passe-montagne (Régis Guyotat)




Les Trente Glorieuses ? Entre 1958 et 1968, deux millions d’étrangers sont entrés en France. Dans le Loiret, ils sont estimés de 25 à 30 000. La plupart ont été recrutés par l’Office national d’immigration (ONI) au Portugal et dans le Maghreb. Beaucoup viennent de l’Algérie, qui a conquis son indépendance en 1962. Une main d’œuvre bon marché, réclamée par le patronat, pour un pays en pleine croissance. Mais rien n’a été prévu pour leur accueil. A quoi bon dépenser pour eux d’ailleurs, puisqu’ils repartiront bientôt. C’est leur force de travail seule qui intéresse. Dans l’agglomération d’Orléans, ils alignent des heures de travail démentielles, jusqu’à 300 heures par mois dans des exploitations maraîchères, vivent en bidonville, sont la proie des marchands de sommeil, sont confrontés au racisme. Mais le choc pétrolier de 1973 et le chômage qui s’en suit bouleversent la donne : les voici incités à quitter le territoire, alors que le gouvernement vient d’autoriser le regroupement familial. La machine à expulser de la préfecture à Orléans s’emballe. Les Trente Glorieuses ne le furent pas pour tout le monde. C’est la conclusion de ce livre qui se veut une histoire non pas chiffrée, mais humaine de l’immigration.




Avec cet essai/reportage, l’auteur Régis Guyotat nous relate l’immigration d’après-guerre dans la région d’Orléans ainsi que du pays. Entre 1958 et 1968 deux millions de travailleurs étrangers sont recrutés directement dans leurs pays respectifs pour pallier à la main-d’œuvre nécessaire à la reconstruction, l’industrie (fonderie) et les travaux publics en France. Essentiellement des portugais, des maghrébins beaucoup d’algériens qui ont priorité suite aux accords d’Evian.

Le problème c’est que les conditions de logements ne sont pas au rendez-vous comme promis. Ce sont paillasses par terre, commodités inexistantes, bidonvilles qui sont construits à la va-vite.
Des associations se mettent en place pour aider les arrivants à s’intégrer et leur fournir une aide administrative et une aide à l’apprentissage de la langue française.

L’auteur alterne chapitre descriptifs de l’époque et des lois qui se succèdent, avec d’autre plus intimes nous racontant la vie de deux migrants de l’époque, un marocain Mohammed recruté à la SIFA, fonderie orléanaise et Aïssa qui démarre aussi à la fonderie mais enchaîne ensuite sur d’autres boulots. Ils racontent leur quotidien, leurs désillusions et leurs difficultés, du travail éreintant parfois jusqu’à 12 heures par jour/6 jours/7.
Les politiques se succèdent, les lois aussi. Les années 70 voient le choc pétrolier et la volonté de ne plus accepter d’immigration sous contrat. L ‘heure est à l’expulsion. Les constructions d’HLM sont mises en chantier, on déplace comme pour les bidonvilles en périphérie des villes. Concentrant ainsi les communautés.

L’auteur nous livre ainsi une chronologie de faits politiques, de faits divers qui secouent la population orléanaise.

Essai fort intéressant pour son approche de ce que fut l’immigration des trente glorieuses et de cette génération qui a travaillé dans des métiers non voulus par les français de souche et des faits qui en ont découlé.

Merci à Babelio et aux Éditions Regain de lecture pour cette lecture fort instructive de faits que je ne connaissais pas dans le détail

vendredi 4 juillet 2025

Et tu la nommeras Kiev (Olivier Boile)





Preux chevaliers de la Sainte Russie, sorcières moscovites, nymphes des eaux, cosaques post-apocalyptiques, super-héros soviétiques, voici un panel des personnages que l'on croisera dans les pages de ce nouveau recueil d'Olivier Boile. Revisitant l'histoire et les légendes de la Russie médiévale et moderne, Olivier Boile met tout son talent de nouvelliste dans ce recueil qui réunit dix-huit de ses meilleurs textes. Inclus : 9 illustrations originales réalisées par Rolland Barthlémy.



C’est en lisant le billet motivant de Nadou que Fifrildi et moi-même nous sommes souvenues avoir dans notre Pal ce recueil de nouvelles russes adaptées par Olivier Boile.

Nous voici donc parties à l’aventure des grandes steppes et de légendes russes.

Dix-huit nouvelles, dix-huit contes et légendes qui s’appuient sur l’Histoire et des personnages réels. La fiction rejoint la réalité avec des grands noms comme Ivan le Terrible, Vladimir le grand, Atheas roi des Scythes.

L’imaginaire d’Olivier est vraiment intéressante, il nous conte des histoires où la mythologie, le fantastique et la poésie se marie avec l’Histoire de cette région du monde. C’est à la fois épique et émouvant.

Généralement je ne suis pas fan de nouvelles, l’impression de ne pas m’immerger totalement dans l’histoire. Cela n’a pas manqué avec certaines nouvelles dans lesquelles j’aurais bien aimé avoir un développement plus important car elles m’ont touchées.

- Coule rivière Soukhman

- L’arbre d’Oumila (rencontre de deux civilisations, deux mythologies)

- Le chant de la Roussalka (hymne à l’amour éternel d’une belle poésie)

- Sventovit, l’enfant-Dieu (affrontement entre deux religions)

- Les pies de la place Rouge

- Nadejda, que je vais bientôt retrouver car il se trouve dans ma Pal depuis pas mal de temps.

J’ai bien entendu beaucoup apprécié l’écriture d’Olivier, à la fois simple et pleine de poésie, on se laisse porter par la narration.

A chacune de ses nouvelles, il nous fait part de son cheminement et de ses sources, un plus non négligeable.

Et bien sûr les différentes illustrations de Rolland Barthélémy qui égrènent le recueil.

J’ai découvert Olivier Boile avec Mort et vie du sergent Trazom (uchronie avec Mozart comme personnage central) et il me reste dans ma Pal, Nadejda et Medieval Heroes, de quoi passer un bon moment dans le monde de l’auteur.

Verte (Gilbert Laporte)

 



La vétuste arche spatiale Déméter-2 poursuit depuis trois siècles son odyssée dans l'Univers, essaimant une partie des passagers en hibernation au hasard des planètes habitables rencontrées. Sur l'une d'elles, la végétation est magnifique. Le patriarche Anastase IV décide de la baptiser « Verte », en préalable à l'envoi d'une petite colonie. Mais l'ambitieux commodore Kostas aspire à faire débarquer l'ensemble des occupants du vaisseau et il va pousser les misérables sans-hublots à la révolte contre l'intransigeant religieux.Au milieu de ce chaos, une policière enquête sur d'effroyables meurtres et se retrouve entraînée dans un conflit qui ne cesse de s'étendre. Son idylle transgressive avec un clone hermaphrodite pourra-t-elle y résister ? Et pendant ce temps, un militaire assisté d'une robotaniste et d'une insectoïde d'exploration parcourt la paradisiaque Verte. Ils ne vont pas tarder à découvrir que, sous ses splendides feuillages, elle dissimule un inquiétant secret... L'auteur embarque ici le lecteur dans un thriller SF écologique non conformiste, où l'instinct de survie et l'espoir d'une vie meilleure dans une nature idéalisée peuvent mener aux pires extrémités.



L’histoire se déroule sur une Arche, Demeter 2, qui a quitté la Terre quelques trois cents plus tôt. Une Terre à bout de souffle, de pollution, de guerres et de catastrophes. Au fil des siècles ce vaisseau essaime au fil des planètes qu’elle rencontre, des colonies humaines. Malheureusement à bord une religion a émergé, le culte de la Déesse Nature, dérivé d’une politique écologique poussée à l’extrême. Les pires exactions répressives envers les hérétiques sont commises. Toute déviance ou faute sont condamnables de la peine de mort et de compostage. Et comme tout bon roman de Sf, il y a bien sûr un conflit qui émerge entre deux factions : les religieux et les militaires.

Entre temps, une nouvelle planète apparaît : Verte. Il est temps, car le vaisseau en lui-même arrive à bout de souffle. Une équipe d’exploration est désignée pour s’y rendre en éclaireur.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire, c’est à vous de le découvrir ;-).

L’auteur nous livre ici un roman de science-fiction écologiste. La nature est partout, elle est le cœur du livre. Nos héros affrontent diverses mésaventures, et font de grandes découvertes sur la nature de la planète, de sa végétation de son mode de vie.

Roman qui mélange l’action et la réflexion. Les chapitres courts qui alternent entre l’arche et la planète Verte, donnent du dynamisme à la narration. Les descriptions sont très intéressantes d’un point de vue botanique et géologique. On s’imagine bien les paysages et les couleurs ambiantes. Les explorations des héros les amènent à prendre conscience de la nature même de la planète.

Finalement une lecture rapide et facile qui pourrait faire un bon petit scénario de film SF.

jeudi 20 mars 2025

Les Préternaturels (Michel Mathias)



Préternaturel : qualité des dons accordés par Dieu aux premiers hommes pour les perfectionner. Quatre personnages une médium, un journaliste, un conservateur de la Bibliothèque nationale de France et une agent double voient leurs destins se croiser de façon inattendue lorsqu'ils mettent la main sur un mystérieux manuscrit médiéval contenant une prophétie religieuse. À travers différentes époques, Ava, Marco, Jonas et Mila tentent de la déchiffrer au péril de leurs vies. Et si les dons préternaturels se manifestaient à nouveau ? Dans ce thriller paranormal détonant, Michel Mathias nous plonge dans un monde où l'avenir est bousculé par la Grande Guerre des non-religions et l'intelligence artificielle.



On considère que les dons préternaturels sont des dons fait par Dieu à Adam et Eve au paradis terrestre.
Ceux-ci les ont perdus en commettant le péché originel.
Les dons sont au nombre de quatre : l’impassibilité (ignorance de la souffrance), l’immortalité, la science infuse et l’intégrité.

Un paléographe, un journaliste, une immortelle et une mercenaire, les quatre héros vivent à trois époques différentes, mais leurs dons spéciaux, une prophétie et un livre ancien (un incunable retranscrivant les enseignements de Saint François d’Assise) vont les rassembler pour accomplir une mission. Chacun d’entre eux est relié à un animal qui représente sa force.

Jonas, Marco, Ava et Mila sont pris dans un engrenage de complot, de poursuites et de recherche de soi qui va les mener à mieux se connaître et à mieux s’accepter avec leurs différences.
L’auteur nous mène à travers le temps passé et futur, où les choix fait par les dirigeants mène l’humanité à un contrôle par un puissant lobby.

Ce roman est un premier tome, où l’auteur pose son intrigue et ses héros. La religion, le chamanisme, le questionnement sur notre humanité y prend une grande place, le thriller est aussi très présent, l’intrigue se conjuguant sur différents espace temps.

L’écriture est fluide et bien menée. L’auteur passe du thriller à la réflexion sur notre existence à travers Dieu et les symboles d’une manière aisée.
Roman agréable à lire et qui fait réfléchir.

Merci à Librinova pour cette découverte.

vendredi 7 mars 2025

Aatéa (Anouck Faure)

 





Navigateur capable de diriger son voilier solaire sur les océans en suspension de la Nuée, Aatea n’en demeure pas moins un paria aux yeux de son peuple : né en mer, il ne possède pas le filament, cet organe symbiotique qui permet aux siens de coexister avec de gigantesques îles vivantes. Seules ses expéditions maritimes l’aident à endurer la servitude à laquelle le contraint le système des castes. Or, après une attaque de pirates qui coûte la vie à tous ses passagers, Aatea perd le droit de naviguer.
Aatea choisit alors l’impensable : fuir la sécurité des îles, tout abandonner et suivre les traces de sa grand-mère, une exploratrice dont les récits ont bercé son enfance.
Tandis qu’un froid inhabituel s’abat sur le monde, Aatea part seul sur les flots instables, déterminé à voyager plus loin que quiconque. Cependant, dans la Nuée, où tout se dévore et se déchire, de nombreux dangers guettent le navigateur ; des dangers mais aussi des rencontres, de celles qui ancrent une vie et lui donnent un sens.



Paru en ce début d’année, que voilà une belle découverte. Un coup de cœur. Aussi bien pour l’histoire que pour la narration.
Et cela grâce à Fifrildi qui m’a proposé d’en faire une lecture commune.

Une belle immersion dans un monde en pleine fracturation, un monde de mer, d’îles émergées de l’océan par un système de racines très toxiques pour ceux qui ne possèdent pas le filament. Le symbiote qui permet aux humains de survivre au contact du sol de ces îles.
Mais il y a aussi la Nuée, vaste monde fracturé. Avec son Cœur Noir, ses dangers, et ses gouffres. On part à l’aventure avec Aatea, navigateur expérimenté mais paria en son peuple. Il fait partie des servants, des esclaves alors qu’il est fils de Reine, mais non né sur le sol d’Enabak, son île. Il ne possède pas le filament salvateur.
Une mission qui tourne mal, une punition durement ressentie, une humiliation de trop, une désertion. Il part à la recherche d’un monde meilleur à travers la Nuée. Atura, son mentor, sa grand-mère lui a laissé des carnets mystérieux qui vont l’amener à comprendre ce monde qui ne veut pas de lui. Mais aussi cette aventure va lui permettre de rencontrer l’amitié, la force, l’amour pur à travers les yeux d’une enfant choisie lors d’un naufrage. Lui l’homme solitaire sans attache et amour, va donner tout son cœur et son affection à cette enfant qui le lui rend bien.

J’ai adoré l’écriture d’Anouck Faure. Elle peut surprendre au début, des phrases courtes, des mots, une ponctuation rapide. Mais tout cela donne une sensation de poésie et de chant qui nous porte sur les embruns et les mers en fracturation. C’est haché, envoûtant et très prenant.
On navigue entre les îles, les falaises, et les différents courants. On découvre une faune à fois magnifique et dangereuse. La beauté de la mer et ses difficultés. Son pouvoir d’attraction sur le navigateur qu’est Aatea ainsi que sur tous les amoureux de la mer.

Un livre qui se dévore et que j’ai beaucoup aimé.
Quoi de mieux qu’une belle lecture en bonne compagnie. 

samedi 13 avril 2024

Les démons de l’inspecteur Lerouet (Philippe Grandcoing)






Mars 1912. Alors que la France frémit d’horreur à la lecture des exploits sanglants de la bande à Bonnot, l’inspecteur Jules Lerouet mène de son côté une traque bien plus personnelle, mettant en danger sa carrière et sa vie afin de venger la mort de sa compagne.

Sur la piste d’un mystérieux tueur, réussira-t-il, avec l’aide de ses amis Hippolyte et Léopoldine, à découvrir qui s’en prend à ses proches ? Résoudra-t-il cet autre mystère qui lui tient à cœur : la disparition de la Joconde, dérobée au Louvre quelques mois plus tôt ?

Dans ce septième volume des aventures de l'antiquaire et détective amateur, Philippe Grandcoing continue d'explorer la France de la Belle Époque avec les yeux de héros toujours aussi attachants. Cette fois, il emmène le lecteur dans un univers plus inquiétant, où se déchaînent les passions de l’âme humaine…




Ce 7ème tome de la série « Une enquête d’Hippolyte Salvignac » est consacré au fidèle acolyte d’Hippolyte, l’inspecteur Lerouet, Jules pour les intimes. 1912, Ce dernier vient de perdre sa chère Madeleine dans de tragiques circonstances, un malfrat l’a assassiné et a voulu en faire de même avec la petite Victoire, la petite fille de trois ans du couple.

Rien de tel pour faire plonger l’ami d’Hippolyte dans les affres de l’alcool et de la désespérance. Surtout que n’étant pas marié il n’a pas son mot à dire sur l’enterrement de sa compagne vis à vis de la famille bien pensante de cette dernière.

Jules est un homme pragmatique, solide mais son métier de flic de la Sûreté Parisienne n’a plus sa priorité, il veut retrouver celui qui l’a séparé de Madeleine. Pour cela et avec le soutien d’Hippolyte et de Léopoldine, il va mettre tout en œuvre pour rejoindre les bas-fonds de la capitale et y faire ses recherches. Et pourtant la police aurait bien besoin de ses capacités hors-pairs pour serrer la bande à Bonnot qui sévit à cette époque, l’heure est aux anarchistes qui sèment la mort à travers la capitale.

A travers ce roman, l’auteur nous raconte cette folle époque que furent les années avant la grande guerre 14/18. Les grandes affaires criminelles de l’époque nous y sont narrées avec minutie, les dysfonctionnements entre les services de police, l’émergence des Brigades mobiles du Tigre, le vol de la Joconde, le naufrage du Titanic, la traque de la bande à Bonnot.

Nos héros sont des personnages fictifs dans la grande histoire ce qui nous immerge totalement dans la narration.

Comme toujours je pars avec joie à la découverte des évènements qui ont caractérisé ce tout début du Xxème siècle.

Merci au Éditions de Borée pour cette belle découverte.




mardi 5 mars 2024

Les Valeureuses (Judith Rapet)






La très jeune Michelle, mariée contre son gré, prend la fuite. Une femme peut mener sa vie sans être sous le joug d'un homme, elle en est persuadée. Sa rencontre avec Bertrand est une évidence et l'enfant qui naît de leur union, le fruit d'un amour véritable. Mais la religion veille au respect de l'ordre moral en cette fin de XVIIe siècle. Existe-t-il pire scandale que la naissance d'un enfant illégitime ?
Un siècle plus tard... en pleine Terreur. Marie, unie à celui que son père a choisi pour elle, s'éprend de Joseph, un prêtre très impliqué dans le mouvement révolutionnaire. Elle apprend alors par sa tante qu'une étrange malédiction pèse sur les femmes de leur lignée depuis qu'une de leurs aïeules a bafoué l'ordre établi.



Deux femmes, deux destins à cent ans d’intervalle.

La rage de vivre, de vaincre un destin tout tracé. L’obéissance au patriarcat et ensuite au mari. Les mariages sont souvent arrangés, même en défaveur des jeunes époux.

1631, Michelle est une jeune fille heureuse et espiègle qui se retrouve prise au piège d’un mariage mal assorti et malheureux.

Un siècle plus tard, lors de la Révolution Française en 1789 c’est au tour de Marie de s’unir à un homme qu’elle n’aime pas.

Toutes deux subissent le bon vouloir de leurs pères et des lois de l’Église et des convenances.

Toutes deux vont prendre en main leur destin. Deux jeunes femmes courageuses et rebelles qui feront bouger les mentalités et annonceront la libération de la condition féminine.

Déjà lors de la Révolution, le droit de divorcer est accordé aux femmes, une rare avancée qui se doit d’être soulignée car les droits des femmes n’est pas encore à l’ordre du jour.

Roman du terroir très bien documenté. Une sorte de docu-fiction qui met en scène deux destins et qui retrace avec minutie la façon de vivre de chaque époque, avec ses non-dits et ses principes. L’Église a un fort pouvoir de décision sur la vie des gens, surtout des femmes.Et il est fort difficile de s’en affranchir.

L’auteure nous livre là un roman fort intéressant et des figures féminines fortes et décidées.

Merci aux Éditions de Borée pour cette nouveauté.