Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L’enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d’argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l’oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l’ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady. Voici venu le temps d’écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d’une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires. Magnifique portrait d’une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d’hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat – jusqu’à la transgression ultime – pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.
J’ai lu la trilogie il y a fort fort longtemps, du temps de mon adolescence. J’étais déjà à l’époque, fan de romans historiques. Entre Les trois mousquetaires, Vingt ans après et le Vicomte de Bragelonne, je m’étais régalée. Un pour tous, tous pour un !!!
Et voilà, Adélaïde de Clermont-Tonnerre qui sort ce roman sur Milady de Winter. Une claque, un coup de cœur. La méchante de Dumas trouve grâce à mes yeux.
Avec l’écriture de l’autrice, on comprend mieux cette femme si extraordinaire, le pourquoi et le comment de ce qu’elle est. Elle est d’abord une enfant dépossédée de tout, traumatisée par des événements horribles. Elle apprend très tôt à se méfier de tout et de tout le monde. A part quelques rares personnages qui la protégeront et la guideront, l’insécurité sera toujours là.
La couverture du livre le dit bien : « Je voulais vivre – Milady n’est pas une femme qui pleure. Elle est de celles qui se vengent ».
Milady a de nombreuses identités mais elle surtout la petite Anne qui a appris à se défendre seule, elle est vive, tourmentée, rebelle et belle. Elle espère comme toute femme au bonheur et à la paix, mais les circonstances et sa beauté la mène vers d’autres chemins.
Le fil du roman s’articule à travers différents témoignages.
Tout d’abord celui de d’Artagnan, lors de la bataille de Maastricht entre deux combats, celui-ci se confie à son compagnon de combat. Il lui raconte cette funeste soirée de la mise à mort de Milady sans procès, ni défense. Il lui raconte surtout ses doutes et ses regrets .
Puis de nombreux personnages qui ont croisé Milady donnent leur version des faits. Au fond l’autrice donne la parole à la défense que la jeune femme n’a pas pu avoir avant sa mort.
« J’avais vingt-cinq ans. J’étais femme. J’étais mère. Je servais la France. Et je voulais vivre. »
J’ai pris grand plaisir à lire ce roman, il réhabilite le personnage de Milady avec ses failles et ses défauts. Il la rend accessible et on sent de l’empathie pour le personnage. Elle est une femme avec ses qualités et ses défauts, ses choix sont les siens. Ils sont souvent guidés par son envie de vengeance et pourtant elle aspire à la paix.
Adélaïde de Clermont-Tonnerre a su avec brio s’imbriquer dans le roman de Dumas en donnant la parole à celle en qui on ne voyait que le mal. Finalement, tout dépend de quel bord on se place, l’adversaire étant toujours l’ennemi et le mal incarné.
Excellent roman qui m’a beaucoup touché, j’ai adoré l’écriture de l’autrice, vive, élégante et dynamique. Prix Renaudot bien mérité je trouve.


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