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mercredi 23 avril 2025

Un ardent désir de peindre (Louis Mercadié)



Florine grandit dans les montagnes du Gévaudan et aide aux travaux de la ferme, vouée à perpétuer les traditions rurales et familiales. Animée d'un fort sentiment de liberté et d'une réelle volonté de peindre, tout bascule pour elle lorsque ses parents lui imposent un mariage, qu'elle refuse. Elle est alors envoyée dans un couvent mais n'a pas la vocation et supporte mal l'enfermement. Sa rencontre avec le peintre Charles Grandon pourrait bien lui ouvrir les voies d'une nouvelle vie..

 


C'est toujours un plaisir de découvrir les romans de Louis Mercadié. La fiction dans la grande Histoire.

« Un ardent désir de peindre » démarre au début du 18ème siècle au temps de Mansart et de Louis XIV. Florine petite fille du pays du Gevaudan est bergère au sein d’une famille de paysans. Elle est habituée aux durs travaux de la ferme mais rêve de dessin et de couleurs. Sa vie parmi les bêtes et les paysages de son enfance lui apporte rêveries et envie de croquer ce qu’elle voit. Elle tient de sa grand-mère qui elle même avait ce goût. Malheureusement la réalité de l’époque étouffe les velléités des femmes astreintes à la famille et l’obéissance au patriarcat.

Florine après de nombreuses vicissitudes et à force de combat arrivera à obtenir le droit de s’adonner à son art.

Mais la société ne pardonne pas à ceux qui sortent du chemin qui leur sont tracés par les codes établis.

Ce roman nous permet de connaître les peintres Jean et Charles Grandon. Ces derniers permettront à Florine de donner vie à son désir de liberté et de création.

Avec l’auteur c’est tout un monde local qui est mis en lumière à travers les peintres, les dignitaires de la région Lyonnaise et surtout les différentes méthodes de peinture qu’expérimente Florine. Les couleurs, les plantes utilisées pour créer les pigments, le matériel utilisé, les corporations qui gèrent tout ce petit monde nous sont bien décrits.

Un plaisir de lecture toujours renouvelé, merci aux Éditions de Borée pour ce beau moment de lecture.

mardi 5 mars 2024

Les Valeureuses (Judith Rapet)






La très jeune Michelle, mariée contre son gré, prend la fuite. Une femme peut mener sa vie sans être sous le joug d'un homme, elle en est persuadée. Sa rencontre avec Bertrand est une évidence et l'enfant qui naît de leur union, le fruit d'un amour véritable. Mais la religion veille au respect de l'ordre moral en cette fin de XVIIe siècle. Existe-t-il pire scandale que la naissance d'un enfant illégitime ?
Un siècle plus tard... en pleine Terreur. Marie, unie à celui que son père a choisi pour elle, s'éprend de Joseph, un prêtre très impliqué dans le mouvement révolutionnaire. Elle apprend alors par sa tante qu'une étrange malédiction pèse sur les femmes de leur lignée depuis qu'une de leurs aïeules a bafoué l'ordre établi.



Deux femmes, deux destins à cent ans d’intervalle.

La rage de vivre, de vaincre un destin tout tracé. L’obéissance au patriarcat et ensuite au mari. Les mariages sont souvent arrangés, même en défaveur des jeunes époux.

1631, Michelle est une jeune fille heureuse et espiègle qui se retrouve prise au piège d’un mariage mal assorti et malheureux.

Un siècle plus tard, lors de la Révolution Française en 1789 c’est au tour de Marie de s’unir à un homme qu’elle n’aime pas.

Toutes deux subissent le bon vouloir de leurs pères et des lois de l’Église et des convenances.

Toutes deux vont prendre en main leur destin. Deux jeunes femmes courageuses et rebelles qui feront bouger les mentalités et annonceront la libération de la condition féminine.

Déjà lors de la Révolution, le droit de divorcer est accordé aux femmes, une rare avancée qui se doit d’être soulignée car les droits des femmes n’est pas encore à l’ordre du jour.

Roman du terroir très bien documenté. Une sorte de docu-fiction qui met en scène deux destins et qui retrace avec minutie la façon de vivre de chaque époque, avec ses non-dits et ses principes. L’Église a un fort pouvoir de décision sur la vie des gens, surtout des femmes.Et il est fort difficile de s’en affranchir.

L’auteure nous livre là un roman fort intéressant et des figures féminines fortes et décidées.

Merci aux Éditions de Borée pour cette nouveauté.




samedi 30 septembre 2023

Cinq nuits avant l’arrivée des américains (Roger Judenne)

 



À l'approche du Débarquement allié en Normandie, Armand, à la tête du groupe communiste Front National, et Pierre, chef de Libération-Nord, se mobilisent. Les deux groupes de Résistance sont mis à contribution pour saboter le noeud ferroviaire de Voves car un train allemand y est stationné, en attente de rejoindre les côtes normandes. Le fougueux Armand meurt dans d'étranges circonstances quelques semaines plus tard. Accident ? Vengeance ? Tout porte à croire qu'il est victime des représailles de l'ennemi. C'est en tout cas la version qui sera officialisée par le Ministère...



Juin 1944, un petit village d’Eure-et-Loir : Voves.
Comme toute la France les habitants sont sous le joug de l’occupant.
La vie continue, l’entretien des fermes, les moissons, la recherche de l’approvisionnement. La vie est dure pour tout le monde. Mais sous couvert, quelques hommes, femmes résistent et préparent à leur manière le débarquement des alliés.

Pierre du groupe Libération-Nord, Armand communiste du Front National doivent unir leurs groupes. L’union fait la force. Mais les caractères de chacun s’affrontent, ils n’ont pas tous la même manière d’agir. Les ordres viennent de Londres, et l’organisation des F.F.I se met en place.

A travers ce roman, l’auteur nous raconte une chronique douce-amer de cette époque. L’Histoire est là qui avance à grands pas, les temps sont rudes, mais la vie doit continuer. Chacun survit à sa manière.

C’est à la fois une histoire de combat et d’action mais aussi une chronique d’un petit village comme tant d’autres en France à cette époque.

J’ai aimé suivre chaque personnage, chacun à ses zones d’ombre, les caractères s’affrontent ou se trouvent. Il faut penser au quotidien, à la protection de ceux qui vous sont chers.

La brutalité de l’occupant, les bombardements, la suspicion sont là et tout le monde se méfie.

Nous sommes immergés dans ces quelques jours qui précèdent le débarquement et l’avancée des troupes alliées. Chacun a son rôle à jouer.

Un roman qui se lit bien, le style est direct, carré. Aussi bien dans les descriptions du village, de ses environs que de la psychologie des personnages principaux.

Un bon moment de lecture.

dimanche 16 juillet 2023

La part des enfants (Claire Michaud-Destriau)




Du jour au lendemain, Léna quitte tout, emportant avec elle quelques affaires prises à la hâte. C’est bien loin de chez elle, au Pays Basque, qu’elle trouve refuge pour le fuir, cet homme violent à l’emprise redoutable. Recueillie par Léontine et Gégé, de vieux fermiers, et entourée des quelques habitants du hameau, Léna s’attelle à reprendre son destin en main.

Malgré toutes les précautions, la jeune femme conserve un lien toxique avec son passé. Il y a ce qu’elle sait, et ce qu’elle ignore. Ce qui la menace même à distance. Et qui la rattrape.



Avec ce roman, Claire Michaud-Destriau nous emmène à la suite de Léna dans sa fuite d’un compagnon extrêmement violent. La terreur l’habite, elle est ancrée en elle. Le pouvoir toxique qu’il exerce sur elle est redoutable. Elle tremble, elle se cache. C’est en Ariège, dans les Pyrénées qu’elle se pose avec le peu de chose qu’elle a réussi à emmener avec elle.

Elle fait la connaissance d’un vieux couple, Léontine et Gégé auprès desquels elle peut enfin se reposer et trouver des oreilles compatissantes. Il y a aussi Robert un vieil homme et son petit fils Titou, Martin le berger qui lui aussi fuit quelque chose.

C’est auprès de ces gens simples et droits qu’elle va chercher à se reconstruire. Mais le chemin est long, l’angoisse est là, diffuse et prégnante.
Arrivera-t-elle à enfin trouver la paix, la sérénité ?

Dans ce roman, l’auteure nous fait pénétrer dans la tête de Léa, mais aussi de son compagnon maltraitant. On ressent de l’empathie pour la jeune femme, et un dégoût profond pour celui qui imbu de lui-même et de sa puissance sur sa femme, la maltraite. C’est malheureusement un fait établi, l’emprise dans un couple d’un élément toxique bloque sa victime de toute rébellion. Léa réussit à s’échapper, ce n’est pas le cas de bien de femmes qui meurt sous les coups de leur conjoint.

Avec ce roman, l’auteure nous fait passer par toutes les angoisses de Léa, même à distance le malaise est toujours là, qui l’enveloppe. Mais la nature, le nouvel environnement va lui redonner confiance. Nous sommes en Ariège, dans un petit village, avec une nature réconfortante et reposante pour les blessures de l’âme.

Très belle écriture et de bien belles descriptions des lieux. J’ai beaucoup apprécié cette immersion dans cette belle région du sud de la France.

Merci aux Éditions de Borée ainsi qu’à l’auteure pour cette découverte.

samedi 24 juin 2023

La maison des âmes perdues (Alain Léonard)




Claire, jeune fille de 17 ans, descend de son village de Besse pour se placer comme domestique chez une famille de notables de Clermont-Ferrand. Exploitée et peu considérée, elle est en outre forcée par François, le fils de la famille. Se découvrant enceinte, commence alors pour elle une descente aux enfers qui la mènera bien malgré elle dans une maison close de la ville.
Dans le sombre avenir qui l’attend, Claire parviendra-t-elle à renouer avec des jours heureux ?



La Belle Époque fin 19ème/début 20ème l’insouciance d’une certaine partie de la population n’est pas forcément celle d’une autre. Pour vivre correctement, les filles des montagnes ou de paysans cherchent du travail dans les grandes villes. Ici l’histoire se situe à Clermont-Ferrand dans le Massif Central. Claire jeune fille du village de Besse, s’est faite engager comme domestique au sein d’une famille bourgeoise dont le père est notaire. Pour elle c’est un soulagement car la vie est difficile pour sa famille.

Malheureusement, le fils de famille est un étudiant en droit, imbu de lui-même et pour qui tout est dû. La jeune fille va subir ses assauts et vite se retrouver enceinte. Scandale, elle est mise à la porte et se retrouve à la rue sans ressources. Elle a le malheur de tomber sur la mauvaise personne qui va l’entraîner dans le cycle infernal de la prostitution. A cette époque, tout est réglementée et les filles sont enfermées dans des maisons closes à la merci de mères maquerelles et de souteneurs violents.

Elle va trouver aussi l’amitié au sein de ce groupe de filles. La vie est dure, les brutes partout. Claire pourra-t-elle retrouver sa liberté et connaître l’amour ?

A travers son roman, l’auteur nous raconte la vie d’une maison close de l’époque, La Boule d’Or qui a vraiment existé. Les tracasseries de l’administration, la surveillance accrue de la police et des instances sanitaires.
Ce roman, nous amène aussi à l’époque de la Belle Époque avec l’émergence des thermes du Massif Central.

J’ai déjà lu d’autres romans d’Alain Léonard. Il sait nous parler de son terroir, de la vie de l’époque, de ses personnages attachants, et bien sûr de ces belles terres du Centre de la France.

Agréable lecture, je remercie Les Éditions de Borée pour ce dernier roman d’Alain Léonard.

L’étreinte de la bise (Alain Delage)



En 1893, Armand Ligourel, jeune conscrit libéré de son service militaire, est de retour auprès de sa famille sur le plateau de l'Aubrac. Le courrier d'un notaire lui apprend qu'il est l'héritier de biens provenant d'un grand-oncle, que celui-ci souhaitait léguer à sa servante avant qu'elle ne soit déclarée décédée quelque temps plus tôt. Mais rapidement, Armand trouve des indices troublants sur la destinée de la servante. Dans quelles circonstances Jeanne a-t-elle réellement disparu ?



C’est avec plaisir que je retrouve Armand Ligourel dans ce nouveau roman d’Alain Delage. Dans le 1er tome, « Le banni des Hautes-Terres » nous l’avions suivi sur les estives dans le plateau de l’Aubrac en tant que buronnier.

Dans ce nouvel opus, le jeune homme revient de son service militaire de trois ans au Dahomey pour retrouver sa famille en mauvaise posture.
Un héritage de son grand-oncle va les remettre à flots et leur permettre de démarrer une nouvelle vie .. Eux les Languedociens vont se retrouver sur l’Aubrac dans le village de Rieutort-d’Aubrac dans la maison ancestrale des Ligournel, la famille paternelle d’Armand.
Par contre, Armand sent que quelque chose n’est pas normal. Il hérite de ses biens suite au décès prononcé de Jeanne, l’héritière et servante de son grand-oncle. Il se met en tête de découvrir le fin mot de l’histoire.

Dans ce 2ème tome, l’histoire est plus centré sur l’hiver en Aubrac, l’étreinte de la bise comme en parlent les natifs du coin. Tout est figé dans l’attente du printemps. Le moment est propice pour Armand de réfléchir aux mystères qui l’entourent.

On sent dans ce roman tout comme dans le précédent livre, la connaissance de l’auteur du territoire de l’Aubrac, ses estives, et ses villages. On suit Armand au cours de ses pérégrinations dans ce pays rude qui change du tout au tout entre l’été et l’hiver. Il faut être préparé à y vivre. Et Armand ne manque pas de persévérance.

Un livre reposant et agréable à lire. J’aime lire régulièrement un roman du terroir, on fait connaissance des territoires mais aussi des gens qui y vivent et c’est très plaisant. On apprend à connaître les us et coutumes, les veillées au coin du feu de la communauté avec les histoires pastorales..

Merci aux Éditions de Borée pour ce roman ainsi qu’à son auteur Alain Delage qui encore su me transporter dans cette belle région.

mardi 28 février 2023

Le saut du loup (Christian Laborie)





Lorsque Julien Estérel, le nouvel instituteur, découvre le corps sans vie de son prédécesseur, les gendarmes soupçonnent immédiatement un individu qui vit avec sa famille à l’orée du bois. Convaincue de l’innocence de son père, la belle Manuella trouve en Julien et en Marie, sa jeune collègue, des alliés inespérés. Mais au Saut-du-Loup, les légendes et les secrets qui dorment derrière chaque porte sont propres à brouiller les pistes. Ensemble, ils sont bien décidés à trouver à qui profite la crédulité des villageois.



C’est en 1936 que Julien Estérel, jeune instituteur tout juste sorti de l’École Normale prend son poste dans les Cévennes, dans un tout petit village « Le saut du loup ». C’est par idéalisme qu’il a choisi cet endroit, il veut apporter son savoir dans l’arrière pays cévennol, les villages y sont retirés, refermés sur eux-mêmes. Souvent les enfants ne viennent à l’école que quand leurs parents n’ont pas besoin d’eux à la ferme.

La région est encore pétrie de légendes et de superstitions. Les guerres de religion catholiques/protestants y sont encore bien présentes. La séparation entre les deux communautés est marquée par un pont surnommé le saut du loup.

L’accueil n’est pas très chaleureux, il est l’étranger qui succède à l’ancien instituteur qui lui, était du pays. Il connaît le patois et bien qu’il soit interdit dans les écoles de la république, il l’emploie volontiers avec ses petits élèves pour les aider dans l’approche du français.

Une belle histoire d’amour des Cévennes, des lieux-dits, des contes et légendes. L’histoire du pays y est très présente. L’auteur nous apporte un tas d’informations fort intéressantes sur la région, sa faune, sa flore, ses mégalithes et ses sources. L’imaginaire est très présent dans l’esprit des habitants.

Aussi quand des crimes sont commis, notre instituteur et sa jeune collègue vont essayer d’y voir un peu plus clair et de démêler le vrai du faux.

J’ai bien aimé l’écriture de l’auteur, il nous fait vivre le village, la forêt, la montagne, l’hiver rude et enneigé. C’est une atmosphère bien particulière et feutrée qu’il nous livre. C’est documenté niveau contes, légendes et superstitions. Il nous fait visiter le mont Aigoual et ses environs dans cette époque d'avant la seconde guerre mondiale.

Une belle découverte que cet auteur. Merci aux Éditions de Borée.

Les enfants des Palanges (Louis Mercadié)

 




Que faire lorsque l'on a tout juste 20 ans et que l'on s'ennuie à la campagne ? À cette question, Yvonne a trouvé la réponse : quitter son Aveyron natal, s'installer à Paris et vivre pleinement son amour avec Samuel, un jeune marchand de draps. Mais à peine découvre-t-elle enfin les joies de la vie citadine que la guerre éclate. Tout bascule pour eux lorsque le jeune homme est arrêté, le 16 juillet 1942, et conduit au Vel' d'Hiv'. Devenue mère d'un bébé et de deux jeunes orphelins Juifs qu'elle a pris sous son aile, Yvonne surmontera un à un les obstacles qui se dresseront sur sa route, sans jamais se départir de son courage et de sa ténacité. Sur fond de Résistance, elle protégera ses enfants jour après jour, dans leur vie faite de fuites, de cachettes et de dénonciations. Car en cette période trouble, comment savoir à qui faire confiance ?




Été 1938. Yvonne, jeune aveyronnaise se morfond au pays. Elle aimerait voir Paris, s’émanciper. L’occasion se présente sous les traits de Samuel, jeune marchand de drap en déplacement à Rodez. C’est le coup de foudre. Suzanne amoureuse rejoint Paris et est logée chez sa cousine Delphine, la parfaite parisienne.
Pour elle une nouvelle vie commence, mais la guerre rattrape tout ce petit monde.
L’occupation, la rafle du Vél d’Hiv, l’arrestation de Samuel, et tout ce qui en découle. Les cinq ans de guerre seront jalonnés de coups durs mais aussi de petits bonheurs. Yvonne se retrouve en charge de trois enfants et il faut qu’elle soit forte pour les sortir tous de cet enfer.

Très joli roman qui brosse un portrait de femme à la fois forte et décidée. Elle s’assume et ses enfants avec elle. Son amour est toujours là malgré l’absence.

Avec Louis Mercadié, on voyage à travers l’Aveyron, Rodez et ses petites communes environnantes. Le séjour à Paris d’Yvonne ainsi que son retour à Rodez donnent lieu à de belles descriptions. C’est aussi le moyen de voir que tout n’est ni rose ni noir. Les belles personnes côtoient les pires. Car cette seconde guerre mondiale est malheureusement celle de la délation, des rafles aussi bien d’adultes que d’enfants, la chasse aux juifs est partout. L’auteur cite de nombreux événements réels de l’époque dans cette région. De l’arrestation aux sauvetages inextrémistes d’enfants. La barbarie est à l’œuvre. Il ne faut se fier à personne.

Lecture très agréable, un beau roman du terroir sur fond de deuxième guerre mondiale.

Merci aux Éditions de Borée pour ce beau roman d’un auteur que j’ai déjà lu et apprécié.

jeudi 5 janvier 2023

Les mystères de la maison forte (Albert Ducloz)



A Fonteysse, hameau perdu au milieu de la forêt de Bonnefoy au pays du Mézenc, à cheval sur la Haute-Loire et l'Ardèche, les parents d'Amélie habitent une vieille ferme où ils ne partagent plus rien depuis longtemps. Pour s'éloigner de son père, Amélie part à Clermont-Ferrand y entreprendre des études qui l'indiffèrent. Elle rencontre un Canadien éleveur de saumons dans la province du Manitoba qui entreprend en Europe une tournée destinée à établir des contacts pour écouler ses saumons. Son nom est Samuel Pradoux. Amélie et Samuel deviennent amants et Amélie décide de le suivre au Canada.

269 pages. Sortie le 05.01.2023



J’aime toujours à découvrir nos belles régions de France. Avec Albert Ducloz je me retrouve à sillonner la forêt de Bonnefoy au pied du Mont Mezenc entre Haute-Loire et l’Ardèche.
Amélie y a toujours habitée avec ses parents dans une vieille ferme perdue au milieu des bois et de la nature. L’hiver y est très rude.
La jeune fille après un séjour à l’université de droit de Clermont-Ferrand, va rencontrer Samuel, un jeune canadien. Ils font des projets et elle décide de le suivre dans son pays. Mais la vie n’est pas toujours ce qu’on le décide. Le destin la fait revenir au pays.

Sa mère très proche de sa terre, y est durablement installée entre la ferme, ses animaux, les chèvres et les chiens ainsi que Le Gamin un vieux cheval ami de la famille.
Une promenade inopinée en forêt fait découvrir à Amélie une vieille ruine qui va révéler bien des secrets. Ce sont les fondations d’une ancienne maison forte qui la fera remonter dans le temps de ses ancêtres et le XVIIème siècle.
Les huguenots y étaient nombreux et les dragonnades ordonnées par Louis XIV y ont provoqué beaucoup de massacres que ce soient femmes, enfants, vieillards.

L’auteur nous fait voyager dans sa région, ses forêts. On y ressent la rigueur des hivers et la beauté des belles saisons. Un projet de réhabilitation va voir le jour et beaucoup d’émotions vont remonter à la surface.
Un livre où la nature est à l’honneur, la musique aussi, vous le découvrirez si vous le lisez.
Un bon moment de lecture entre nature et Histoire.

Merci aux Éditions de Borée et à l’auteur pour sa gentille dédicace et pour cette avant-première.

mercredi 9 novembre 2022

L’école des chagrins (Roger Cavalié)






Dans la France des années 1960, Julien, fils de modestes paysans est nommé pour sa première rentrée scolaire à Cours, village situé près de la ferme familiale. Son existence est rythmée, sur fond de guerre d'Algérie, par ses amours pour Jeannine et pour Jeanne, avec qui il se marie finalement.




Julien Delsol vient de terminer ses études d’instituteur à l’École Normale d’Agen. Il doit effectuer un stage de fin d’études en immersion avant de faire son service militaire. Nous sommes dans les années 1960, la guerre d’Algérie fait rage et l’appréhension bien compréhensible de faire son service en opérations ne l’enchante guère.

Le voici donc affecté par le rectorat dans un petit village du Lot-et-Garonne, Cours, dans une classe unique d’une trentaine d’élèves, tous niveaux confondus. La tâche est ardue pour un jeune débutant, tout est à construire. Heureusement il peut compter sur son ancien instituteur qui l’a incité à poursuivre ses études ainsi qu’un collègue plus ancien qui lui fournit des aides et fiches pédagogiques.

L’auteur nous raconte avec bonheur la vie de Julien. Son enthousiasme à enseigner, son dévouement à ses élèves, ses amours, ses déceptions. Son amour de sa terre et de ses parents, agriculteurs qui se sont sacrifiés pour lui permettre de se diriger vers le métier qu’il désirait.

Julien est bien entouré, le week-end il rejoint son village pour retrouver la ferme familiale et ses parents mais aussi ses copains d’enfance pour une bonne partie de billard au café du coin.

Roger Cavalié nous raconte une époque, une ambiance de ruralité que j’ai bien connue. Et c’est un plaisir. Avec sa plume d’ancien de l’Éducation Nationale il nous raconte les petits bonheurs et les petites querelles d’un village du Sud-Ouest. Le patois du coin est un vrai bonheur. On s’y croirait.

Julien est attachant, ses élèves aussi. L’inspecteur d’académie un peu moins, celui-ci cherche plutôt à mettre des bâtons dans les roues à ceux qui ne filent pas droit.

On sent à la narration le bonheur que peut ressentir Julien à enseigner, à mener ses élèves à la réussite. On y sent aussi un parfum autobiographique. L’auteur nous fait vivre à travers son livre ses expériences sur le terrain. Et c’est fort agréable. Il me reste une chose à faire : lire les deux premiers tomes : Le vieux cartable et Julien l’insoumis

Merci aux Éditions de Borée de m’avoir permis de découvrir cet auteur.

samedi 13 août 2022

Un ange dans la tourmente (Alain Léonard)



1914. Près de Chinon, les Decourson, viticulteurs, vivent des jours heureux. L'équilibre familial vacille dès l'annonce de la mobilisation générale. Armand, l'unique fils de la fratrie, est envoyé au front. Très vite, les siens sont sans nouvelles, redoutant le pire. Alors qu'il est officiellement porté disparu, l'une de ses jeunes sœurs, Aurélia, abandonne son projet d'études et décide d'intégrer la Croix-Rouge pour se former aux premiers soins, rejoindre à son tour la zone de combat et retrouver sa trace. À Amiens, au milieu des bombardements et des brancards, elle découvre la terrible réalité du conflit et l'horreur des blessures mais rien ne saurait l'arrêter dans sa quête ni la faire renoncer.




Été 1914. La vie est douce à Savigny-en-Véron. La fratrie Decourson vit ses derniers moments de paix, Armand l’aîné et ses jeunes sœurs Aurélia et Sophie profitent de la douceur de l’été.

Malheureusement, le pays va plonger dans l’horreur de la première guerre mondiale. Armand disparaît au front, sa sœur Aurélia ne peut l’accepter et va tout faire pour le retrouver. Pour cela elle s’engage comme volontaire médicale dans le service de santé des armées et demande à rejoindre le front.

C’est à l’hôpital 101 d’Amiens qu’elle est affectée et va être mise tout de suite dans l’ambiance. C’est la mort, la souffrance, le sang et la misère qu’elle va rencontrer. Le carnage du front arrive directement dans ces hôpitaux de campagne.

Toute une organisation est en place mais il manque toujours du personnel, des médecins, des infirmières. C’est un petit monde très solidaires les uns des autres qui œuvrent à offrir le mieux qu’ils peuvent. L’auteur nous raconte les blessés, les gueules cassées, les traumatismes, les amputations, les morts en fait toute la folie de la guerre.

Aurélia découvrira donc la réalité de la guerre, elle y trouvera aussi l’amour.

Très beau roman historique qui rend hommage à tous ces hommes et femmes qui ont donné pour la plupart leur vie pour en sauver d’autres. Il leur a fallu force et courage ainsi que persévérance pour continuer à travailler dans de telles conditions. C’était un devoir pour eux de se donner à fond pour tous ces soldats pour la plupart de jeunes hommes qui vivaient dans la peur et l’horreur journalière.

Et puis on assiste aussi au début de la médecine reconstructive, la mise en place des prothèses aussi bien orthopédiques que faciales.

Un grand merci aux Éditions de Borée et à l’auteur Alain Léonard pour son petit mot de dédicace. C’est la deuxième fois que je lis cet auteur et j’apprécie beaucoup son écriture et les sujets abordés.

vendredi 3 juin 2022

L'étoile de la providence (Alain Delage)

1972 : Florian, retraité de l'aéronautique, se rend avec sa compagne au palais de l'Élysée afin d'y être décoré de la Légion d'honneur. Il ne comprend pas pourquoi. L'évocation de sa jeunesse lors de la cérémonie lui permettra peut-être d'y voir plus clair... 1910, retour en arrière : Florian a 12 ans et vit en Algérie française auprès d'un père militaire et d'une mère aimante. Lorsque celle-ci décède subitement, le jeune garçon, abandonné par son père, est envoyé dans une école militaire du Gard, contre son gré. Là-bas, de rencontres providentielles en expériences formatrices, il prendra en main sa destinée et n' écoutera que son courage. 




Dernier livre en date d’Alain Delage, celui-ci sort en ce début du mois de juin.
De cet auteur j’ai déjà lu un très beau roman du terroir « Le banni des Hautes-Terres ». 

Un style, une écriture précise, détaillée et fort agréable, Alain Delage démarre son histoire dans les années 70, sous la présidence de Georges Pompidou. Ce dernier décerne la légion d’honneur à Florian Duval qui en est le premier surpris, pourquoi, comment ? Il n’a rien demandé. 

1910, à Blida en Algérie, Florian a une vie heureuse entourée de sa mère qui attend un heureux évènement. Son père, militaire est pratiquement absent de leur vie en plus d’être un coureur de jupons. 

Un beau jour, la vie de Florian va prendre un tournant dramatique. Il sauve la vie d’un nourrisson dans la fournaise d’un incendie. Et tout s’enchaîne. 

Le drame est là. Son père l’inscrit dans une école d’enfants de troupes à Saint Hippolyte du Fort dans le Gard. Une nouvelle vie démarre pour lui entre études et vie militaire. Ce sont aussi les débuts de l’aviation. Les aéroplanes vont rentrer dans sa vie et ne le quitteront plus. 

Très beau roman. Une histoire fictive dans la grande Histoire. Un hommage à tous ces hommes qui ont fait l’histoire de l’aviation et à qui l’on doit tous les progrès qui s’y réfère. 

Ici on rencontre deux aviateurs célèbres René Duval, homonyme de Florian et Paul Hanouille. Le meeting décrit à Saint Hippolyte du Fort a réellement eu lieu en 1912. 

Alain Delage nous immerge dans ce monde à la fois ancien et si proche. Tant de progrès en si peu de temps!!!. 

J’ai beaucoup aimé suivre les aventures de Florian dans une France en pleine mutation 

Un grand merci à Virginie des Éditions de Borée de me l’avoir fait découvrir. 

mercredi 11 mai 2022

Des ombres sur la pierre (Claire Michaud-Destriau)

Une boîte en fer pleine de cassettes audio, chacune portant un numéro. Quelles confidences ces vieilles bandes magnétiques ont-elles pu recueillir ?


Tess a onze ans lorsqu’elle perd ses parents et sa sœur dans un accident de la route dont elle est la seule rescapée. Douze ans plus tard, elle se résout à retourner dans le village ariégeois de son enfance et pousse, chancelante, la porte de la maison familiale, dans laquelle le temps semble s’être arrêté. Que cachent les murs de cette ancienne bergerie ? 

Au gré de ses recherches et de quelques rencontres, le voile se lève progressivement sur les fantômes et les rivalités insoupçonnées du passé. Un monde d’adultes plein de secrets, telles des ombres sur les pierres de sa reconstruction. 

Sortie le 14 avril 2022





Ayet en Ariège en pleines Pyrénées orientales, un petit bourg, une famille en week-end qui reprend la route . Une dispute, puis l’accident. De ce drame, seule Tess fillette de onze ans survit à ses parents et à sa sœur aînée. 
C’est une enfance en manque d’affection et de parentèle aimante qui l’attend. Arrivée à l’âge adulte, la jeune femme qui se sent mal dans sa peau d’être une survivante, revient sur les lieux de son enfance heureuse et insouciante. 

Mais l’enfance ne connaît pas les adultes, leurs secrets, leurs choix. C’est tout un monde inconnu qui va se révéler à ses recherches. Et il n’est pas toujours bon de remuer le passé, il peut se révéler aussi pesant que l’ignorance. Les ombres sont sur les pierres. 

Roman original, la narratrice, l’auteure construit une histoire à travers des cassettes retrouvées par hasard dans un vide-greniers. Elle va s’immerger dans l’histoire de Tess et nous livre un roman sur la difficulté de faire le deuil de l’enfance, des chers disparus, de ce qu’ils étaient vraiment. L’enfance est innocente et insouciante et ne se rend pas compte des drames qui se joue à côté d’elle. 

Une chronique familiale qui retrace bien cette douleur, et ce mal-vivre des survivants. On le ressent à chaque page. De plus l’auteure nous emmène à la découverte de cette belle région d’Ariège, de ses paysages, de sa faune, de ses senteurs. Tout cela fait ressurgir les souvenirs de la jeune Tess, car souvent enfant ce sont des sensations, des odeurs, des lieux qui ramènent les souvenirs. 

Belle écriture, fluide et immersive, par moment poétique. 

Merci aux Éditions de Borée de m’avoir fait découvrir cette auteure.

dimanche 24 octobre 2021

L’arbre des souhaits (d'Agathe Dartigolles)

 



Alors qu'ils célèbrent la fin des travaux du Château de l'Ange, Capucine, Augustin, David, Pierrick et Alicia dégustent une bouteille de la Vigne des Mystères de 1950, la première année de production. Empoisonnés par cette dernière, ils finissent à l'hôpital, manquant d'y laisser leur peau. Pourquoi cette bouteille a-t-elle été empoisonnée ? Par qui ? L'avenir de leur propriété, dont la survie financière dépend entièrement de la Vigne des Mystères, en raison du prêt faramineux qu'ils ont contracté, s'en trouve alors menacé.



Dernier tome de la trilogie, « L’arbre des souhaits » fait suite à « La terre des secrets » et à La vigne des mystères ».


Je n’ai pas lu les tomes précédents ce qui a gêné un peu la compréhension et l’assimilation des personnages. Car c’est une bien grande famille et plusieurs vignobles qui sont à l’honneur dans cette histoire.

Il y a Capucine et son fiancé David, descendants de famille adverses, on retrouve les deux jumelles Octavie la tumultueuse et Léonie la douce, toutes deux nonagénaires sur qui repose la mémoire de beaucoup de secrets qui ont jalonné la vie de cette famille.

Un bon petit roman du terroir mâtiné de polar et de mystères. L’auteur nous amène dans le terroir bordelais avec ces grandes propriétés viticoles qui ont traversées plusieurs générations de familles locales.

Les secrets des anciens se reportent sur les plus jeunes qui ont parfois du mal à comprendre le pourquoi du comment. Et puis le passé est le passé, mais pas pour tout le monde.

Le roman s’articule entre le présent et le début des années 1920 jusque dans les années 1950. Quand les amours du passé font des dégâts au présent.

J’ai beaucoup aimé les deux jumelles si proches et si dissemblables dans leurs caractères. Octavie n’étant jamais en reste de mots acides et brutaux. Et pourtant elle est très attachante… celle que certains nomment la sorcière…

C’est une lecture plaisante, et apaisante. On y lit le terroir, les vignes, les couchers de soleil, la nature mais aussi ce que peuvent faire les secrets de famille quand ils n’ont pas éclaté au grand jour.

J’ai bien aimé l’écriture d’Agathe Dartigolles. Son style est fluide et imagé. Bonne lecture pour se rapprocher de la nature et des bons vins de Bordeaux. ;-)))





jeudi 5 août 2021

La prophétie des marguerites (Alain Léonard)


Aînée de 6 enfants, Jeannette a grandi dans une ferme près de Clermont-Ferrand. En 1867, elle part travailler à Paris avec Marius qu'elle a rencontré à Riom dans l'hôtel-restaurant où elle travaille comme fille de salle. Ensemble, ils vont découvrir la vie d'ouvriers dans une filature de Vaugirard, les premières grèves et aussi l'Exposition Universelle. Suite au décès accidentel de Marius, Jeannette, sans argent, est arrêtée pour vol et condamnée à 6 mois de prison...


Jeannette, 16 ans en 1866 est l’aînée d’une fratrie de 6 enfants. Après de si nombreuses grossesses en si peu de temps sa mère décède peu de temps après la naissance de son dernier enfant. Le père bourru, alcoolique s’est entiché d’une autre femme qu’il impose à ses enfants. Vous devinez bien ce qu’il va se passer. Jeannette ne supportera pas longtemps Lucile et vice-versa. La marâtre va vite convaincre son mari de placer sa fille au travail comme petite main. 

En un sens c’est un nouveau départ pour la jeune fille qui va rencontrer son premier amour Marius au bal de Beauzire, village d’Auvergne près de Clermont-Ferrand. Leur périple ne s’arrêtera pas là. L’attrait de Paris, des grandes usines, des filatures et de l’ère industrielle en plein essor feront que nos tourtereaux migreront vers la capitale. 

Mais la vie pour les petites gens n’est pas facile en cet fin du Second Empire. Paris est un immense chantier sous la houlette du baron Haussmann. Les conditions de vie difficiles pour les ouvriers. Et le destin ne vous joue pas toujours de jolis tours. Comme le dit le titre Jeannette devra se méfier à ne pas s’approcher des marguerites. Je n’en dirai pas plus. 

C’est une bien belle chronique de cette dure époque d’évolution de la société. On visite l’exposition universelle, les nouvelles avenues de Paris, les grands magasins mais aussi les immenses usines de filatures où règnent des monstres de machines et où l’homme et la femme se retrouvent tout petit. Du fait de la destruction de nombreux bâtiments le logement est très difficile à trouver pour les petits salaires. La colère gronde dans le milieu ouvrier. 

J’ai beaucoup aimé suivre le cheminement de Jeannette dans cette découverte si palpitante de la capitale, elle, la petite auvergnate. Le style, l’écriture de l’auteur nous fait vibrer pour la jeune fille qui devra prendre son destin en main. 

Très belle histoire sensible qui nous fait vivre cette deuxième moitié du XIXème siècle en compagnie des moins nantis de notre société. 

Merci aux Éditions de Borée et à Alain Léonard de m’avoir fait découvrir en avant première ce livre qui sortira le 12 août prochain.


mardi 15 juin 2021

Le banni des Hautes-Terres (Alain Delage)

Mars 1890, Armand Ligourel, tout juste sorti du conseil de révision qui l'a déclaré apte au service militaire, se retrouve injustement accusé d'un assassinat. Il réussit à s'échapper vers l'Aubrac, terre de son père, où il arrive pour la montée aux estives. Il va y découvrir le métier de buronnier, les valeurs de ces montanhièrs et leur sens de l'honneur sous leurs dehors rustres, au milieu d'étendues immenses. Son séjour dans cette petite Sibérie sera l'occasion aussi de percer les secrets de sa famille paternelle, une histoire de vengeance hors du commun qui remonte à plus de deux générations ..



Récemment publié, le 10 juin de cette année, ce très beau roman du terroir nous emmène sur les terres du plateau d’Aubrac qui est situé aux confins de 2 régions : Auvergne-Rhône Alpes et l'Occitanie. Il s'étend sur 3 départements : la Lozère, le Cantal et l’Aveyron.

Armand Ligourel jeune agriculteur méridional languedocien, est injustement accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis… Sa famille l’aide à s’échapper et l’adresse à son grand-oncle paternel Alphonse Ligourel. Malheureusement il arrive au moment de l’enterrement du vieil homme. C’est le curé de la paroisse qui va le guider et l’aider à trouver du travail dans la région.

Il sera employé par Pierre Anglade, agriculteur et patron d’une exploitation conséquente. Armand se rendra sur les estives sur le plateau de l’Aubrac en tant que buronnier : il fera partie d’une équipe qui a en charge les troupeaux qui partent en transhumance, pâturer sur les hauteurs à près de 1300 mètres, là où l’herbe est riche et permet de produire de fameux fromages qui font la réputation du patron.

L’auteur nous transporte dans un autre monde que le monde de l’époque en 1890. La région est rude, le climat difficile et les hommes sont à leurs images : méfiants, rugueux et taiseux. Mais une fois que l’étranger s’est fait sa place et accepte les contraintes liés au métier il est accepté.

Ce roman en plus d’être très intéressant sur les coutumes, les particularités de ce métier de buronnier est un livre qui met en évidence les conséquences de secrets de famille trop bien gardés au fil des générations. Ici, ce sont trois générations qui en pâtiront. Entre mésentente, haine et manipulations, ce sont les innocents qui paieront.

J’ai pris un très grand plaisir à découvrir ce monde rural. Un métier rude, au contact de la nature, au plus près de la terre, des animaux, sans confort et commodités. Il n’empêche qu’une fraternité règne entre ces hommes pour peu que chacun y mette sa peine.

Une écriture aérienne et fluide. Des descriptions poétiques qui montrent la force de la nature et de ses exigences. L’histoire romanesque se marie heureusement avec l’histoire de ce métier et son fonctionnement. J’ai appris énormément.

Merci aux Éditions de Borée et à son auteur Alain Delage pour cette belle histoire.