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mercredi 23 avril 2025

Un ardent désir de peindre (Louis Mercadié)



Florine grandit dans les montagnes du Gévaudan et aide aux travaux de la ferme, vouée à perpétuer les traditions rurales et familiales. Animée d'un fort sentiment de liberté et d'une réelle volonté de peindre, tout bascule pour elle lorsque ses parents lui imposent un mariage, qu'elle refuse. Elle est alors envoyée dans un couvent mais n'a pas la vocation et supporte mal l'enfermement. Sa rencontre avec le peintre Charles Grandon pourrait bien lui ouvrir les voies d'une nouvelle vie..

 


C'est toujours un plaisir de découvrir les romans de Louis Mercadié. La fiction dans la grande Histoire.

« Un ardent désir de peindre » démarre au début du 18ème siècle au temps de Mansart et de Louis XIV. Florine petite fille du pays du Gevaudan est bergère au sein d’une famille de paysans. Elle est habituée aux durs travaux de la ferme mais rêve de dessin et de couleurs. Sa vie parmi les bêtes et les paysages de son enfance lui apporte rêveries et envie de croquer ce qu’elle voit. Elle tient de sa grand-mère qui elle même avait ce goût. Malheureusement la réalité de l’époque étouffe les velléités des femmes astreintes à la famille et l’obéissance au patriarcat.

Florine après de nombreuses vicissitudes et à force de combat arrivera à obtenir le droit de s’adonner à son art.

Mais la société ne pardonne pas à ceux qui sortent du chemin qui leur sont tracés par les codes établis.

Ce roman nous permet de connaître les peintres Jean et Charles Grandon. Ces derniers permettront à Florine de donner vie à son désir de liberté et de création.

Avec l’auteur c’est tout un monde local qui est mis en lumière à travers les peintres, les dignitaires de la région Lyonnaise et surtout les différentes méthodes de peinture qu’expérimente Florine. Les couleurs, les plantes utilisées pour créer les pigments, le matériel utilisé, les corporations qui gèrent tout ce petit monde nous sont bien décrits.

Un plaisir de lecture toujours renouvelé, merci aux Éditions de Borée pour ce beau moment de lecture.

samedi 5 avril 2025

Les illusions orientales (Philippe Grandcoing)

 




Des rives de la mer Rouge au détroit du Bosphore, de la côte désertique des Somalies aux ruelles d'Istanbul, en passant par l'Égypte et le canal de Suez, nos deux héros marchent sur les traces du père de l'inspecteur Lerouet. Ils se lancent ainsi à la poursuite d'un fabuleux trésor et d'un mystérieux assassin alors que la guerre couve dans les Balkans. Tensions internationales et intrigues diplomatiques prendront-elles le pas sur leur quête toute personnelle ?



Juin 1913, le monde bouge, surtout dans les Balkans, le Proche-Orient, l’empire ottoman, la Bulgarie, la Russie. Un système d’alliance qui prépare malheureusement la 1ère guerre mondiale.

Avec ce huitième tome (paru en ce début mars) nous retrouvons nos deux compères, Hippolyte Salvignac et son ami Jules Lerouet, ancien policier de la Sûreté parisienne. Cette fois-ci ils sont accompagnés d’un vieux cousin d’Hippolyte, Anatole Salvignac. Ce dernier accomplit son dernier voyage vers un pays qui l’émerveille toujours autant : l’Égypte.
Ce voyage est surtout motivé par la recherche du père disparu de Jules. Père qu’il n’a jamais connu mais dont il a découvert l’existence dans le précédent tome.
La piste les mène à Obock à Djibouti. Malheureusement trop tard, ils y apprennent le décès du père de Jules. Une affaire pas si simple qui va les mener à travers le Proche-Orient en ébullition. Une course à l’héritage qui va leur faire découvrir les grands enjeux de l’époque. Tout bouge, tout menace d’exploser dans cette partie du monde où les grandes puissances jouent leur partie de poker entre eux.

Ce roman est prétexte à un grand développement d’Histoire qui met en lumière tous les enjeux de l’époque. La rivalité des grandes puissances vis à vis des petites. Les amis d’hier sont les ennemis d’aujourd’hui. Et les tensions s’exacerbent entre les différentes communautés : grecque, ottomanes, bulgares.

L’intrigue en elle-même est prétexte à nous faire connaître tous les enjeux sur le terrain. Trafic d’armes, manipulations, espionnage et règlement de compte.
Une page d’histoire que je ne connaissais pas très bien de ce point de vue Moyen-Orient. Quand on dit 1ère guerre mondiale, on pense naturellement à nos pays occidentaux mais n’oublions pas que le reste du monde était aussi en 1ère ligne avec ce système d’alliance.

En plus de la géopolitique on part à la découverte de ces régions exotiques. L’auteur nous raconte Djibouti, Obock, Andrinople et surtout Istanbul, théâtre de tant de civilisations, aussi bien romaine, byzantine que musulmane. Ville hétéroclite qui rassemble plusieurs communautés aussi bien chrétienne, grecque, que musulmane. L’auteur nous invite à une visite guidée de cette grande ville à cheval sur le continent européen et asiatique.

Lecture très instructive et passionnante.

Merci aux Éditions de Borée pour cette belle découverte.

samedi 13 avril 2024

Terres d’Aubrac (Daniel Brugès)





L'Aubrac offre à qui veut bien venir goûter ses lumières multiples et variées. Sur plus de 2500 km2, des gorges de la Truyère à la vallée du Lot, des Boraldes à la Viadène en passant par les pays de Peyre, d Apcher ou les hauts plateaux, des drailles millénaires mènent vers une rencontre inoubliable.
Daniel Brugès connaît parfaitement cet « ailleurs de rêve » pour l'avoir parcouru en tous sens au fil des saisons. Par ses aquarelles et ses mots, il en devient le guide pour livrer l'âme et l'identité de l'Aubrac, à nulle autre pareille. Terre de contrastes, terre d espaces infinis, terre de traditions, l'Aubrac est avant tout terre d'authenticité et d'attachement.
Ici le vent raconte des histoires aux pierres, aux plantes et aux bêtes. Les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle cheminent à travers les immensités. Fières, les vaches aubrac « belles blondes aux yeux cernés de noir » quittent leurs étables au printemps pour ruminer tranquillement au cœur des estives. La musique traditionnelle des accordéons et des cabrettes se mêle aux airs d'aujourd'hui... Étendu sur trois régions (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Auvergne), l'Aubrac défie les lois administratives : il vibre à son propre rythme, simplement fier d'être lui-même, attirant et sauvage.



Sorti en 2009, c’est avec grand plaisir que je découvre ce joli petit livre de scènes champêtres, de marchés locaux, des belles « d’Aubrac, tout cela à travers des croquis et des aquarelles très représentatives de cette région.

Daniel Brugès nous livre là, tout un petit monde bien vivant, attachant qui raconte les traditions, les lieux et les habitants. Les pèlerins de Compostelle y trouvent aussi leur chemin à travers ce plateau si plein des transhumances, des estives et de ses habitants.

C’est à travers divers romans du terroir que j’ai découvert ce petit coin de France, un pays rude en hiver et si plein de la nature en été. Les paysans qui accompagnent leurs animaux, qui les soignent et les nourrissent. On sent là tout l’amour de la terre.

Une très agréable découverte, merci aux Éditions de Borée.

Les démons de l’inspecteur Lerouet (Philippe Grandcoing)






Mars 1912. Alors que la France frémit d’horreur à la lecture des exploits sanglants de la bande à Bonnot, l’inspecteur Jules Lerouet mène de son côté une traque bien plus personnelle, mettant en danger sa carrière et sa vie afin de venger la mort de sa compagne.

Sur la piste d’un mystérieux tueur, réussira-t-il, avec l’aide de ses amis Hippolyte et Léopoldine, à découvrir qui s’en prend à ses proches ? Résoudra-t-il cet autre mystère qui lui tient à cœur : la disparition de la Joconde, dérobée au Louvre quelques mois plus tôt ?

Dans ce septième volume des aventures de l'antiquaire et détective amateur, Philippe Grandcoing continue d'explorer la France de la Belle Époque avec les yeux de héros toujours aussi attachants. Cette fois, il emmène le lecteur dans un univers plus inquiétant, où se déchaînent les passions de l’âme humaine…




Ce 7ème tome de la série « Une enquête d’Hippolyte Salvignac » est consacré au fidèle acolyte d’Hippolyte, l’inspecteur Lerouet, Jules pour les intimes. 1912, Ce dernier vient de perdre sa chère Madeleine dans de tragiques circonstances, un malfrat l’a assassiné et a voulu en faire de même avec la petite Victoire, la petite fille de trois ans du couple.

Rien de tel pour faire plonger l’ami d’Hippolyte dans les affres de l’alcool et de la désespérance. Surtout que n’étant pas marié il n’a pas son mot à dire sur l’enterrement de sa compagne vis à vis de la famille bien pensante de cette dernière.

Jules est un homme pragmatique, solide mais son métier de flic de la Sûreté Parisienne n’a plus sa priorité, il veut retrouver celui qui l’a séparé de Madeleine. Pour cela et avec le soutien d’Hippolyte et de Léopoldine, il va mettre tout en œuvre pour rejoindre les bas-fonds de la capitale et y faire ses recherches. Et pourtant la police aurait bien besoin de ses capacités hors-pairs pour serrer la bande à Bonnot qui sévit à cette époque, l’heure est aux anarchistes qui sèment la mort à travers la capitale.

A travers ce roman, l’auteur nous raconte cette folle époque que furent les années avant la grande guerre 14/18. Les grandes affaires criminelles de l’époque nous y sont narrées avec minutie, les dysfonctionnements entre les services de police, l’émergence des Brigades mobiles du Tigre, le vol de la Joconde, le naufrage du Titanic, la traque de la bande à Bonnot.

Nos héros sont des personnages fictifs dans la grande histoire ce qui nous immerge totalement dans la narration.

Comme toujours je pars avec joie à la découverte des évènements qui ont caractérisé ce tout début du Xxème siècle.

Merci au Éditions de Borée pour cette belle découverte.




mardi 5 mars 2024

Les Valeureuses (Judith Rapet)






La très jeune Michelle, mariée contre son gré, prend la fuite. Une femme peut mener sa vie sans être sous le joug d'un homme, elle en est persuadée. Sa rencontre avec Bertrand est une évidence et l'enfant qui naît de leur union, le fruit d'un amour véritable. Mais la religion veille au respect de l'ordre moral en cette fin de XVIIe siècle. Existe-t-il pire scandale que la naissance d'un enfant illégitime ?
Un siècle plus tard... en pleine Terreur. Marie, unie à celui que son père a choisi pour elle, s'éprend de Joseph, un prêtre très impliqué dans le mouvement révolutionnaire. Elle apprend alors par sa tante qu'une étrange malédiction pèse sur les femmes de leur lignée depuis qu'une de leurs aïeules a bafoué l'ordre établi.



Deux femmes, deux destins à cent ans d’intervalle.

La rage de vivre, de vaincre un destin tout tracé. L’obéissance au patriarcat et ensuite au mari. Les mariages sont souvent arrangés, même en défaveur des jeunes époux.

1631, Michelle est une jeune fille heureuse et espiègle qui se retrouve prise au piège d’un mariage mal assorti et malheureux.

Un siècle plus tard, lors de la Révolution Française en 1789 c’est au tour de Marie de s’unir à un homme qu’elle n’aime pas.

Toutes deux subissent le bon vouloir de leurs pères et des lois de l’Église et des convenances.

Toutes deux vont prendre en main leur destin. Deux jeunes femmes courageuses et rebelles qui feront bouger les mentalités et annonceront la libération de la condition féminine.

Déjà lors de la Révolution, le droit de divorcer est accordé aux femmes, une rare avancée qui se doit d’être soulignée car les droits des femmes n’est pas encore à l’ordre du jour.

Roman du terroir très bien documenté. Une sorte de docu-fiction qui met en scène deux destins et qui retrace avec minutie la façon de vivre de chaque époque, avec ses non-dits et ses principes. L’Église a un fort pouvoir de décision sur la vie des gens, surtout des femmes.Et il est fort difficile de s’en affranchir.

L’auteure nous livre là un roman fort intéressant et des figures féminines fortes et décidées.

Merci aux Éditions de Borée pour cette nouveauté.




mardi 13 février 2024

Rumeurs de granit (Michel Lacombe)




Années 1920. Après de longues études de médecine à Paris, Corentin Le Guern est de retour dans sa campagne bretonne. Si se faire une patientèle est loin d'être aisé, il parvient à gagner peu à peu l'estime des habitants. Il rencontre alors la très convoitée Rozen dont il tombe amoureux. Faisant face à l'hostilité du père de Rozen et à la jalousie des nombreux prétendants de la belle, les tourtereaux se font discrets. Mais quand les patients de Corentin se mettent à développer des effets indésirables suite à ses prescriptions, la rumeur enfle, se répand comme la poudre ; des plaintes sont déposées et Corentin se voit contraint de fermer son cabinet. Une question reste en suspens : à qui tout cela profite-t-il ?



1928, le jeune médecin Corentin Le Guern rentre au bercail familial après ses études de médecine à Paris. Il a grand hâte de retrouver sa région natale : La Bretagne. Le seul problème, son père n’a jamais accepté son choix de devenir médecin et Corentin n’est plus le jeune homme obéissant et soumis d’avant. Après une dispute sérieuse avec son père, il décide de s’installer à Scaër, petite bourgade situé à quelques dizaines de kilomètres de Bannalec sa ville natale. L’auteur nous immerge dans la campagne bretonne de l’époque. Je ne peux que m’en réjouir ce sont tous des endroits que je connais étant moi même originaire de cette belle région.

Les personnages principaux sont Corentin et la belle Rozen, jeune fille qui attire tous les regards et convoitises. Les mauvaises langues et les jaloux vont mettre des bâtons dans les roues de nos amoureux mais ne dit-on pas que l’amour est plus fort que tout.

J’ai déjà lu quelques romans de Michel Lacombe que j’avais bien aimés, cette histoire est fort simple mais à le bonheur de nous raconter la région, les us et coutumes de l’époque, la prise de l’Église sur le quotidien des paroissiens, et bien sûr le poids des rancunes et rumeurs qui peuvent circuler cherchant à détruire la réputation du concurrent.

Par contre j’ai connu mieux de l’auteur. L’histoire en elle-même se traîne et l’action y est peu présente. L’action ne se présente que vers la fin et le dénouement est très rapide après la lenteur de la narration.

Nos héros sont sympathiques, il est dommage de les présenter sous ce côté mièvre.

Je remercie les Éditions de Borée pour cette nouveauté.

mercredi 10 janvier 2024

Le grand livre des chiens (Éditions de Borée)




Les fiches d'approfondissement sur les thèmes pratiques : comprendre le caractère, nourrir et maintenir en bonne santé, comportements, conseils de dressage... De grandes parties pour structurer ce livre très complet : • Connaître son chien • Choisir son chien en fonction de son mode de vie • Soins et bien-être • Reproduction • Les races de chiens selon une classification par types




Chez les Éditions de Borée, j’ai déjà lu un très beau livre : Chats, portraits insolites. Je continue avec Le grand livre des chiens. Une belle récapitulation sur ce qu’il faut savoir quand on décide d’avoir un chien.

J’ai toujours rêvé d’avoir ce genre d’animal comme petit compagnon, enfant cela ne fut pas possible, puis ensuite le tourbillon de la vie, du travail ne m’en ont pas laissé la possibilité. Et puis ma foi,les chats ont débarqué chez nous et ce fut une autre approche.

J’adore les chats mais quand l’occasion se présente de câliner un chien je ne m’en prive pas. Un peu plus bruyant cela est sûr, il faut le promener tous les jours, avis aux paresseux ;-). Mais je pense que ce doit être une grande joie de pouvoir interagir avec eux.

Dans ce très bel ouvrage, les auteurs nous présente la façon de les comprendre, leurs attitudes, leurs capacités, les soins à leur donner, quelques astuces pour mieux les comprendre. Un bon animal est le reflet de son maître, quand on décide d’en prendre il faut assumer et bien les traiter et les éduquer et bien sûr les soigner. Ce n’est pas un jouet, il faut apprendre aux enfants à ne pas confondre.

Un grand plaisir de lecture, un livre qui se feuillette par petit peu et qui nous présente différentes races de chiens et leur caractères.

Un grand merci aux Éditions de Borée pour cette très jolie découverte.

lundi 4 décembre 2023

Les possédés de Saint-Médard (Philippe Hugon)




Paris, printemps 1731. Chaque jour, dans le cimetière de l'église Saint-Médard, la foule se presse pour assister aux incroyables convulsions dont sont saisis des femmes et des hommes sur la tombe du diacre de la paroisse. Miracles et prophéties accompagnent ces crises mystiques. Mais le phénomène attire également l'attention des autorités, inquiètes du fanatisme suscité par ceux que l'on appelle désormais les « convulsionnaires ». René Baptiste, l'agent des missions secrètes du cardinal Fleury, est alors chargé d'enquêter sur ces étranges transes qui recrutent des adeptes jusqu'au sein de la cour de Versailles. Avec une question : les convulsionnaires sont-ils de sincères croyants ou d'habiles imposteurs ?



Après « Le pacte des gueux » et « La reine Idéale » nous retrouvons l’abbé René Baptiste dans ses fonctions d’espion du Cardinal Fleury.

1731, le roi Louis XV à 21 ans. Jeune monarque, il a eu comme précepteur le Cardinal Fleury. Ce dernier pour l’instant gouverne en tant que premier de ses ministres.
En cette année 1731, les jansénistes, mouvement politico-religieux, est en opposition à la bulle Unigenitus promulguée par la papauté, et dans ce contexte à la répression envers les prêtres favorables à ce mouvement.
Un groupe de prêtres jansénistes s’attire la faveur du petit peuple par des démonstrations dans le cimetière Saint-Médard de séances de convulsions de soi-disant pénitents.

Le gouvernement s’en inquiète et se demande si cela ne cache pas autre chose de plus dangereux. Notre abbé est donc délégué à faire la lumière sur ces pratiques. Il s’infiltre dans le mouvement sectaire dirigé par l’abbé Maletache qui semble avoir des accointances aussi bien avec le milieu mafieux que chez les nobles ou les parlementaires.
C’est un vaste réseau que René Baptiste découvre. Que cachent ces convulsionnaires, ou plutôt ceux qui en profitent ?

Roman historique qui met en évidence un épisode du règne de Louis XV. La fronde n’est jamais loin quand le pouvoir absolu règne sur un pays.

Très intéressante lecture, l’auteur s’adresse au lecteur par la voix de René Baptiste, ancien truand, petit gars des rues qui s’est élevé dans les sphères royales. Le ton est dynamique, le héros est à la fois charmant, cynique, charismatique et très débrouillard. Fera-t-il la lumière sur les agissements de Maletache ?

J’ai apprécié suivre ses aventures, c’est plein d’humour, les dialogues vont du français le plus châtié au langage des rues. Les descriptions du Paris de l’époque avec ses caches secrètes dans les souterrains qui sillonnent la ville, nous montrent comme la ville est un vrai gruyère.

Un bon moment de lecture très instructif.

samedi 30 septembre 2023

Cinq nuits avant l’arrivée des américains (Roger Judenne)

 



À l'approche du Débarquement allié en Normandie, Armand, à la tête du groupe communiste Front National, et Pierre, chef de Libération-Nord, se mobilisent. Les deux groupes de Résistance sont mis à contribution pour saboter le noeud ferroviaire de Voves car un train allemand y est stationné, en attente de rejoindre les côtes normandes. Le fougueux Armand meurt dans d'étranges circonstances quelques semaines plus tard. Accident ? Vengeance ? Tout porte à croire qu'il est victime des représailles de l'ennemi. C'est en tout cas la version qui sera officialisée par le Ministère...



Juin 1944, un petit village d’Eure-et-Loir : Voves.
Comme toute la France les habitants sont sous le joug de l’occupant.
La vie continue, l’entretien des fermes, les moissons, la recherche de l’approvisionnement. La vie est dure pour tout le monde. Mais sous couvert, quelques hommes, femmes résistent et préparent à leur manière le débarquement des alliés.

Pierre du groupe Libération-Nord, Armand communiste du Front National doivent unir leurs groupes. L’union fait la force. Mais les caractères de chacun s’affrontent, ils n’ont pas tous la même manière d’agir. Les ordres viennent de Londres, et l’organisation des F.F.I se met en place.

A travers ce roman, l’auteur nous raconte une chronique douce-amer de cette époque. L’Histoire est là qui avance à grands pas, les temps sont rudes, mais la vie doit continuer. Chacun survit à sa manière.

C’est à la fois une histoire de combat et d’action mais aussi une chronique d’un petit village comme tant d’autres en France à cette époque.

J’ai aimé suivre chaque personnage, chacun à ses zones d’ombre, les caractères s’affrontent ou se trouvent. Il faut penser au quotidien, à la protection de ceux qui vous sont chers.

La brutalité de l’occupant, les bombardements, la suspicion sont là et tout le monde se méfie.

Nous sommes immergés dans ces quelques jours qui précèdent le débarquement et l’avancée des troupes alliées. Chacun a son rôle à jouer.

Un roman qui se lit bien, le style est direct, carré. Aussi bien dans les descriptions du village, de ses environs que de la psychologie des personnages principaux.

Un bon moment de lecture.

dimanche 16 juillet 2023

La part des enfants (Claire Michaud-Destriau)




Du jour au lendemain, Léna quitte tout, emportant avec elle quelques affaires prises à la hâte. C’est bien loin de chez elle, au Pays Basque, qu’elle trouve refuge pour le fuir, cet homme violent à l’emprise redoutable. Recueillie par Léontine et Gégé, de vieux fermiers, et entourée des quelques habitants du hameau, Léna s’attelle à reprendre son destin en main.

Malgré toutes les précautions, la jeune femme conserve un lien toxique avec son passé. Il y a ce qu’elle sait, et ce qu’elle ignore. Ce qui la menace même à distance. Et qui la rattrape.



Avec ce roman, Claire Michaud-Destriau nous emmène à la suite de Léna dans sa fuite d’un compagnon extrêmement violent. La terreur l’habite, elle est ancrée en elle. Le pouvoir toxique qu’il exerce sur elle est redoutable. Elle tremble, elle se cache. C’est en Ariège, dans les Pyrénées qu’elle se pose avec le peu de chose qu’elle a réussi à emmener avec elle.

Elle fait la connaissance d’un vieux couple, Léontine et Gégé auprès desquels elle peut enfin se reposer et trouver des oreilles compatissantes. Il y a aussi Robert un vieil homme et son petit fils Titou, Martin le berger qui lui aussi fuit quelque chose.

C’est auprès de ces gens simples et droits qu’elle va chercher à se reconstruire. Mais le chemin est long, l’angoisse est là, diffuse et prégnante.
Arrivera-t-elle à enfin trouver la paix, la sérénité ?

Dans ce roman, l’auteure nous fait pénétrer dans la tête de Léa, mais aussi de son compagnon maltraitant. On ressent de l’empathie pour la jeune femme, et un dégoût profond pour celui qui imbu de lui-même et de sa puissance sur sa femme, la maltraite. C’est malheureusement un fait établi, l’emprise dans un couple d’un élément toxique bloque sa victime de toute rébellion. Léa réussit à s’échapper, ce n’est pas le cas de bien de femmes qui meurt sous les coups de leur conjoint.

Avec ce roman, l’auteure nous fait passer par toutes les angoisses de Léa, même à distance le malaise est toujours là, qui l’enveloppe. Mais la nature, le nouvel environnement va lui redonner confiance. Nous sommes en Ariège, dans un petit village, avec une nature réconfortante et reposante pour les blessures de l’âme.

Très belle écriture et de bien belles descriptions des lieux. J’ai beaucoup apprécié cette immersion dans cette belle région du sud de la France.

Merci aux Éditions de Borée ainsi qu’à l’auteure pour cette découverte.

samedi 24 juin 2023

La maison des âmes perdues (Alain Léonard)




Claire, jeune fille de 17 ans, descend de son village de Besse pour se placer comme domestique chez une famille de notables de Clermont-Ferrand. Exploitée et peu considérée, elle est en outre forcée par François, le fils de la famille. Se découvrant enceinte, commence alors pour elle une descente aux enfers qui la mènera bien malgré elle dans une maison close de la ville.
Dans le sombre avenir qui l’attend, Claire parviendra-t-elle à renouer avec des jours heureux ?



La Belle Époque fin 19ème/début 20ème l’insouciance d’une certaine partie de la population n’est pas forcément celle d’une autre. Pour vivre correctement, les filles des montagnes ou de paysans cherchent du travail dans les grandes villes. Ici l’histoire se situe à Clermont-Ferrand dans le Massif Central. Claire jeune fille du village de Besse, s’est faite engager comme domestique au sein d’une famille bourgeoise dont le père est notaire. Pour elle c’est un soulagement car la vie est difficile pour sa famille.

Malheureusement, le fils de famille est un étudiant en droit, imbu de lui-même et pour qui tout est dû. La jeune fille va subir ses assauts et vite se retrouver enceinte. Scandale, elle est mise à la porte et se retrouve à la rue sans ressources. Elle a le malheur de tomber sur la mauvaise personne qui va l’entraîner dans le cycle infernal de la prostitution. A cette époque, tout est réglementée et les filles sont enfermées dans des maisons closes à la merci de mères maquerelles et de souteneurs violents.

Elle va trouver aussi l’amitié au sein de ce groupe de filles. La vie est dure, les brutes partout. Claire pourra-t-elle retrouver sa liberté et connaître l’amour ?

A travers son roman, l’auteur nous raconte la vie d’une maison close de l’époque, La Boule d’Or qui a vraiment existé. Les tracasseries de l’administration, la surveillance accrue de la police et des instances sanitaires.
Ce roman, nous amène aussi à l’époque de la Belle Époque avec l’émergence des thermes du Massif Central.

J’ai déjà lu d’autres romans d’Alain Léonard. Il sait nous parler de son terroir, de la vie de l’époque, de ses personnages attachants, et bien sûr de ces belles terres du Centre de la France.

Agréable lecture, je remercie Les Éditions de Borée pour ce dernier roman d’Alain Léonard.

L’étreinte de la bise (Alain Delage)



En 1893, Armand Ligourel, jeune conscrit libéré de son service militaire, est de retour auprès de sa famille sur le plateau de l'Aubrac. Le courrier d'un notaire lui apprend qu'il est l'héritier de biens provenant d'un grand-oncle, que celui-ci souhaitait léguer à sa servante avant qu'elle ne soit déclarée décédée quelque temps plus tôt. Mais rapidement, Armand trouve des indices troublants sur la destinée de la servante. Dans quelles circonstances Jeanne a-t-elle réellement disparu ?



C’est avec plaisir que je retrouve Armand Ligourel dans ce nouveau roman d’Alain Delage. Dans le 1er tome, « Le banni des Hautes-Terres » nous l’avions suivi sur les estives dans le plateau de l’Aubrac en tant que buronnier.

Dans ce nouvel opus, le jeune homme revient de son service militaire de trois ans au Dahomey pour retrouver sa famille en mauvaise posture.
Un héritage de son grand-oncle va les remettre à flots et leur permettre de démarrer une nouvelle vie .. Eux les Languedociens vont se retrouver sur l’Aubrac dans le village de Rieutort-d’Aubrac dans la maison ancestrale des Ligournel, la famille paternelle d’Armand.
Par contre, Armand sent que quelque chose n’est pas normal. Il hérite de ses biens suite au décès prononcé de Jeanne, l’héritière et servante de son grand-oncle. Il se met en tête de découvrir le fin mot de l’histoire.

Dans ce 2ème tome, l’histoire est plus centré sur l’hiver en Aubrac, l’étreinte de la bise comme en parlent les natifs du coin. Tout est figé dans l’attente du printemps. Le moment est propice pour Armand de réfléchir aux mystères qui l’entourent.

On sent dans ce roman tout comme dans le précédent livre, la connaissance de l’auteur du territoire de l’Aubrac, ses estives, et ses villages. On suit Armand au cours de ses pérégrinations dans ce pays rude qui change du tout au tout entre l’été et l’hiver. Il faut être préparé à y vivre. Et Armand ne manque pas de persévérance.

Un livre reposant et agréable à lire. J’aime lire régulièrement un roman du terroir, on fait connaissance des territoires mais aussi des gens qui y vivent et c’est très plaisant. On apprend à connaître les us et coutumes, les veillées au coin du feu de la communauté avec les histoires pastorales..

Merci aux Éditions de Borée pour ce roman ainsi qu’à son auteur Alain Delage qui encore su me transporter dans cette belle région.

lundi 5 juin 2023

Mémoire d’Ambre (Vanessa Chevallier)



De son enfance, Ambre n'a gardé aucun souvenir. Désormais trentenaire et en proie à de fréquentes crises d'angoisse, elle espère sortir de cette amnésie et comprendre le mal-être qui la ronge depuis des années. Alors que ses proches refusent de l'aider dans sa quête, revenir sur les traces de sa jeunesse l'aidera-t-il à retrouver le chemin de la mémoire ? Lorsqu'au même moment un meurtre est commis dans le quartier, les fantômes du passé ressurgissent. Qu'est-il réellement arrivé vingt-sept ans plus tôt ?



Ambre est une jeune femme heureuse entre son époux Sandro et sa petite fille Lily Scarlett. Heureuse mais sujette à des cauchemars récurrents et une angoisse diffuse qui la ronge.

Elle a fuit sa famille très jeune et ne les pas revus depuis. Il lui reste son frère Pierre, ses parents étant décédés. Elle décide de retrouver la maison, le quartier de son enfance où sont enfouis ses souvenirs qui malheureusement lui font défaut.

Elle débarque chez Pierre qui lui aussi est un être blessé. Il a perdu un bras au combat dans l’armée. Il vit seul avec son chien Kaboul.

C’est un long cheminement qui va commencer pour tous les deux surtout qu’un crime lié à une ancienne affaire de meurtres d’enfants à lieu juste à côté de chez eux.

J’ai trouvé la trame de l’histoire fort bien menée, l’écriture de l’auteure très agréable et les faits, les rebondissements s’enchaînent sans temps mort. Les personnages et il y en a, sont bien fouillés. Elle fait parler le criminel sans que l’on sache qui il est jusqu’à la fin du roman. L’enquête menée par le commissaire Juillard 27 ans plutôt va-t-elle trouver son épilogue ? Un Loup est dans le bois, il faut le débusquer.

Une excellente lecture à laquelle j’ai pris grand plaisir, le suspens étant au rendez-vous.

Merci aux Éditions de Borée pour cette nouvelle découverte.




mercredi 8 mars 2023

Les noyés des bords de Marne (Philippe Grandcoing)



Un avion qui s'écrase et tue le ministre de la Guerre, une crise diplomatique majeure entre la France et l'Allemagne à propos du Maroc, une malle contenant un cadavre sans tête repêchée dans la Marne, un marchand juif qui disparaît mystérieusement : Hippolyte Salvignac et Jules Lerouet n'ont décidément pas le temps de s'ennuyer en ce printemps 1911. Aussi improbable que cela puisse paraître, toutes ces affaires semblent être reliées et les deux hommes se retrouvent plongés au coeur des intrigues politiques nationales et internationales du moment. Pour leur sixième enquête conjointe, l'antiquaire retiré des affaires et l'inspecteur de la Sûreté parisienne en délicatesse avec sa hiérarchie explorent les coulisses d'une « Belle Époque » où coups bas, trafics et assassinats sont légion. Avec ce nouveau volume des enquêtes d'Hippolyte Salvignac, l'historien et romancier Philippe Grandcoing, fin connaisseur de la période, poursuit l'exploration de la France des années 1900 et fait découvrir l'incroyable richesse de cette époque, à la fois proche et déjà si éloignée de no



1911, l’aviation est en plein essor avec tous ses cortèges d’accident. Le ministre de la guerre Maurice Berteaux est tué lors d’une course Paris-Madrid sur l’aérodrome d’Issy-Les-Moulineaux par l’avion d’un précurseur, Louis Émile Train. Conspiration, attentat, accident, la police enquête. Notre ami Hippolyte Salvignac présent lors de l’accident en est tout chamboulé. C’est son ami, l’inspecteur Jules Lerouet qui est chargé de l’enquête.

S’ajoute à tout cela, une disparition mystérieuse, un artefact religieux un peu litigieux, un environnement politique très tendu en ces années précédant la première guerre mondiale.

Le Tigre, Clemenceau n’est plus au commande de la nation, mais sénateur. Cela ne l’empêche pas de tirer les ficelles politiques. Il cherche des informations auprès des deux amis.

A travers ce roman historique, c’est la grande histoire qui est mise en avant. Les problèmes d’avant guerre avec le Maroc, l’Allemagne, l’Empire ottoman. Les trafics des uns, l’espionnage des autres. Tout est compliqué, imbriqué.

Ce livre est une vrai mine d’informations pour moi qui ne connaît pas trop cette époque. A travers les aventures de nos deux amis, c’est tout une ambiance qui est mise en avant. On découvre la vie parisienne, l’évolution des faubourgs, de la banlieue. Le déploiement d’une vie parisienne vers l’extérieur. Et puis tous les enjeux politiques, et magouilles des uns et des autres. La guerre des polices et du renseignement. Fort intéressant.

J’ai beaucoup aimé, comme d’habitude l’écriture de Philippe Grandcoing.

L’art est aussi mis à l’honneur avec la compagne d’Hippolyte, Léopoldine, férue d’art, peintre elle-même, femme libre et sans attache. A travers elle c’est tout un monde cosmopolite que l’on rencontre. De part ses attaches Magyar, elle fréquente aussi les milieux des exilés de son pays d’origine.

L’érudition de l’auteur ressort vraiment à la lecture de ce sixième opus des aventures d’Hippolyte Salvignac. C’est tout un monde qui se meurt qui est mis en avant, la grande guerre s’annonce et la douceur de vivre est encore là mais plus pour très longtemps.

Merci encore aux Éditions de Borée pour ce roman. C’est toujours un grand plaisir de lire une telle plume. De plus j'adore les différentes couvertures de ses différents romans. Elles ont le charme de l'époque.

mardi 28 février 2023

Le saut du loup (Christian Laborie)





Lorsque Julien Estérel, le nouvel instituteur, découvre le corps sans vie de son prédécesseur, les gendarmes soupçonnent immédiatement un individu qui vit avec sa famille à l’orée du bois. Convaincue de l’innocence de son père, la belle Manuella trouve en Julien et en Marie, sa jeune collègue, des alliés inespérés. Mais au Saut-du-Loup, les légendes et les secrets qui dorment derrière chaque porte sont propres à brouiller les pistes. Ensemble, ils sont bien décidés à trouver à qui profite la crédulité des villageois.



C’est en 1936 que Julien Estérel, jeune instituteur tout juste sorti de l’École Normale prend son poste dans les Cévennes, dans un tout petit village « Le saut du loup ». C’est par idéalisme qu’il a choisi cet endroit, il veut apporter son savoir dans l’arrière pays cévennol, les villages y sont retirés, refermés sur eux-mêmes. Souvent les enfants ne viennent à l’école que quand leurs parents n’ont pas besoin d’eux à la ferme.

La région est encore pétrie de légendes et de superstitions. Les guerres de religion catholiques/protestants y sont encore bien présentes. La séparation entre les deux communautés est marquée par un pont surnommé le saut du loup.

L’accueil n’est pas très chaleureux, il est l’étranger qui succède à l’ancien instituteur qui lui, était du pays. Il connaît le patois et bien qu’il soit interdit dans les écoles de la république, il l’emploie volontiers avec ses petits élèves pour les aider dans l’approche du français.

Une belle histoire d’amour des Cévennes, des lieux-dits, des contes et légendes. L’histoire du pays y est très présente. L’auteur nous apporte un tas d’informations fort intéressantes sur la région, sa faune, sa flore, ses mégalithes et ses sources. L’imaginaire est très présent dans l’esprit des habitants.

Aussi quand des crimes sont commis, notre instituteur et sa jeune collègue vont essayer d’y voir un peu plus clair et de démêler le vrai du faux.

J’ai bien aimé l’écriture de l’auteur, il nous fait vivre le village, la forêt, la montagne, l’hiver rude et enneigé. C’est une atmosphère bien particulière et feutrée qu’il nous livre. C’est documenté niveau contes, légendes et superstitions. Il nous fait visiter le mont Aigoual et ses environs dans cette époque d'avant la seconde guerre mondiale.

Une belle découverte que cet auteur. Merci aux Éditions de Borée.

Les enfants des Palanges (Louis Mercadié)

 




Que faire lorsque l'on a tout juste 20 ans et que l'on s'ennuie à la campagne ? À cette question, Yvonne a trouvé la réponse : quitter son Aveyron natal, s'installer à Paris et vivre pleinement son amour avec Samuel, un jeune marchand de draps. Mais à peine découvre-t-elle enfin les joies de la vie citadine que la guerre éclate. Tout bascule pour eux lorsque le jeune homme est arrêté, le 16 juillet 1942, et conduit au Vel' d'Hiv'. Devenue mère d'un bébé et de deux jeunes orphelins Juifs qu'elle a pris sous son aile, Yvonne surmontera un à un les obstacles qui se dresseront sur sa route, sans jamais se départir de son courage et de sa ténacité. Sur fond de Résistance, elle protégera ses enfants jour après jour, dans leur vie faite de fuites, de cachettes et de dénonciations. Car en cette période trouble, comment savoir à qui faire confiance ?




Été 1938. Yvonne, jeune aveyronnaise se morfond au pays. Elle aimerait voir Paris, s’émanciper. L’occasion se présente sous les traits de Samuel, jeune marchand de drap en déplacement à Rodez. C’est le coup de foudre. Suzanne amoureuse rejoint Paris et est logée chez sa cousine Delphine, la parfaite parisienne.
Pour elle une nouvelle vie commence, mais la guerre rattrape tout ce petit monde.
L’occupation, la rafle du Vél d’Hiv, l’arrestation de Samuel, et tout ce qui en découle. Les cinq ans de guerre seront jalonnés de coups durs mais aussi de petits bonheurs. Yvonne se retrouve en charge de trois enfants et il faut qu’elle soit forte pour les sortir tous de cet enfer.

Très joli roman qui brosse un portrait de femme à la fois forte et décidée. Elle s’assume et ses enfants avec elle. Son amour est toujours là malgré l’absence.

Avec Louis Mercadié, on voyage à travers l’Aveyron, Rodez et ses petites communes environnantes. Le séjour à Paris d’Yvonne ainsi que son retour à Rodez donnent lieu à de belles descriptions. C’est aussi le moyen de voir que tout n’est ni rose ni noir. Les belles personnes côtoient les pires. Car cette seconde guerre mondiale est malheureusement celle de la délation, des rafles aussi bien d’adultes que d’enfants, la chasse aux juifs est partout. L’auteur cite de nombreux événements réels de l’époque dans cette région. De l’arrestation aux sauvetages inextrémistes d’enfants. La barbarie est à l’œuvre. Il ne faut se fier à personne.

Lecture très agréable, un beau roman du terroir sur fond de deuxième guerre mondiale.

Merci aux Éditions de Borée pour ce beau roman d’un auteur que j’ai déjà lu et apprécié.

1986 (Sioux Berger)





Suzanne est une jeune fille un peu rêveuse, un peu perdue. Elle semble avoir du mal à trouver sa place aux côtés d'un frère, brillant élève de la rue d'Ulm, qui fait la fierté de ses parents garagistes. En ce jour du 17 septembre 1986, alors qu'elle le rejoint rue de Rennes, leur destin bascule et tout l'univers de Suzanne en est chamboulé. Hantée par des visions qui la renvoient dans un passé lointain, les années de la Grande Guerre s'imposent à elle au détour d'une rue, d'un poème ou d'une rencontre. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, peine à l'interpréter et le refoule. Pourtant, lorsqu'elle parvient à l'accepter en puisant au fond de son être, son avenir s'illumine et un nouvel ordre s'établit, au sein duquel, enfin, elle se sentira à sa place. Riche de son expérience auprès de thérapeutes en mémoire cellulaire et familiale - notamment Myriam Brousse, Sioux Berger a voulu, avec cette fiction, mettre en lumière l'héritage inconscient que nous portons parfois de nos ancêtres. Toutes les lettres auxquelles il est fait référence dans ce roman sont celles de Francis Desboeufs. Personnage clé du récit, ce dernier a laissé une nombreuse correspondance qui retrace sa vie de soldat ainsi que le drame qu'il a vécu avec sa femme.



1986, rude année pour ceux qui s’en souviennent. Les attentats de la Rue de Rennes à Paris avaient été meurtriers et il y eu beaucoup de blessés. Le terrorisme était sur notre territoire. Je revois les images de ce Septembre 1986 à la télévision.

Suzanne jeune fille originaire de Charbonnier-les-Mines en Auvergne fait partie des victimes. Le traumatisme fait ressurgir des émotions, des ressentis qui ne sont pas de son époque. La guerre 14/18, les accidents malheureux sont pour elle comme une évidence, elle les sent.

Jeune fille brillante, elle est en Hypokhâgne au lycée Fénélon, elle ne se sent pas à sa place dans ce milieu. Une professeure de littérature l’a prend sous son aile et se lie amitié avec elle.

Ce sera un long cheminement, pour faire ressurgir des secrets, et les événements anciens qui touchent la jeune fille.

Très joli roman introspectif sur le mal-être de la jeune fille dans l’ombre d’un frère très brillant à qui ses parents ramènent tout. Elle étouffe et veut se trouver elle-même.

Sioux Berger nous livre là une belle écriture, sensible et fluide.

Le récit est émaillé de faits qui furent mon époque. Les attentats bien sûr, mais aussi Les Dossiers de l’écran avec ses débats fort intéressants, les années Mitterrand, la vie parisienne de l’époque.

Merci aux Éditions de Borée pour cette belle découverte.

jeudi 5 janvier 2023

Les mystères de la maison forte (Albert Ducloz)



A Fonteysse, hameau perdu au milieu de la forêt de Bonnefoy au pays du Mézenc, à cheval sur la Haute-Loire et l'Ardèche, les parents d'Amélie habitent une vieille ferme où ils ne partagent plus rien depuis longtemps. Pour s'éloigner de son père, Amélie part à Clermont-Ferrand y entreprendre des études qui l'indiffèrent. Elle rencontre un Canadien éleveur de saumons dans la province du Manitoba qui entreprend en Europe une tournée destinée à établir des contacts pour écouler ses saumons. Son nom est Samuel Pradoux. Amélie et Samuel deviennent amants et Amélie décide de le suivre au Canada.

269 pages. Sortie le 05.01.2023



J’aime toujours à découvrir nos belles régions de France. Avec Albert Ducloz je me retrouve à sillonner la forêt de Bonnefoy au pied du Mont Mezenc entre Haute-Loire et l’Ardèche.
Amélie y a toujours habitée avec ses parents dans une vieille ferme perdue au milieu des bois et de la nature. L’hiver y est très rude.
La jeune fille après un séjour à l’université de droit de Clermont-Ferrand, va rencontrer Samuel, un jeune canadien. Ils font des projets et elle décide de le suivre dans son pays. Mais la vie n’est pas toujours ce qu’on le décide. Le destin la fait revenir au pays.

Sa mère très proche de sa terre, y est durablement installée entre la ferme, ses animaux, les chèvres et les chiens ainsi que Le Gamin un vieux cheval ami de la famille.
Une promenade inopinée en forêt fait découvrir à Amélie une vieille ruine qui va révéler bien des secrets. Ce sont les fondations d’une ancienne maison forte qui la fera remonter dans le temps de ses ancêtres et le XVIIème siècle.
Les huguenots y étaient nombreux et les dragonnades ordonnées par Louis XIV y ont provoqué beaucoup de massacres que ce soient femmes, enfants, vieillards.

L’auteur nous fait voyager dans sa région, ses forêts. On y ressent la rigueur des hivers et la beauté des belles saisons. Un projet de réhabilitation va voir le jour et beaucoup d’émotions vont remonter à la surface.
Un livre où la nature est à l’honneur, la musique aussi, vous le découvrirez si vous le lisez.
Un bon moment de lecture entre nature et Histoire.

Merci aux Éditions de Borée et à l’auteur pour sa gentille dédicace et pour cette avant-première.

mercredi 9 novembre 2022

L’école des chagrins (Roger Cavalié)






Dans la France des années 1960, Julien, fils de modestes paysans est nommé pour sa première rentrée scolaire à Cours, village situé près de la ferme familiale. Son existence est rythmée, sur fond de guerre d'Algérie, par ses amours pour Jeannine et pour Jeanne, avec qui il se marie finalement.




Julien Delsol vient de terminer ses études d’instituteur à l’École Normale d’Agen. Il doit effectuer un stage de fin d’études en immersion avant de faire son service militaire. Nous sommes dans les années 1960, la guerre d’Algérie fait rage et l’appréhension bien compréhensible de faire son service en opérations ne l’enchante guère.

Le voici donc affecté par le rectorat dans un petit village du Lot-et-Garonne, Cours, dans une classe unique d’une trentaine d’élèves, tous niveaux confondus. La tâche est ardue pour un jeune débutant, tout est à construire. Heureusement il peut compter sur son ancien instituteur qui l’a incité à poursuivre ses études ainsi qu’un collègue plus ancien qui lui fournit des aides et fiches pédagogiques.

L’auteur nous raconte avec bonheur la vie de Julien. Son enthousiasme à enseigner, son dévouement à ses élèves, ses amours, ses déceptions. Son amour de sa terre et de ses parents, agriculteurs qui se sont sacrifiés pour lui permettre de se diriger vers le métier qu’il désirait.

Julien est bien entouré, le week-end il rejoint son village pour retrouver la ferme familiale et ses parents mais aussi ses copains d’enfance pour une bonne partie de billard au café du coin.

Roger Cavalié nous raconte une époque, une ambiance de ruralité que j’ai bien connue. Et c’est un plaisir. Avec sa plume d’ancien de l’Éducation Nationale il nous raconte les petits bonheurs et les petites querelles d’un village du Sud-Ouest. Le patois du coin est un vrai bonheur. On s’y croirait.

Julien est attachant, ses élèves aussi. L’inspecteur d’académie un peu moins, celui-ci cherche plutôt à mettre des bâtons dans les roues à ceux qui ne filent pas droit.

On sent à la narration le bonheur que peut ressentir Julien à enseigner, à mener ses élèves à la réussite. On y sent aussi un parfum autobiographique. L’auteur nous fait vivre à travers son livre ses expériences sur le terrain. Et c’est fort agréable. Il me reste une chose à faire : lire les deux premiers tomes : Le vieux cartable et Julien l’insoumis

Merci aux Éditions de Borée de m’avoir permis de découvrir cet auteur.

mardi 18 octobre 2022

Une reine idéale (Philippe Hugon)


Il faut marier le roi ! En cette fin d’année 1724, la santé du jeune Louis XV vacille et on s’affaire à lui trouver une épouse afin qu’il engendre au plus vite un héritier au trône. Une liste de 99 candidates est dressée parmi les plus grandes familles d’Europe. Mais quelle princesse deviendra Reine de France ?

Le jeune et séduisant abbé René Baptiste est désigné pour mener l’enquête. Bientôt, une inconnue polonaise est choisie, mais René va devoir la protéger de la vengeance des puissantes dynasties éconduites. Une course contre la montre s’engage avant le mariage.



Ce deuxième tome des aventures de l’abbé René Baptiste fait suite à « Le Pacte des gueux » parut en 2020.

Comme on le sait, les mariages royaux ou princiers non rien à voir avec l’amour mais plus à la politique des États. Cela s’applique donc à la recherche d’une épouse pour le jeune roi Louis XV. Ses ministres et conseillers s’inquiètent de ce que le jeune monarque maladif ne puisse engendrer une descendance à la dynastie des Bourbons. 99 jeunes filles sont répertoriées dans les grandes familles d’Europe. On assiste là à un vrai défi qui relève plus du maquignonnage qu’à de la politique. Il faut que la jeune fille soit d’un rang plus que noble, belle, intelligente, qu’elle ne fasse pas d’ombre aux autres grandes familles, les intérêts des unes ne sont pas ceux des autres et de plus il faut qu’elle soit surtout féconde et en bonne santé. Ça ne vous rappelle rien, l’achat de belles bêtes au marché.

L’auteur avec sa verve nous fait bien vivre à travers le jeune abbé René Baptiste tous les tenants et aboutissants d’une telle recherche et surtout les déboires qui vont attendre notre jeune héros.

Le style de la narration est à la première personne qui s’adresse avec humour et entrain à son lectorat. C’est plein d’humour, de cynisme et de bons mots, le tout dans un langage soutenu. Et pourtant le petit abbé a été élevé dans la rue au contact des truands. Qui de mieux que lui peut préserver et sauver la jeune princesse de tous ces vautours qui l’entourent. Ses aventures sont trépidantes et cocasses.

J’ai bien aimé suivre les aventures de René Baptiste, jeune homme plein de charme, de ressources et d’amour des belles femmes. En plus de la grande histoire on découvre tout un monde souterrain dans les arcanes des grandes cours.

Merci aux Éditions de Borée pour ce roman historique original qui vient de sortir ce 13 octobre dernier.