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jeudi 2 juillet 2026

Eren Stanford – L’héritage (Constantin Tsuvaltsidis)




Depuis plus de mille cinq cents ans, le vaisseau Eureka traverse l’univers, défiant les lois de l’espace-temps et les frontières de la réalité. Chaque saut l’éloigne un peu plus de la Terre, chaque distorsion redessine le monde qu’il laisse derrière lui. Lorsqu’il revient dans l’orbite de Gaïa (EXP123), une exoplanète au passé énigmatique, c’est toute la destinée de l’équipage qui vacille. Au centre de cette mission : Eren Stanford, xénologue d’exception, héritière d’une ancienne lignée sacrée marquée par un legs qu’elle n’a jamais choisi.
Entre technologies interdites, héritage génétique, mémoire enfouie et conflits spirituels, Eren s’avance sur un territoire où la science rencontre le mythe, où l’exploration se transforme en quête intérieure. Tandis que l’Eureka fait face à des choix décisifs, la jeune femme devra affronter ce qui la lie à Gaïa… et à son propre passé.
Un roman de science-fiction dense et immersif, mêlant space opera, exploration interstellaire et destin individuel, où le voyage devient autant cosmique qu’intime.



Une envie de space-opéra, je me lance dans la lecture de ce roman proposé par Librinova pour le mois de juin.

Le lecteur se retrouve à bord de l’Euréka, vaste vaisseau qui à la suite d’un premier voyage dans l’hyper-espace fait un bon dans le temps qui les prive de tout repère lors de leur retour sur terre. Le temps pour eux n’a duré qu’une semaine mais sur Terre il s’y est passé plusieurs dizaines d’années qui les ont privés de tout ce qui s’apparentait à leur famille et parenté. Les hommes et femmes de l’Euréka se retrouvent donc à voyager en permanence encore plus loin dans l’espace et dans le temps.

1500 ans plus tard en temps réel, ils reviennent sur l’orbite de Gaïa de part la volonté du Major Eren Stanford. Ou plutôt c’est l’esprit et la personnalité d’une autre entité qui l’y conduit. Une mission doit s’accomplir pour le bien de l’humanité.

Je dois dire que j’ai eu un peu de mal à adhérer à la narration, les phrases sont soit dans un langage soutenu soit dans un langage plus que familier. Les notions scientifiques me semblaient incompréhensibles, le fait est que je n’ai jamais été très fan de physique et notion de l’espace. Il n’empêche que l’idée du roman en elle-même est pas mal, deux esprits dans une même personne, une planète plus qu’énigmatique, une population qui a une langue très ressemblante à celle de la Terre d’origine, un monde médiéval avec des notions de magie. Une armée de femmes guerrières au service d’une mystérieuse princesse Illiane qui semble avoir des affinités et similitudes avec la Major Eren Stanford.

Il y a de l’action, mêlée à du mysticisme, à une pointe de magie, des notions scientifiques avec bataille dans l’espace entre belligérants venant de la Terre et l’Euréka, tout ça sur fond de dictature sur Terre. La religion s’en mêlant on y trouve aussi beaucoup de fanatisme.

J’ai bien aimé les personnages principaux Eren, sa gardienne Jo Rodriguez, les guerrières de Gaïa. C’est foisonnant mais un peu trop confus dans les explications reliant Eren et Illiane. On a l’impression de naviguer dans un monde sans repère.

Donc une lecture en demi-teinte. De l’humour, de l’amitié et de la franche camaraderie entre les différents personnages mais un manque de
compréhension dans les différents enjeux qui ont mené à la conclusion.

dimanche 12 avril 2026

La parabole du semeur (Octavia Butler)

 


Roman traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Rouard. 2024. Le nouveau président des États-Unis provoque une crise sans précédent. Dérèglement social et climatique, épidémies, pauvreté, violences... Dans ce décor post-apocalyptique, la barbarie règne, les murs s'élèvent. La fille d'un pasteur noir atteinte d'hyper-empathie entame la rédaction d'une Bible d'espoir et d'humanité, Le Livre des Vivants. Une anticipation visionnaire.



Paru en 1993, La parabole du semeur (Paroble of the Sower) d’Octavia Butler, nous plonge dans notre époque à partir de 2024. Les États-Unis d’Amérique sont en pleine déliquescence : catastrophe climatique, violence, drogue, pillages sont monnaie courante. Les sans-abris sont légions, les drogués deviennent fous de rage, les crimes, les pillards sont légions.

La narratrice, Lauren,15 ans comprend vite que le monde de ses parents ne reviendra pas, la communauté où ils vivent est entourée de barbelées, des rondes et des gardes sont mises en place pour éviter le pire.
Il y aurait bien une alternative, s’engager auprès de grandes compagnies industrielles qui offrirait le gîte, le couvert et la protection contre tous ces maux. Mais sa famille comprend vite que ce n’est qu’une forme d’esclavage moderne pour mieux dominer la main-d’œuvre à bon marché.
Et un jour, le pire arrive. Tout son monde s’écroule. Lauren et son ami Harry se retrouvent à s’exiler plus loin vers le Nord, avec l’espoir de trouver un avenir meilleur. La route de l’exil va les plonger dans un plus grand abîme. La violence, le crime, la barbarie sont omniprésents.

Quête initiatique, recherche d’une nouvelle religion, philosophie de vie, Octavia Butler nous livre ici un roman où le pire rencontre le mieux. Sur ce chemin d’espoir d’une vie meilleure ils feront de mauvaises rencontres, mais en parallèle un groupe va se constituer avec des personnes comme eux à la recherche d’un havre de paix.

Un roman qui se lit avec grande facilité, malgré la dureté de certaines scènes. La nature humaine y est décrite dans toute sa complexité. Les brutes côtoient les plus faibles, c’est la loi du plus fort. Mais l’entraide, la solidarité voit le jour au sein du groupe et apporte réconfort et humanité à ceux qui le constituent.
La narration est faite sous forme de journal. Lauren raconte chaque jour ses pensées sur sa philosophie du changement, sorte de religion adaptée à la problématique du moment, leurs difficultés au cours de leurs pérégrinations.

J’ai bien aimé m’immerger dans ce monde à travers l’écriture d’Octavia Butler. C’est le deuxième roman que je lis d’elle dans le cadre du challenge duo/auteurs de Fifrildi. Une belle découverte que cette auteure. Son écriture est vive, plaisante et prenante. Les chapitres sont rapides et plein d’action. Ce qui n’est pas pour me déplaire.

Merci à toi Fifrildi pour l’accompagnement dans cette lecture qui ne demandera qu’à se poursuivre. La suite : La parabole d
es talents nous attend ;-)

samedi 25 octobre 2025

Voile vers Byzance (Robert Silverberg)





La Terre, d’ici trois mille ans.Si le monde est dépeuplé, les ultimes représentants de l’humanité, immortels, vivent dans l’oisiveté, partageant leur quotidien entre visites de cités légendaires recréées de toutes pièces et fêtes fastueuses débridées. Un monde aux mœurs étranges et libres que découvre Charles Phillips, natif du New York de 1984, projeté dans ce futur radicalement autre pour des raisons qui lui échappent. Il y rencontre Gioia, sa guide, et bientôt sa compagne, avec qui il navigue d’Alexandrie à Xi’an en passant par Asgard. Vive et magnifique Gioia, qui tait le plus terrible des secrets dans cette société hédoniste où, pour tromper les errances d’une vie sans fin, on rebâtit les civilisations, passées comme mythiques, avant de les faire retourner au néant. Or, Charles, lui, l’enfant du Xxème siècle, n’a rien oublié de ce que signifie la fin…

Voile vers Byzance, finaliste des prix Hugo et Locus 1986, est lauréat du prix Nebula 1985




40 ans après sa première publication sous le titre Sailing to Byzantium, les éditions Le Bélial’ republie ce court roman de Robert Silverberg. Il remporta en son temps (1986) le prix Nebula.

Le roman débute à Alexandrie, 50 siècles dans le futur, quel futur, quelle référence, après J.-C. ? nous ne le saurons pas. Le héros Charles Philipps est un homme de notre 20ème siècle. Il ne connaît pas son vrai passé, ni comment il est arrivé en ce monde futuriste, déroutant pour lui. Malgré cela il se lie à Gioia, une citoyenne de ce monde. Ce monde composé exclusivement de cinq grandes villes antiques qui au début du récit sont Xi’an, Alexandrie, New Chicago, Tombouctou et Asgard – cette dernière devant bientôt être remplacée par Mohenjo-Daro. Ils sont entourés de « temporaires » sortes de figurants/serviteurs des citoyens qui eux sont peu nombreux.

L’auteur nous décrit avec délectation Alexandrie, on y retrouve le fameux phare qui en son temps fut une des sept merveilles du monde, ainsi que la grande bibliothèque d’Alexandrie. Il en ira de même avec toutes les villes visitées par nos héros.

On les suit dans leurs pérégrinations mais aussi dans le questionnement de Philipps de sa présence en ce temps et lieux. Il est considéré par les citoyens comme un « Visiteur », une curiosité.

Je ne vous en dirai pas plus. Le questionnement est aussi pour nous lecteur. Que va nous dévoiler l’auteur ?

Lire du Robert Silverberg est toujours un plaisir, ses descriptions sont dynamiques et nous immergent dans un monde coloré. L’action, la réflexion sur notre humanité, notre devenir et la mort est omniprésente.

Le lire est aussi une ouverture à découvrir sur internet les différentes villes décrites et leur évolution dans le monde antique. Il est toujours aussi fascinant de partir à la recherche de l’information des lieux décrits.

Courte lecture faite en compagnie de mes chers amis babeliautes Fifrildi, Nadou et BazaR, nos échanges furent toujours aussi agréables. Merci à vous.




Xérys, voyage vers les sept soleils (M.C Mersch)



Voilà des millénaires que la Terre n'est plus ; pour survivre, l'humanité s'est installée sur des planètes disséminées dans l'Univers. Mais la paix relative de ce nouveau monde s'effrite lorsqu'un exode dépeuple Xérys et que Lyrde est accusée d'ourdir un complot. Fils d'une exilée xéryenne et brillant Pressenteur capable de lire l'avenir grâce à la transmutation analogique, Éésis est envoyé par sa confrérie sur Lyrde afin d'enquêter sur ses intentions. Il y découvre les arcanes de la synthèse, un état profond d'harmonie, mais aussi un secret immensément convoité que détiennent ses habitants. Cependant, l'Univers est loin de lui avoir révélé tous ses mystères : son périple l'entraîne sur les traces du Voyage vers les Sept Soleils, dont il semble avoir reçu la légende en héritage... Éésis parviendra-t-il à percer les énigmes du cosmos et de sa propre destinée ? Plongez au cœur d'une odyssée intergalactique fascinante, poétique et mémorable, dans la lignée des grands textes de science-fiction.



Publié en mars 2025 aux éditions Librinova, ce bon gros pavé de plus de 1000 pages nous mène au fin fond de l’univers après l’explosion de notre belle planète, minée par les guerres, la pollution.

Sept vaisseaux spatiaux se sont échappés avec à leur bord différentes communautés. Celles-ci se sont établies sur des planètes refuges au fin fond de l’univers. Chacune développant sa propre société en fonction de leurs critères : Aria, Lyrde, Jill’, Arnie, Gania, Soliden et la mystérieuse Xérys, la planète blanche.

Le principal héros, Eésis, pressenteur arien, fils d’une exilée xéryenne est curieux de sa planète d’origine mais aussi de tout ce qui concerne les six autres planètes. Un pressenteur est conscient et à un savoir immense, il peut analyser et prévoir les événements de manière logique.

Les planètes sont inquiètes et se sentent menacées de l’évolution de la société de Lyrde qui a développé la Synthèse, sorte d’uniformisation dans la paix et la communication de sa population. Eésis est envoyé en éclaireur et de ce fait est mis en danger par les autres gouvernants qui voudrait bien connaître le fonctionnement de cette synthèse.

Ce roman est une étude sociologique, géographique des différentes planètes qui ont toutes des caractéristiques profondes et antagonistes les unes des autres. Chaque société a ses coutumes, principes qui relèvent des différents courants régnant à l’époque sur la Terre d’origine.

La réunion autour du héros d’un ou deux compagnons issus de ces planètes nous mènera à la découverte de la septième planète secrète et mystérieuse Xérys.
C’est un long cheminement qui regroupe une équipe profondément unie qui veut accompagner son leader au bout de son périple.

L’auteure nous livre ici une grande étude des grands courants de pensées qui régnaient sur la Terre à l’époque et qui de ce fait on été transposés dans ces planètes reculées que ce soit au point de vue religieux, ethnique, intelligence artificielle, rapport homme/femme dans la domination et l’exploitation, ainsi que la loi du fort qui prédomine.

Intéressant dans la forme mais à mon avis trop long et trop dilué dans les descriptions. Les poèmes relatifs à Xérys sont très beaux. Les planètes, leurs caractéristiques géographiques, sociologiques sont très bien décrites mais justement à la longue je me suis lassée du manque d’action qui en découlait.
Les chapitres sont longs, concentrés sur chaque planète, sauf à la fin qui concerne surtout Xérys qui a un côté plus métaphysique et fantastique.

En somme une lecture en demi-teinte, j’ai bien aimé les relations entre les héros et leurs aventures sur chaque planète, un peu moins la longueur du livre diluées dans les descriptions certes poétiques mais à mon avis superflues.

Merci à Librinova et son auteure pour cette découverte.


jeudi 10 juillet 2025

Le moineau de Dieu (Mary Doria Russel)




2019, un signal musical est capté par la Terre. Pendant que l'ONU palabre sans fin, la Compagnie de Jésus a déjà trouvé les financements et mis sur pied son expédition. À son bord, des athées et des jésuites, dont Emilio Sandoz, jeune prêtre et brillant linguiste, pour un voyage d'exploration vers la planète Rakhat et ses habitants.
2059, Emilio Sandoz, mutique, les mains mutilées et marqué du sceau de l'infamie, est le seul rescapé de la mission. Sur Rakhat, il aurait tué et se serait prostitué. Qu'a-t-il donc pu se passer pour que la mission tourne si mal ?

" Non content d'être un parfait chef-d'oeuvre, Le Moineau de Dieu est aussi une belle porte d'entrée pour quiconque chercherait à faire ses premiers pas dans la science-fiction. " Simon Krug – Les Inrockuptibles.



Suite à l’avis enthousiaste de notre chère amie Fifrildi, Nadou38 et moi-même sommes parties à l’aventure vers Rahkat d’Alpha du Centaure en compagnie de huit compagnons qui s’embarquent sur le Stella Maris.

Tout démarre lorsqu’un signal musical est capté par Jimmy Quinn, un jeune astronome passionné. Ses amis Emilio Sandoz, jésuite de son état, Anne et Georges Edwards, Sofia Mendes sont les premiers à être au courant. L’idée du voyage germe dans leurs esprits et c’est la Compagnie de Jésus qui leur met le pied à l’étrier en finançant le voyage en tout secret.
D’autres compagnons les rejoindront : des jésuites, ordre habitué à se rendre dans des régions reculées et inexplorées.

L’auteur fait le parallèle entre l’expédition de Christophe Colomb partit à la recherche du chemin vers les Indes. Une civilisation à la rencontre d’une autre.
C’est avant tout un roman sur la rencontre de civilisations différentes et une belle étude anthropologique.

Avec Emilio, le prêtre linguiste doué à communiquer et à comprendre de nombreuses langues, Anne, le médecin empathique et observatrice, Georges son mari, ingénieur, Jimmy astronome, le père D.W. Yarbrough le navigateur et ancien pilote de chasse, Marc Robichaux, le peintre et Sofia Mendes, jeune femme complexe et douée en synthèse.
L’amitié, l’humour et les qualités de chacun soudent très fortement cette petite équipe. Pour partir sur de si nombreuses années, cela est nécessaire.

L’auteure nous livre là, un roman à la fois généreux et intéressant sur cette rencontre de deux civilisations. Le développement et l’étude de chaque personnalité, de leurs failles, de leurs joies et de leurs capacités est abordé de manière fluide et agréable. On sent les interactions entre chacun, la profondeur des sentiments et surtout la place de la religion y est très présente.

A travers Emilio on ressent ses doutes, ses motivations, son engagement dans tout ce qu’il fait.
Lui seul reviendra vivant de ce périple, et tout au long du roman, on navigue entre les deux époques. Cela nous donne un aperçu et une dynamique à l’évolution de l’histoire.

Un vrai plaisir de lecture à savourer et à bien s’imprégner. Je conseille vivement mais pas à ceux qui rêvent de grandes batailles interstellaires. C’est plutôt une aventure humaine et profonde.

vendredi 4 juillet 2025

Verte (Gilbert Laporte)

 



La vétuste arche spatiale Déméter-2 poursuit depuis trois siècles son odyssée dans l'Univers, essaimant une partie des passagers en hibernation au hasard des planètes habitables rencontrées. Sur l'une d'elles, la végétation est magnifique. Le patriarche Anastase IV décide de la baptiser « Verte », en préalable à l'envoi d'une petite colonie. Mais l'ambitieux commodore Kostas aspire à faire débarquer l'ensemble des occupants du vaisseau et il va pousser les misérables sans-hublots à la révolte contre l'intransigeant religieux.Au milieu de ce chaos, une policière enquête sur d'effroyables meurtres et se retrouve entraînée dans un conflit qui ne cesse de s'étendre. Son idylle transgressive avec un clone hermaphrodite pourra-t-elle y résister ? Et pendant ce temps, un militaire assisté d'une robotaniste et d'une insectoïde d'exploration parcourt la paradisiaque Verte. Ils ne vont pas tarder à découvrir que, sous ses splendides feuillages, elle dissimule un inquiétant secret... L'auteur embarque ici le lecteur dans un thriller SF écologique non conformiste, où l'instinct de survie et l'espoir d'une vie meilleure dans une nature idéalisée peuvent mener aux pires extrémités.



L’histoire se déroule sur une Arche, Demeter 2, qui a quitté la Terre quelques trois cents plus tôt. Une Terre à bout de souffle, de pollution, de guerres et de catastrophes. Au fil des siècles ce vaisseau essaime au fil des planètes qu’elle rencontre, des colonies humaines. Malheureusement à bord une religion a émergé, le culte de la Déesse Nature, dérivé d’une politique écologique poussée à l’extrême. Les pires exactions répressives envers les hérétiques sont commises. Toute déviance ou faute sont condamnables de la peine de mort et de compostage. Et comme tout bon roman de Sf, il y a bien sûr un conflit qui émerge entre deux factions : les religieux et les militaires.

Entre temps, une nouvelle planète apparaît : Verte. Il est temps, car le vaisseau en lui-même arrive à bout de souffle. Une équipe d’exploration est désignée pour s’y rendre en éclaireur.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire, c’est à vous de le découvrir ;-).

L’auteur nous livre ici un roman de science-fiction écologiste. La nature est partout, elle est le cœur du livre. Nos héros affrontent diverses mésaventures, et font de grandes découvertes sur la nature de la planète, de sa végétation de son mode de vie.

Roman qui mélange l’action et la réflexion. Les chapitres courts qui alternent entre l’arche et la planète Verte, donnent du dynamisme à la narration. Les descriptions sont très intéressantes d’un point de vue botanique et géologique. On s’imagine bien les paysages et les couleurs ambiantes. Les explorations des héros les amènent à prendre conscience de la nature même de la planète.

Finalement une lecture rapide et facile qui pourrait faire un bon petit scénario de film SF.

vendredi 7 mars 2025

Aatéa (Anouck Faure)

 





Navigateur capable de diriger son voilier solaire sur les océans en suspension de la Nuée, Aatea n’en demeure pas moins un paria aux yeux de son peuple : né en mer, il ne possède pas le filament, cet organe symbiotique qui permet aux siens de coexister avec de gigantesques îles vivantes. Seules ses expéditions maritimes l’aident à endurer la servitude à laquelle le contraint le système des castes. Or, après une attaque de pirates qui coûte la vie à tous ses passagers, Aatea perd le droit de naviguer.
Aatea choisit alors l’impensable : fuir la sécurité des îles, tout abandonner et suivre les traces de sa grand-mère, une exploratrice dont les récits ont bercé son enfance.
Tandis qu’un froid inhabituel s’abat sur le monde, Aatea part seul sur les flots instables, déterminé à voyager plus loin que quiconque. Cependant, dans la Nuée, où tout se dévore et se déchire, de nombreux dangers guettent le navigateur ; des dangers mais aussi des rencontres, de celles qui ancrent une vie et lui donnent un sens.



Paru en ce début d’année, que voilà une belle découverte. Un coup de cœur. Aussi bien pour l’histoire que pour la narration.
Et cela grâce à Fifrildi qui m’a proposé d’en faire une lecture commune.

Une belle immersion dans un monde en pleine fracturation, un monde de mer, d’îles émergées de l’océan par un système de racines très toxiques pour ceux qui ne possèdent pas le filament. Le symbiote qui permet aux humains de survivre au contact du sol de ces îles.
Mais il y a aussi la Nuée, vaste monde fracturé. Avec son Cœur Noir, ses dangers, et ses gouffres. On part à l’aventure avec Aatea, navigateur expérimenté mais paria en son peuple. Il fait partie des servants, des esclaves alors qu’il est fils de Reine, mais non né sur le sol d’Enabak, son île. Il ne possède pas le filament salvateur.
Une mission qui tourne mal, une punition durement ressentie, une humiliation de trop, une désertion. Il part à la recherche d’un monde meilleur à travers la Nuée. Atura, son mentor, sa grand-mère lui a laissé des carnets mystérieux qui vont l’amener à comprendre ce monde qui ne veut pas de lui. Mais aussi cette aventure va lui permettre de rencontrer l’amitié, la force, l’amour pur à travers les yeux d’une enfant choisie lors d’un naufrage. Lui l’homme solitaire sans attache et amour, va donner tout son cœur et son affection à cette enfant qui le lui rend bien.

J’ai adoré l’écriture d’Anouck Faure. Elle peut surprendre au début, des phrases courtes, des mots, une ponctuation rapide. Mais tout cela donne une sensation de poésie et de chant qui nous porte sur les embruns et les mers en fracturation. C’est haché, envoûtant et très prenant.
On navigue entre les îles, les falaises, et les différents courants. On découvre une faune à fois magnifique et dangereuse. La beauté de la mer et ses difficultés. Son pouvoir d’attraction sur le navigateur qu’est Aatea ainsi que sur tous les amoureux de la mer.

Un livre qui se dévore et que j’ai beaucoup aimé.
Quoi de mieux qu’une belle lecture en bonne compagnie. 

mercredi 13 décembre 2023

Ombres sur le royaume (François Casanova)




Plusieurs milliers d’années après notre ère émerge une nouvelle civilisation dirigée par des femmes. Cette nouvelle société - démocratique - a constitué un gouvernement, et surtout une armée. La Reine, en fin de vie, cherche celle qui va lui succéder parmi de jeunes soldates fraîchement diplômées.
Cette société bien structurée fonctionne sereinement, jusqu’au jour où elle se sent en danger : des menaces intérieures visent la cohésion du pays ; des ennemis extérieurs obligent le Royaume à réfléchir à de nouveaux moyens de défense, sans reproduire les erreurs qui ont causé la perte de l’Ancien Monde. Et si les leçons tirées des précédentes civilisations avaient leurs limites ?
Ombres sur le Royaume nous transporte dans un futur fantasmé qui semble avoir résolu tous les problèmes des civilisations passées. Pourtant, dans les failles de ce monde loin d’être parfait, se dessine également le reflet de notre propre société…




Un petit royaume, plusieurs millénaires dans notre futur. Un pays de neige et de glace, un pays de volcans et de feu. Sa capitale Nabelstadt est une vaste mégalopole souterraine de 13 millions d’habitants. Et oui l’extérieur n’est que glace et températures extrêmement basses.

Une grande catastrophe a détruit l’ancien monde. De ce désastre est née une nouvelle civilisation, cette fois-ci gouvernée par une reine choisie parmi l’élite d’un corps constituée de jeunes filles éduquées et formées à gouverner le pays. Il n’y a pas de servitude imposée aux hommes, par contre il ne leur est plus permis de diriger les affaires du pays.
La reine Pérenna est très âgée et sent sa fin venir. Selon le protocole, la prochaine souveraine sera choisie parmi la dernière promotion de l’ENA.
La loi souveraine dont la reine est garante, impose un tas de restrictions pour éviter de futurs désastres et crée un sentiment de protection et de paix. Mais la nature humaine ne change pas. Malgré l’instruction, la stabilité, certains traits de caractères, de personnalités n’échappe pas à la censure et la contestation se fait à nouveau jour. La bêtise, la nonchalance, les ambitions, les jeux de pouvoirs sont toujours là.

A travers ce roman, l’auteur met le point sur pas mal de travers de nos sociétés dans leurs administrations, en politique, dans la manipulation des masses par de soi-disant gourous ou religieux.
En excluant tout armement massif la loi souveraine ou constitution met le pays en position de faiblesse envers tout attaquant potentiel.
Les personnages principaux, en l’occurrence la reine, mais aussi quelques cadettes de l’ENA, Oursault, Thétis, Ever et leurs supérieurs sont attachants à défendre leurs idées. Mais le style est très manichéen, d’un côté les bons et intelligents, les méchants : bêtes, ambitieux ou manipulateurs.

L’idée est bonne, une société qui en cherchant à se protéger précipite la menace. L’humour est présent, mais il paraît plutôt cynique envers la population de base. Il y a l’élite et les autres.

Un second tome est annoncé en fin du roman. Ce 1er tome semble un tome d’introduction à plus d’actions à venir.

Merci à Librinova pour cette découverte.



mardi 19 septembre 2023

La société des Kaijus (John Scalzi)






Ils sont GROS
Ils sont MÉCHANTS
Ils sont MENACÉS D’EXTINCTION

Jamie accepte immédiatement le job que Tom, une ancienne connaissance, lui offre. Travailler pour une société protectrice d’animaux plutôt que livrer des repas est une veine.
Seul problème, les animaux concernés sont des kaijus.
Or, si ces monstres sont les êtres les plus gros et les plus dangereux de cet univers, ils ont besoin d’aide pour survivre, car des entreprises peu scrupuleuses voudraient les exploiter.
Tous ceux qui ont vu Jurassic Park savent que c’est une mauvaise idée...

« Scalzi nous embarque dans une course folle bourrée de réflexions sur la pop culture, les start-up, l’influence de l’État et la science. » - Library journal



Immersion dans une terre parallèle peuplée de…. Kaijus, vous savez ces très grosses bébêtes semblable à Godzilla, couplé à Jurassic Park. Non vous ne connaissez pas c’est sûr, il faut avoir lu le roman de John Scalzi pour savoir à quoi ils ressemblent.

Tout cela commence quand Jamy Gray se fait virer de son travail dans une Start-up et qu’il se retrouve à « delivering » des pizzas. Au hasard des livraisons, il retrouve Tom, un ami d’un ami qu’il a rencontré lors de ses études. Par analogie et échange intéressant sur la science-fiction, ce dernier lui propose un job qui paraît bien mystérieux. C’est là que commence l’aventure pour Jamie, et quelle aventure. Une immersion totale et improbable dans une terre parallèle qui se trouve être une vaste jungle pour animaux monstrueux mais à protéger.

Je me suis bien amusée à lire ce roman plein de références sf, d’humour, de bonne humeur dans un environnement improbable.

Un peu en panne d’envie de lire ces derniers temps ; on a tous un petit coup de mou de temps en temps, ce petit roman sans prétention m’a bien relancée dans mon envie livresque. Il se lit vite, agréablement dépaysant tout en ayant une approche de notre monde tel qu’il est, avec ses bons et ses méchants et ce ne sont pas forcément nos kaijus les plus à craindre. Et cerise sur le gâteau il est plein d’action. En somme un très bon moment de détente en compagnie de nos amis.

jeudi 18 mai 2023

Lum’en (Laurent Genefort)



«La vie intelligente sur Garance apparut cent mille ans avant que la planète ne porte ce nom. Cette vie-là n'était pas humaine, ni même organique. Lum'en était unique en son genre...»

Imaginez une étoile avoisinant sept dixièmes de masse solaire... Le système de Grnc.mld1 compte six planètes : cinq telluriques et une gazeuse. Garance est la seule qui évolue dans la zone d'habitabilité. Une planète comme tant d'autres ? Seulement en apparence.
Lum'en, c’est l’histoire de pionniers lancés à la conquête d'un monde qui, au fil des générations, vont écrire la plus exceptionnelle des aventures, la plus terrible aussi, celle de l'ancrage, puis du déclin inéluctable d'une colonie dans les confins.

Prix Julia Verlanger
Grand prix de l’imaginaire
Prix Rosny aîné




Cette année, le challenge duo-auteur de Fifrildi nous amène à lire Laurent Genefort. Le choix de cette première lecture de l’auteur s’est fait naturellement pour notre petit groupe.

Lum’en, à la fois roman et recueil de nouvelles, nous amène sur la planète Garance. Mystérieuse et atypique, les colons ont du mal à s’y implanter tellement la nature et l’environnement sont incompatibles avec l’humain.
Et pourtant à travers plusieurs décennies l’homme y fait son trou au prix de beaucoup de dégâts environnementaux sur la faune et la flore. Une seule mégalopole y verra le jour : Villevangk. Monstre au milieu d’un océan de forêt.C’est sans compter sur Lum’en, entité en exil dans le sol de Garance. C’est à travers son ressenti que l’on verra l’installation, l’expansion et la fin de la présence humaine.

A la fois fable écologique, réquisitoire contre le colonialisme, la destruction de la nature et le pouvoir des extrémismes religieux, Lum’en nous raconte la folie de l’exploitation par les grands groupes capitalistes au détriment de l’homme lui même et de l’environnement.

Je dois dire que j’ai eu du mal à rentrer dans le livre. Les trois premières nouvelles m’ont laissée plus ou moins indifférente :
- Site alpha
- Colonie légère
- Colonie lourde

Mon intérêt s’est éveillé à la fin de la troisième nouvelle.
J’ai adoré la quatrième : - La clairière des dieux bruyants. J’ai trouvé que l’on rentrait vraiment dans l’essence même de Garance.
Puis – Déclinopole apporte plus de dynamisme et d’action, là où les intérêts commerciaux et humains se télescopent. Et puis la dernière – Zone /O est le juste aboutissement de ce qui doit être.

La nature humaine est éphémère et au final c’est Lum’en, cette entité exilée dans le sol de Garance qui assiste à l’arrivée et au déclin des hommes. C’est elle qui fait le lien entre les différentes générations et les évènements inhérents à la colonisation.
J’ai beaucoup aimé suivre les pilas, petit être local malmené par les hommes et pourtant légitime habitant de Garance. La forêt, la nature de Garance est une explosion de couleur orange, rouge, tout y est flamboyant. L’homme n’y a pas sa place, tout est toxique pour lui, il s’en rendra compte.

Au final, une lecture en demi-teinte. L’écriture de Laurent Génefort est fluide, claire et facile à lire. Ce qui l’est moins pour moi, ce sont les explications scientifiques et les termes relatifs à tout space opéra. Les termes techniques et scientifiques ont tendance à me couper dans mon enthousiasme de lecture. J’ai préféré l’interaction avec les pilas, les rapports diplomatiques entre les différentes factions, ainsi que les relations avec Lum’en.



vendredi 5 mai 2023

Un feu sur l’abîme (Vernor Vinge)



Dans une galaxie où l'évolution technologique et les lois qui la gouvernent dépendent de la place que vous y occupez, il est risqué de s'aventurer en dehors de votre zone.
Lorsque la jeune et ambitieuse civilisation humaine libère accidentellement une ancienne intelligence artificielle, celle-ci - la Perversion - menace l'Univers tout entier.
Sans le savoir, deux adolescents rescapés du naufrage d'un vaisseau détiennent entre leurs mains le salut de millions d'espèces intelligentes. Mais ils échouent sur une planète primitive et ceux qui peuvent leur venir en aide se trouvent à des milliers d'années-Lumière.
Une terrible course contre la montre s'engage alors...



Premier d’une trilogie, Un feu sur l’abîme est sorti pour la première fois en 1992 sous le titre « A Fire upon the Deep.
Il est suivi par « Les enfants du ciel » et « Au tréfonds du ciel ».
En 1993 l’auteur remporte le prix Hugo du meilleur roman avec ce même roman.

Une super intelligence est réveillée malencontreusement par des humains dans une partie de l’univers. La Gale, la Perversion détruit tout sur son passage, les technologies, les vaisseaux, les civilisations.
Dans le Relai, un vaisseau avec à son bord Ravna une humaine, deux Cavaliers des Skrodes espèce végétale particulièrement intelligente, montés sur Skrodes qui leur permet de se déplacer, Tige Verte et Cosse Bleue, couple de négociants, ainsi que Pham sorte d’humain rafistolé par une Puissance, le Vieux qui le manipule. Tout ce petit monde se retrouve à évacuer d’extrême urgence le Relai attaqué par La Perversion.
Ils partent à la recherche d’un vaisseau écrasé sur une planète dans les Lenteurs de l’univers, où les technologies et l’intelligence artificielle sont inefficaces et ralenties. Une quête désespérée pour sauver les diverses civilisations de l’univers aussi bien humaines que non humaines menacées par la Gale.

Gros pavé à la fois science-fiction et fantasy médiévale. La planète des lenteurs est peuplée par des meutes de chiens intelligents ayant une âme et une intelligence commune.

J’ai bien aimé la partie sur cette planète, je suis un peu plus fermée au space opéra, mais la quête de Ravna et de ses amis nous permettent d’appréhender l’impact que l’intelligence artificielle aurait si nous en dépendions totalement.

Les enfants rescapés, Jeffri et Johanna vont vivre des aventures passionnantes mais traumatisantes au contact de ces meutes. Ils en sortiront grandis et se découvriront de nouveaux amis . Ils vont faire l’expérience de la manipulation des politiques et du monde des adultes.

J’ai aimé l’écriture de Vernor Vinge, surtout quand il ne développe pas trop les évolutions technologiques et synthétiques qui me sont hermétiques. Par contre les intrigues au sein des différentes meutes sont fort intéressantes ainsi que leur fonctionnement.
Je lirai certainement les suites, j’ai bien envie de savoir ce que vont devenir nos héros dans ce monde médiéval qui va sûrement évolué vers la technologie.

Le Sculpteur ainsi que Peregrin son compagnon sont fort intéressant.

Un grand merci à Babelio et les Éditions Ailleurs & Demain pour cette masse critique. Je suis vraiment à l’extrême limite pour ma critique mais des évènements imprévus m’ont empêché de le lire en toute sérénité.
A très bientôt si j’arrive à trouver les suites.




dimanche 22 janvier 2023

Métaphysique du vampire (Jeanne A-Debats)



« C'est mon travail de traquer les monstres. J'en ai connu beaucoup, brièvement. Ils étaient tous humains à la base. » Navarre, alias Raphaël, est un vampire vieux de plusieurs siècles, terriblement beau, joyeusement bisexuel et surtout un assassin redoutable à la solde du Vatican. Pour sa nouvelle mission, il est envoyé au Brésil sur les traces d’un ancien nazi. Mais, entre les divinités locales et la chaleur du Carnaval, la chasse ne s'annonce pas de tout repos... d'autant qu'il se retrouve accompagné d'un prêtre, au dogme laxiste, et d'une autre créature de la nuit, Dana, particulièrement attirante. Rythmé, drôle, étonnant, osé... Dans la lignée de L'Héritière, Jeanne-A Debats, avec Métaphysique du vampire, réinvente le roman vampirique pour mieux nous faire s'interroger sur la notion d'humanité.



Je connais Jeanne-A Debat de part La vieille dame et le continent, novella de science-fiction que j’avais beaucoup appréciée.

Avec ce roman, l’auteure nous propose du fantastique, de la science-fiction, de la fantasy. Il est scindé en quatre, un court roman et trois nouvelles. Tous à des périodes différentes de la vie de notre vampire Navarre alias Raphaël pour ses employeurs.

Un sacré loustic né au 14ème siècle et ayant survécu à une vie tourmentée et mouvementée comme on peut s’en douter. Il est froid, cynique, buveur de sang bien sûre et sympathique. Il travaille un certain temps pour le Vatican, cela a de quoi surprendre, car tout ce qui est sacré le brûle de mille feux. Mais pour lui c’est une sorte de pause dans sa vie, dans un milieu où il n’a de compte à rendre à personne qu’au Pape et ses subordonnés. Car la vie de Vampire est assujetti à une hiérarchie et Navarre est très très indépendant.

Le court roman, écrit en 2012, qui démarre le livre le fera se frotter aux dieux vaudous et à d’odieux nazis réfugiés au Brésil.

Les nouvelles ont un autre registre :

La première : La Lance (2014) a une connotation fantasy avec la légende Arthurienne et des créatures mythiques comme un dragon et des sirènes.

La deuxième : Ovogenèse d’un vampire (2014), a plus un côté cyberpunk, avec des œufs Fabergé qui servent à remonter le temps.

Et la troisième : La Fontaine aux serpents (2013) se passe dans le futur. L’homme voyage dans l’espace et notre Vampire souffre de tous les maux, car rien ne peux le protéger des rayons cosmiques lors de ces voyages.

J’ai beaucoup aimé le petit roman et la dernière nouvelle. Cette dernière a un côté à la fois SF et mythologie aborigène. Un chouette mélange, lorsque la science et les mythes se rencontrent.

J'ai bien apprécié ma lecture, un peu crue, très cynique mais pleine d’humour teintée d’hémoglobine. Navarre est un vampire attachant et lucide sur la nature humaine. Il ne se fait aucune illusion sur la cruauté des hommes et de la sienne.

Je pense lire ses autres aventures à l’occasion. C’est un très bon divertissement mais aussi une réflexion sur l’âme humaine.


samedi 21 janvier 2023

La ville sous globe (Edmond Hamilton)




Lors des premiers instants d'un conflit nucléaire généralisé, une bombe supratomique explose au-dessus de la petite cité de Middletown. Mais au lieu de réduire la ville en cendres, la déflagration l'efface de la surface du globe pour la transporter ailleurs ou plutôt en d'autres temps. Ses habitants doivent en effet se rendre à l'évidence : Middletown est devenue une oasis du XXe siècle sur une Terre mourante et désolée, à des millions d'années dans le futur. Très vite, ils découvrent, au-delà des montagnes, une étrange cité abandonnée, construite sous un dôme et remplie de merveilles technologiques susceptibles d'assurer leur survie dans ce contexte extraordinaire. Jusqu'au jour, où, ils reçoivent une communication venue de l'espace... Brassant avec brio les thèmes majeurs de la science-fiction de l'âge d'or dans un contexte marqué par la peur de l'atome, La Ville sous globe est sans doute, par sa profonde humanité, le roman le plus subtil d'Hamilton.



Et voilà, j’ai démarré notre petit défi littéraire 2023 avec le choix de Senna : La ville sous globe d’Edmond Hamilton. Honte à moi je ne connaissais pas cet auteur, papa du célèbre Capitaine Futur alias Capitaine Flam.
City at World’s End dans son titre original sort dans Startling Stories en juillet 1950, avant de paraître en volume un an plus tard.

Nous voici donc dans une petite ville : Middletown, où un grave cataclysme dû à l’explosion d’une bombe supratomique, a provoqué l’expulsion de la ville dans un futur très éloigné de la Terre, une Terre à bout de souffle, avec un soleil en complet refroidissement.
Nos petits humains sont complètement anéantis et déboussolés. Ils sont cinquante mille hommes, femmes et enfants.
La découverte à proximité d’une ville sous dôme, va leur permettre pour un temps de survivre au désastre glacial qui s’abat sur leurs têtes. L’évacuation est une vrai épopée pour ces gens habitués à leur petite ville et leur environnement, mais ce qui les attend est encore plus imprévisible que ce qu’ils pouvaient imaginer : La fédération intergalactique fondée par les anciens Terriens qui ont conquis d’autres planètes et galaxies.
Ils sont considérés comme de vulgaires primitifs à côté de leurs cousins spatiaux. Il est vrai que la science et les déplacements spatiaux ont fait un bon en avant considérable et inimaginable.

Mais vous vous en doutez bien on ne dicte pas sa conduite à un terrien, américain de surcroît s’il n’est pas d’accord.

J’ai pris grand plaisir à me replonger dans ce genre de science-fiction un peu dépassée, comme dirait certains : datée mais vu l’époque où cela fut écrit c’est bien trouvé. J’ai aussi beaucoup aimé l’écriture d’Edmond Hamilton, elle est simple, la psychologie de ses personnages est importante et son histoire repose surtout sur l’adaptation d’une petite population a une succession de faits qui bouleversent leur quotidien et leur vie. Il ne nous assomme pas avec des considérations scientifiques qui me laissent souvent déroutées lorsque je lis de la science-fiction.

Et bien sûr nous avons un héros, prêt à en découdre et qui lui se met à rêver de grands espaces dans …. l’Espace.

Très belle découverte. Je m’en vais regarder de plus prêt l’historiographie d’Edmond Hamilton.


lundi 26 décembre 2022

Histoire du Futur, 4 Les enfants de Mathusalem (Robert A. Heinlein)



Les Howards avaient survécu à la période totalitaire des Prophètes, aux Guerres Mondiales ainsi qu'aux Années Folles. Ils s'avançaient masqués parmi les éphémères. Ils formaient une minorité homogène, solidaire mais déjà menacée et bientôt persécutée. Car le Conseil de l'Alliance n'ignorait plus les pouvoirs exorbitants des Howards et n'allait plus pouvoir contenir très longtemps l'hystérie collective des humains à vie courte.
Aussi les Enfants de Mathusalem allaient-ils devoir choisir entre l'exil et l'extermination.



Je fais vraiment tout à l’envers. J’ai commencé Histoire du futur de Robert Heinlein par le cinquième roman de l’intégrale : Les orphelins du ciel. C’est d’ailleurs ce dernier qui m’a donné envie de découvrir l’intégralité des cinq tomes qui le constitue.

Cette année 2022 a été prolifique niveau lecture de cet auteur, la faute au challenge duo d’auteurs de Fifrildi. Et je dois dire que l’écriture d’Heinlein me plaît de plus en plus. Il y a son côté scientifique il est vrai mais en plus il a un vrai talent pour nous raconter de fabuleuses aventures dans l’espace et sur la Terre.
Je me fais donc un compte à rebours, et c’est original.

Avec Les enfants de Mathusalem, publié en anglais en 1941, nous sommes dans le futur au XXIIème siècle. Une toute petite frange de la population, sous couvert de croisement eugéniste, a une espérance de vie pouvant aller jusqu’à plus de 200 ans. La révélation se faisant, ce qui doit arriver, arrive… nos bons hommes sont mis hors la loi car ils ne veulent pas révéler leur secret !!!

Dans le lot, il y a Lazarus, un charmant vieux monsieur de près de 220 ans qui ne fait pas du tout son âge, baroudeur au possible et qui se charge de sauver tout ce petit monde aidé bien sûr d’autres personnages tout aussi dynamiques.

Le roman est scindé en deux parties, la première concerne la prise de conscience de la longévité de cette minorité et leur fuite au-delà de la galaxie et la deuxième concerne leurs rencontres avec d’autres planètes et leurs habitants pas forcément humains. J’ai bien aimé les deux, avec une préférence pour la première car l’action y est plus présente ainsi que la vision tout à fait réaliste que l’on pourrait avoir vis à vis de l’étrange et la façon dont les autorités et la population réagit.

La rencontre avec les autres planètes est plus philosophique. Des mondes, des cultures, des réactions et des interactions différentes mettent nos héros qui croient avoir enfin trouver leur eldorado, dans le désarroi.

Et puis Lazarus est très attachant, râleur, hâbleur, plein de ressources et bon enfant. Il prend ce qu’il vient du mieux qu’il peut avec de bonnes solutions.

Donc vous l’aurez compris je vais continuer sur ma lancée et découvrir les autres romans de cette intégrale.

mercredi 9 novembre 2022

Le dixième vaisseau (Pierre Bordage)




Sur la planète Brull, le capitaine de vaisseau Livio Squirell purge sa peine à perpétuité pour meurtre et escroquerie. Jusqu'au jour où, en échange de sa liberté, le gouvernement lui propose de prendre part à une expédition dans la galaxie du Triangle, car des signes d'une activité intelligente y ont été détectés. Mais le voyage s'annonce périlleux : les neuf vaisseaux ayant tenté l'aventure ont mystérieusement disparu... Pour s'assurer de sa loyauté, on injecte à Livio un virus dont les effets se déclencheront dans deux ans. Afin de revenir à temps pour avoir l'antidote, il prévoit alors de prendre tous les risques et de franchir les trois millions d'années-lumières qui les séparent de la galaxie du Triangle, en effectuant des bonds spatiotemporels jamais tentés...

De son côté, Flogg, une mécanospace aguerrie, décide de prendre part à l'expédition, assistée de Tarr, un Gromb, espèce ni humaine ni animale. Mais très vite, au milieu de cet équipage d'une quarantaine d'humains et non-humains, l'ambiance se dégrade... Entre sabotages, insubordinations et tentatives de meurtre, arriveront-ils à destination ? Que se passe-t-il à bord de L'Esmerillo ? Et qui a envoyé les signaux captés sur Brull ?
 
481 pages, sortie le 5 mai 2022




Pierre Bordage n’est pas un inconnu pour les amateurs de Sfff, j’ai déjà eu le plaisir de lire plusieurs de ses livres.

Ses romans ont ce petit côté fantastique, onirique qui lui sont familiers. Ici nous sommes par contre dans un domaine très cartésien, de la Space Opera. Dans le huit-clos d’un vaisseau interstellaire, nous observons et accompagnons l’équipage de Livio Squirell à bord de l’Esmerillo.

Le capitaine se voit confier la mission de rejoindre une lointaine galaxie, celle du Triangle où neuf vaisseaux ont déjà disparu.
L’équipage est très hétéroclite, entre les différentes espèces humaines et ENHNA (non humaines et non animales), aussi bien techniciens, médecins, mécanospaces qui vont devoir effectuer un voyage inter galaxie de près de trois millions d’années lumières. Un vieux vaisseau qui malgré tout, a de grandes possibilités et une IA de bord, Solilla qui pallie à toutes défaillances et calculs hyper complexes.

Une histoire très sympathique, pleine d’actions, de rebondissements, de bons sentiments. Les héros pour la plupart sont des accros de l’espace, leur vie est de voyager parmi les étoiles. Mais cette fois-ci, la mission risque d’être plus que dangereuse et surtout mystérieuse. De nombreux incidents émaillent le voyage, un saboteur est à l’œuvre dans le vaisseau.

Un livre facile à lire, malgré les termes techniques de physique quantique et d’astronautique. Les personnages sont attachant avec leurs motivations, et leurs doutes.
Solilla, l’IA du vaisseau est un personnage à part entière, avec ces belles réparties et réflexions.

Le scénario rappelle d’autres histoires déjà lues, avec le capitaine intrépide et casse-cou, les entités malveillantes, les IA, mais on s’y prend et le livre se lit d’une traite. L’écriture de Pierre Bordage est toujours aussi agréable et fluide mais dans un domaine différent de celui qui est le sien d’habitude.

Merci donc à Babelio et les éditions ScriNeo SF pour cette belle découverte.


dimanche 2 octobre 2022

Les plus qu’humains (Théodore Sturgeon)


Pour Tousseul, idiot congénital et analphabète, la vie n'est qu'une fuite éperdue loin du regard des hommes. Il ne s'arrête que pour mendier ou dérober de la nourriture, avant de trouver un jour refuge au cœur de la forêt. C'est là qu'il va construire la plus étonnante famille qu'on puisse imaginer, avec un groupe d'enfants aux dons étranges. Autant de personnalités que rien ne destinait à se rencontrer, mais qui ensemble forment les " plus qu'humains ", une entité presque parfaite d'un ordre supérieur...




Recueil de trois nouvelles écrit en 1953 par Théodore Sturgeon, il obtient l’International Fantasy Award en 1954.

L’idiot de la fable, Bébé a trois ans et La Morale constitue les trois parties de ce roman qui offre une continuité au niveau des personnages.

Bébé a trois ans a été écrit en 1952, les deux autres sont venus compléter l’histoire.

L’Idiot de la Fable c’est Tousseul, caractérisé comme un idiot congénital et analphabète, qui n’est pas si idiot que ça dans son domaine. Simplement il ne fonctionne pas comme tout un chacun, je pense que de nos jours on parlerait plus d’autisme. Il vit dans son monde, tout est incompréhensible pour lui dans le fonctionnement social. Il renaît quand il rencontre les autres êtres qui vont constituer l’homo-Gelstat en évolution par rapport à l’Homo-sapiens.

Cette première partie est la rencontre de ces personnages si particuliers et associaux. Il faut dire que la vie n’est pas tendre avec eux. Ce sont des laissés pour compte, abandonnés de la société dans laquelle ils vivent. Un fil ténu les relie et les fait se rencontrer pour trouver leur équilibre. Ils sont les membres d’un même corps.

Bébé a trois ans fait entrer le facteur psychanalyse dans l’histoire. Un certain Gérard Thompson consulte un psychiatre pour lui faire revivre un pan de son existence. C’est la survie de l’Homo-Gestalt qui est en cause.

La Morale fait suite obligatoire à la 2ème nouvelle. L’évolution de l’homme implique-t-il une nouvelle morale ou une nouvelle éthique. Un nouveau personnage apparaît qui met cette question en avant. Est-ce l’homme qui crée la morale ou la société dans laquelle il vit ?

Un roman original, l’auteur questionne sur le devenir de l’homme, son évolution mais aussi sur l’exclusion et la compréhension de la différence.
Une écriture adaptée aux personnages qui constituent la nouvelle. La 1ère partie emploie un langage haché, non structuré, nous sommes dans la tête de Tousseul l’idiot, et l’auteur emploie la 3ème personne pour s’exprimer.

Dans Bébé a trois ans c’est Gérard qui raconte, il a remplacé Tousseul et il a lui aussi de grandes aptitudes à manipuler les autres. On sent à travers les dialogues la violence et la haine qui l’habitent.

La dernière partie est plus difficile à appréhender, c’est un homme en totale perdition qui est à la recherche de son identité. C’est une longue introspection qui nous est contée..

En somme un livre très particulier. Le style et l’écriture de l’auteur nous font ressentir un malaise ambiant, lié à l’étrangeté de tous ces êtres, Tousseul, Janie, les jumelles, Bébé et Gérard. Ils vont avec leurs différences créer une nouvelle évolution de l’humanité.
Je ne peux pas dire que j’ai vraiment aimé, je l’ai trouvé intéressant dans son étrangeté. Il y a aussi un facteur très important dans ce roman, c’est la solitude des personnages. Solitude individuelle mais aussi solitude d’ l’Homo-Gestat par rapport à la société.

En somme une lecture en demi-teinte que je suis très contente d’avoir effectuée avec Nadou et BazaR. On se sent moins seul n’est ce pas les amis surtout avec ce genre de livre. Merci à eux pour le partage.

mardi 13 septembre 2022

Le livre d’or de la science-fiction (Robert Heinlein)


Le « livre d’or » présente le panorama complet de la science-fiction classique et moderne à travers les œuvres, les écoles et les genres qui ont marqué son évolution.


• Chaque volume est consacré à un auteur ou à un domaine particulier, dont il regroupe les nouvelles les plus fulgurantes, les plus illustres ou les plus significatives.
• Un grand nombre de textes présentés dans le « livre d’or » sont inédits en français.
• Chaque volume est en outre enrichi d'une préface, d'une étude bibliographique approfondie et de nombreuses notices demandées aux meilleurs spécialistes.
Le « livre d’or » c'est la « bibliothèque idéale » de l'amateur de science-fiction.



Le livre d’or de la science-fiction concernant Robert Heinlein est un recueil inédit de six nouvelles et d’un court roman fantastique concernant l’auteur. Cette anthologie a été rassemblée par Demètre Ioakimidis pour le public francophone et publiée en 1981 en France.

Depuis le challenge de Fifrildi concernant Heinlein, je pars régulièrement à sa découverte et j’en suis toujours agréablement surprise. Heinlein a une écriture qui me plaît, à la fois simple dans son contexte complexe de science-fiction. Il nous la rend accessible. Les thèmes sont différents que ce soit science-fiction, apocalyptique, fantastique, mathématiques, architecture.

Dans le présent recueil on retrouve :

- Une préface sous le titre de « Un juvénile patriarche »de Demètre Ioakimidis qui nous retrace la bibliographie et l’influence de Robert Heinlein sur le monde de la science-fiction.
- Six nouvelles :
.Un self made man (1941) nous fait voyager dans le temps avec ses paradoxes

. Sous le poids des responsabilités (1953) fait valoir l’utilisation de l’homme à ses dépens pour l’utilité du plus grand nombre

. L’année du grand fiasco (1952) est plutôt dans le registre apocalyptique.

. De l’eau pour laver (1947) nous emmène à travers un cataclysme planétaire.

. Les autres (1941) : schizophrénie ou réalité.

. La maison biscornue (1941) que j’ai bien aimé, car elle fait intervenir la quatrième dimension, même le contexte mathématique ne m’a pas rebutée (bon vous l’aurez deviné ce n’est pas matière préférée).

Et en dernier un court roman, mon préféré avec « L’étrange profession de Mr Jonathan Hoag (1942)

A travers toutes ces courtes histoires, on se rend compte que Heinlein peut nous emmener dans différentes directions aussi bien science-fiction avec son Histoire du futur dont j’ai lu un tome précédemment, mais aussi dans le domaine fantastique avec L’étrange profession de Mr Jonathan Hoag : avec lui tout n’est qu’illusion bien que nous soyons dans notre réalité. C’est bien écrit, fluide, compréhensible et addictif dans le suspens. Et pour ne rien gâcher il a de l’humour.

En somme un ouvrage que j’ai pris grand plaisir à découvrir à travers ses différents thèmes, je pense lire très prochainement un autre Heinlein avec « En terre étrangère ».





samedi 10 septembre 2022

Histoire du futur, 5 Les orphelins du ciel (Robert Heinlein)


L'univers mesure huit kilomètre de long. Et en largeur? Oh, peut-être un et demi, pas plus.Quant aux vieilles légendes, il y a belle lurette qu'on ne les prend au sérieux. Vraiment qui pourrait croire aux étoiles? Qui a pu imaginer que le navire se déplace dans l'espace? Quand la fantaisie va jusque là, on bascule dans le délire. Car le navire, c'est l'Espace. Rien ne peut exister à l'extérieur. Et il est facile de tout vérifier: le tour est vite fait. Ne me dites pas qu'un petit malin pourrait découvrir un jour une salle oubliée au fond du navire. Ca n'existe pas. On ne peut pas trouver de fenêtre ouverte sur je ne sais quel monde extérieur, et d'où l'on verrait bouger les étoiles. Ca n'a littéralement aucun sens, et je suis poli.



Les orphelins du ciel est un court roman, qui termine L’histoire du futur, vaste épopée écrite par Robert Heinlein.


L’histoire du futur est un cycle de nouvelles et de romans écrit par Robert Heinlein au début de sa carrière entre 1939 et 1941 (source Wiki)

L’histoire globale s’étire du milieu du XXème siècle au début du XXIIIème siècle. Dans cette dernière partie de l’Histoire, nous nous retrouvons à l’intérieur d’un vaisseau de huit kilomètres de long et de un et demi de large. Pour les humains qui l’habitent, le navire spatial est le monde, fixe. Il n’existe pas d’étoiles, c’est une hérésie d’y croire. Toutes hérésies, tares ou manquement au règlement vous mènent au convertisseur qui fournit l’énergie au navire.

Un jeune homme Hugh Hoyland est recruté dans la catégorie des savants. Et lors d’une de ses escapades et recherches aux niveaux supérieurs, il est fait prisonnier des mutes. Tout son univers va être remis en question.

Ce court roman publié en 1963 regroupe deux nouvelles écrites par Heinlein en 1941 : Univers et Sens commun.
L’histoire commence par un extrait d’une légende spatiale :
L’expédition du Proxima du Centaure, parrainée en 2119 par la Fondation Jordan, est la première tentative connue pour atteindre les étoiles les plus proches de cette galaxie. Nous ne pouvons que faire des conjonctures sur son sort…. »
Jordan, comme le nom du dieu vénéré du vaisseau. De nombreuses générations se sont succédées à bord et un micro-monde s’est mis en place, un monde pétrit de superstitions.
Nous assistons à la prise de conscience par quelques membres de l’équipage de ce qui les entoure.

J’ai trouvé ce court roman, excellent. A la fois de l’action et une réflexion sur la superstition qui tue tout mouvement de révolte sous prétexte d’hérésie.

Il ne me reste plus qu’à découvrir les autres romans et nouvelles composant cette vaste Histoire du futur.

samedi 13 août 2022

L’écho du grand chant (David Gemmell)




Depuis le raz-de-marée gigantesque qui a décimé ses territoires, l’Empire avatar se meurt et ses seigneurs, autrefois immortels, avec lui. Devant ce déclin, les peuples qu’ils avaient jadis asservis se soulèvent les uns après les autres. Jusqu’au jour où deux lunes apparaissent dans le ciel et que les armées sanguinaires de la Reine de Cristal déferlent sur eux. Maîtres et esclaves doivent alors faire table rase du passé et s’unir face à l’ennemi commun. Ensemble, cinq héros que rien ne rassemble, si ce n’est le courage né du désespoir, combattront le crépuscule… car perdu pour perdu, autant partir en beauté !



Une civilisation ancienne, un peuple se faisant reconnaître comme des dieux, se retrouve un beau jour balayée par une terrible catastrophe. Ce peuple tire ses pouvoirs de cristaux qui emmagasinent l’énergie leur permettant de régénérer leur corps et cela au détriment des hommes. De vrais vampires. En contrepartie ils apportent aux peuples dominés l’agriculture, la civilisation comme ils disent. Bien sûr tout dépend de quel côté on se trouve.

Ce cataclysme va rebattre les cartes. Ce peuple dominant, les Avatars est déclinant. Il en reste à peine 500. Les Vagars ainsi que d’autres peuples se révoltent les uns après les autres. C’est sans compter avec un danger encore plus grand, les armées sanguinaires de la Reine de Cristal, peuple similaire aux Avatars qui veut prendre le pouvoir au nom de leur Reine.

Quand tout est perdu, il faut se rassembler. Les seigneurs, les esclaves vont s’unir pour les combattre.

Un défi lancé par Nadou, m’a permis de découvrir ce one-shot de David Gemmel. J’ai beaucoup aimé l’intrigue, les interactions entre les héros, l’émergence d’une conscience chez les Avatars de ce qu’ils furent. Quand l’orgueil et l’honneur donne la force d’aller au bout de leurs forces et de leur volonté.

Très bon roman qui m’a fait penser un peu à l’Atlantide en tant que terre mythique dévastée par un cataclysme. Un regard sur le rapport qui s’établit entre peuples dominés et peuples dominant. La révolte qui gronde, la prise de conscience que les rapports de force ont une limite dans le temps. Les bons, les méchants sont de tout bord dans chaque peuple.

Des héros attachant entre Talaban, le quêteur Ro, Vitruk, Touchepierre, Sofarita, Rael etc. … il y en a tant.
Des personnages arrogants qui au fil de la narration nous deviennent sympathiques pour terminer en héros. Le tout, dans la nuance.

Un excellent moment de lecture.




dimanche 10 juillet 2022

L’enfant tombé des étoiles (Robert Heinlein)


Lummox est un étrange animal de compagnie pour le jeune John Thomas Stuart même s’il est généralement très docile. D’abord, il a huit pattes, ensuite, il pèse des tonnes et il a l’habitude irrépressible de dévorer les voitures et de grossir encore. Cela fait désordre. Surtout quand ceux de son espèce viennent le chercher et font de John Thomas l’ambassadeur de l’humanité auprès de la Fédération Galactique. Au moment précis où celle-ci s’interroge sur l’opportunité de l’éradication de l’espèce humaine. Un classique de la science-fiction, souvent désopilant, qui a conquis tous les publics, par l’un des plus fameux auteurs du domaine, Robert Heinlein.




Au cœur de la Fédération galactique, dans une petite ville de province, réside John Thomas Stuart. Comme animal de compagnie nous avons Lummox ; seulement Lummox n’est pas un petit animal comme les autres, il est énorme, il parle, a une intelligence, et il est très gentil… du moment qu’on ne touche pas à son maître ou qu’il ait faim.. 

Quand l’existence de nos deux héros interfère avec des relations extra-Fédération : Les Hroshii sont à la recherche d’un de leurs enfants qui aurait été enlevé par des terriens. 

S’en suivra un tas de quiproquos, impliquant le ministères des Affaires spatiales. Entre Mr Kiku, vice-ministre et son acolyte et adjoint Mr Sergei Greenberg, John Thomas, la jeune Betty, la petite amie de ce dernier qui n’a pas sa langue dans sa poche. Elle est dynamique et très astucieuse : on se régale. 

A travers une histoire extravagante et hilarante, un tas de sujet sont évoqués. Comment peut-être considéré un être vivant différent de l’humain mais ayant une intelligence certaine. Appartient il à un autre humain ? Peut-on l’acheter, le vendre et surtout disposé à tout vent de sa personne. 

La diplomatie peut-elle répondre à la menace ? 

Mr Kiku et le docteur Ftaelm, linguiste extraterrestre sont les champions de la manipulation et du dialogue. Comme quoi avec des mots, et des tournures de phrases on peut obtenir des retournements de situations. 

J’ai adoré ce petit livre de Sfff qui date de 1954. Il est bien écrit, c’est du Heinlein !!! il est plein d’action et d’humour. 

Après Les marionnettes humaines que j’ai lu dernièrement, c’est un sans faute pour l’instant.