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dimanche 12 avril 2026

L’or des Espagnols T9 des aventures de Fanch Leroy (François Lange)



En ce début de l’été 1862, le préfet du Finistère semble avoir toutes les raisons de se montrer inquiet. Un aristocrate a été retrouvé dévoré par ses cochons, dans son manoir de Saint-Yvi, et un prêtre sauvagement assassiné dans le presbytère de la paroisse voisine.
Chose étrange, au moment de leur mort, les deux victimes se trouvaient en possession de pièces en or espagnoles datant du XVIe siècle.
Dans ce contexte, à la fois sensible et compliqué, François Le Roy se voit chargé de l’enquête mais, à peine arrivé dans la région, il est lui-même victime d’une tentative de meurtre. Installé dans un Concarneau en pleine mutation économique et sociale, le « Policier de l’Empereur » devra simultanément affronter plusieurs adversaires redoutables. L’Or des Espagnols fait tourner les têtes… pour le meilleur et pour l’Empire !
Roman d’aventures autant que polar historique, "L’Or des Espagnols "offre une fresque vivante où se croisent sociétés secrètes, espions étrangers et tueurs sans scrupule. Une intrigue haletante, servie par un sens aigu du détail et une reconstitution soignée, qui fera vibrer les amateurs d’Histoire, de suspense et de grandes énigmes.





9ème tome des aventures de Fanch Leroy, polar régional breton, L’or des Espagnols nous rappelle que lors des guerres de religions et des Ligues sous Henri IV, la Bretagne était occupée par des troupes espagnoles à différents points stratégiques de la Bretagne et ceci en aide aux troupes catholiques.

1862, une affaire criminelle va ramener à la surface ces évènements.
Un crime atroce est commis. Tout d’abord un aristocrate est retrouvé mort dévoré par des cochons, puis un prêtre est assassiné dans son presbytère.
Ils semblent affiliés à une mystérieuse confrérie royaliste. Les autorités impériales prennent cette affaire très au sérieux et dépêche l’Inspecteur principal Fanch Le Roy sur les lieux.

Ce petit polar régional nous amène à Concarneau et ses environs. L’affaire policière est le prétexte pour l’auteur de nous raconter le pays, les habitants, les coutumes, les évènements historiques et évolutifs de l’industrie sardinière qui ont fait la fortune des industriels de Concarneau.
Un lexique attenant à la fin du volume, nous décrit avec précision les différents points intéressants de l’époque.

Dans cette collection, je connaissais plus particulièrement les aventures de Mary Lester l’héroïne de Jean Failler. Avec cette série je découvre Fanch Le Roy, policier impérial bigouden,faisant partie du Cabinet de l’Ombre, sorte de police secrète de Napoléon III. François Lange a une belle connaissance de l’histoire et des coutumes de la région et nous livre là, un sympathique héros tout en couleur, aventureux et téméraire.

J’ai vraiment bien aimé, l’histoire est prétexte à mieux connaître les petits événements de la région ainsi que les hommes qui l’ont faits. Il y a de l’humour, la gastronomie est aussi à l’honneur ainsi que les bons vins. Nos héros en sont particulièrement friands ;-)
Un petit roman policier historique que j’ai pris grand plaisir à découvrir. A l’occasion je lirai volontiers les autres tomes.

Merci à Babelio et aux Éditions Palémon pour cette masse critique mauvais genre.

jeudi 12 mars 2026

Le laboratoire des ombres (David S. Khara)

 






Londres, 1841. Un mystérieux paquet livré dans l’ombre.Un fonctionnaire retrouvé mort. Une invention qui pourrait changer le monde. Ou le détruire...Ashton, agent secret britannique aux multiples visages, plonge au cœur d’une affaire qui menace l'équilibre de l’ordre mondial.Les découvertes révolutionnaires de Michael Faraday sur l’électricité attisent toutes les convoitises et pourraient, entre de mauvaises mains, se transformer en arme dévastatrice. Le savant visionnaire et Ashton s’engagent dans une course contre la montre pour déjouer un complot aux ramifications insoupçonnées.Mêlant polar historique et roman d'espionnage victorien,Le Laboratoire des ombres vous plongera dans une aventure sombre et haletante, où une seule étincelle pourrait bien embraser le monde...




Londres 1841, le siècle des découvertes électriques et technologiques.

Un crime suspect au niveau scientifique va mettre un agent secret, Ashton sur les traces d’un dangereux assassin. Tout semble mener à des recherches plus que révolutionnaires d’un certain Michael Faraday, personnage historique réel qui se fond plus que bien dans l’intrigue.

Ses recherches semblent avoir fait des émules mais pas dans le bon sens. Un engin de mort bien particulier semble découler de ses travaux.

On assiste donc à une histoire mêlant espionnage, recherches scientifiques et polar. Un complot semble se mettre en place. C’est donc la course contre la montre dans un Londres victorien, où se côtoient aussi bien les gros bras que les agents de renseignements.

On y rencontre aussi Elvina, jeune aristocrate fantasque qui se trouve très intéressée par les recherches de l’illustre physicien Faraday.

Tout ce petit monde fera de son mieux pour déjouer ce complot.

Petit clin d’œil à la montée en puissance de certaines unités de renseignements nationales comme internationales. Le pays en a grandement besoin dans les enjeux géopolitiques de l’époque.

Roman qui se lit facilement, chapitres courts, ambiance de l’époque bien ressentie des bas-fonds aux maisons cossues.

Les notions d’électricité sont évoquées à travers les discours de Faraday et aussi les sacrifices faits à la santé des chercheurs quand ils côtoient des phénomènes inconnus à l’époque.

J’ai bien aimé à la fin, le chapitre très intéressant consacré au savant Michael Faraday, génie du XIXème siècle.

Une suite semble s’annoncer. Nos héros ont encore de beaux jours devant eux. ;-)

Merci à Babelio et les Éditions Maison Pop pour cette masse critique privilégiée.

dimanche 9 février 2025

Prime time (Maxime Chattam)

 

Pendant que des millions de téléspectateurs regardent le journal télévisé de 20 h sur la première chaîne nationale, un homme masqué, à la voix déformée, prend en otage le présentateur vedette. Si le direct est coupé, il le tue. Alors que le GIGN, le procureur, les politiciens et la direction de la chaîne s'agitent en régie, un jeu de manipulation démarre entre le négociateur et le preneur d'otage.



Il y avait très longtemps que je n'avais pas lu un livre de Maxime Chattam. Envie d'un bon polar, j'ai entamé son nouveau né.

Après une période de lectures "plus faciles", j'étais enchantée de renouer avec le vocabulaire français plus évolué, de retrouver de beaux mots et une vraie plume d'écrivain.

Embarquée dans ce thriller, je me suis prise au jeu à tourner les pages pour toujours savoir la suite.

Malgré quelques longueurs et trop de sigles à mon goût pour définir les différentes organisations en cas de prise d'otage, j'ai vraiment adhéré à ce roman (au point de râler lorsque je devais l'abandonner pour aller au travail et me réjouir de reprendre ma lecture le soir).

Un roman très documenté et précis, Maxime Chattam met toujours un point d'honneur à coller à la réalité pour ces thrillers. Captivant et addictif, j'ai été très surprise par la finalité. J'ai beaucoup aimé !


 


samedi 13 avril 2024

Les démons de l’inspecteur Lerouet (Philippe Grandcoing)






Mars 1912. Alors que la France frémit d’horreur à la lecture des exploits sanglants de la bande à Bonnot, l’inspecteur Jules Lerouet mène de son côté une traque bien plus personnelle, mettant en danger sa carrière et sa vie afin de venger la mort de sa compagne.

Sur la piste d’un mystérieux tueur, réussira-t-il, avec l’aide de ses amis Hippolyte et Léopoldine, à découvrir qui s’en prend à ses proches ? Résoudra-t-il cet autre mystère qui lui tient à cœur : la disparition de la Joconde, dérobée au Louvre quelques mois plus tôt ?

Dans ce septième volume des aventures de l'antiquaire et détective amateur, Philippe Grandcoing continue d'explorer la France de la Belle Époque avec les yeux de héros toujours aussi attachants. Cette fois, il emmène le lecteur dans un univers plus inquiétant, où se déchaînent les passions de l’âme humaine…




Ce 7ème tome de la série « Une enquête d’Hippolyte Salvignac » est consacré au fidèle acolyte d’Hippolyte, l’inspecteur Lerouet, Jules pour les intimes. 1912, Ce dernier vient de perdre sa chère Madeleine dans de tragiques circonstances, un malfrat l’a assassiné et a voulu en faire de même avec la petite Victoire, la petite fille de trois ans du couple.

Rien de tel pour faire plonger l’ami d’Hippolyte dans les affres de l’alcool et de la désespérance. Surtout que n’étant pas marié il n’a pas son mot à dire sur l’enterrement de sa compagne vis à vis de la famille bien pensante de cette dernière.

Jules est un homme pragmatique, solide mais son métier de flic de la Sûreté Parisienne n’a plus sa priorité, il veut retrouver celui qui l’a séparé de Madeleine. Pour cela et avec le soutien d’Hippolyte et de Léopoldine, il va mettre tout en œuvre pour rejoindre les bas-fonds de la capitale et y faire ses recherches. Et pourtant la police aurait bien besoin de ses capacités hors-pairs pour serrer la bande à Bonnot qui sévit à cette époque, l’heure est aux anarchistes qui sèment la mort à travers la capitale.

A travers ce roman, l’auteur nous raconte cette folle époque que furent les années avant la grande guerre 14/18. Les grandes affaires criminelles de l’époque nous y sont narrées avec minutie, les dysfonctionnements entre les services de police, l’émergence des Brigades mobiles du Tigre, le vol de la Joconde, le naufrage du Titanic, la traque de la bande à Bonnot.

Nos héros sont des personnages fictifs dans la grande histoire ce qui nous immerge totalement dans la narration.

Comme toujours je pars avec joie à la découverte des évènements qui ont caractérisé ce tout début du Xxème siècle.

Merci au Éditions de Borée pour cette belle découverte.




lundi 5 juin 2023

Mémoire d’Ambre (Vanessa Chevallier)



De son enfance, Ambre n'a gardé aucun souvenir. Désormais trentenaire et en proie à de fréquentes crises d'angoisse, elle espère sortir de cette amnésie et comprendre le mal-être qui la ronge depuis des années. Alors que ses proches refusent de l'aider dans sa quête, revenir sur les traces de sa jeunesse l'aidera-t-il à retrouver le chemin de la mémoire ? Lorsqu'au même moment un meurtre est commis dans le quartier, les fantômes du passé ressurgissent. Qu'est-il réellement arrivé vingt-sept ans plus tôt ?



Ambre est une jeune femme heureuse entre son époux Sandro et sa petite fille Lily Scarlett. Heureuse mais sujette à des cauchemars récurrents et une angoisse diffuse qui la ronge.

Elle a fuit sa famille très jeune et ne les pas revus depuis. Il lui reste son frère Pierre, ses parents étant décédés. Elle décide de retrouver la maison, le quartier de son enfance où sont enfouis ses souvenirs qui malheureusement lui font défaut.

Elle débarque chez Pierre qui lui aussi est un être blessé. Il a perdu un bras au combat dans l’armée. Il vit seul avec son chien Kaboul.

C’est un long cheminement qui va commencer pour tous les deux surtout qu’un crime lié à une ancienne affaire de meurtres d’enfants à lieu juste à côté de chez eux.

J’ai trouvé la trame de l’histoire fort bien menée, l’écriture de l’auteure très agréable et les faits, les rebondissements s’enchaînent sans temps mort. Les personnages et il y en a, sont bien fouillés. Elle fait parler le criminel sans que l’on sache qui il est jusqu’à la fin du roman. L’enquête menée par le commissaire Juillard 27 ans plutôt va-t-elle trouver son épilogue ? Un Loup est dans le bois, il faut le débusquer.

Une excellente lecture à laquelle j’ai pris grand plaisir, le suspens étant au rendez-vous.

Merci aux Éditions de Borée pour cette nouvelle découverte.




mercredi 24 mai 2023

Le code (Yves Montmartin)




Je suis convaincu que pour rester impuni, ne pas se faire prendre, il ne faut pas commettre le meurtre de trop. Ma décision est arrêtée, quoiqu’il advienne je m’en tiendrais à cinq. Cinq crimes, pas un de plus pas un de moins, cela me semble un nombre raisonnable. De toute façon, je n’ai pas idée de la quantité minimum nécessaire de meurtres pour avoir droit au titre de tueur en série.
Sincèrement et sans me vanter, je pense que j’ai toutes les cartes en main, il ne reste plus qu’à attendre le bon moment et surtout les bonnes personnes qui feront des victimes idéales.



C’est toujours avec grand plaisir que je découvre les nouveaux-nés de Yves Montartin. Après « La mauvaise herbe » et « Brindille » de notre ami babéliaute, me voici partie la découverte de « Le code », un polar qui nous raconte un tueur en série.
C’est dans un tout autre registre de lecture qu’Yves nous invite.

Le narrateur n’est autre que le tueur. Comment en est-il arrivé là ? Une enfance malmenée, un enfant harcelé à l’école, un mariage qui se délite. Tout n’explique pas ce qui amène notre individu à passer à l’acte.
Chaque chapitre est consacré à une victime, le choix de la personne, la traque puis le passage à l’acte.
Le tueur tient un petit carnet rouge où il s’est fixé des règles bien précises.
Mais….

J’aime toujours autant l’écriture de l’auteur. Ici on ressent de l’empathie pour les victimes. Le bourreau lui, nous paraît bien insensible au mal qu’il commet. Le rythme du livre s’en ressent. C’est une énumération de faits bien établis, bien réfléchis comme un jeu bien réglé. L’homme se laisse porter par ses impulsions.

Merci à toi Yves, pour ce nouveau roman polar. Les personnages sont bien campés, on rentre dans la tête du criminel et on ressent les victimes à travers son regard.

Et la fin !!!

samedi 4 février 2023

La noblesse de la boue (Émilienne L.A. Gérard)





« Lady Anna est morte ! » Lorsque la nouvelle se répand dans le bar où travaille Dominique, le village suisse dans lequel la jeune femme a trouvé refuge deux ans plus tôt perd soudainement sa tranquillité. La barmaid ignore comment cette femme aimée de tous a pu se suicider ! À moins qu'il ne s'agisse d'un empoisonnement ? Pour rendre hommage à la défunte, Dominique décide de s'inspirer de sa bienveillance et de son dévouement. Poussée par son instinct, elle décide de venir en aide à Joë, nouvel arrivant qui semble être dans le viseur des enquêteurs. La jeune femme se retrouve alors impliquée dans une affaire bien plus complexe et dangereuse qu'elle ne l'imagine... Dominique est-elle prête à découvrir les secrets que lady Anna croyait emporter avec elle dans sa tombe ?Avec La Noblesse de la boue, Émilienne L. A. Gérard signe un roman truculent qui mêle humour et suspense à la perfection !



Dominique a trouvé un job de barmaid dans un petit village helvétique. Elle a réussi à y faire sa place en se montrant toujours aimable et souriante. Tout le monde s’est fait à sa bonne humeur et l’aime bien.

Mais voilà une mort suspecte va remuer son petit coin tranquille, car Dominique a un secret bien à elle qui l’a amenée où elle est.

Polar sans prétention, qui nous amène à vraiment croire que toutes les peines du monde arrivent toujours aux mêmes. Comme le dit l’adage « Aux innocents les mains pleines », mais voilà Dominique, Joë et sa mère Rosette sont embarqués dans une sale affaire bien malgré eux.

C’est bien écrit, mais je me suis ennuyée. Peu d’actions sauf sur la fin, normal avec le dénouement… L’histoire m’a paru peu crédible et les personnages sans grande personnalité. Leurs préoccupations semblent bien superficielles mais compliquées pour eux.

Merci à Librinova pour ce service presse.


jeudi 3 novembre 2022

Meurtres exquis, 1 La contrée du traqueur (Tica Morgan)

 



Zoé Janssen est enquêtrice. Elle vit avec ses deux fils sur une petite île de Hollande-méridionale, où tout le monde se connaît et où pas grand-chose ne se passe.
Mais quelqu’un semble avoir un compte à régler avec certains habitants. Deux meurtres, dont les motifs restent mystérieux, ébranlent l’île. La pression monte dans la brigade et atteint un nouveau palier lorsque privé et professionnel se mêlent : une équipe doit maintenant assurer la protection de Zoé et de ses enfants. Tandis que celle-ci tente de découvrir qui pourrait la menacer, elle comprend que plus rien ne sera comme avant.

Dans ce premier volet de Meurtres exquis, Tica Morgan se révèle une autrice de thrillers à succès grâce à son enquêtrice piquante.




Tout démarre par un horrible meurtre dans une ferme isolée sur une petite île néerlandaise Goeree-Overflakkee. C’est une toute petite île où tout le monde se connaît. La religion protestante rigoriste y est très présente, d’ailleurs l’inspectrice en chef de l’enquête le signale bien en disant que l’île est aussi appelée l’île blanche en référence à la drogue.

Nous faisons donc connaissance avec Zoé Jannsen inspectrice fort douée dans son métier et qui a eu de nombreux succès dans ses enquêtes. Son équipe se forme autour d’elle avec l’ajout de deux autres inspecteurs venant de Rotterdam. Tout ce petit monde se met en chasse de l’auteur de ce crime qui va récidiver.

Un honnête polar avec tous les codes du genre. J’ai bien aimé suivre les aventures de cette équipe. Leur quotidien, le roman se déroulant sur une semaine, est très détaillé dans leurs interventions et leur travail en unité.

Cela donne un rythme lent que l’on peut regretter, mais on voit les héros former une équipe soudée et efficace.

Un élément extérieur fait dire qu’il y aura certainement une suite, j’ai vu qu’il y en avait une de sortie mais non traduite du néerlandais.

En somme un roman policier qui se lit tranquillement, sans beaucoup d’action sauf à la fin. On imagine bien cependant l’ambiance du pays sur une île du nord de l’Europe, ventée et pluvieuse. Les descriptions sont bien menées.


vendredi 21 octobre 2022

La baignoire de Staline (Renaud S. Lyautey)

 


Tbilissi, capitale de la Géorgie, terre natale de Staline. Un ressortissant français est retrouvé mort dans des conditions suspectes à l’hôtel Marriott. Avant qu'un scandale n'éclate, René Turpin, à l’ambassade, est mandaté pour assister les inspecteurs locaux. L’enquête les mènera sur les traces du dictateur et d'une immense ville balnéaire abandonnée...

Renaud S. Lyautey est diplomate, et fut ambassadeur en Géorgie, ex république de l'Union soviétique. C'est là-bas qu'il écrivit son premier roman, Les Saisons inversées, paru au Seuil en 2018. Après avoir travaillé au Moyen-Orient, Lyautey revient par la fiction dans ce pays qui lui est si cher avec La Baignoire de Staline.




«La baignoire de Staline » est tout à fait le genre de polar que j’aime lire, pas de scènes gores ni perverses. Tout est dans le non-dit. Les recherches des coupables se font à coup de déductions, de réflexions.

C’est donc juste avant de mourir, que l’auteur français Renaud S. Lyautey, diplomate de profession a écrit son roman. Il décrit l’intrigue en Géorgie, à

Tbilissi, capitale du pays. Il y a lui-même été en poste comme ambassadeur pendant trois ans. Il sait donc de quoi il parle, aussi bien niveau enjeux géopolitiques que culturels. On sent à travers sa narration tout l’amour qu’il porte à ce pays. Les bonnes tables ne devaient pas lui être inconnues. Les spécialités culinaires émaillent le récit quand le héros René Turpin nous décrit ses repas avec un vieil ami géorgien.

Une histoire de meurtre : un jeune français agrégé d’histoire est assassiné, d’autres meurtres suivent. La police locale piétine, les pistes se croisent.

A l’ambassade de France, on demande à René Turpin de remplacer le consul absent et d’assister les enquêteurs locaux, et notamment Nougo Shenguelia, personnage atypique et attachant. Jeune policier formé en France c’est un géorgien d’origine Abkhaze, région autonome sous contrôle Russe, que sa famille a dû quitter précipitamment et dans la douleur au moment de l’autonomie de la région.

On sent la chape de plomb qui est encore sur le pays malgré son indépendance vis à vis de son encombrant voisin, la fédération de Russie. Le polar se mélange à l’espionnage ainsi qu’à des intérêts de certains oligarques géorgiens.

Une fiction à travers des évènements très réels et qui ont marqué le pays. La Géorgie était déjà une cible de Vladimir Poutine en 2008, quand le président russe a envoyé ses troupes jusqu’aux abords de Tbilissi. Ce polar remet en lumière le rôle du célèbre espion britannique Kim Philby, devenu agent double pour le compte de l’URSS où il a fini par émigrer et même mourir.

J’ai lu ce livre avec grand intérêt. Le style est agréable et fluide. Le polar est le support à une approche de l’histoire du pays et de sa culture. Il y a un juste milieu entre les deux. Deuxième livre de l’auteur, je l’ai trouvé fort intéressant.

Merci à Babelio et les Éditions Seuil cadre noir pour la découverte de cet auteur à travers une masse critique privilégiée.

samedi 20 août 2022

Hit the road, Jack (Didier Bertrand)




À Elizabethtown, au Kentucky, il ne fait pas bon fricoter avec la fille du chef d’industrie local quand on est fils d’ouvrier.
"Fous le camp, Jack !"

Commence alors pour le jeune historien un incroyable road-trip à travers le Kentucky et le Tennessee. Piégé au cœur d’un conflit mafieux entre un patron du charbon et un industriel du tabac, comment Jack sortira-t-il de ce sac d’embrouilles mortelles ? Que possède donc cette mystérieuse colline que tout le monde cherche à contrôler ?
Et Jack n'en fait qu'à sa tête: lorsqu’il découvre la décapitation des montagnes et l’exploitation des enfants dans les champs de tabac, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il reste les bras croisés, surtout quand la colère populaire gronde et que la canicule échauffe les esprits.




Après « La folle erreur de Don Cortisone » découvert l’année dernière, je réitère avec l’auteur Didier Bertrand et « Hit the road, Jack ».

Avec des sujets d’actualités, comme l’écologie, la destruction des écosystèmes, la mafia politique et l’engrenage des catastrophes minières, l’auteur nous livre ici un très bon thriller sur l’Amérique des mineurs et de la misère humaine.

Jack Stubborn, enfant de mineur, enfant de la limaille devient l’ami de la fille du patron, Elizabeth Vanderbilt. La vie, le déménagement des parents de Jack vont les séparer. Jack devient professeur d’histoire en université grâce à sa thèse sur Hannibal et sa guerre entre Carthage et Rome. Les deux héros vont se retrouver, ils ont grandi et l’amour avec. Devinez ce qui va se passer, papa Vanderbilt n’est pas d’accord et Jack doit prendre la route de l’exil.

Une route qui le mène dans une autre région où la mine et les grandes compagnies détruisent tout. S’en suit un combat pour l’écologie, la survie des mineurs, les dégradations de travail et les malheurs qui s’enchainent.

Un très bon roman sensible, sans temps mort, bien écrit qui nous fait voyager à travers l’état du Tennessee. Il y a de l’humour, de la gouaille, le héros sait manier les mots et ils sont percutants.

J’ai beaucoup aimé voyager en compagnie de Jack et suivre ses pérégrinations d’une région à l’autre. On assiste à son combat de David contre Goliath et ce n’est pas une mince affaire.

Un grand merci à Didier Bertrand de m’avoir fait connaître son dernier roman.



jeudi 16 juin 2022

Malatraix (Emmanuelle Robert)




Septembre 2020: une sportive fait une chute accidentelle en courant de Montreux aux Rochers-de-Naye. Accidentelle, vraiment? Une ombre plane sur les sentiers de montagne, mettant en émoi la communauté des adeptes de l’ultra-endurance. Mais qui les croira ?
Entre deux vagues de covid-19, de fêtes clandestines en courses annulées, des destins basculent ; des non-dits éclatent au grand jour. Sur fond d’enquête policière, Malatraix déroule une intrigue haletante dans un univers inexploré par le polar, le trail, au cœur des somptueux paysages des Préalpes. Un thriller à vous faire passer le goût des balades solitaires!



Un roman que j'ai vu passer dans ma biblio et dont le résumé m'avait titillé. 
Sur les conseils d'une amie, je me suis plongée dans cette lecture. 

Un roman qui m'a fait beaucoup rire, car le tueur m'a rappelé certaines connaissances qui râlent contre les traileurs et tous ceux qui n'ont rien à faire en montagne. Pratiquant la course à pied, j'étais intéressée par le contexte du récit. 

Une lecture qui m'a fait voyager dans les paysages et lieux de ma région. 

Des personnages attachants, sans manquer me remettre en mémoire certains notables connus. 

Un petit roman sans prétention, des relations entre les personnages avec parfois trop de coïncidences, presque un huis-clos. 

Mais j'ai eu beaucoup de plaisir avec cette lecture "régionale" et vraiment aimé ce tueur revenchard (mon goût prononcé pour les méchants, même si sa fin était prévisible). 

Plaisant à lire pour les habitants de la Riviera vaudoise; les autres risquent de ne pas adhérer à ce polar régional. 


jeudi 21 avril 2022

INRI (Gilbert Laporte)

 



Paris, 1358 : pendant la guerre de Cent Ans, la bourgeoisie parisienne menée par Étienne Marcel entre en conflit avec la noblesse royale et les paysans se révoltent devant les dévastations des routiers. Au milieu de tous ces troubles, un riche inconnu va faire appel à de redoutables mercenaires, la Compagnie des Gueux, pour dérober un mystérieux coffret. Mais quels dangereux secrets recèle-t-il ? Et en quoi son contenu constitue-t-il un enjeu majeur pour les puissants et pour l’Église ?
France, de nos jours : un tueur masqué assassine des religieux. Il enflamme les réseaux sociaux en publiant des selfies et des vidéos réalisés sur ses scènes de crimes, ainsi que des messages énigmatiques annonçant ses prochains méfaits. Les policiers chargés de l’enquête vont se retrouver engagés dans une course-poursuite semée d’embûches, en décryptant les textes dans lesquels un acronyme revient systématiquement : « INRI ».




Avec ce livre, on se livre à un exercice d’aller-retour entre le bas Moyen-âge 1358 en pleine guerre de Cent ans et nos jours où ont lieu d’horribles crimes de religieux de toute confession.

Roman à la fois polar, thriller et historique.

1358, la compagnie des Gueux, anciens soldats et mercenaires sont engagés pour voler un mystérieux coffret recouvert du mot INRI qui pourrait mettre à mal le pouvoir en place. Les Français et les Anglois se disputent le trône de France.

Cette partie du livre est fort instructive, l’auteur emploie des mots bien significatifs et des tournures de style qui nous immergent dans ce Moyen-âge si tourmenté par les guerres. Les petites gens souffrent des troupes lâchées sur le territoire qui se servent, pillent et tuent. Audouin le Hardi a sa petite troupe de gueux pour le rallier quand il en a besoin. Eux aussi n’ont pas de scrupules à tuer pour gagner leur vie. Ils se mettent donc au service d’un protagoniste important de l’époque pour retrouver ce coffret.

La deuxième époque, la nôtre, plusieurs crimes de religieux chrétiens, musulmans, juifs sont assassinés sauvagement. L’équipe de la brigade des Zézos au 36, rue du Bastion à Paris est mis en charge de l’enquête. La commandante Chloé Dardel est nouvellement affectée et c’est sa première affaire dans cette brigade spécialement chargée des affaires criminelles religieuses, sataniques et autres psychopathes occultes.
Et elle va avoir à faire dans cette nouvelle enquête. Elle intègre une équipe déjà bien en place avec un consultant en religions qui les guide dans leurs recherches.

Un livre à deux temps donc. On navigue entre les deux époques et cela se marie bien. On se pose pas mal de question sur la nature du coffret bien entendu et de son rapport avec les événements actuels.

J’ai passé un très bon moment en leur compagnie, autant avec la partie historique qu’actuelle. Le style de l’auteur est agréable même avec les tournures médiévales. On se laisse prendre à l’intrigue et aux personnages qui sont attachant malgré leurs défauts. L’auteur nous entraîne dans des scènes de batailles pleines de sang et de fureur, l’époque était rude.

Merci à Librinova de m’avoir proposé cette lecture, j’y ai pris grand plaisir.

dimanche 17 avril 2022

L’affaire de Dr Jekyll et Mr Hyde – Les fantômes de Tanger (Ali Mesbahi)

Raphael Delcourt est un talentueux journaliste d'investigation indépendant, qui travaille pour plusieurs médias prestigieux. Baroudeur cynique, c'est une âme en peine qui passe le plus clair de son temps dans les vapeurs d'alcool et les alcôves tristes des lieux interlopes de Paris où se croisent les désespérés et les maudits. Le rédacteur en chef d'un grand journal parisien lui propose d'aller enquêter sur le Barbier de Daech, un terroriste qui a sévit au Maroc. Raphael accepte la proposition et s'envole pour Tanger.

Commence alors pour lui un voyage initiatique au cours duquel il regardera pour la première fois son démon dans les yeux. Sur le chemin d'une impossible rédemption, au confins d'une cité qui cache tant de mystère.




Raphaël Delcourt est un journaliste d’investigation brillant, bipolaire, bobo parisien comme il se définit, moi je dirais enfant gâté qui a pourri la vie de sa famille en général. Apparemment un traumatisme enfant l’aurait envoûté et sa bipolarité se serait transformée en malédiction.
Malheureusement son traitement ne suffit pas toujours à calmer son Mr Hyde qui lui joue des tours par sa violence. Il faut dire que le dit Raphaël est particulièrement porté sur l’alcool et que le délirium ne doit pas être toujours très loin.

Notre héros, donc est envoyé en reportage à Tanger aux portes de Gibraltar pour enquêter et faire un article sur un terroriste qui a sévit au Maroc.
Ce sera l’occasion pour lui de découvrir les expats et les lieux à la mode et ceux un peu moins reluisant de la ville.
Des crimes sont commis devinez par qui ? Par Mr Hyde bien sûr, l’alcool et la bipolarité ne font pas bon ménage.
Entre crimes, maquillage de crimes, entourloupes pour passer entre les mailles de la police il y a de quoi faire. Mésaventures très déjantées, Raphaël est limite niveau fantasme et hallucinations.

Je ne peux pas dire que j’ai été très emballée, l’histoire est trépidante sur un sujet qui l’est un peu moins. Traiter la bipolarité sur ce style laisse un peu à désirer. On sent le héros peu maître de son destin, ses pulsions meurtrières laissent peu de place à Dr Jekyll mais plutôt à Mr Hyde. Saura-t-il trouver son équilibre ? Pour cela il faut lire ce petit livre...

Prenons le donc au second degré, je ne sais si l’auteur a voulu traiter le sujet sur le mode de l’humour mais je n’ai pas été très embarquée à rigoler.

Merci à Babelio et à Kobo pour cette découverte dans le cadre de la masse critique privilégiée annuelle avec Kobo/Rakuten.

mardi 8 février 2022

L’espion d’à coté (Nana Malone)


C'est compliqué de remplir votre profil sur un site de rencontre quand tout ce que vous écrivez est un mensonge. Mais du fait de son travail, Lyra ne peut pas vraiment dire la vérité. Et elle est déterminée à oublier l'homme qui lui a brisé le cœur en passant à autre chose, alors la voilà qui ment sur une application de rencontres. Mais elle n’est pas la seule : lui aussi, il ment. Lyra n'est pas une consultante en marketing, mais une courageuse agente sous couverture. Marcus n'est pas vraiment un concepteur de jeux vidéo, mais il est obsédé par les codes. Tous deux sont des espions d'élite et, à leur insu, ils traquent le même dangereux agent double.
L’affaire s'intensifie en même temps que leur complicité... mais leur désir mutuel de s’avouer la vérité devient de plus en plus difficile à réaliser à chaque mensonge qui s’ajoute. 




Dans le cadre de la masse critique spéciale Kobo organisée par Babelio, je découvre l’écriture de Nana Malone. 

Un petit polar/thriller/espionnage/romance à la sauce érotique, qui nous amène dans les arcanes de Services secrets très secrets. Nos espions sont chargés de défendre la veuve et l’orphelin, mais aussi d’affaires de drogues et de prostitution. 

Lyra fait partie de la Firme, Marcus fait partie d’Exodus, deux agences en concurrence. Mais voilà Lyra et Marcus sont voisins de paliers, et ils ne connaissent pas le vrai métier de l’autre. Et bien sûr ce qui doit arriver : arrive.. ils tombent follement amoureux l’un de l’autre. 

Bon, c’est ce que leur demandent leurs chefs, se fondre dans la masse, et trouver chaussure à leur pied. Mais quand l’autre est aussi un espion, et que l’on veut le protéger sans savoir qu’il est un espion, comment on fait ? Cruel dilemme lol 

De quiproquos, en mensonges, en rendez-vous galants écourtés pour cause de travail, on se prend au jeu et on suit leurs aventures avec enthousiasme. Ah oui, le langage est très fleuri, actuel de toute façon, je n’ai pas trop l’habitude de ce genre de littérature, mais je dois dire que ça m’a bien divertie, l’humour étant très présent. C’est rapide, les scènes d’actions bien menées. J’ai passé un très bon moment en leur compagnie. 

Oui mais voilà à la fin, on a un gros « à suivre ». Donc hâte de connaître la suite de leurs aventures, et surtout de voir si leur amour va perdurer suite à la concurrence de leurs agences et de leurs chefs. 

Un roman qui se lit facilement et sans prise de tête. De temps en temps c’est bien agréable. 

La suite au prochain épisode ;-)


samedi 22 janvier 2022

Le temps des scarabées (Cara Vitto)

Julien se souvient : perché sur sa planche de surf, une scène qu’il n’aurait pas dû voir le déstabilise au point de le faire tomber.

À moins que sa mémoire lui joue encore des tours? Depuis ce jour fatidique, il souffre d'amnésie. Il ne conserve que des bribes de son passé: quelques séquences de son enfance, son amitié à Marc, son amour pour Johanna... Seuls ses souvenirs concernant son travail et ses recherches en micro-robotique semblent intacts.
Il décide de consulter le docteur Aguilar qui pratique l’hypnose. Il veut se rappeler : que s’est-il passé avec Marc ? Pourquoi son ami est-il mort ?
Mais les séances le mènent sur un chemin inattendu. Et s’il découvrait bien plus que des souvenirs ? Et s’il réveillait des dons jusque là ignorés ?
Commence alors pour Julien, une enquête éprouvante qui l’obligera lui, le chercheur cartésien, à explorer un monde qu’il rejetait jusqu’à présent. Un monde irrationnel.



Après « Le sorcier blanc » et « Une fille en danger » , je découvre le dernier né de Cara Vitto.

Le roman démarre dans un décor très cartésien, celui de la micro-robotique. Julien jeune cadre très dynamique, amateur de surf va se retrouver embarqué suite à la mort plus ou moins bizarre de son meilleur ami, dans une aventure qui va le ramener à ses origines.

Il y a Albert son supérieur hiérarchique dans la start-up Drone-me-Up, où il travaille, ainsi que son collaborateur Jérôme, fervent défenseur de la cause écologique. Tous vont se retrouver confronter à la mort de Marc, l’ami de Julien. Sa mort aurait-elle un lien avec leurs recherches en cours ?

Suite à un grave accident de surf, où il a vu la mort de Marc, Julien souffre d’amnésie partielle et c’est auprès de la docteure Aguilar, psychiatre atypique qu’il va trouver le réconfort nécessaire à son mental.

Grâce à elle il va explorer ses souvenirs et rentrer dans un nouveau monde où le chamanisme a une grande place.

Un bon petit thriller, à la fois très cartésien mais aussi fantastique. Où l’auteur nous amène à réfléchir aux conséquences dramatiques de l’action de l’homme sur la nature, sur les perceptions que nous avons de nous même et de la nature. De l’exploitation de certaines technologies à des fins pas toujours très légales.

J’ai vraiment bien aimé ce paradoxe dans ce roman. Où l’on peut être à la fois très terre-à-terre et avoir des dons inexploités de notre nature profonde. Le roman s’articule entre ces deux thèmes.

Une écriture toujours aussi fluide et agréable. Les chapitres sont dynamiques et l’action monte crescendo.

Un grand merci à l’auteure pour ce partage de son dernier livre, j’y ai pris grand plaisir.

jeudi 16 décembre 2021

Le Tigre et les pilleurs de Dieu (Philippe Grandcoing)

 



Paris, automne 1906 : la France se remet à peine de l'ouragan de l'affaire Dreyfus. La séparation de l'Église et de l'État est dans tous les esprits... Hippolyte Salvignac, modeste antiquaire parisien d'une quarantaine d'années, est recruté par Georges Clemenceau pour aider la police à pourchasser des trafiquants d’œuvres d'art. Ces derniers pillent les trésors qui sommeillent dans les églises de campagne... Flanqué de l'inspecteur Jules Lerouet, bâtard au grand cœur, Salvignac découvre les méandres d'une situation explosive : luttes politiques, tensions diplomatiques, conflits religieux et trafics internationaux. Au fil de son enquête, il sillonnera l'Europe de la Belle Epoque, de son Quercy natal à Londres en passant par les stations thermales d'Auvergne et la banlieue parisienne. Une galerie de personnages attachants, romanesques ou réels, fait de ce polar historique un livre passionnant, alors que va naître la police moderne des Brigades du Tigre. Fréquentant aussi bien les allées du pouvoir que le monde interlope des marchands d'art ou les soupentes du Quai des Orfèvres, Salvignac entraîne le lecteur dans le tourbillon des années 1900. À travers mille rebondissements se dévoile tout un monde révolu où se côtoient premières automobiles et voitures à chevaux, lampes à pétrole et ampoules électriques, une société où s'invente chaque jour la modernité du xxe siècle.




J’ai découvert l’univers d’Hippolyte Salvignac avec le tome 4 « La conspiration hongroise ». Du coup je me suis dit qu’il serait bon de découvrir ses aventures par le début. La plupart des protagonistes se rencontrent dans ce premier tome qui nous fait découvrir la France du début du XXème siècle avec Clémenceau, le Tigre, chef du conseil.

Comme on le sait le Tigre a fondé ses fameuses brigades, une police moderne, réactive, motorisée. Ici on en sent les prémices avec l’inspecteur Lerouet féru de nouvelles méthodes d’investigation.

Nos deux compères qui vont faire connaissance, auront fort à faire, car le patrimoine religieux suite à la séparation des biens et de l’Église est pillé dans un vaste trafic international. Sans parler des crimes commis en parallèle.

Très bon petit polar, sans trop d’hémoglobine ce que j’ai d’ailleurs en horreur. On se retrouve avec des investigations dans le monde des antiquaires et de leurs aficionados. La combine est partout jusqu’au plus haut des marches.
Et nos héros auront fort à faire à travers la France pour mettre à jour ce trafic.

Un polar historique, car oui ce roman est aussi un prétexte à comprendre la politique et les enjeux internationaux en cette époque qui précède la première guerre mondiale.

J’ai passé un bon moment à la fois policier et historique avec ce premier tome des aventures d’Hippolyte.
A bientôt le tome 2 !!!!

mardi 2 novembre 2021

Les écuries de Diomède (Sylvain Larue)

 



1857, Léandre Lafforgue est sollicité par Rodolphe Issy-Volny, ancien inspecteur de la sureté déjà croisé dans Le Bal des Muscadins, qu'il déteste. Son meurtre lors de l'inauguration de l'hippodrome de Longchamp va précipiter Léandre et son adjoint dans une enquête de vols et trafic de chevaux. Ses investigations le mèneront du milieu hippique à celui du cirque qu'il infiltrera pour résoudre son enquête.
368 pages
Sorti le 3 octobre 2021




Le sixième tome des aventures de Léandre Lafforgues est sorti début octobre. Je l’ai découvert il y a quelques temps par les Éditions de Borée et cette adaptation polar/historique n’est pas pour me déplaire au contraire.

Ses aventures se passent donc lors du règne de Napoléon III. Il fait partie de sa garde rapprochée au sein d’un groupe de policiers triés sur le volet, au sein de la Noble cour, sorte d’unité spéciale qui se retrouve sur les affaires les plus délicates du pouvoir.

Dans ce tome, Léandre subit en début d’histoire, la perte d’un être très cher : la pente est rude à remonter. L’Empereur le somme néanmoins de reprendre du service, et c’est à l’inauguration des champs de course de Longchamps qui fait partie des grand bouleversements d’Urbanisme de Paris de l’époque, que Léandre et Phèdre font connaissance d’un homme bien singulier de part son physique et de par son bagout.

A travers la grande histoire, l’auteur nous fait pénétrer les coulisses des cirques du XIXème siècle avec le cirque Diomède, leurs difficultés de déplacement, de relationnel avec la population et la police. Où il est question aussi de la dure acceptation de gens différents physiquement et qui servent de distraction aux badauds venus visiter le cirque.

Léandre et Phèdre intègre donc le cirque incognito, Léandre en tant que clown et Phèdre comme écuyère. Nos amis auront fort à faire pour démêler les fils d’une enquête qui ne s’avère pas si facile que ça et qui mêle enlèvement d’enfant, de chevaux, de meurtres mystérieux.

J’aime beaucoup les aventures de Léandre, Sylvain Larue sait marier à merveille petite et grande Histoire, cette dernière étant très présente et bien décrite. A travers ses recherches, il nous raconte le quotidien de ces saltimbanques, du monde des courses de chevaux ainsi que des trafics à grande échelle qui se mettent en place dans ces milieux.

Donc comme d’habitude depuis le début, un grand plaisir de lecture. Merci aux Éditions de Borée et à l’auteur pour cette suite très qu’attendue..

mercredi 25 août 2021

Les enquêtes de Lady Rose, 1 Meurtre et séduction (M. C. Beaton)

 
Belle et rebelle, telle est Lady Rose. Après s'être compromise avec les suffragettes, au grand désespoir de ses parents, la jeune fille de bonne famille fait une entrée désastreuse dans la haute société londonienne... Ce qui ne dissuade pas un Sir aux allures distinguées de lui faire les yeux doux. Très louche, selon le père de Lady Rose, qui charge le capitaine Harry Cathcart, aristocrate désargenté, d'en savoir plus sur le prétendant... 

En démasquant un imposteur, Harry se découvre des talents de détective privé. Et une petite fortune à se faire ! Lorsqu'au beau milieu d'une réception, un meurtre est commis, il propose à Lady Rose de faire équipe avec lui. L'occasion idéale pour l'indocile jeune femme d'échapper à la chasse au mari..


Je me suis laissée tentée par cette nouvelle série de l'auteure M. C. Beaton qui a notamment écrit Les enquêtes d'Agatha Raisin. 

J'ai toujours apprécié son humour et sa plume. Ce "cosy mystery" très tendance m'a fait de l'oeil. 

Malgré un début un peu lent (pour la mise en place), une enquête fort sympathique dans la haute société.

Des personnages très attachants et que je me réjouis de retrouver au fil des tomes. 

Lady Rose est un peu trop maligne, non conventionnelle et intelligente pour son époque; un bas bleu. Mais vit tout de même dans sa bulle de nantie. Daisy, sa femme de chambre, va lui faire ouvrir les yeux. 

Harry est bougon au possible, un peu coincé et cette lady l'insupporte. Ils vont se retrouver à enquêter lors d'une partie de campagne. 

Une enquête à l'ancienne, avec des rebondissements, de l'humour. Pas de crime sanguinolent. Un lecture polar-détente à recommander. 

J'ai écouté ce livre en audio grâce à un partenariat avec NetGalley.fr et Audiolib. J'ai été séduite par la voix de la narratrice (Claire Tefnin) qui a su rendre cet audio palpitant. Elle possède une texture de voix qui nous happe dès les premières phrases. 

samedi 22 mai 2021

Le mystère Fontbrune (Daniel Dupuy)

 





Jeune architecte, Paul Clairval est invité à l'anniversaire du comte de Fontbrune, son grand-oncle qu'il n'a jamais vu. À quatre-vingts ans, le notable toujours aussi alerte s'apprête à consolider sa fortune dans un ambitieux projet d'infrastructures touristiques. C'est pourquoi il ne lésine pas sur la dépense pour faire de ce rassemblement familial inédit une fête mémorable. Et mémorable elle le sera, mais pas au sens où il l'entendait. Une série de meurtres et de disparitions vient en effet troubler les réjouissances. Florence Caron, une commissaire de police encore inexpérimentée, est alors dépêchée sur les lieux pour mener l'enquête...



Paul Clairval, jeune architecte parisien dynamique, est invité à une cousinade en Lozère, dans le domaine de son grand-oncle qu’il ne connaît pas, le comte de Fontbrune. Cette fête familiale va être un point de départ à de multiples morts, suicides, accidents ou meurtres.

C’est la jeune commissaire Florence Caron, de la PJ de Marseille qui est chargée de l’enquête. C’est sa première grosse affaire et elle se sait observée et jugée.

Bagnols-Les-Bains est une petite ville de Lozère mais ses notables et sa confrérie des écrevisses ont des projets grandioses pour développer le tourisme.

Entre manigances politiciennes, économiques, territoriales et mystères et secrets de famille, la tâche sera ardue pour la jeune commissaire. Il lui faudra toute son énergie et son intuition pour résoudre une affaire plus que compliquée.

L’auteur en profite pour nous raconter la région, les forêts du Gévaudan, le Lot, et les atouts touristiques du domaine régional.

Un petit roman du terroir sympathique, entre saga familiale et polar, l’intrigue se met en place et le suspens s’installe. Il est dommage que la fin se termine de manière aussi abrupte, l’intrigue est là, les explications aussi. Mais certains personnages sont survolés ainsi que certains faits. J’ai senti comme un sentiment d’inachevé.

Un bon petit moment de lecture délassante et sans prise de tête entre deux lectures plus ardues.



mercredi 21 avril 2021

On n’efface pas les souvenirs (Sophie Renouard)


 

Annabelle a un mari qui l’aime, deux adorables petites filles, une famille soudée. Ce bonheur insolent n’est-il qu’une illusion ?
Depuis de longues années, une ombre rôde autour d’elle. S’approche pour lui voler sa vie. Le jour du baptême de sa cadette, une angoisse sourde la submerge. Sans écouter sa voix intérieure qui annonce l’imminence d’un danger, elle décide de partir avec ses filles à Lyons-la-Forêt, dans la maison de son père.
Sur la route, elle s’arrête dans un café pour nourrir Violette (6 mois), la confie un instant à son aînée, Zélie (4 ans), le temps d’aller se laver les mains. Mais elle est enlevée. Laissée pour morte dans les forêts du Pays Basque, elle est recueillie et soignée par un vieil homme, qui vit seul dans les montagnes. Lorsqu’elle reprend conscience, sa mémoire s’est effacée...



Premier roman de Sophie Renouard « On n’efface pas les souvenirs » est sorti en mars 2019 en grand format, Les éditions de Borée viennent de le rééditer en livre de poche deux ans après.

Roman et thriller, c’est l’histoire d’une jeune femme a qui tout réussi, l’amour, la présence d’êtres chers autour d’elle, un mari qui l’adore, deux charmantes petites fille qui font sa joie. Mais c’est sans compter sur une présence, des sentiments sombres qui sont tous prêts.

Annabelle est enlevée, maltraitée et laissée pour morte. Un vieil ermite, Émile, la recueille, la soigne et lui donne la force de se reconstruire bien que sa mémoire l’ait quittée.

Ce roman est un lent cheminement de la police, de son mari pour la retrouver, espérer qu’elle soit toujours vivante. C’est aussi la reconstruction d’Annabelle et surtout découvrir qui lui veut tant de mal.

Un très beau roman/thriller où il est bon de retrouver les choses essentielles de la vie, de la nature. La reconstruction, les souvenirs, la perte d’êtres chers et le temps qui passe. Émile est fort, Annabelle est forte malgré leur fragilité apparente.

J’ai pris grand plaisir à lire ce petit roman, très court mais très dense.