Affichage des articles dont le libellé est Montmartin Yves. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Montmartin Yves. Afficher tous les articles

mercredi 24 mai 2023

Le code (Yves Montmartin)




Je suis convaincu que pour rester impuni, ne pas se faire prendre, il ne faut pas commettre le meurtre de trop. Ma décision est arrêtée, quoiqu’il advienne je m’en tiendrais à cinq. Cinq crimes, pas un de plus pas un de moins, cela me semble un nombre raisonnable. De toute façon, je n’ai pas idée de la quantité minimum nécessaire de meurtres pour avoir droit au titre de tueur en série.
Sincèrement et sans me vanter, je pense que j’ai toutes les cartes en main, il ne reste plus qu’à attendre le bon moment et surtout les bonnes personnes qui feront des victimes idéales.



C’est toujours avec grand plaisir que je découvre les nouveaux-nés de Yves Montartin. Après « La mauvaise herbe » et « Brindille » de notre ami babéliaute, me voici partie la découverte de « Le code », un polar qui nous raconte un tueur en série.
C’est dans un tout autre registre de lecture qu’Yves nous invite.

Le narrateur n’est autre que le tueur. Comment en est-il arrivé là ? Une enfance malmenée, un enfant harcelé à l’école, un mariage qui se délite. Tout n’explique pas ce qui amène notre individu à passer à l’acte.
Chaque chapitre est consacré à une victime, le choix de la personne, la traque puis le passage à l’acte.
Le tueur tient un petit carnet rouge où il s’est fixé des règles bien précises.
Mais….

J’aime toujours autant l’écriture de l’auteur. Ici on ressent de l’empathie pour les victimes. Le bourreau lui, nous paraît bien insensible au mal qu’il commet. Le rythme du livre s’en ressent. C’est une énumération de faits bien établis, bien réfléchis comme un jeu bien réglé. L’homme se laisse porter par ses impulsions.

Merci à toi Yves, pour ce nouveau roman polar. Les personnages sont bien campés, on rentre dans la tête du criminel et on ressent les victimes à travers son regard.

Et la fin !!!

mercredi 12 octobre 2022

Brindille (Yves Montmartin)


Marie est une petite fille qui est née prématurément. Elle parait si frêle, si fragile que son entourage l’appelle Brindille. Au rythme des saisons, avec ses amies Coccinelle, Neige et Vanille, elle nous raconte le monde qui l’entoure. Un regard plein d’innocence mais aussi de bon sens. Nous sommes en 1981 à la veille de l'élection de François Mitterrand.




Quel agréable moment de lecture, je viens de passer !!!

Brindille avec ses trois copines nées la même année (Neige, Coccinelle et Vanille), les quatre saisons comme on les appelle dans leur village, nous font partager leurs joies et leurs peines d’enfants. Tout est à la fois si simple et si compliqué à cet âge. Et les pourquoi fusent de partout.

Petite Brindille, petite Marie est une fillette très attachante, pleine d’amour pour ses parents et ses grands-parents Mamie confiture et Papi chandelle. C’est qu’ils en valent la peine. Ils sont plein d’attention et de tendresse pour ce petit bout de chou.

Et puis il y a l’école avec Monsieur Massardier qui va leur apprendre à lire, à écrire et à compter, c’est important l’école, les copains, les copines, les cancres, les rigolos et les premiers de la classe.

On s’y croit, on s’y revoit surtout. Les bons petit mots plein d’innocence, les secrets qu’on ne confie qu’aux copines ou à Bubulle l’escargot, Brindille va grandir dans ce monde de Boursolles. Elle va y apprendre la nature, les arbres, les animaux, le goût de la pluie, le bruit du vent et … le silence.

C’est juste, c’est beau et grâce à l’auteur on retrouve notre enfance et nos rêves.

Un grand merci pour cette belle découverte Yves, un petit condensé de poésie, de bonne humeur et d’amour. C’est comme un petit bonbon sucré qu’on laisserait fondre sur la langue et qu’on voudrait faire durer le plus longtemps possible.

vendredi 30 avril 2021

La mauvaise herbe (Yves Montmartin)

 




Restée seule au milieu du jardin, la petite fille s’est relevée. Il ne lui reste plus qu’un ou deux mètres de terrain à travailler. Elle se rappelle les paroles de son père : «les mauvaises herbes, il faut les déraciner. Une fois que tu as bien supprimé les racines, la plante ne repousse plus, elle est morte à jamais». Elle ne se doute pas que dans son cœur commence à germer une graine de mauvaise herbe; elle ne sait pas à ce moment précis qu’elle aussi, un jour, elle sera déracinée. D'Alger à la banlieue lyonnaise, ce roman raconte le destin tragique d’une jeune femme algérienne, qui petite fille rêvait d’indépendance et de liberté et qui va se retrouver emprisonnée par le poids des traditions et de la religion.



Qu’est ce qu’une mauvaise herbe : une herbe qui dérange l’ordonnancement d’un jardin, qui étouffe la croissance des plantes utiles. Une mauvaise herbe a le droit elle aussi de vivre, de se nourrir, à son utilité dans le tout. La graine semée germera et pourra aussi avoir son utilité, elle représente la vie et la nature.

Amira, petite fille algérienne de la fin du XXème siècle, est la seule fille de sa fratrie, la petite princesse venue après ses deux frères. Son père en est heureux, la petite est arrivée alors qu’il a déjà deux fils. Le contraire l’aurait-il ravi ? Pas sûr. Le poids de la tradition, des coutumes fait que la mère est plus heureuse de donner un fils à son époux qu’une fille.

Rien de tel pour me révolter. Qui nourrit la graine nécessaire à la vie, qui met au monde, c’est bien la femme. Garçon ou fille, un enfant est l’amour d’une vie.

Petite Amira fera la joie de sa famille, vive, intelligente, ayant le sens de la réparti, on la traitera parfois de mauvaise graine car elle aimerait ressembler à sa tante Nour qui est indépendante et n’a pas voulu se marier.

Amira se liera d’une amitié profonde avec sa petite voisine Loubna, sa sœur, son double. Elles partagent tout, leurs jouets, leurs rêves, leur aspirations profondes, Amira veut être professeur de français, la langue et la littérature de Molière l’attire profondément ; Loubna est douée en dessin et à un sens artistique très prononcé. Les filles adorent lire, s’instruire et approfondir leurs connaissances. C’est le temps de l’insouciance, mais comme les quatre saisons, le temps passe, tout évolue, elles grandissent et il faut déjà penser au mariage et aux enfants.

Trouveront-elles toutes deux le bonheur et l’épanouissement auxquels elles ont le droit et que l’on voudrait imaginer pour elles ?

On le sait, souvent les contes peuvent tourner au cauchemar, et tout cela par ignorance, manipulations, et poids des traditions mais aussi jalousie et méchanceté.

Ce roman est une sorte de livre/journal. Amira en est la narratrice et nous conte sa vie comme un journal intime. L’écriture de Yves Montmartin est douce, vive, bien informée, il nous livre de nombreuses faits sur la vie en Algérie, sur l’évolution du pays, les révolutions qui couvent et la jeunesse en colère. Il nous parle aussi de ses familles qui imaginent que la vie peut-être meilleure ailleurs et qui font croire à ceux qui sont restés au pays que ça l’est. Mais tout cela n’est que façade.

Un roman coup de poing, l’enchaînement des événements en fin de livre m’a fait dire : mais non pas ça.

Émouvant mais surtout bouleversant.

Merci à Yves Montmartin de m’avoir fait connaître son roman, un court roman écrit lors du confinement, mais quel livre !!!!