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dimanche 21 mai 2017

Arkane, 1 La désolation (Pierre Bordage)

Arkane : une ville labyrinthique, bâtie selon la légende par sept maisons toutes-puissantes, et dont les luxueux niveaux supérieurs sont occupés par un pouvoir corrompu. Là, ont cours intrigues incessantes, empoisonnements, meurtres, magie noire et décadence.
Après le massacre de son clan, Oziel, fille de la maison du Drac, s’enfuit des Hauts de la ville. Elle espère gagner les Fonds afin de rejoindre son frère condamné, et de lever une armée parmi les prisonniers du terrible bagne dans les profondeurs de la cité.
Oziel rencontrera sur son chemin Renn, un apprenti-enchanteur de pierre, et Orik, guerrier venu d’une lointaine contrée…

Arkane est une ville labyrinthique en sept niveaux, gouvernée par les sept grandes familles fondatrices qui contrôlent la cité. La jeune Oziel voit son clan décimé par un complot des six autres familles et doit trouver son frère exilé dans les niveaux inférieurs de la ville. Elle doit s'inoculer volontairement la mécrose (sorte de peste/lèpre) pour se cacher et fuir les meurtriers. Pendant ce temps, Noy, membre d'une des maisons dirigeantes, enquête sur ce fameux massacre et suspecte une menace plus grave, tandis que, loin d'Arkane, l'apprenti enchanteur de pierre Renn et le guerrier Orik tentent de rejoindre la ville au plus vite pour prévenir les habitants qu'une immense armée arrive pour semer le chaos.

Voici donc les principaux personnages que nous décrit Pierre Bordage. Le début du récit met un peu de temps à se mettre en place je trouve, mais justement l'auteur nous les décrit avec précision : leur physique, leur caractère, leurs aspirations, et ma foi le tout m'a bien accroché. 

On suit leurs aventures de manière alternée, à chacun son chapitre et ça donne une bonne dynamique au livre.

Le style de l'auteur est enlevé, précis et détaillé, mais bien sûr on a affaire à Pierre Bordage. 

On retrouve également les scènes d'action haletantes, les complexes luttes de pouvoirs des élites, la cruauté des ennemis qui ont fait la renommée de l'auteur. En revanche, la violence et le sexe, habituellement très présents chez Bordage, sont ici atténués, permettant ainsi aux plus jeunes de le découvrir. 

Dans une interview Bordage nous explique « Dans Arkane, j'ai fait le choix d'avoir deux héros adolescents et il est évident que cela parlera peut-être plus à ceux qui ont cet âge. Si cela permet d'ouvrir une porte d'entrée dans mon univers à des jeunes, c'est très bien. J'espère aussi garder mes lecteurs qui sont très fidèles et me suivent depuis des années. »

C'est sans doute pour cela que je me suis laissée portée dans cette aventure, car j'aime moins les mondes de violence qu'il nous raconte dans ses livres de SF. Bon j'en ai lu que quelques uns (Porteurs d'âmes que j'ai beaucoup aimé, un peu moins Les dames blanches), mais là je suis tout à fait réconciliée avec lui du moins niveau fantasy. Et je lirai certainement la suite de Arkane.


Note : 5/5

samedi 21 mai 2016

L'évangile du serpent (Pierre Bordage)



Quatre « évangélistes » - Mathias, jeune tueur d’origine russe au visage d’ange, Marc, journaliste à la cinquantaine désabusée, Lucie, strip-teaseuse sur le Net et Yann, premier disciple - vont approcher chacun à leur façon un jeune Indien d’Amazonie élevé en Lozère, Vaï-Ka’i ou Maître-esprit en langue Desana. Les chemins de ces quatre personnages ne se croiseront qu’à la fin du roman. Chacun d’eux suivra une évolution personnelle émaillée de prises de conscience ou d’expériences déroutantes. À la fois chamanique et écologique, l’enseignement de Vaï-Ka’i prône une réconciliation avec la mère Terre malmenée depuis le mythe de la chute du jardin d’Éden et une vision cyclique du temps, opposée à la vision linéaire du temps génératrice d’un progrès fragmenté. Les disciples, de plus en plus nombreux, abandonnent leurs maisons qu’ils marquent du symbole du serpent double, ou la double hélice d’ADN, pour se lancer dans le néo-nomadisme. Les miracles qui fleurissent dans le sillage de Vaï-Kaï lui valent une renommée croissante, qui attire des adeptes du monde entier, mais qui inquiète les autorités. Car c’est bel et bien la menace d’un bouleversement des valeurs établies et des notions de propriétés, de biens — les marchands du temple —, que font planer le « Christ de l’Aubrac et les néo-nomades ». Alors les pouvoirs en place vont riposter, d’abord par la calomnie, les faux témoignages, les procès, ensuite par le jugement suprême, celui de la télévision, et enfin par la sentence, la mort.Un grand Bordage, servi par un rythme narratif admirable et des personnages contemporains justes et émouvants, pour une entrée en littérature générale attendue.

Biographie :

Né en 1955 en Vendée, Pierre Bordage est notamment l'auteur des Guerriers du silence, Grand Prix de l'imaginaire en 1993, de Wang, Prix Tour Eiffel 1997 et des Fables de l'Humpur, Prix Paul Féval de littérature populaire 1999. Écrivain visionnaire et conteur hors-pair, l'imaginaire formé par les mythologies, il est l'un des plus grands romanciers français actuels. Prix Bob Morane 2001, L’Évangile du Serpent est le premier volet de la trilogie contemporaine des Prophéties, qui se poursuit avec L'Ange de l'Abîme (Au diable Vauvert).


Dans le cadre du challenge Pierre Bordage, je viens de terminer « L'évangile du Serpent », le premier tome de La trilogie des prophéties.

A l'instar du Nouveau Testament, Pierre Bordage structure son histoire autour d'un messie amazonien Vaï-Kaï qui prône une réconciliation avec la mère Terre malmenée, de ses quatre évangélistes : Mathias, jeune tueur d’origine russe au visage d’ange, Marc, journaliste à la cinquantaine désabusée, Lucie, strip-teaseuse sur le Net et Yann, premier disciple de Vaï-Kaï.

On alterne les chapitres sur ces quatre personnages. Vaï-Kaï bien sûr est l'élément central, mais ceux sont eux quatre que Bordage nous raconte, ils sont profondément humains, avec leurs qualités, leurs défauts, mais surtout il nous fait découvrir leur cheminement intérieur au contact du nouveau prophète. Ils se cherchent, ils se perdent, et ils accèdent enfin chacun d'entre eux avec leur expérience, à une vérité qui leur ouvre grand les yeux et leur apporte la paix intérieure.

On sent à travers ses livres, que Bordage est lui-même à la recherche de sa propre vérité. Les thèmes mystiques, religieux, la spiritualité doivent lui tenir à cœur, car c'est un point commun avec les quelques livres que je viens de lire de lui.

Ce n'est pas tant la description de la société où évolue nos personnages qui m'a intéressée, mais plutôt l'évolution des héros Yann, Mathias Marc et Lucie. Bordage les rend très proches de nous, quand on lit les chapitres, on a l'impression de vivre à travers eux. Ils sont à la fois si fragiles et si forts, qu'ils trouveront tout quatre, le but à leur vie. Et n'est ce pas ça qui est primordial dans notre quête à tous.

Tout ceci pour dire, que j'aime beaucoup l'écriture et le style de Bordage, ces personnages sont poignants de vérité et si proche de nous avec leur questionnement, je me suis beaucoup attachée à eux.
La suite au prochain épisode avec « L'ange de l’abîme », second volet de la trilogie.



lundi 4 avril 2016

Porteurs d'âmes (Pierre Bordage)





Léonie, achetée enfant au Liberia, séquestrée, prostituée, s'enfuit à vingt ans de son enfer pour se retrouver clandestine et sans papiers dans les rues de Paris. Edmé, inspecteur désenchanté à la Crim', déprimé par les violences, la misère et le cynisme qu'il côtoie chaque jour, découvre un étrange charnier dans la Marne. Cyrian, fils de famille en mal de raisons de vivre, se prête à un voyage expérimental d'un genre nouveau, pour trouver le frisson de l'extrême : le transfert de l'âme dans un corps d'emprunt. Leur point commun ? Tous trois sont porteurs d'âmes, comme tous les êtres humains.

Mais parfois les âmes ne sont pas où elles devraient être...

Polar, roman d'amour et anticipation... Pierre Bordage joue ici de tous les genres pour mieux évoquer la rencontre des âmes.

Biographie de Pierre Bordage :

Né en 1955 en Vendée, Pierre Bordage est l'auteur de plus de trente romans et recueils distingués par de nombreux prix (Grand Prix de l'Imaginaire, Prix Paul Féval de littérature populaire, Prix Tour Eiffel...). Écrivain visionnaire et conteur hors pair, l'imaginaire trempé dans les mythologies, il est un des grands romanciers français contemporains. Il a publié au Diable Vauvert la magnifique trilogie des « Prophéties ».

Citation :

« Les êtres humains vivaient tous sur la même terre, mais chacun se figurait que l'univers se résumait à ses seules perceptions, à son seul moi. De là sans doute la plupart des malentendus humains. Si les croyances et les certitudes dépendaient de la façon dont les sens appréhendaient le monde extérieur, comment se mettre à la place de l'autre ? » (p.316)

L'avis de Marie-Jo

Edmé, caricature de flic sur le retour, n’a plus goût à rien.
Cyrian est un gosse de riche à qui rien ne semble manquer
Léonie, vingt ans, est libérienne. Elle s’est enfuie du pavillon de sa tante qui la livrait à la prostitution depuis douze ans.
Entre ces trois personnages que tout sépare, une étrange machine : le translateur. L’invention va attiser bien des convoitises et provoquer nombre de morts.

L'histoire, mélange de polar, d'anticipation et de prise de conscience de l'autre, est un livre qui nous livre toute la noirceur de notre société, qui personnellement bien que connaissant la nature humaine, m'a laissé très mal à l'aise au début. (par les scènes de maltraitance, les dialogues et les situations crus) Mais bon je suppose que c'est le jeu de l'auteur, nous mettre dans l'ambiance malsaine des rapports humains, la haine, la lubricité, la maltraitance, le mépris de l'autre, pour mieux faire ressortir en fin de compte l'empathie, la compassion, la meilleure connaissance de soi, et bien sûr l'amour qui émerge de tout cet imbroglio.

Un livre dans lequel j'ai eu du mal à rentrer mais qui m'a pris dans ses filets. Je me suis laissée entraîner, je ne l'ai plus lâché et me suis attachée aux trois héros que l'on suit en parallèle au fil de chaque chapitre.

L'action est là, très présente en alternance avec des questionnements sur la nature humaine, sur notre société capitaliste qui ne s'occupe plus de l'humain mais plutôt de ce qu'il peut rapporter de profits. C'est aussi une toile de fond qui fait ressortir la vie au quotidien des sans-abris, de tout ce monde invisible qui nous entoure.
Edmé, comme Léonie, comme Cyrian, cherche, plus ou moins activement, à donner du sens, de la substance, de la vie à leur existence, jusque-là passive. Cette recherche va révéler leur âme, leur personnalité profonde et les valeurs qui les animent.

En somme un livre que j'ai beaucoup aimé, l'anticipation est peu présente finalement sauf à la fin mais est le révélateur et l'accélérateur de la compréhension de nos trois héros avec leur questionnement, leur force et leur faiblesse qui les révélera à eux mêmes.

Mon premier Bordage qui me donne un aperçu de son écriture et de ses valeurs, qu'il cherche à mettre en évidence parfois d'une manière un peu impromptue en plein milieu d'un chapitre, ce qui est un peu dommageable lorsque qu'on est en pleine action. Je ne peux pas dire que tout m'ait plu dans le livre mais je me suis laissée emportée par les vies parallèles de nos héros et leurs aventures.

jeudi 10 mars 2016

Ceux qui sauront (Bordage Pierre)







Après l’exécution publique de Jules Ferry et le renversement du gouvernement Gambetta en 1882, le roi Philippe VII a durablement installé la monarchie absolue en France. La Seconde Restauration a fermé les écoles et interdit l’apprentissage de la lecture et de l’écriture aux masses laborieuses, jugées trop dangereuses pour être instruites. Les progrès techniques sont réservés aux élites. Le Parti de l’Ordre veille. 

C'est dans cette ambiance, que Jean, jeune « cou noir » tombe amoureux de Clara, jeune aristocrate, fille de l'Argentier à la cour du roi.

A travers sa narration Pierre Bordage, nous mets dans le prolongement du 18ème et 19ème siècle, niveau mentalité, 20ème niveau technologie. On a l'impression de se retrouver dans « Les misérables » de Victor Hugo, lors des grosses révolutions populaires du 19ème siècle, lors de la manifestation des laissez pour compte de la société ainsi que dans l'eugénisme nazi, lorsque Hitler voulait exterminer tous les handicapés mentaux et physiques.

La foule prolétarienne ne cesse de se révolter, mais son inculture, son illettrisme la condamne à échouer. Alors les plus malins, les plus instruits misent sur l’éveil des consciences par l’éducation. Ceux qui sauront sauveront les autres. Bel idéal, qui pour l'instant n'aboutit à rien, malgré les bonnes volontés mais qui espérons le, marchera mieux dans les autres tomes.

Ce premier tome m'a bien accroché, autant par l'histoire ( car j'adore l'Histoire même revisitée), que par l'écriture de Pierre Bordage qui est franchement très agréable et même poétique dans certaines descriptions de situations et de descriptions. A poursuivre…..la suite.