samedi 24 juillet 2021

Le Tank (Philippe Laperousse)




Dans un parc public, une ancienne gloire du rugby français, Alfred Paquenet, rencontre Jézabel et en tombe amoureux. L’homme peine à l’aborder puisqu’il souffre depuis l’enfance de fortes difficultés de communication sociale.

Un jour, le Tank déjoue une tentative d’enlèvement de Paul, le fils de Jézabel. À partir de ce moment, il est dans le viseur d’une organisation de gangsters internationale qui cherche à exploiter sa notoriété et son affection pour Jézabel. Pour faire plier le Tank à leur volonté, ils kidnappent la jeune femme et son enfant, mais Jézabel fausse compagnie à ses geôliers et disparaît dans la nature.

Une course-poursuite s’engage pour la retrouver entre le Tank, les gangsters et la police.



Petit roman, plutôt une sorte de novella, « Le Tank » nous raconte Alfred Paquenet dit Le Tank. Rugbyman international en retraite c’est une force de la nature avec un tempérament très sensible mais ne sachant pas exprimer ses émotions. C’est un homme au plus près des valeurs d’honneur et de principes. Lorsque le petit Paul est sur le point de se faire enlever, Alfred ne réfléchit pas et le sauve. Tout cela va l’entraîner dans une recherche de la vérité de l’affaire mais aussi à une remise en cause de toutes ses certitudes.

Alfred est un personnage à la fois simple et vrai. Il veut la vérité, il la cherche. Lorsque Jézabel, la maman de Paul lui montre ses sentiments, il n’y croit pas tout en le souhaitant.

La trame de cette nouvelle nous amène dans la recherche de soi à travers Alfred, ainsi que de la vérité qui se cache derrière la tentative d’enlèvement du petit garçon.

Petit polar dont le narrateur est Alfred, on se retrouve dans sa tête avec ses questionnements et ses contradictions. On découvre aussi le monde du rugby et ses valeurs sportives et étiques.

Merci à Librinova et à l’auteur Philippe Laperousse de m’avoir fait partager ce petit roman fort sympathique.






jeudi 15 juillet 2021

Le chameau de la bibliothèque (Karine Guiton)

Monsieur Mache n’est pas un chameau comme les autres. Grand amateur de littérature, il passe son temps à emprunter des livres à la bibliothèque. 

Oui, mais voilà, il ne rend jamais les ouvrages empruntés ! 

Le chameau est-il seulement tête ou l’air, ou cache-t-il un véritable secret ?


Travaillant en bibliothèque, j'avoue que le résumé de ce roman jeunesse m'a titillé. En effet, les lecteurs qui ne rendent pas leurs livres, c'est une vraie plaie ! 
Sans être autant intransigeante que Madame Girafe la bibliothécaire dans cette histoire, je la comprends parfaitement. 

Un roman très amusant où se côtoient toutes sortes d'animaux amusants et attachants.

Monsieur est un vrai amoureux des livres et il les savoure jusqu'à la dernière page. Difficile ensuite pour lui de les ramener à la bibliothèque.
Madame Girafe va devoir sévir afin de lui faire respecter les règles inhérentes à toute bibliothèque.


Drôle et bien pensé, cette histoire plaira aux petits comme aux grands et fera sourire. 

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour cette découverte qui va bien vite trouver les rayons de ma bibliothèque communale. 


vendredi 9 juillet 2021

L’étoile du matin (David Gemmell)

Je me nomme Owen Odell et je vais mourir.
Mais avant ça, je voudrais vous raconter l’histoire telle qu’elle s’est réellement passée, et pas comme les gens la racontent aujourd’hui. Car j’étais barde, et c’est moi qui ai écrit la légende de Jarek Mace, celui qu’on appelait l’Étoile du Matin. J’étais à ses côtés lorsqu’il a combattu les rois vampyres et s’est dressé face à l’envahisseur Angostin. Mais je n’ai jamais dit toute la vérité. Jarek Mace n’était pas un héros. C’était un voleur et un menteur, un homme qui aurait égorgé sa propre mère pour le prix d’un bon repas. 

Ceci est l’histoire d’un homme. 

Et de sa rédemption…


L’étoile du matin : surnom de la planète Vénus lorsqu’elle est encore visible avant l’aurore. 

Dans ce roman de David Gemmel, c’est le surnom donné à Jarek Mace bien qu’il n’ait rien demandé. Héros sans le savoir, sans le vouloir, il devient le porte-parole et le défenseur des Highlanders du Nord face aux Angostins envahisseurs. 

Owen Odell est le barde qui le découvrira, qui l’accompagnera à travers de multiples aventures avec Wulf, un bossu archer ami de Jarek, de Piercollo le géant à la voix d’or, Ilka, la jeune prostituée au cœur pur et Astiana la nonne guerrière et bien sûr Mégane l’enchanteresse qui est au centre de l’histoire. 

La superbe plume de Gemmel, nous amène dans un monde où le bien et le mal s’affrontent, mais tout n’est ni blanc ni noir. Les hommes sont humains avec leurs sentiments contradictoires, où les bandits et les hommes sans foi ni loi, deviennent des héros bien malgré eux. Les circonstances font l’homme et Jarek devra affronter les troupes angostines et des rois vampyres. 

C’est donc une réunion de personnages qui feront la légende. Car Jarek est un être égoïste, cupide et cruel, je dirais aussi très pragmatique. L’idée ne lui viendrait pas d’aller au secours d’une personne en difficulté sauf si cela lui est profitable. 

L’écriture de Gemmel nous fait découvrir tous ces personnages à travers la narration de Owen Odell le barde, jeune homme naïf et plein de belles valeurs qui va se rendre compte que le bien et le mal s’entremêlent dans notre monde et qu’il n’est pas si évident que ça de grandir. 

De David Gemmel, j’ai lu très peu de livres. J’avais commencé sa saga, Le Lion de Macédoine que je n’ai pas terminée. J’arrive rarement à lire des histoires à multiples tomes, du moins ils sont rares. Ce one-shot me permet de mieux le découvrir et d’apprécier son écriture et son imagination. Un grand auteur. J’ai adoré.

mercredi 7 juillet 2021

Tendre Trésor (Andréa Michel)

Géraldine Boudin, inspectrice des impôts déterminée à changer de vie, décide de tout plaquer. Elle se réfugie dans un village picard de son enfance où, sur une impulsion, elle se présente comme Alexia Guiducci, une romancière franco-italienne.

Dès son arrivée, elle rencontre Philippe, un jeune homme séduisant dont l’orientation sexuelle interroge les habitants, et Franck, un artiste peintre qui l’attire dès le premier regard. Avec l’un, Géraldine simule une relation amoureuse ; avec l’autre, elle partage des moments intimes d’une intensité rare.
Mais ce triangle amoureux n’est pas sa seule préoccupation. Sous son masque d’écrivaine, elle découvre qu’elle n’est pas la seule à avoir un jardin secret...
Un roman truculent et feel-good, cocktail savoureux d’humour, d’intrigues et de personnages attachants. Une bouffée d’air frais ! 



Géraldine Boudin, inspectrice des impôts a le goût de l’écriture. 

Quand après un certain nombre d’année dans la fonction publique, elle craque, elle se met au vert dans le village de son enfance se faisant passer pour une écrivaine italienne Alexia Guiducci.
Tout cela va entraîner une série de quiproquos.
Notre belle petite dame va tomber amoureuse mais son métier va la rattraper.
Il y a Philippe Heurtebise, il y a Franck Pozzo di Borgo. Tous les deux sont aussi charmants l’un que l’autre.
Philippe est concepteur de jeux vidéos, Franck est brocanteur. Lequel fera craquer le petit cœur de Géraldine ? 

Premier roman d’Andréa Michel, cette histoire est un petit bonbon dont on se régale. Géraldine/Alexia va se retrouver prise malgré elle dans les secrets et les non-dits de ces deux hommes. Entre temps elle écrit un petit roman plus ou moins autobiographique. Les situations lui donnent du grain à moudre et elles sont à la fois cocasses et tendres, les chapitres sont courts et se lisent rapidement. L’écriture est dynamique et cela donne une belle histoire contemporaine pleine de rebondissements. 

Un bon petit livre pour les vacances à venir, en compagnie de Géraldine, de Franck et de Philippe. Et je peux vous dire qu’on ne s’ennuie pas. 

Merci à Librinova et à l’auteure pour cette charmante lecture. 


Entre situations cocasses et quiproquos, on suit la vie de Géraldine Boudin, inspectrice aux impôts en congé sabbatique qui retourne dans son village d'enfance. Elle qui voulait se consacrer à l'écriture et se réinventer sous son nom de plume va se retrouver au milieu d'un trio, suite à sa rencontre avec des hommes troublants. Mensonges et chassé-croisé au programme.

Une romance amusante à lire, parfaite pour l'été. 
Des personnages attachants, des relations un poil compliquées entre tous. 
Léger, frais et dynamique, j'ai bien aimé l'écriture de l'auteure qui a su m'embarquer dans cette bluette. 

Une jolie découverte grâce à Librinova et l'auteure Andréa Michel.


mardi 29 juin 2021

Les beaux étés, 6 Les Genêts (Zidrou, Jordi Lafebre)

Youpi, c’est les vacances ! Adieu Mons, bonjour le soleil ! Comme tous les ans, la tribu des Faldérault prend la direction du Sud à bord de Mam’Zelle Estérel, la 4L familiale. Pierre n’a pas terminé son album ? Pas grave, il bouclera les dernières planches au bord de la Méditerranée. Les voilà tous les cinq partis pour ne rien faire. Enfin, cinq et demi plutôt, puisque Mado est enceinte. Mais sur la route, patatras. Un camion les double, il perd son chargement et voilà le pare-brise d’Estérel qui vole en éclats. Plus de peur que de mal, mais impossible de continuer. Pendant que le garagiste répare la 4L, la famille est hébergée par Esther et Estelle, deux femmes charmantes qui tiennent la ferme « Les Genêts ». Tandis que Pierre se prend pour Cézanne et que Mado regarde le bébé pousser, les enfants aident à sortir les chèvres et découvrent les charmes de la campagne. Mais ils apprennent aussi les secrets de la vie…

Quel plaisir de retrouver mes vacanciers préférés ! 

Comme chaque année, le père est en retard pour terminer un album et les enfants sont impatients de partir en vacances, d'aller au soleil. Une panne de voiture les obligera à camper dans la ferme Les Genêts où ils feront la connaissance d'Estelle et Esther. 

Cette bande dessinée est une belle parenthèse, pleine de tendresse, de nostalgie. Un petit bonheur en cases qui nous parle de tolérance, d'amitié, d'amour. 

Merci aux éditions Dargaud et à Netgalley pour cette tranche de soleil.



lundi 21 juin 2021

Les petits Mythos : La mythologie nordique (Cazenove et Larbier)

Les Petits Mythos ont quitté l'Olympe pour découvrir les autres mythologies. Direction Asgard à la rencontre d'Odin, Thor et tous ceux qui peuplent la mythologie nordique. De la création de l'univers à sa destruction, cet album renferme tous les secrets de l'Yggdrasil, l'arbre-monde, Il paraît même que Totor s'est pris d'amitié pour les dragons et que Hercule a tenté de faire copain-copain avec les terribles Valkyries l ! 



Sympa comme tout. Bon, c’est pour les petits à partir de 6 ans. On rajeunit vraiment en lisant cette petite BD, la preuve ma personne ;-)). La mythologie pour tous, grands et petits.


J’ai testé, j’ai aimé, mes petites filles l’auront en cadeau. Le problème c’est qu’elles sont plus pour l’instant avec les J’aime lire ou la Reine des neiges. Pas grave en grandissant elles apprécieront de découvrir la mythologie nordique.

En attendant je me suis régalée, car j’ai toujours eu du mal à mémoriser les dieux scandinaves. Bien sûr il y a Odin le borgne, Thor et son marteau, Lokï le facétieux et traître. Mais il y a tous les autres et ils sont nombreux.

L’album se présente en alternance de double pages lecture et Bande-dessinées, original. Pas sûr qu’à 6 ans on sache encore trop lire couramment pour déchiffrer tant de textes. Mais les papas et les mamans sont là pour aider. Cela tombe bien, mon fils est fan de cette mythologie.

Et cette mythologie à travers les petits Mythos est très explicite, entre tous les noms d’Odin et de ses subalternes, les géants, les serpents, les dragons, les Valkyries, Yggdrasil l’arbre monde et toute sa petite faune, et bien sûr le Ragnarök : le crépuscule des dieux.

Finalement une petite bd à garder sous le coude quand on a un doute sur tel ou tel dieu ou mythes nordiques. On plonge dedans et on a le renseignement tout en s’amusant.

A mettre entre toutes les mains.




Ceux qui avaient choisi (Charlotte Delbo)


Vingt ans après sa déportation, une rescapée des camps de la mort rencontre un universitaire allemand qui a servi comme officier sous le régime nazi. À travers leur dialogue, qui oscille entre confrontation et séduction, la pièce interroge la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et, avec elle, la responsabilité individuelle et collective face à l'une des pages les plus sombres de notre Histoire. Pièce singulière écrite par l'une des grandes figures de la Résistance, témoignage pudique autant que cruel, cette œuvre brosse le portrait de deux âmes éprouvées par la barbarie



Charlotte Delbo, l’auteure de cette courte pièce de théâtre écrite en 1967, est née en 1913 et décédée en 1985. Elle est une femme de lettres qui avec son mari s’engage dans la résistance dès le début de la seconde guerre mondiale. Son époux est fusillé au Mont Valérien et elle est déportée à Auschwitz et Ravensbruck.
Une grande partie de son œuvre littéraire témoigne et raconte ce qu’elle a vu et vécu dans les camps de la mort.

« Ceux qui avaient choisi » a un caractère autobiographique, elle met en scène trois personnages principaux : Françoise (le double de Charlotte), Werner, un ancien officier allemand et en rétrospective Paul, le mari fusillé de Françoise.
Françoise raconte la guerre et ses horreurs, elle française, résistante, communiste et déportée. Lui est un ancien officier allemand, 50 ans, universitaire qui écrit des livres sur la culture grecque.

La question finalement de cette pièce est : peut-on se parler vingt ans après de telles épreuves, peut-on pardonner, du moins accepter l’autre dans ce qu’il a vécu, dans ce qu’il a fait, ou pas fait. La culpabilité, la maladresse de Werner, hérisse Françoise. Elle ne pardonne pas, mais elle ne veut plus haïr.
Dans son esprit, c’est Paul son défunt mari qui prend toute la place. Tout son amour est pour lui. Au fil de la conversation, ils se confient tous deux, Werner voudrait continuer la relation, Françoise ne le veut pas.

Une pièce très percutante, qui émeut, touche au plus profond de soi. Les sentiments sont mis à nus. Françoise est d’une grande dignité mais elle souffre encore très profondément de tous ces évènements. Werner dans son désir d’exprimer son repentir, sa culpabilité se montre finalement très maladroit. Il réveille les souvenirs de Françoise. Ce sont deux écorchés vifs qui ont du mal à se reconstruire.

Ce fut vraiment très émouvant à lire, ça prend au cœur et à l’esprit. Les mots touchent, on ressent leur mal être à tous deux. Une a choisi d’agir, l’autre non….

mardi 15 juin 2021

Le banni des Hautes-Terres (Alain Delage)

Mars 1890, Armand Ligourel, tout juste sorti du conseil de révision qui l'a déclaré apte au service militaire, se retrouve injustement accusé d'un assassinat. Il réussit à s'échapper vers l'Aubrac, terre de son père, où il arrive pour la montée aux estives. Il va y découvrir le métier de buronnier, les valeurs de ces montanhièrs et leur sens de l'honneur sous leurs dehors rustres, au milieu d'étendues immenses. Son séjour dans cette petite Sibérie sera l'occasion aussi de percer les secrets de sa famille paternelle, une histoire de vengeance hors du commun qui remonte à plus de deux générations ..



Récemment publié, le 10 juin de cette année, ce très beau roman du terroir nous emmène sur les terres du plateau d’Aubrac qui est situé aux confins de 2 régions : Auvergne-Rhône Alpes et l'Occitanie. Il s'étend sur 3 départements : la Lozère, le Cantal et l’Aveyron.

Armand Ligourel jeune agriculteur méridional languedocien, est injustement accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis… Sa famille l’aide à s’échapper et l’adresse à son grand-oncle paternel Alphonse Ligourel. Malheureusement il arrive au moment de l’enterrement du vieil homme. C’est le curé de la paroisse qui va le guider et l’aider à trouver du travail dans la région.

Il sera employé par Pierre Anglade, agriculteur et patron d’une exploitation conséquente. Armand se rendra sur les estives sur le plateau de l’Aubrac en tant que buronnier : il fera partie d’une équipe qui a en charge les troupeaux qui partent en transhumance, pâturer sur les hauteurs à près de 1300 mètres, là où l’herbe est riche et permet de produire de fameux fromages qui font la réputation du patron.

L’auteur nous transporte dans un autre monde que le monde de l’époque en 1890. La région est rude, le climat difficile et les hommes sont à leurs images : méfiants, rugueux et taiseux. Mais une fois que l’étranger s’est fait sa place et accepte les contraintes liés au métier il est accepté.

Ce roman en plus d’être très intéressant sur les coutumes, les particularités de ce métier de buronnier est un livre qui met en évidence les conséquences de secrets de famille trop bien gardés au fil des générations. Ici, ce sont trois générations qui en pâtiront. Entre mésentente, haine et manipulations, ce sont les innocents qui paieront.

J’ai pris un très grand plaisir à découvrir ce monde rural. Un métier rude, au contact de la nature, au plus près de la terre, des animaux, sans confort et commodités. Il n’empêche qu’une fraternité règne entre ces hommes pour peu que chacun y mette sa peine.

Une écriture aérienne et fluide. Des descriptions poétiques qui montrent la force de la nature et de ses exigences. L’histoire romanesque se marie heureusement avec l’histoire de ce métier et son fonctionnement. J’ai appris énormément.

Merci aux Éditions de Borée et à son auteur Alain Delage pour cette belle histoire.

samedi 12 juin 2021

La citadelle des ombres - Intégrales 1 et 2 (Robin Hobb)



INTEGRALE 1 

L’apprenti assassin, L’assassin royal et La nef du Crépuscule.

 

Au royaume des Six-Duchés, dans l'inquiétant décor d'une forteresse battue par les vents et les flots, Fitz, un jeune garçon, fils illégitime du prince Chevalerie, fait à la cour le rude apprentissage de la vie. Un maître d'écurie, étrange et bourru, lui prodigue conseils et affection ; un vieux sage, isolé au sommet d'une tour, le forme à la délicate perception du Bien et du Mal ; des molosses l'ont adopté et lui apportent réconfort et protection. Commence alors pour Fitz un long voyage initiatique semé d'embûches et de trahisons. Confronté aux cruelles exigences de la loyauté, existe-t-il pour lui une autre voie que celle du sacrifice ?





Il y a près de vingt ans je découvrais Robin Hobb et ses premiers livres de l’Assassin royal. C’était l’époque où je mettais les pieds dans le monde de la fantasy : avec cette série je découvris en partie ce genre de littérature tellement vaste. Robin Hobb et Marion Zimmer Bradley furent pendant longtemps mes lectures favorites. Et puis au fil des ans il fallut attendre la sortie d’un tome par un tome. J’ai suivi, toujours avec enthousiasme. J’ai lu toute la saga de l’Assassin, puis Les aventuriers de la mer entre les deux premiers cycles, Le soldat chamane (hors du royaume des six Duchés), le cycle des anciens. Et cerise sur le gâteau, je me suis acheté la toute dernière Le fou et l’assassin que je ne n’ai pas encore dévorée.

Je me suis décidée à tout reprendre du début, 20 ans c’est long, et sur une telle intrigue on oublie certains faits, certains personnages ; les manigances des uns et des autres, l’amitié ou l’aversion des personnages pour notre héros principal.

Quand Fifrildi a commencé la série, l’occasion s’est présentée de le faire avec elle. Me voilà reparti au tout début de l’histoire de Fitz, l’assassin du roi.

Et je dois dire, que le plaisir de lecture est toujours là, surtout qu’en général je n’aime pas relire un livre. Mais celui ci est tellement foisonnant, tant de personnages, d’actions et d’aventures, on sent l’ambiance de l’Art et du Vif. Tout en se retrouvant dans un environnement médiéval, le château de Castelcerf est attirant malgré qu’il soit battu par le vent et les pluies, sombre, humide mais rempli d’une vie grouillante de personnages et d’animaux.

Il y a Fitz-Chevalerie, fils bâtard de Chevalerie le roi-servant du royaume des Six-Duchés qui abandonnera son trône pour protéger son fils, et puis Vérité, le frère de Chevalerie, oncle de Fitz qui sera son protecteur vis à vis de Royal son autre oncle qui ne lui veut que du mal. Et au dessus de tout ce petit monde règne le roi Subtil, grand-père de Fitz qui en fera son assassin. Apprentissage qu’il fera auprès d’Umbre, vieil homme plein de ressource et assassin en titre du royaume. Burrich, maître des écuries du château et homme lige de Chevalerie prendra le petit sous son aile et le protégera à sa manière.

Cette intégrale de plus de 1100 pages regroupe les 3 premiers tomes de la série : L’apprenti assassin, L’assassin royal et La nef du Crépuscule.

Vous vous en doutez je les ai dévoré d’une traite et je compte bien faire pareil avec la suite.




INTÉGRALE 2

Le poison de la vengeance, La voie magique, La reine solitaire



Aujourd'hui, en France et à l'étranger, La Citadelle des Ombres est unanimement saluée comme l'un des chefs-d’œuvre de la littérature fantastique. Au début de ce second tome, le mal a triomphé au royaume des Six-Duchés : le prince Royal s'est emparé du pouvoir et a installé sa cour à l'intérieur des terres. Qu'est devenu l'héritier légitime, le prince Vérité ? Est-il mort ? Fitz, le jeune Bâtard ressuscité d'entre les morts, n'en croit rien. Pour lui, son prince se cache dans une forêt lointaine. Avec son ami le loup Œil-de-Nuit, il décide de le retrouver, de lui rendre son trône et de tuer l'usurpateur. Mais la mission qu'il s'impose est rude. Ses ennemis ne le lâchent pas et les épreuves qu'il traverse sont innombrables. L'affection que lui porte la reine Kettricken, la naissance d'une fille qu'il n'a jamais vue et dont le destin l'exalte, suffiront-elles à lui faire mener à bien cette redoutable tâche ?


La fin de la première intégrale nous avait laissé sur la mort de Fitz ou plutôt sur sa communion totale dans l’esprit d’œil de Nuit son fidèle ami loup.

Mais c’est sans compter sans Burrich et Umbre qui le ramène parmi le monde des humains. Les cicatrices sont nombreuses aussi bien physiques que psychologiques. Fitz n’est pas indemne, il lui faut réapprendre à vivre en tant qu’homme. Sa haine de son oncle Royal, devenu roi des Six-Duchés en éliminant tous ceux qui se trouvait sur son chemin, va le mener aux Duchés de Bauge dans l’antre du tyran puis aux frontières du Royaume des Montagnes.

Tant d’événements heureux comme malheureux parsèment sa route. Le souvenir de Molly, la découverte de la naissance de sa fille Ortie, la rencontre avec d’autres compagnons du Lignage ou Vif, vont lui faire prendre conscience de ce qu’il est vraiment. A la fois l’Art et le Vif. Bénédiction ou malédiction. En tout cas ses aventures sont loin de se terminer. Il sent que son roi, Vérité est toujours vivant, il le sent à travers l’Art. Et il n’aura de cesse de le retrouver.

Son chemin retrouvera aussi le Fou, la reine Kettricken, Astérie la ménestrelle, et une mystérieuse vieille femme Caudron qui lui en apprendra beaucoup.

Tout ce petit monde se lance sur la voie magique à la recherche du roi Vérité et du monde des Anciens.

C’est toujours avec un grand plaisir que j’ai dévoré ces trois tomes. Le poison de la Vengeance est plus un tome de transition entre le passé et l’avenir de Fitz. Sa recherche de vengeance le dispute à son devoir envers son roi. Avec Œil de Nuit ils traversent tout le territoire des Six-Duchés. Son chemin le mène à nouveau au Royaume des Montagnes, région hostile et rude car le Roi Royal leur a déclaré la guerre.

Dans la voie Magique il retrouve ses amis le Fou, la Reine et Astérie . Les circonstances les font partir ensemble à la recherche de Vérité vers des contrées inconnues naguère habitées par les Anciens. Qui sont-ils d’ailleurs ses Anciens qui peuplent les chants des ménestrels et des légendes.

Nous le découvrirons dans le troisième tome La reine Solitaire qui conclut en apothéose cette première époque des aventures de Fitz.

Comme toujours je suis restée sous le charme de l’écriture de Robin Hobb, je ne m’en lasse pas. Les aventures de Fitz se suivent et font évoluer le jeune homme dans sa connaissance de l’Art et du Vif. Ses expériences nous font connaître le monde ancien des peuples des montagnes à travers ses songes et prémonitions. On est loin des héros sans peur et sans reproche. Nos personnages sont ce qu’il y a de plus humains avec leurs peurs, leurs joies et leur regrets. La vie ne les épargnent pas malgré leur rang dans la société. Ils se doivent à leur peuple et font tout pour y parvenir.

Il a fallu à Robin Hobb une bien belle imagination pour écrire cette fabuleuse saga et ce n’est pas encore terminé. Je reprendrai prochainement la suite des aventures de Fitz qui se situera 15 ans plus tard.

A bientôt pour la suite ...

L’Ours et le Rossignol (Katherine Arden)

Au plus froid de l'hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa sœur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l'hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l'appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n'est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.


Katherine Arden est née à Austin (Texas). Après une année de lycée à Rennes, elle part étudier à Moscou, avant de finir ses études en littérature française et russe au Middlebury College, dans le Vermont. Elle a vécu à Hawaï et à Briançon, avant de revenir s'installer aux États-Unis.



Que voici une belle découverte.
Je ne connais pas grand-chose à la culture et au folklore russe, mais ce roman fantastico/historique me donne grande envie de les découvrir.

L’histoire se passe donc dans la Rus’ médiévale, le christianisme est religion d’état et les vieilles coutumes et anciens rites s’oublient.
Dans le fin fond de la Rus’ du Nord dans les forêts glaciales, se trouvent un domaine seigneurial, dont le boyard Piotr Vladimirovitch est le seigneur.
Sa maisonnée est nombreuse, sa femme Marina vient d’avoir une petite fille mais en meurt. Cette petite Vassia est une enfant pas comme les autres, elle perçoit les esprits protecteurs de la maison et du foyer et communique avec les chevaux. C’est une enfant spéciale, que sa belle-mère Anna, très chrétienne, veut à tout pris faire rentrer dans le rang. Mais la jeune fille en grandissant s’affranchit des convenances et court à tout va dans les forêts attenantes au domaine et fait connaissance des forces de la nature. Le combat du bien et du mal ; les anciennes croyances contre la nouvelle religion.

Ce roman est tout dans l’ambiance oppressante de ce grand froid qui régit cette région. L’équilibre de la nature, des hommes est régit par l’arrivée d’un prêtre trop dévot et trop prétentieux qui va mettre à mal le bien être de la famille et du village.
Vassia réussira-t-elle à surmonter toutes les épreuves qui l’attendent et à quel prix ?

Je viens de passer un excellent moment entre histoire, mythologie et contes russes. L’ambiance familiale de l’époque est bien retranscrite je trouve. Le rôle de la femme est extrêmement codifié et elle ne peut déroger à la bienséance ou aux on-dit. Vassia veut être libre et de ce fait ne rentre pas dans les conventions établies.

L’écriture de Katherine Arden est très agréable, elle entremêle des mots et des prénoms russes qui nous immerge dans cette Rus’ profonde. L’ambiance que provoque la présence du petit peuple pour certains, de démons pour d’autres montre bien la superstition qui régit encore les mentalités de la population, partagée entre ses anciennes croyances et le christianisme. Les descriptions de cette atmosphère glaciale et polaire, la poésie des descriptions de ce grand froid sont envoûtantes.

Premier tome d’une trilogie, je sais ce qu’il me reste à fai
re.