Car la glorieuse Kitai d’antan n’est plus et les cavaliers des steppes du Nord menacent son intégrité, sous le gouvernement de l’empereur Wenzong, mélancolique esthète, et d’une cour déchirée par des factions en conflit permanent que seule unit la crainte d’un coup d’État militaire.
C’est aussi l’histoire de Lin Shan, l’enfant unique d’un gentilhomme de la cour, cultivée plus qu’il n’est convenable à une femme. Si elle scandalise les bien-pensants, elle charme l’empereur par ses talents de poétesse. Farouchement indépendante mais bridée par sa condition, elle est l’image même d’une civilisation suprêmement raffinée mais en crise.
Je ne puis empêcher les feuilles de tomber.
Car c’est enfin l’histoire d’un monde qui s’apprête à basculer sous les étoiles du Fleuve céleste.
L’histoire de la Chine remonte à plusieurs millénaires et est fort riche en évènements et dynasties. Ici nous nous retrouvons au Moyen-âge au XIIème siècle de notre ère.
La Kitai, la Chine de l’époque est en fin de course. La dynastie en règne a eu son temps de gloire. Cette époque ressemblant à notre Renaissance : arts, poésie, échanges commerciaux ont eu leur apogée. A présent, la menace se fait sentir par le Nord, au-delà de la grande Muraille qui n’en a plus que le nom. Les Xialu, Les Ji, les Altaïs sont aux portes et s’apprêtent à déferler sur le pays.
Guy Gavriel Kay raconte comme à son habitude une grande épopée à travers des héros réels et fictifs, avec d’autres noms de personnages, de lieux. Mais si on se réfère à la carte qui est jointe au livre, on situe plus ou moins les lieux réels. Il nous fait vivre à travers la vie de ses personnages, la culture, les enjeux politiques, les arts, la beauté qui régit certains milieux, la misère et l’exploitation du petit peuple. C’est un territoire immense régit par une cour corrompue, faible et lâche. Elle a peur de son armée et il ne fait pas bon perdre des batailles. Les têtes volent…
Ren Daiyan le principal héros a fait son chemin, de simple fils cadet dans une région reculée, à bandits de grands chemins puis au plus haut grade de général dans l’armée, c’est un homme plein de rêves de reconquête de terres perdues. Un homme loyal à son pays.
Il y a aussi Lin Shan, jeune femme non conformiste, éduquée comme une lettrée et non comme une femme de son époque. Elle détonne dans les cercles conventionnelles et se fait connaître à la cour car grande poétesse…
Autour d’eux, de multiples personnages que l’auteur rend tous importants de part leur simple existence. Petits ou grands, jeunes ou vieux. Ils font partie de ce monde. Chacun et chaque chose à sa place.
J’ai eu du mal au début à rentrer dans l’histoire, elle était lente mais elle posait chaque personnage, sa personnalité, son importance ou non. Et puis au fil des mots et des situations je me suis laissée emportée comme d’habitude par l’écriture de Guy Gavriel Kay. C’est poétique, imagé, vivant. On sent la tristesse d’un monde qui se meurt, que la beauté est éphémère pour mieux réapparaître. Une société se meurt, une autre se profile. Ainsi va le monde.
Très belle lecture en bonne compagnie. Merci les filles, un très bon moment de lecture comme d’habitude.



















