jeudi 8 avril 2021

L’Architective – Les reliques perdues (Mel Andoryss)

 



Armand, 15 ans, est architective, tout comme son père.

Imaginez : vous entrez dans un bâtiment et, en retenant votre respiration, vous avez accès à son âme, à toute sa mémoire, à ses souvenirs et à ses blessures, à ses pièces cachées et à ses moindres secrets. Les murs ont des oreilles, les murs se souviennent, et ils racontent leur histoire à ceux qui savent écouter...
Entre deux enquêtes pour le compte de son père, architective lui aussi, Armand essaie de mener la vie normale d'un adolescent parisien de 15 ans qui entre au lycée...



Armand Wendelski, jeune lycéen de 16 ans a un don très particulier, il peut s’immerger dans la mémoire des maisons ou bâtiments. Le jour de sa rentrée en seconde, sa mère lui confie une mission : retrouver un testament dans une maison dont la propriétaire vient de décéder. Non seulement cette mission le met en retard pour sa rentrée, mais le voilà plongé dans une aventure dangereuse et palpitante : Où il est question d’une confrérie mystérieuse dont son père a fait partie dans sa jeunesse.

Il y a aussi Cédric, son ami de toujours. Cédric qui connaît tous les secrets de son ami et le couvre souvent auprès de sa mère qui est une femme secrète et froide, ayant beaucoup de choses à cacher. Son père, lui se trouve à l’autre bout du monde où il pratique aussi le métier d’Architective. C’est donc auprès de la famille de Cédric, qu’Armand trouve réconfort et écoute.

C’est un roman à la fois original et bien documenté sur certains faits historiques, l’histoire de la Sainte-Chapelle, des reliquaires et de trésors cachés.
Armand est doué, Cédric est excellent élève et bien sûr lors de cette première année de lycée, Armand va tomber sous le charme de Malaurie qui elle aussi est très particulière.
Comme vous l’aurez compris, j’ai bien aimé ; c’est un petit livre jeunesse, plein d’action, de bons sentiments, et avec une bonne approche historique mêlé d’ésotérique. Une sorte de Da Vinci Code pour jeunes.

J’ai passé un bon moment en leur compagnie.


Le soleil rouge du Tsar (Violette Cabesos)

 





Milena Gomelov est documentaliste dans une compagnie d'assurances, mais sa vraie passion consiste à chasser les trésors de la famille Romanov, pour le compte d'un expert en bijoux anciens et marchand international. Alors que Milena s'apprête à partir pour la Russie, elle doit soudainement rejoindre les siens, à Nice : à la suite d'un cambriolage de la maison de famille, son père, cardiaque, a été hospitalisé. Rien n'a été dérobé, mais une tête de chien et un balai ont été retrouvés dans son lit : les symboles d'une armée satanique fondée par Ivan le Terrible. Le grand-père de Milena soupçonne le KGB de vouloir éradiquer les derniers descendants des Russes blancs... En parallèle, Vera, danseuse à Saint-Pétersbourg en 1898 dévoile son journal intime...




Le soleil rouge du Tsar de Violette Cabesos vient de sortir en livre de poche. L’occasion pour moi grâce aux Éditions de Borée de découvrir l’histoire de Milena et de Vera. Deux héroïnes, deux époques : la première à notre époque, la deuxième début XXème siècle, en 1903, à la fin de l’époque tsariste. Les deux histoires s’entremêlent autour d’un secret de famille. Vera est une jeune aristocrate russe qui est passionnée de danse. Sa famille l’a laisse vivre comme elle l’entend. Mais suite à une déception amoureuse elle va se convertir à l’anarchisme, à la révolution.

Milena, quarantenaire, passionnée de la Russie Tsariste, est une chasseuse de bijoux et reliques russes. Sa famille ne supporte pas son travail, car ce sont des Russes blancs très attachés à leur culture et leur passé.
Bientôt va se révéler à elle un passé qui va l’éveiller à son amour de son pays d’origine.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce thriller mêlé de recherches historiques et ésotériques : L’alternance entre les deux héroïnes, Vera à travers son journal intime et Milena dans ses relations avec ses proches et son travail. A travers ces deux femmes on découvre une époque révolue mais brutale : Le règne de Nicolas II mais aussi ceux des autres Tsars qui ont maintenu la Russie sous un régime autocratique et tyrannique.

C’est l’occasion aussi de découvrir un tas d’anecdotes sur Raspoutine, la vie de la société Russe, les disparités entre nobles et roturiers. Apprendre l’histoire d’un pays de cette façon est toujours très agréable car à l’Histoire se mêle l’histoire d’une famille très attachée à ses principes et ses droits mais aussi à ses devoirs. On côtoie des personnages de fiction mais aussi d’hommes et de femmes ayant réellement existé : Le Tsar et sa famille, les grands-ducs, les princes et aristocrates. La vie frivole menée par toute une tranche de la société à côté de la misère des moujiks ou des ouvriers. A travers le journal de Vera, on revit la révolution russe avec toute l’espérance d’un peuple qui aspire à la liberté, on connaît la suite.

La religion orthodoxe a une place très importante dans leur vie, différente du rite romain avec les icônes qui sont pour eux des reliques sacrées. Celles-ci auront un rôle très important dans cette histoire. Nous retrouvons la plupart de ses apatrides en France, dans des petits boulots ou dans la misère mais toujours très attachés à leurs traditions qu’ils essaient de faire revivre.

De Violette Cabesos j’ai lu La promesse de l’Ange qu’elle a co-écrit avec Frédéric Lenoir. On sent que l’auteure se documente avant d’écrire son histoire, le roman nous livre un tas de petits faits qui sentent la recherche approfondie. De plus son style et son écriture font que j’ai dévoré ce roman.




samedi 3 avril 2021

La fille d'avril (Annelise Heurtier)

 
1966, dans une petite ville de province. Catherine vit comme la plupart des jeunes filles de son âge : elle aide sa mère aux multiples tâches ménagères et parcourt chaque jour à pied les quatre kilomètres qui la séparent du collège. Un jour, elle est contrainte de faire le chemin en courant. C’est une révélation : quel sentiment de vitesse, de force, de liberté ! Mais courir dans la rue, surtout pour une femme, est une chose alors impensable. Pourtant, motivée par un sentiment d’injustice et par une rencontre avec un étudiant militant, Catherine s’interroge, s’obstine, s’entête… jusqu’à mener sa vie dans la direction qu’elle a choisie.


Mais quelle belle lecture !

Un roman sur la condition féminine dans les années 60.

Très bien documenté, on y parle des inégalités entre filles et garçons, que ce soit au niveau de l'éducation, des études, du sport, des recommandations de l'époque. 

Catherine est une jeune fille un brin avant-gardiste qui ne trouve pas sa place dans son époque, réfléchi trop peut-être et prend conscience qu'elle a d'autres aspirations qu'être une bonne épouse. 

Elle m'a d'autant plus touché lorsqu'elle parle de la liberté que lui procure la course à pied car c'est tout à fait ça. Ces passages ont notamment été inspirés par la 1ère femme marathonienne Kathrine Switzer.

Sans être un pamphlet féministe, un roman à mettre dans toute les mains pour se rendre compte des quelques progrès qui ont été fait par rapport aux droits des femmes et de ceux qu'il reste à faire. 


mardi 30 mars 2021

La folle erreur de Don Cortisone (Didier Bertrand)


Framboise est géniale, mais sa nouvelle idée bouscule un peu trop les codes. Cela lui vaut même d’être licenciée par les célèbres chausseurs italiens qui l’emploient ! Elle retrousse alors ses manches et décide de mener son projet à bien envers et contre tout, assistée de sept mamas sacrément coriaces. Lorsqu’elle découvre que ses anciens employeurs lui ont volé son idée, la jeune femme ne se laisse pas marcher sur les pieds : elle fonce pour récupérer son bien… sans se douter qu’elle provoque ainsi la mafia. Très occupé à gérer blanchiment d’argent et trafic de cannabis, le parrain Don Cortisone, lui, a d’autres chats à fouetter : son rival de Calabre lance une guerre des gangs. Et contre toute attente, Framboise se révèle être une sacrée épine dans le pied ! Pour ne rien arranger, voilà que l’arrivée de l’agent K5, qui remontait la piste de la drogue, est imminente…
Un polar humoristique enlevé et rafraîchissant, qui donne le sourire ! 


Framboise est l’ingénieuse créatrice de bottines à franges mode Navajo, mais voilà ses deux employeurs ne sont pas très honnêtes avec elle et fraient surtout avec la mafia. Du coup notre héroïne se trouve dépossédée de tous ses dessins et brevets. 

Les deux acolytes ne savent pas à qui ils ont affaire. Framboise est très très rancunière, dynamique, fantasque et très volontaire. Ils vont voir ce qu’ils vont voir. 

Et la voilà parti en vendetta contre ses deux ex-employeurs Léonardo et Michelangelo. En s’attaquant à eux elle s’attaque aussi à Don Cortisone dit Corti le dingue. Dans l’ensemble on se demande lequel en pâtira le plus. 

Petit polar humoristique, sympa, avec un tas de jeux de mots qui font sourire : avec Framboise qui rencontre l’agent K6 dit Jazz, qui fait parti de la SOCISS, sorte d’agence gouvernementale chargée de missions à risque de toutes envergures. 

On sourit, l’histoire est une sorte de pastiche des romans d’espionnage à la James Bond. Le beau brun entouré de deux belles femmes qui se tueraient pour lui… J’extrapole n’est ce pas ;-). Les gadgets pullulent à gogo, et oui il faut bien que les gentils s’en sortent à tout prix et les méchants en prennent plein la tête. 

Je me suis amusée, mais je dirais qu’il y a pas mal de longueurs dans les descriptions et actions. 

Les héros sont sympathiques et plein de ressources : du gang de mamies, amies de Framboise surnommées les Tutti Fruti, à Nicolo le gamin des rues au grand cœur, au vilain méchant Don Cortisone et ses deux fils Luigi et Tonio. 

Un petit polar bien distrayant et qui nous fait visiter la ville de Gênes, et nous emmène dans les grandes étendues Navajo aux USA en passant par le Japon avec K5 la belle Melodie. 

Un grand merci à la maison d’auto-éditions Librinova pour cette découverte.


Mort et vie du Sergent Trazom (Olivier Boile)

1791 – Sous les murs de Constantinople, le vaillant sergent Trazom s'effondre, fauché par une balle turque. L'ébauche d'une partition est retrouvée sur son cadavre. Sombre présage, il s'agit d'un requiem inachevé… 


Son capitaine, le poète Da Ponte, remonte le fil de sa vie et s'interroge sur la dépouille de son ami : qu'est-ce qui a bien pu le pousser, lui, le musicien et compositeur de génie, à rejoindre les rangs de l'armée des Habsbourg pour mener la guerre à travers l'Europe ? 


« Mort et vie du Sergent Trazom » d’Olivier Boile est sorti le 19 février de cette année 2021. Idée originale de l’auteur, créer un autre destin pour Mozart, compositeur de génie et virtuose du piano et du violon du 18ème siècle. 

Nous sommes dans une Europe en plein essor industriel. L’économie et la rentabilité sont à plein régime, la culture, la musique ne sont plus à l’honneur, c’est l’argent qui est roi ainsi que les avancées technologiques. Il ne fait pas bon être musicien même si on est un génie, gagner sa vie de cette manière n’est plus possible à moins d’être dans les bonnes grâce du pouvoir en place. Et Mozart n’est pas du genre à faire des courbettes. Il a eu son heure de gloire jeune enfant prodige, mais à présent il faut faire bouillir la marmite.
Il vit avec une jeune fille Anna, chanteuse d’Opéra et bien plus jeune que lui. Mozart est un être primesautier tout entier tourné vers sa musique, oublieux des contingences matérielles. 

Le roman s’articule entre le printemps 1790 et l’automne 1791, en de nombreux aller-retour sur ce qui et quoi décida Mozart à s’engager dans la carrière militaire. Au lieu de jouer du piano et du violon, il maniera le fusil et pataugera dans la boue et le sang. Autre musique cruelle et tragique de tous les temps.
C’est par son ami et poète Lorenzo Da Ponte, qui fut son partenaire dans la création des Noces de Figaro, que la fin de sa vie nous est contée.
Le sergent Trazom est le nom dont se servait en réalité Mozart pour signer sa correspondance personnelle et confidentielle. Dans cette uchronie elle lui servira à prendre une autre voie tragique. 

J’ai beaucoup aimé cette uchronie, revisitée sur la fin de vie de Mozart, il fallait le faire, et Olivier Boile s’en est fort bien sorti. Car l’histoire est un ensemble de faits réels et imaginaires, tellement bien imbriqués entre eux qu’il faut soit être très au fait de la vie du musicien ou alors faire des recherches. De plus l’Europe et le Monde sont sous d’autres régimes, soit autoritaires ou monarchistes. La Révolution Française n’a pas eu lieu. Les Austro-hongrois reconquièrent Constantinople. Mais la musique s’en est envolée et n’adoucit plus les mœurs comme le dit l’adage. 
Bravo à l’auteur d’avoir su si bien mêler réalité et uchronie. Les personnages secondaires sont eux aussi pris dans cette toile d’un autre destin et j’ai beaucoup aimé. 

Avec Nadou ma fidèle co-lectrice nous nous sommes régalées à échanger nos impressions et diverses informations. On se laisse vite prendre au jeu de faire des recherches et bien sûr d’écouter la si belle musique de Mozart. 

Et bien sûr merci à Olivier Boile de nous avoir fait partager son dernier livre. Son imagination a su se mettre au diapason du génie de Mozart. 



mardi 23 mars 2021

Petit Poilu, 24 Les sauveurs d'Outoupousse (Céline Fraipont, Pierre Bailly)

Progressant dans la magnifique forêt d'Outoupousse en compagnie de sa nouvelle amie Achachak, Petit Poilu devient le spectateur de la triste destruction que subit ce lieu enchanteur. En effet, Destructor, une machine vorace et sans pitié, détruit tout sur son passage. Animaux, végétaux et minéraux subissent sa folie écrasante, Outoupousse est en danger ! Petit Poilu et Achachak parviendront-ils à sauver cette forêt pleine de vie et à arrêter le terrifiant Destructor ?

Quelle chance : un nouvel opus de Petit Poilu découvert grâce aux éditions Dupuis et à Netgalley ! Merci pour ce partenariat.

Petit Poilu part à l'aventure et rencontre une famille d'indiens en tombant par hasard dans leur tipi. 
A la suite d'Achachak, il va découvrir la forêt Outoupousse et ses merveilles. Mais c'était sans compter sur le terrible Destructor qui détruit cette forêt ! 

Une belle histoire sur l'importance de toute vie, de préserver la nature. 
On y parle de déforestation de manière simple, facilement compréhensible pour les enfants. 
Encore une fois, un beau message est transmis de manière ludique. 

Conquise dès le premier tome de cette série, j'ai toujours un énorme plaisir à découvrir un nouvel opus. 
J'aime beaucoup cette même petite ritournelle du début et de fin qu'on retrouve dans chaque tome de Petit Poilu. 

Les thèmes abordés le sont toujours avec finesse et l'amitié est à chaque fois un fil conducteur. 

Une série qui est à conseiller pour tous les jeunes lecteurs. 

dimanche 21 mars 2021

Jacobus Ventrecreux s'en va-t'en guerre (Boy Lornsen)

Les habitants de Poggenbüttel sont heureux. Ils vont devenir millionnaires. Pour cela il leur suffit d'abattre les arbres de la forêt voisine afin d'en vendre très cher le bois.Mais Jacobus Ventrecreux le corbeau affamé et belliqueux ne l'entend pas de cette oreille.Alertant Sigismond Poildur le sanglier, Melitta la chouette, Dolorès Roucouli la tourterelle, Hubertus Cinqcor le cerf et Benjamin Barbu le vieil hamster, il convoque le conseil de tous les animaux de la forêt.Un premier avertissement adressé aux villageois ne semble pas avoir beaucoup d'écho. La guerre est-elle inévitable ?


Un roman lu quand j'étais toute jeune (ça date) dans le cadre d'une lecture suivie en classe. 

J'en avais gardé un tel bon souvenir que bien des années plus tard, j'ai enfin réussi à retrouver un exemplaire de ce livre alors qu'il n'est plus édité. 

Une histoire très amusante : les animaux se rebellent contre les hommes qui décident de décimer la forêt afin de gagner de l'argent. Un thème toujours très actuel. 

Ces animaux ne sont pas à court d'idées afin de de lutter contre les hommes. 

Chacun des personnages, que ce soit animaux ou humains est très réaliste et attachant, avec leurs caractères et leurs défauts. 

Je me suis régalée avec cette lecture. Aussi plaisante que dans mon souvenir. Très drôle et un vrai régal de beau vocabulaire. Ce livre mériterait vraiment d'être réédité. 

mercredi 17 mars 2021

Hippolyte Salvignac, 4 La conspiration hongroise (Philippe Grandcoing)


Paris, printemps 1909. L'inspecteur Lerouet est confronté à un cadavre anonyme retrouvé poignardé en pleine rue, l'obligeant à faire appel à son vieil ami Hippolyte Salvignac et à Léopoldine, sa compagne, artiste peintre à la sensualité débordante. Au fil de leurs investigations, ce trio d'enquêteurs exhume un mystérieux complot politique aux ramifications internationales, alors que se multiplient les assassinats dans la communauté des artistes hongrois exilés en France. Au moment même où Clemenceau perd le pouvoir, réussiront ils à sauver l'Europe de la catastrophe ? Leurs aventures vont les mener jusqu'à la Vienne de Klimt et de Freud, à la découverte de la capitale de toutes les audaces intellectuelles et artistiques de la Belle Epoque, où se cache la clé de l'énigme.


Début du XXème siècle, 1909, Jules Lerouet, inspecteur des Brigades Mobiles se retrouve confronté à une enquête qui va le mener de Paris jusqu’à Vienne, capitale de l’empire austro-hongrois. 

Les Brigades régionales de police mobile ou plus communément appelées Brigades mobiles ont été créées par Clémenceau et sont l’ancêtre de la Police judiciaire française. Lerouet en est membre depuis deux ans et a déjà fait équipe avec Hippolyte Salvignac, antiquaire. C’est donc le quatrième tome de leurs aventures. 

Pour la présente enquête, la compagne d’Hippolyte, Léopoldine va leur être d’un grand secours. En effet, elle est d’ascendance hongroise et parle couramment l’allemand. Nous sommes en pleine transition de siècle, et les enjeux géopolitique sont grandement remis en cause. Les nationalismes sont exacerbés, l’antisémitisme est très présent dans tous les pays, l’Alsace et la Lorraine sont sous domination allemande, l’empire austro-hongrois tenu par une main de fer par François-Joseph, se gangrène. 

Tout commence par l’assassinat d’un aristocrate hongrois suivi par deux autres membres d’une association regroupant des immigrants hongrois.
Une grande manipulation est à l’œuvre et nos héros vont s’atteler à la dévoiler au grand jour.
L’occasion aussi, pour l’auteur de nous immerger dans l’Histoire du moment, celle des années précédant la Grande Guerre. Où l’on se rend compte qu’un ancien monde est en train de disparaître. L’art est en pleine transformation, le classicisme faisant place à d’autres mouvements d’art qui rompent avec la tradition aussi bien dans la peinture, que dans la sculpture ou l’architecture.
De plus à travers Hippolyte et Léopoldine, on intègre les milieux artistiques. Léopoldine est une artiste peintre talentueuse, fougueuse et pleine de caractère. Elle veut prouver que les femmes sont aussi capables d’intégrer les plus grands noms de la peinture. Elle prône l’émancipation des femmes ainsi que le droit de vote. Tout cela est sujet à discussions très animées entre elle et son amoureux. 

Un bon polar qui nous fait surtout rentrer dans la grande Histoire de l’avant Première guerre mondiale ; avec la mise en place des alliances des grandes puissances et de leurs intérêts mutuels et qui aboutira à la grande déflagration qui dévastera toute une génération et tout un continent. 

J’ai aimé découvrir cette époque à travers le style d’écriture de Philippe Grandcoing. Il est très agréable et j’ai découvert une période que je ne connaissais pas outre-mesure. Il est toujours plus facile d’intégrer des connaissances à travers une histoire qui mêle fiction et faits réels. 

Très intéressant.

dimanche 14 mars 2021

The cry (Helen Fitzgerald)

Joanna et Alistair, couple sans histoires, s'envolent pour l'Australie avec leur bébé de neuf semaines. Entre larmes et crises de l'enfant, le voyage est éprouvant. Peu après leur arrivée, ils découvrent que leur enfant a perdu la vie. Accès de panique ou froid calcul ? Les deux parents prennent une décision folle. Avec une virtuosité machiavélique, Helen FitzGerald nous attire dans un enchaînement diabolique : mensonges, manipulations et jeux de dupes. The Cry place le lecteur sous tension permanente, jusqu'au dénouement époustouflant.

Voilà un livre dont la lecture me laisse dubitative. J'avoue ne pas savoir si j'ai aimé ou pas. Prenant, sans aucun doute. Addictif aussi car j'ai eu envie de savoir la fin. 

Joanna est une mère débordée et stressée lors de ce vol jusqu'en Australie. Son bébé pleure sans cesse, dérange tous les autres passagers. De quoi péter les plombs, s'en prendre à tous. Qui n'a jamais voyagé en avion ne peut comprendre ce stress dû au voyage. Le père est bon dormeur tout le long du vol, peut profiter des repas, du confort de son voyage. Je l'ai détesté dès le départ. 

Dans le roman, il y a des flash-back entre un procès et la réalité. Sans spoiler, on sait que malheureusement le bébé décède peut après leur atterrissage en Australie. Les parents s'enferment dans une série de mensonges pour couvrir ce décès. Fait déjà incompréhensible pour moi. Et c'est la descente aux enfers pour Joanna, entre culpabilité et prise de conscience de la réalité. Tandis que son mari pense à son job et exploiter leur image. 

Une tension qui va crescendo tout au long du roman. Mais pourquoi et comment se mettre dans ce marasme, dans cette situation, ces mensonges ? 
En fait, j'en sais toujours rien.

Un soufflé qui se dégonfle. 
Tout ça pour ça ? C'était pourtant bien parti avec ces mensonges, cette manipulation, mais un final en eau-de-boudin. Je m'attendais à autre chose. Ce roman aurait mérité un autre dénouement, plus approfondi, plus construit. 

J'avoue ne pas avoir compris l'idée de l'auteure et sa finalité. 

Bref, je pense que je suis passée à côté. 

samedi 13 mars 2021

La louve de Mausecret (Thierry Berlanda)

Bourges, 1633. Deux commerçants prospères se suicident coup sur coup. Intrigué par les circonstances étranges de leur mort, le lieutenant de police Archambault mène l'enquête. En butte à la suspicion des habitants, pressé par le maire et contesté par plusieurs membres du Conseil, parviendra-t-il à prendre de court l'adversaire dont le visage se dessine peu à peu ? Ce dernier a-t-il d'ailleurs forme humaine ou est-il plutôt l'une des créatures de la meneuse de loups, dont l'empire s'étend sur les marais, à l'écart de la Ville ? Vieillissant, en proie à d'incessantes angoisses, Archambault trouvera-t-il en lui-même la force d'accomplir sa mission, ou devra-t-il se résoudre à invoquer des puissances qui à la fois le fascinent et le terrorisent ? D'ailleurs, sait-on jamais si ces puissances sont en dehors de nous ou bien en nous ? Thierry Berlanda trame une aventure palpitante dans les plis atroces des guerres de religion et de la trop commodément nommée « chasse aux sorcières », qui fut avant tout une chasse aux femmes !


J’ai déjà lu Thierry Berlanda à travers L’affaire Creutzwald et Déviation Nord, deux polars se passant à notre époque moderne. J’aime ce sens du thriller mais aussi du terroir qu’à l’auteur. 

Avec La louve de Mausecret nous plongeons dans une autre atmosphère, celle de la ville de Bourges en 1633 du règne de Louis XIII, au temps des persécutions des Huguenots et des épidémies de peste qui ravagent les contrées de l’époque. 

Ce roman démarre par l’assassinat de deux bourgeois reconnus de leur communauté. L’échevin Archambault des Mousseaux aux ordres du bailli Claude Biet est chargé de résoudre l’affaire. Celle-ci le ramènera à ses plus amers souvenirs mais aussi au tréfonds de l’âme humaine, superstitieuse, cruelle, prête à tout pour ses intérêts.
A ses côtés, une jeune femme, accompagnée d’une meute de loups, lui viendra en aide. On la considère sorcière alors qu’elle n’est que femme. Et en cette époque il n’est pas facile de l’être si on ne se soumet pas aux dictats de la société et de la morale. 

Une atmosphère sombre, lourde et oppressante. Tout est bien rendu à travers la plume de Thierry Berlanda. Il emploie un vocabulaire et une syntaxe d’époque qui nous transporte en plein 17ème siècle. Il m’a fallu beaucoup de concentration, bien que nombres de mots soient traduits en bas de page. La tournure des phrases demande une grande attention. Et il est jubilatoire de mettre en parallèle le parler des notables et celui du petit peuple qui emploie argot et patois. Tout cela produit une immersion totale dans cette ville du Berry où les guerres de Religion continuent à faire des ravages. 

Les personnages sont intéressants, les joutes verbales entre Archambault et Jeanne qui ont des caractères bien trempés tous deux, nous les rendent attachant. Les dialogues entre les différents notables du conseil montrent la différence des corporations, le fossé entre les bourgeois, les nobles et le clergé. La politique du pouvoir royal et du clergé est omniprésent.
Et puis la présence de la meute de loups nous fait bien prendre conscience que l’homme est pire loup que l’animal, qui ne tue pas pour le plaisir mais pour se nourrir. 

Comme vous l’aurez deviné j’ai beaucoup apprécié ce polar par son côté historique, humain, et linguistique. 
Il me reste encore d’autres livres à découvrir de cet auteur, et je n’y manquerai pas.
Merci aux Éditions Christine Bonneton pour cette belle découverte.