S’ajoute à tout cela, une disparition mystérieuse, un artefact religieux un peu litigieux, un environnement politique très tendu en ces années précédant la première guerre mondiale.
Le Tigre, Clemenceau n’est plus au commande de la nation, mais sénateur. Cela ne l’empêche pas de tirer les ficelles politiques. Il cherche des informations auprès des deux amis.
A travers ce roman historique, c’est la grande histoire qui est mise en avant. Les problèmes d’avant guerre avec le Maroc, l’Allemagne, l’Empire ottoman. Les trafics des uns, l’espionnage des autres. Tout est compliqué, imbriqué.
Ce livre est une vrai mine d’informations pour moi qui ne connaît pas trop cette époque. A travers les aventures de nos deux amis, c’est tout une ambiance qui est mise en avant. On découvre la vie parisienne, l’évolution des faubourgs, de la banlieue. Le déploiement d’une vie parisienne vers l’extérieur. Et puis tous les enjeux politiques, et magouilles des uns et des autres. La guerre des polices et du renseignement. Fort intéressant.
J’ai beaucoup aimé, comme d’habitude l’écriture de Philippe Grandcoing.
L’art est aussi mis à l’honneur avec la compagne d’Hippolyte, Léopoldine, férue d’art, peintre elle-même, femme libre et sans attache. A travers elle c’est tout un monde cosmopolite que l’on rencontre. De part ses attaches Magyar, elle fréquente aussi les milieux des exilés de son pays d’origine.
L’érudition de l’auteur ressort vraiment à la lecture de ce sixième opus des aventures d’Hippolyte Salvignac. C’est tout un monde qui se meurt qui est mis en avant, la grande guerre s’annonce et la douceur de vivre est encore là mais plus pour très longtemps.
Merci encore aux Éditions de Borée pour ce roman. C’est toujours un grand plaisir de lire une telle plume. De plus j'adore les différentes couvertures de ses différents romans. Elles ont le charme de l'époque.