Dans un pays au comble du chaos, les élections portent au pouvoir le révérend Jarret, un chrétien fondamentaliste. L'Amérique renoue avec la grande tradition de l'esclavagisme, dernière étape avant l'ouverture de camps de détentions destinés aux rebelles. C'est le sort réservé à la communauté Semence de la Terre. Lauren entre en résistance et subit le pire sans jamais se résigner, masquant son hyper empathie à ses bourreaux, et luttant pour s'évader, retrouver les siens et réensemencer la vie.
Prix Nebula 1999
Avec le premier tome La parabole du semeur, l’on voit émerger une petite communauté au sein de la Chênaie, petit havre de paix créé par Lauren Olamina et son mari Bankole. Un petit groupe s’est constitué au fur et à mesure des pérégrinations de nos héros, à la recherche d’un endroit où vivre en paix.
Olamina, La guide comme la nomme les enfants de la communauté, a subi très jeune de nombreuses épreuves, destruction de sa famille, de ses amis, rudesse de l’exil et de la survie sur les routes.
C’est une femme qui s’est forgée une force, une détermination qu’elle mettra au service d’une foi pour une nouvelle religion qu’elle a inventée. Dieu est changement, mais il faut compter sur soi et non sur lui pour survivre et obtenir soi-même ce que l’on souhaite. Par là-même, Lauren a un cœur qui déborde pour ceux qui ont en besoin et en qui elle croit. La solidarité, l’entraide ne sont pas des mots anodins pour elle. Elle donne, elle prend lorsque c’est nécessaire. Le monde dans lequel elle vit nécessite souvent la loi du talion. On ne peut survivre qu’en se défendant et défendant ceux qu’on aime.
Dans ce deuxième tome, les épreuves sont à nouveau là. Elle perd tout, sa famille, sa liberté, sa dignité mais toujours elle résiste. Elle soutient du mieux qu’elle peut ceux qui comptent pour elle. Les croisés de Jarret, nouveau président des États-Unis commettent des atrocités, et elle n’aura de cesse de retrouver les enfants enlevés aux parents de ses disciples mais surtout de revoir sa petite Larkin, sa fille de deux mois qui lui a été arrachée.
La première partie du roman est surtout consacré à l’installation, la défense de la communauté, la mise en pratique des convictions de Lauren et de son groupe, communauté autonome qui prône l’entraide et l’éducation ainsi que la solidarité entre ses membres. Le dialogue est primordial, toute décision est prise en commun. La vie est rude mais heureuse. La menace rôde après l’accession au pouvoir de fanatiques religieux. La pays est en grande détresse, les inégalités flagrantes et outrancières, la pauvreté, l’anarchie font accéder à la tête du pays un soi-disant sauveur qui va créer de terribles représailles à l’encontre de ceux qui ne sont pas dans ses normes. L’esclavage est de retour et l’utilisation de colliers de servitude devenir chose commune. Lauren et ses amis en feront l’amère expérience.
La deuxième partie est particulièrement rude à lire, les exactions, les tortures, viols, meurtres d’innocents font partie du lot des prisonniers. Malgré tout, l’espoir, la force du groupe est là. Beaucoup d’entre eux vont mourir. Mais Semence de la terre reste toujours dans la tête de Lauren Olamina. On suit son cheminement, la création de son mouvement.
Entre anticipation et dystopie, Octavia Butler nous raconte sa vision d’un monde futur où le fanatisme, les crises écologiques, économiques et sociales peut entraîner un continent à tomber dans une folie meurtrière envers les plus faibles et où les riches se barricadent et oppriment à qui mieux mieux. L’espoir est quand même là, le mieux côtoie le pire. Aux hommes et aux femmes de bonnes volonté de ramener un semblant d’humanité dans un monde en pleine déliquescence.
Ce deuxième tome a été particulièrement difficile à lire surtout dans la seconde moitié et ce n’est pas Fifrildi, ma chère co-lectrice qui me contredira . Comme dans Liens de sang, l’auteure décrit crûment les exactions commises.
J’ai préféré le 1er tome, plus porté sur l’action que sur l’introspection, la fin du 2ème tome me laissant avec un sentiment d’inachevé. La vision science-fiction d’Octavia Butler n’étant pas assez développée à mon goût.
Une lecture en demi-teinte, avec une grande préférence pour le premier tome. Ce second tome est trop plein de violences, exactions. A noter néanmoins, les débuts de chaque chapitre qui sont émaillés de citations de Semence de la Terre, en forme de vers qui retracent les choses essentielles de la vie.
Merci à toi Fifrildi pour ton accompagnement de cette lecture qui a été parfois difficile ;-)



















