mercredi 11 mai 2022

Des ombres sur la pierre (Claire Michaud-Destriau)

 





Une boîte en fer pleine de cassettes audio, chacune portant un numéro. Quelles confidences ces vieilles bandes magnétiques ont-elles pu recueillir ?


Tess a onze ans lorsqu’elle perd ses parents et sa sœur dans un accident de la route dont elle est la seule rescapée. Douze ans plus tard, elle se résout à retourner dans le village ariégeois de son enfance et pousse, chancelante, la porte de la maison familiale, dans laquelle le temps semble s’être arrêté. Que cachent les murs de cette ancienne bergerie ?

Au gré de ses recherches et de quelques rencontres, le voile se lève progressivement sur les fantômes et les rivalités insoupçonnées du passé. Un monde d’adultes plein de secrets, telles des ombres sur les pierres de sa reconstruction.

Sortie le 14 avril 2022





Ayet en Ariège en pleines Pyrénées orientales, un petit bourg, une famille en week-end qui reprend la route . Une dispute, puis l’accident. De ce drame, seule Tess fillette de onze ans survit à ses parents et à sa sœur aînée.
C’est une enfance en manque d’affection et de parentèle aimante qui l’attend. Arrivée à l’âge adulte, la jeune femme qui se sent mal dans sa peau d’être une survivante, revient sur les lieux de son enfance heureuse et insouciante.

Mais l’enfance ne connaît pas les adultes, leurs secrets, leurs choix. C’est tout un monde inconnu qui va se révéler à ses recherches. Et il n’est pas toujours bon de remuer le passé, il peut se révéler aussi pesant que l’ignorance. Les ombres sont sur les pierres.

Roman original, la narratrice, l’auteure construit une histoire à travers des cassettes retrouvées par hasard dans un vide-greniers. Elle va s’immerger dans l’histoire de Tess et nous livre un roman sur la difficulté de faire le deuil de l’enfance, des chers disparus, de ce qu’ils étaient vraiment. L’enfance est innocente et insouciante et ne se rend pas compte des drames qui se joue à côté d’elle.

Une chronique familiale qui retrace bien cette douleur, et ce mal-vivre des survivants. On le ressent à chaque page. De plus l’auteure nous emmène à la découverte de cette belle région d’Ariège, de ses paysages, de sa faune, de ses senteurs. Tout cela fait ressurgir les souvenirs de la jeune Tess, car souvent enfant ce sont des sensations, des odeurs, des lieux qui ramènent les souvenirs.

Belle écriture, fluide et immersive, par moment poétique.

Merci aux Éditions de Borée de m’avoir fait découvrir cette auteure.

lundi 9 mai 2022

L’étrusque (Mika Waltari)

 




L'Étrusque est à la Grèce antique ce que Cent ans de Solitude de Gabriel Garcia Marquez est à la Colombie, un voyage dans le temps. Sachant, en plus, que Mika Waltari avait vraiment le don surnaturel de voyager dans le temps, ce livre est encore plus extraordinaire: il lui suffisait de prendre dans sa main une pièce en or de l'époque sur laquelle il écrivait pour être instantanément transporté, avec le simple contact du métal, dans les ports, les forêts, les villes, les routes, les temples, les lieux sacrés, auprès des dieux et des déesses, et surtout de ses personnages.

La raison pour laquelle le jeune Turms a toujours été le personnage littéraire préféré de Pierre Jovanovic est qu'il a un Ange gardien, et que celui-ci est une femme! Turms tombe amoureux de cet Ange, "une" Ange, et il ne vit que dans l'espoir de la revoir.
Entre les pirates, le monde des esprits, les batailles, les Spartes, une prêtresse nymphomane, l'Oracle de Delphes et les déesses tutélaires, Mika Waltari nous emporte dans l'époque grecque la plus fertile et chez les Étrusques, juste avant leur disparition soudaine, toujours mystérieuse à ce jour.
Turms est le prêtre de la Fin des Temps étrusques. Sans le savoir, il annonce la fin d'une Ère.




Il y a quelques années je me suis laissée emportée par la lecture de Sinouhé de Mika Waltari. Une quête, une époque, un homme hors du commun. Avec mon amie Nadou, l’envie nous a pris de remettre cela avec l’Étrusque du même auteur. Nous voilà transportées sur les rives méditerranéennes entre la Grèce, la Sicile, Rome, les états étrusques. Nous partons à la découverte du monde antique du Vème siècle avant JC.

Le début du roman nous présente Lars Turms, un vieil homme qui n’aspire qu’à la mort pour retrouver celle qui lui est le plus cher au monde. Pour nous lecteur, pour la postérité il se souvient.

Turms ne sait pas qui est son père qui est sa mère. La foudre l’ayant frappée il a perdu la mémoire et part donc en quête de son identité.

Guerrier il se lie d’amitié avec Deneios un spartiate, Mikon un médecin grec et surtout il tombe éperdument amoureux d’Arsinoé, une vierge sacrée nymphomane qui lui en fera voir de toutes les couleurs. Mais l’amour est aveugle. Son destin est en route.

Car Turms est un être d’exception, il peut invoquer la foudre, la tempête, il échappe à de nombreuses situations critiques, la fortune lui sourit. Chaque point d’ancrage qu’il trouve lui en fait découvrir un peu plus sur lui. De l’Oracle de Delphes, à la Sicile avec les Sicares peuple primitif de l’île où il trouvera un peu la paix. Il découvrira toujours encore plus sur les diverses divinités et croyances de ce monde en perpétuel mouvement. A travers son cheminement c’est nous aussi lecteurs qui assistons aux us et coutumes, croyances et guerres de l’époque, des enjeux politiques entre la Perse et la Grèce. L’émergence de Rome, les fils de la louve guerriers et expansionnistes. Les Étrusques aux douze états gouvernés par des Lucumons, rois aux prérogatives à la fois terrestre et spirituel. Ils sont sensés parlés au dieux.

En cours de lecture, surtout au début les élucubrations des héros, leurs extravagances, leurs lourdeurs m’ont un peu agacé et puis peu à peu au fil du roman, l’écriture de Mika Waltari, à la fois poétique et réaliste de cette époque révolue a éveillée des images dans ma tête. Je m’y croyais et les us et coutumes, le côté très mystique et superstitieux des peuples que Turms côtoient est passionnant. On se rend compte que toutes ces religions polythéistes se recoupent et s’empruntent leurs croyances en donnant de nouveaux noms aux anciens.

C’est aussi l’histoire d’un homme qui se cherche, qui veut comprendre ce qui l’entoure mais comme tout homme de l’époque s’en réfère aux augures et oracles. Mais Turms n’est pas un homme ordinaire.

Merci à toi Nadou, de m’avoir accompagné dans ce beau voyage dans le monde antique de Waltari, ainsi que pour tous nos échanges instructifs et oui car pour nous deux ce fut une belle découverte que ce monde Étrusque à la culture politique avisée et à la civilisation raffinée.




dimanche 1 mai 2022

J'aime mieux les chevals (Michaël Escoffier, Matthieu Maudet)


Les paroles des enfants sont toujours d´une logique pleine de drôlerie quand celle-ci s´oppose aux bizarreries de la langue française ! Un enfant demande à l´illustrateur du livre de lui dessiner des chevals pour l´anniversaire de son papa (parce que « s´il saurait dessiner, il aurait pas demandé »). - On dit les chevaux, pas les chevals, lui répond-il. - Oui, mais moi, j´aime mieux les chevals ! Tu sais pas les faire ? - Ben si, je suis en train d´en dessiner un. - Un quoi ? - Ben. Un cheval.


Mon duo fétiche, le tandem de choc. Je suis fan de tous leurs albums. 

Un album hilarant qui va faire rire tous les parents.On joue sur la langue française avec les mots en -al au singulier et ceux en -aux au pluriel. 

Utilisé lors d'une animation Né pour lire, il a nettement plus fait rire les parents que les petits de 2 ans. 

Les enfants dès 5 ans l'ont adoré durant les animations scolaires. 

Parfait en lecture à 2 voix.

Un dialogue entre ce petit garçon rempli d'enthousiasme à l'idée d'offrir un dessin pour l'anniversaire de son papa et le dessinateur (un brin exaspéré) à qui il demande un dessin. 

C'est punchy et vraiment très drôle, avec une chute extraordinaire. 

jeudi 21 avril 2022

INRI (Gilbert Laporte)

 



Paris, 1358 : pendant la guerre de Cent Ans, la bourgeoisie parisienne menée par Étienne Marcel entre en conflit avec la noblesse royale et les paysans se révoltent devant les dévastations des routiers. Au milieu de tous ces troubles, un riche inconnu va faire appel à de redoutables mercenaires, la Compagnie des Gueux, pour dérober un mystérieux coffret. Mais quels dangereux secrets recèle-t-il ? Et en quoi son contenu constitue-t-il un enjeu majeur pour les puissants et pour l’Église ?
France, de nos jours : un tueur masqué assassine des religieux. Il enflamme les réseaux sociaux en publiant des selfies et des vidéos réalisés sur ses scènes de crimes, ainsi que des messages énigmatiques annonçant ses prochains méfaits. Les policiers chargés de l’enquête vont se retrouver engagés dans une course-poursuite semée d’embûches, en décryptant les textes dans lesquels un acronyme revient systématiquement : « INRI ».




Avec ce livre, on se livre à un exercice d’aller-retour entre le bas Moyen-âge 1358 en pleine guerre de Cent ans et nos jours où ont lieu d’horribles crimes de religieux de toute confession.

Roman à la fois polar, thriller et historique.

1358, la compagnie des Gueux, anciens soldats et mercenaires sont engagés pour voler un mystérieux coffret recouvert du mot INRI qui pourrait mettre à mal le pouvoir en place. Les Français et les Anglois se disputent le trône de France.

Cette partie du livre est fort instructive, l’auteur emploie des mots bien significatifs et des tournures de style qui nous immergent dans ce Moyen-âge si tourmenté par les guerres. Les petites gens souffrent des troupes lâchées sur le territoire qui se servent, pillent et tuent. Audouin le Hardi a sa petite troupe de gueux pour le rallier quand il en a besoin. Eux aussi n’ont pas de scrupules à tuer pour gagner leur vie. Ils se mettent donc au service d’un protagoniste important de l’époque pour retrouver ce coffret.

La deuxième époque, la nôtre, plusieurs crimes de religieux chrétiens, musulmans, juifs sont assassinés sauvagement. L’équipe de la brigade des Zézos au 36, rue du Bastion à Paris est mis en charge de l’enquête. La commandante Chloé Dardel est nouvellement affectée et c’est sa première affaire dans cette brigade spécialement chargée des affaires criminelles religieuses, sataniques et autres psychopathes occultes.
Et elle va avoir à faire dans cette nouvelle enquête. Elle intègre une équipe déjà bien en place avec un consultant en religions qui les guide dans leurs recherches.

Un livre à deux temps donc. On navigue entre les deux époques et cela se marie bien. On se pose pas mal de question sur la nature du coffret bien entendu et de son rapport avec les événements actuels.

J’ai passé un très bon moment en leur compagnie, autant avec la partie historique qu’actuelle. Le style de l’auteur est agréable même avec les tournures médiévales. On se laisse prendre à l’intrigue et aux personnages qui sont attachant malgré leurs défauts. L’auteur nous entraîne dans des scènes de batailles pleines de sang et de fureur, l’époque était rude.

Merci à Librinova de m’avoir proposé cette lecture, j’y ai pris grand plaisir.

dimanche 17 avril 2022

L’affaire de Dr Jekyll et Mr Hyde – Les fantômes de Tanger (Ali Mesbahi)

Raphael Delcourt est un talentueux journaliste d'investigation indépendant, qui travaille pour plusieurs médias prestigieux. Baroudeur cynique, c'est une âme en peine qui passe le plus clair de son temps dans les vapeurs d'alcool et les alcôves tristes des lieux interlopes de Paris où se croisent les désespérés et les maudits. Le rédacteur en chef d'un grand journal parisien lui propose d'aller enquêter sur le Barbier de Daech, un terroriste qui a sévit au Maroc. Raphael accepte la proposition et s'envole pour Tanger.

Commence alors pour lui un voyage initiatique au cours duquel il regardera pour la première fois son démon dans les yeux. Sur le chemin d'une impossible rédemption, au confins d'une cité qui cache tant de mystère.




Raphaël Delcourt est un journaliste d’investigation brillant, bipolaire, bobo parisien comme il se définit, moi je dirais enfant gâté qui a pourri la vie de sa famille en général. Apparemment un traumatisme enfant l’aurait envoûté et sa bipolarité se serait transformée en malédiction.
Malheureusement son traitement ne suffit pas toujours à calmer son Mr Hyde qui lui joue des tours par sa violence. Il faut dire que le dit Raphaël est particulièrement porté sur l’alcool et que le délirium ne doit pas être toujours très loin.

Notre héros, donc est envoyé en reportage à Tanger aux portes de Gibraltar pour enquêter et faire un article sur un terroriste qui a sévit au Maroc.
Ce sera l’occasion pour lui de découvrir les expats et les lieux à la mode et ceux un peu moins reluisant de la ville.
Des crimes sont commis devinez par qui ? Par Mr Hyde bien sûr, l’alcool et la bipolarité ne font pas bon ménage.
Entre crimes, maquillage de crimes, entourloupes pour passer entre les mailles de la police il y a de quoi faire. Mésaventures très déjantées, Raphaël est limite niveau fantasme et hallucinations.

Je ne peux pas dire que j’ai été très emballée, l’histoire est trépidante sur un sujet qui l’est un peu moins. Traiter la bipolarité sur ce style laisse un peu à désirer. On sent le héros peu maître de son destin, ses pulsions meurtrières laissent peu de place à Dr Jekyll mais plutôt à Mr Hyde. Saura-t-il trouver son équilibre ? Pour cela il faut lire ce petit livre...

Prenons le donc au second degré, je ne sais si l’auteur a voulu traiter le sujet sur le mode de l’humour mais je n’ai pas été très embarquée à rigoler.

Merci à Babelio et à Kobo pour cette découverte dans le cadre de la masse critique privilégiée annuelle avec Kobo/Rakuten.

Le peuple invisible, tome 1 et 2 Anaïs Cros)

Tome 1 - L'eau du Léthé


Alsace – 2014. À l’hôpital où il travaille, Franck assiste au combat entre deux étonnants patients : l’un utilise une épée d’un autre âge, l’autre des ongles démesurés qui s’apparentent plus à des griffes. Bien malgré lui, il vient de découvrir l’existence du Peuple Invisible…

Strasbourg – 1586. C’est sous l’apparence d’un garçon que la jeune Katell est devenue l’apprentie d’un imprimeur réputé. Malgré tout son respect pour son maître, elle comprend qu’il dissimule certains secrets et fréquente des êtres aussi singuliers que dangereux.
À travers le temps, c’est une même quête qui va unir ces deux personnages et les entraîner à la découverte du mystérieux Peuple Invisible.


 
Lors de la dernière masse critique Babelio j’ai été sélectionnée pour recevoir le tome 2 de « Le peuple invisible – La nuit des sorcières ». Ni une ni deux j’ai voulu lire le premier tome, chose faite, je viens de le terminer.

Une bien belle découverte, un roman de fantasy tout à fait imbriqué dans notre époque et aussi celle du 16ème siècle. Le peuple invisible côtoie les humains sans que ceux ci ne s’en doutent.

L’histoire se situe à Strasbourg dans notre belle Alsace. De l’année 1586 avec Katell jeune fille obligée de se faire passer pour un homme pour pouvoir travailler dans ce qu’elle aime le plus : l’imprimerie à l’année 2014 avec Franck Sennier, aide-soignant en psychiatrie, qui côtoie la folie tous les jours.

A travers ces deux destins, ces deux non-initiés comme les appelle le peuple invisible, nous allons assister à une quête, celle de L’eau du Léthé, l’eau de l’enfer, l’eau du grand oubli.

Katell, va se retrouver mêlée sans vraiment le vouloir à un combat qui oppose deux clans du peuple invisible, ceux qui veulent rester cachés et ceux qui veulent soumettre les humains à leur bon vouloir. Elle va se donner corps et âme à cette quête avec ceux qu’elle aime profondément, ceux qui l’ont sauvée de la misère : son maître d’apprentissage, sa femme Lydie qui se comporte comme une mère avec elle, son compagnon Max, graveur ainsi que le peuple invisible : lycanthrope, nain, et autres créatures. Le mal est là, il faut le combattre.

Franck, lui se retrouve lors d’une de ses gardes en Hôpital psychiatrique, à affronter deux créatures qui le laisse sidéré. Tout son univers vole en éclat ainsi que sa vie privée.
Il fait la connaissance de Killian, l’immortel, créature excentrique, volage et plein de bagout. Il va le suivre aussi à la poursuite de la fameuse Eau du Léthé.

J’ai adoré ce premier tome, plein de fantaisie, d’humour, d’action, qui mêle créatures de la nuit, loups-garous, vampires, et immortel le seul, l’unique qui mène la danse.
De plus l’auteur nous emmène à travers la ville de Strasbourg, dans sa belle cathédrale qui a elle seule prend une place extrêmement importante.
J’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteure, que ce soit dans l’action ou ses descriptions de la ville et de ses monuments.

Vite, je vais me lancer dans le tome 2. J’espère y trouver autant de plaisir.



 T2 – La nuit des sorcières

Alsace – De nos jours. Accusée par les autres sorcières d'un crime qu'elle nie avoir commis, Johanna n'a qu'un seul recours : se réfugier chez Kieran, le pire ennemi de la Sororité. Mais comment ses sœurs réagiront elles ?

Strasbourg – 1870 Du haut de ses dix ans, Joséphine pressent de graves événements à venir. Est-ce à cause de la guerre qui vient d'éclater entre la France et la Prusse ? Ou de cette mystérieuse femme qui la suit partout ? Face aux canons ennemis qui feront bientôt le siège de la ville, les prémonitions de la petite fille pourront elles la sauver ? À travers les époques, un lien étroit va unir ces deux destins à celui du mystérieux Peuple Invisible.




Avec la dernière masse critique, j’ai eu le plaisir d’être sélectionnée pour lire ce tome 2 des aventures du Peuple invisible. J’ai réussi à trouver le tome 1 et je dois dire que j’y ai pris grand plaisir. De plus pour la lecture de ce tome 2 c’est bien plus facile et pratique de s’y retrouver.

Nos personnages principaux y sont déjà à l’œuvre. Kieran l’Immortel, Franck l’aide-soignant reconvertit en ami et garde du corps de Kieran, Johanna, la jeune sorcière qui tombe amoureuse de Franck, Piotr le domovoï, sorte d’elfe de maison attaché à Kieran et bien sûr Le peuple invisible qui rassemble un tas de personnages les plus excentriques et dangereux qu’il soit.

Avec le 1er tome on évoluait en pleine Renaissance, cette fois-ci nous voilà transporté dans le Strasbourg de 1870. Époque fort cruelle pour l’Alsace et la Lorraine. Les Prussiens pilonnent sans relâche la ville de Strasbourg : destruction, morts, le feu, les bombes on s’y croirait. La petite Joséphine est une Première née, une sorcière en devenir et le croquemitaine Hans Trapp la veut pour lui. Là où les légendes ancestrales prennent forme, les sorcières, les bonnes gens et les monstres se combattent.

De nos jours Johanna est accusée d’avoir assassiné sa mère. C’est une course contre la montre pour prouver son innocence.

Entre immersion dans l’histoire de Strasbourg et ses moindres recoins et le Strasbourg de nos jours, on passe allègrement d’un chapitre à l’autre en navigant entre les deux époques et nos personnages.
C’est épique, bien écrit, plein d’actions, de sentiments. Les personnages sont bien décrits, leurs pensées, leurs aspirations, leurs sentiments.
On s’attache à eux entre guerre avec les sorcières, les goules, et dans le monde humain entre français et prussiens. La guerre est vraiment une sale manie des humains pour créer chaos et malheur.

J’ai adoré continuer avec ce tome 2. J’aime beaucoup le style d’Anaïs Cros ainsi que les illustrations des couvertures. Elle mélange à la fois superstitions, fantasy, contes et modernité.
Un tome 3 serait chouette je trouve !!!!

Merci à la masse critique Babelio et les Éditions Nestiveqnen pour cette belle découverte.

mardi 5 avril 2022

Hermès Baby (Louise De Bergh)

 

« Hermès Baby », référence à la fameuse machine à écrire couleur menthe à l’eau, c’est le roman choral au féminin de Françoise, Élise, Dora et Adèle. Quatre générations de femmes, artistes et mères que tout rassemble sauf le nombre d’années. Françoise est chronologiquement la plus proche de son lecteur et se lance, non sans les allures d’une Agatha Christie moderne, sur les traces de son passé et de celui des femmes de sa famille. Et si l’objet de sa quête n’est pas l’auteur d’un crime, il n’en demeure pas moins le point de départ d’une lignée de femmes animée d’un désir de création qui ressemble fort à une malédiction qui ne porterait pas son nom. Rendez-vous dans une Vienne prostituée du tout début d’un vingtième siècle dont il sera meurtri, pour faire la connaissance du seul homme de cette histoire.

J'étais très très curieuse de me plonger dans ce roman. D'autant plus qu'il a été écrit par ma nouvelle collègue ^_^

Dès les premières pages, j'ai été happée par la musique des mots et la délicatesse du ton.

Un style nerveux et incisif qui nous embarque dans la vie de ces 4 femmes dans différentes époques et villes. Un voyage sans quitter mon canapé. 

Secrets de famille, amour, haine, passion amoureuse et passion de l'art; leurs vies m'ont touchée. 
L'auteure aborde aussi des sujets durs comme l'addiction à la drogue qui mène à la chute. 

Des personnages écorchés vifs, à fleur de peau. 

J'ai aimé le clin d'oeil aux lieux que je connais. Aaah la petite plage de rochers.... 

Un roman qui secoue et malmène le lecteur. Mais qu'est-ce que c'est bon ! 

Merci Louise pour la dédicace et l'avant-première ! 


vendredi 1 avril 2022

L’âme Orante (Régis Fougère)

Au cœur de la cité d'Abatia, Marceau Feulty s'affaire chaque jour à entretenir le paisible jardin du château d'Arklyia. Loin des railleries de ceux qui le considèrent simple d'esprit, le jardinier trouve en ce lieu un véritable havre de paix. Un matin, une étrange apparition vient pourtant bouleverser le précieux équilibre du jardin. Au détour d'un sentier, Marceau aperçoit le visage d'une petite fille qui le fixe puis s'efface. Perturbé par cette vision, il continue néanmoins son chemin. Mais soudain il perçoit une voix qui s'écrie : « Maman, ne me laisse pas là ! Qu'est-ce que j'ai fait ? » Alors que le vent lui souffle le nom de la fillette, le jeune homme se rappelle son lourd passé familial. Qui est cette mystérieuse âme en peine ? Et d'où vient l'étrange ombre qui assombrit désormais le jardin ? Véritable ode poétique à la nature, L'Âme orante berce le lecteur d'une atmosphère douce-amère et invite à la contemplation.



L’âme Orante, l’âme représentée en prières, en invocation. Une âme pleine de pureté malgré les souffrances endurées.

Marceau Feulty est un jeune jardinier différent, il est plus lent que les autres, plein de bonne volonté, amoureux de la nature, de son jardin. Il a eu une enfance difficile, pleine de malheur, renié, maltraité. Son bonheur est de se retrouver pour son travail, dans ce jardin enchanteur du château d’Arklya, parmi les végétaux, la faune, la flore, le temple des âmes perdues, à chaque saison le cycle de la vie se renouvelle et Marceau en est le spectateur privilégié.

Une vision de visage d’enfant va bousculer sa vie, lui faire prendre conscience qu’il peut agir.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce petit livre, plein de délicatesse et de poésie. On se laisse porter avec Marceau à travers ce havre de paix.

On ne sait si ce sont des personnages oniriques que l’on croise, la réalité est pourtant là. Une belle ode à la différence et à la nature.

Merci à Librinova pour cette belle découverte.

L’arbre noir (Valentin Crescentini)

À Matsy, petit village perdu à flanc de montagne, Loïs se sent parfois bien seule. Du haut de ses 11 ans, elle aimerait déjà parcourir le monde mais depuis quelque temps, le bourg paraît affligé d'un mal étrange : les adultes sont nerveux, les enfants fatigués et les animaux apathiques. Alors qu'ils entendent tous des hurlements étouffés la nuit, elle décide d'enquêter sur ce phénomène qui ne l'atteint pas. C'est ainsi qu'entraînée par une voix portée par les vents, elle rencontre un garçon doté de capacités surnaturelles. Les deux deviennent vite inséparables et leur amitié semble stopper un temps la malédiction du village. Mais une ombre maléfique terrée dans les ténèbres n'attend qu'un signe pour se déployer. Qui est cette mystérieuse organisation surveillant le village et ses habitants ? Loïs et Steve échapperont-ils aux pièges qu'elle leur tend ? Avec L'Arbre noir, suivez les aventures rocambolesques de ce duo poursuivi par de dangereux ennemis, entre suspense et pouvoirs merveilleux.




Avec ce livre jeunesse pour plus de 12 ans, on entre dans un monde à la fois moderne et fantastique. Les hommes côtoient la nature, les forêts où le mal semble régner. Des générations d’hommes et de femmes ont conquis une terre vierge où règne un être maléfique qui ne désire pas leur présence. Un vaste projet se met en place dans son imaginaire pour que le mal progresse et éradique l’humanité. Mais c’est sans compter sans Loïs et Steve, 11 ans tous les deux, la jeune Loïs est la souffre-douleur de sa classe, le jeune garçon est rescapé d’une enfance solitaire et hors du temps.

Loïs et lui sont très unis, il est adopté par une famille aimante qui sait canaliser en lui ses pulsions. C’est un être rempli de pureté et sans animosité envers ceux qui se moquent de lui.
Tout un processus se met en route, on lit son évolution, celle de Loïs, du monde qui les entoure.

C’est surtout l’affrontement entre le bien et le mal, tout en suggestion, en ressentis. Petit à petit la toile se tisse pour prendre dans ses filets ce qui s’y attendent le moins.

Un livre qui a du potentiel, une histoire angoissante qui nous raconte la différence, l’indifférence, le mal, la vengeance, le mal-être, la déchéance, un tout de ce qui fait l’humanité.

J’ai bien aimé le fond de l’histoire un peu moins la forme. Je me suis retrouvée parfois perdue avec un mélange de situations et de personnages : quoiqu’à la fin tout se met en place pour une fin abrupte.

Un thriller fantastique qui se laisse découvrir, il y a de l’action, des personnages attachants, d’autres moins.

Merci à Librinova pour ce service presse, il m’aura permis de découvrir un jeune auteur Valentin Crescentini.

Celle qui parle (Alicia Jaraba)

“Fille d’un chef déchu, offerte comme esclave, elle est devenue l’une des plus grandes figures féminines de l’Histoire.”

XVIe siècle. Malinalli est la fille d’un chef d’un clan d’Amérique centrale. Peu de temps après la mort de son père, elle est vendue à un autre clan pour travailler aux champs et satisfaire la libido de son nouveau maître.
Un jour, d’immenses navires apparaissent à l’horizon, commandés par Hernan Cortez, obsédé par la recherche d’or. Le conquistador repère Malinalli et son don pour les langues. Elle sera son interprète et un des éléments clés dans ses espoirs de conquête. Elle sera également celle qui aura le courage de dire un mot interdit aux femmes de son époque : non !
Au-delà de la légende, voici l’histoire de la Malinche, vivante, jeune, inexpérimentée, souvent dépassée par les événements, mais avant tout, humaine.



« Celle qui parle » : Malintzil en langue locale, La Malinche dans notre langue. Malinallli, fille du cacique d’Oluta sacrifié au dieux des Atzèques ou Mexicas, est vendue enfant, par sa mère et son beau-père à un clan Maya. Devenue esclave, elle va s’endurcir, apprendre le Maya. Elle a don certain pour les langues étrangères. Entre le Popoluca sa langue natale, elle va déjà apprendre avec son père le Nâhuatl, sorte de langue commune au clans, puis viendra le Maya et l’espagnol. Ce qui fera d’elle la traductrice attitrée de Hernan Cortès quand celui-ci débarquera en Amérique centrale.

Cette bande dessinée est surtout un hommage à cette femme, que la plupart des Mexicains considèrent comme une traître à son peuple.

Il y a très peu de traces de son histoire, ce que l’on en sait viennent des écrits des espagnols. Elle fut la concubine de Cortés, lui donna un garçon et lui permit de se faire comprendre des nombreuses tribus amérindiennes qui combattaient les Aztèques. Ces derniers ayant envahi une grande partie du territoire, les autres clans subissaient leur joug. C’est de cette rancœur que Cortès sut tirer partie pour faire tomber Moctezuma, l’empereur Aztèque à Tenochtitlàn.

C’est l’histoire d’une petite fille que rien ne prédestinait à un tel destin qu’Alicia Jaraba nous raconte. Son incompréhension vis à vis de ces hommes venus de l’autre côté de la mer et qui veulent éradiquer ses dieux, sa découverte de la vie, la domination des hommes sur tout ce qui est féminin, sa prise de conscience de ce qu’elle veut maîtriser son destin.

Une bien belle histoire, qui émeut. Car ses choix en font à la fois une paria et une héroïne en son pays.

Les dessins sont très stylisés, des couleurs très chaudes qui nous font bien sentir la chaleur et le soleil qui brûlent cette terre où l’eau est source de vie.

J’ai beaucoup aimé cette reconstitution de la vie d’une femme que je ne connaissais pas du tout. Un pan d’histoire qui nous rappelle l’éradication des peuples amérindiens au nom du profit des royaumes d’antan.

Merci à Babelio et les Éditions Bamboo pour cette belle masse critique privilégiée.