samedi 7 novembre 2026

La trilogie de Cicéron -Tome 1 - Impérium ( Robert Harris)




Rome, 71 avant J.-C. Par un froid matin de novembre, Tiron, secrétaire particulier du jeune sénateur Cicéron, ouvre la porte à un étranger terrorisé. Cet homme cherche à assurer sa défense contre Gaius Verrès, le redouté gouverneur de Sicile, qui l'aurait odieusement spolié.
Pour Marcus Tullius Cicéron, qui rêve d'accéder à l'imperium, le pouvoir politique suprême, cette affaire pourrait être l'occasion d'accomplir ses desseins. Car sans fortune ni naissance, ce brillant avocat ne peut compter que sur son éloquence pour réussir.
Son irrésistible ascension va pouvoir commencer...




Je suis toujours fan à lire un bon livre historique, et lors de la dernière masse critique, l’occasion m’a été donnée d’écouter Imperium en audiobook. Cela faisait longtemps que je voulais tenter l’expérience.
La voix d’Hervé Carrasco se prête totalement à ce genre de lecture, voix grave et expressive, il nous immerge dans la Rome antique en 71 avant J.C.

Imperium est donc le premier tome d’une trilogie sur la vie du grand Cicéron, philosophe, avocat et homme politique.
L’histoire racontée par Tiron son esclave secrétaire démarre au tout début de sa carrière, on le suit dans ses tribulations qui vont le mener au fur et à mesure des années au poste de Sénateur puis vers l’Imperium (premier consul de Rome).
Pour arriver à ce poste suprême il devra passer par différentes étapes administratives et politiques, non sans mal et compromissions. Le monde politique hier comme aujourd’hui est semé d’embûches. Il se fait des amis mais surtout des ennemis.

On y retrouve tous les grands hommes de l’époque : Pompée, Crassus, César, Lucullus, etc...

J’ai beaucoup apprécié l’écriture de Robert Harris que je n’ai jamais lu. C’est à la fois un thriller, une biographie, un documentaire (différents discours de Cicéron sont retranscrits), un roman.

On sent les mouvements qui annoncent la fin de la République au profit d’un seul homme. La corruption est omniprésente, chacun cherche à tirer le maximum de profit à son titre personnel aussi bien politique, pouvoir que financier. Une époque que j’avais survolée auparavant mais qui avec Robert Harris prend un intérêt tout particulier. Excellent lecture, immersive, passionnante et très instructive.
A très bientôt avec la suite Conspirata. Je lirai la trilogie, ça c’est sûr ;-)

Par contre j’ai préféré alterner le livre et l’audiobook, au final l’écoute est bien pour moi un certain temps mais a tendance à m’endormir. Dommage lorsque l’on est sur un passage très intéressant. Mon attention est plus marquante à la lecture.
Merci à Babelio et aux Éditions Saga pour cette excellente découverte.

Bloody Files (Dominique Elsaesser)



 Bruxelles, fin d'automne

Tandis que Marcel Vermeylen, cet inspecteur à la fois charmant et désordonné, veut remettre un peu d'ordre dans sa vie privée tumultueuse, une série de meurtres brutaux secoue la capitale européenne. Qui se cache derrière tout cela ? Alors que la police fédérale, la sûreté de l'État et les services de contre-espionnage se disputent encore les compétences, Marcel se fie à son instinct. Et celui-ci lui dit que la piste mène tout droit au cœur des institutions européennes. Ses investigations se concentrent sur le bâtiment Berlaymont, siège de la Commission européenne. Il y découvre un sinistre enchevêtrement d'appétit de pouvoir, d'intrigues et de soif de vengeance. En tentant de démêler cet écheveau, il se retrouve lui-même dans la ligne de mire – et doit même craindre pour sa famille.
La nouvelle enquête de l'inspecteur Marcel Vermeylen : un roman policier à la psychologie dense – haletant, d'une actualité brûlante et, comme toujours, captivant jusqu'au dernier instant.



Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un petit polar fort sympathique.Enfin je dis sympathique, on assiste quand même à près de six meurtres.
Nous sommes donc à Bruxelles, à notre époque, un meurtre vient d’être commis et l’inspecteur Marcel Vermeylen est mis en charge de l’affaire.
Cela va devenir très compliqué car les pistes vont vite mener vers le Parlement européen. Le meurtrier en a après l’institution, et de nombreux fonctionnaires sont visés.
De plus, Marcel a pas mal d’ennuis personnels, il est divorcé, ses enfants sont en rébellion et sa hiérarchie ne le suit pas. Mais notre homme ne désarme pas et suit son enquête à travers Bruxelles.

Je dois dire qu’à travers les tribulations de l’inspecteur, l’auteur nous fait visiter Bruxelles et ses jardins, ainsi que le bâtiment Berlaymond de la Commission européenne.
Conflits entre la police belge, les services secrets de différents pays adhérents, ministère de l’intérieur, au final c’est partout pareil. Certains se croient supérieurs aux autres et notre inspecteur est quelque peu malmené. N’en déplaise il poursuit son petit chemin. Quel est ce tueur en série, si imprévisible. Marcel n’a pas dit son dernier mot.

J’ai bien aimé cette petite histoire. Elle se lit facilement, les chapitres sont courts, cela donne un rythme très dynamique et Marcel et son entourage sont fort sympathiques.J’ai aussi découvert le musée Weirtz, le brusseleir, ainsi que différents jardins de la capitale belge.

C’est le deuxième tome de ses aventures, il ne me restera plus qu’à découvrir le premier tome.

Le stratège envoûtant (Philippe Reynaud)

 


Bérénice Beauregard aime les concerts, les expositions, les artistes, la vie parisienne qui vibre. Alors, lorsque son rédacteur en chef l'envoie couvrir le championnat du monde d'échecs à Paris, elle croit recevoir une punition. Elle s'attend à un univers froid, silencieux, inaccessible. Elle découvre des êtres passionnés, forts mais faillibles, brillants, des joueurs qui avancent leurs pièces comme on livre bataille ou comme on compose une oeuvre. Puis il y a Alexandre Feynman. Champion magnétique, esprit redoutable, homme insaisissable. Entre eux, la première rencontre est un choc. La suite devient une évidence. Mais derrière le stratège adulé se cache une blessure ancienne, peut-être même un secret capable de tout détruire. Bérénice pensait écrire un simple reportage. Elle va entrer dans la partie la plus dangereuse de sa vie. Sur l'échiquier comme en amour, chaque coup peut faire triompher ou risquer de tout perdre.




Avec ce roman l’auteur nous embarque dans le monde très fermé des champions d’échecs, le noble jeu comme on le surnomme.

Petite précision, je ne suis pas du tout connaisseuse de ce jeu, mais tout autour de moi j’ai des joueurs amateurs jusqu’à mes petits enfants qui sont initiés par leur papa et leur papi. J’ai toujours été réfractaire à ce jeu qui demande concentration et stratégie. Bon vous l’avez compris je ne suis pas du tout amatrice.

A travers ce roman je souhaitais néanmoins en découvrir un peu plus. Ce qui fut le cas à travers les discussions de Bérénice et Alexandre le champion. Bérénice amatrice d’Art et Alexandre se rejoignent à travers leurs métiers et leurs hobbys. Bérénice est journaliste d’un grand magasine parisien et Alexandre pratique les échecs depuis son plus jeune âge. L’amour de l’art semble rencontrer l’amour des échecs et de la stratégie. Alexandre est un homme charismatique,charmant, complet au niveau culture artistique et sportive. Bérénice est vite conquise. Leurs conversations sont plus que dynamiques et enrichissantes pour l’une comme pour l’autre.
On découvre au fil des pages de nombreuses découvertes concernant le monde des échecs, surtout les grands champions des temps modernes. A commencer par Kasparov, Alexander Alekhine, Emmanuel Lasker, etc.
C’est à la fois un roman sur les échecs mais aussi avec beaucoup de références littéraires, cinématographiques, musicales. Nos deux héros sont férus de tous ces arts.

J’ai moins été conquise par le style, la narration me semblait partir un peu dans tous les sens. Je m’attendais à être plus immergées dans le monde des échecs. La romance démarre très vite, coup de foudre vous me direz mais semble superficielle. Les deux héros sont un peu surfaits, les superlatifs sont trop présents.
Le mystère entourant Alexandre est vite dévoilé alors que le héros était au début très hermétique à le dévoiler.

Comme vous pouvez le comprendre, un avis en demi-teinte. J’ai apprécié la découverte de ce milieu et les connaissances s’y référant mais moins l’intrigue romanesque.

Merci à Librinova pour la découverte de cette nouveauté.

dimanche 18 octobre 2026

Le fleuve céleste (Guy Gavriel Kay)



Voici l’histoire de Ren Daiyan, le fils d’un obscur archiviste d’une lointaine province de la Kitai. Il rêve de victoires et d’exploits ; il rêve de restituer à l’empire les Quatorze Préfectures tombées aux mains des barbares. Un long cheminement l’attend, mais vers quel destin ?
Car la glorieuse Kitai d’antan n’est plus et les cavaliers des steppes du Nord menacent son intégrité, sous le gouvernement de l’empereur Wenzong, mélancolique esthète, et d’une cour déchirée par des factions en conflit permanent que seule unit la crainte d’un coup d’État militaire.
C’est aussi l’histoire de Lin Shan, l’enfant unique d’un gentilhomme de la cour, cultivée plus qu’il n’est convenable à une femme. Si elle scandalise les bien-pensants, elle charme l’empereur par ses talents de poétesse. Farouchement indépendante mais bridée par sa condition, elle est l’image même d’une civilisation suprêmement raffinée mais en crise.
Je ne puis empêcher les feuilles de tomber.
Car c’est enfin l’histoire d’un monde qui s’apprête à basculer sous les étoiles du Fleuve céleste.



Après Les chevaux célestes, notre trio Fifrildi, Nadou et moi-même, nous lançons dans cette suite à quelques centaines d’années en avant, lors de la chute de la dynastie des Song du Nord.

L’histoire de la Chine remonte à plusieurs millénaires et est fort riche en évènements et dynasties. Ici nous nous retrouvons au Moyen-âge au XIIème siècle de notre ère.

La Kitai, la Chine de l’époque est en fin de course. La dynastie en règne a eu son temps de gloire. Cette époque ressemblant à notre Renaissance : arts, poésie, échanges commerciaux ont eu leur apogée. A présent, la menace se fait sentir par le Nord, au-delà de la grande Muraille qui n’en a plus que le nom. Les Xialu, Les Ji, les Altaïs sont aux portes et s’apprêtent à déferler sur le pays.

Guy Gavriel Kay raconte comme à son habitude une grande épopée à travers des héros réels et fictifs, avec d’autres noms de personnages, de lieux. Mais si on se réfère à la carte qui est jointe au livre, on situe plus ou moins les lieux réels. Il nous fait vivre à travers la vie de ses personnages, la culture, les enjeux politiques, les arts, la beauté qui régit certains milieux, la misère et l’exploitation du petit peuple. C’est un territoire immense régit par une cour corrompue, faible et lâche. Elle a peur de son armée et il ne fait pas bon perdre des batailles. Les têtes volent…

Ren Daiyan le principal héros a fait son chemin, de simple fils cadet dans une région reculée, à bandits de grands chemins puis au plus haut grade de général dans l’armée, c’est un homme plein de rêves de reconquête de terres perdues. Un homme loyal à son pays.

Il y a aussi Lin Shan, jeune femme non conformiste, éduquée comme une lettrée et non comme une femme de son époque. Elle détonne dans les cercles conventionnelles et se fait connaître à la cour car grande poétesse…

Autour d’eux, de multiples personnages que l’auteur rend tous importants de part leur simple existence. Petits ou grands, jeunes ou vieux. Ils font partie de ce monde. Chacun et chaque chose à sa place.

J’ai eu du mal au début à rentrer dans l’histoire, elle était lente mais elle posait chaque personnage, sa personnalité, son importance ou non. Et puis au fil des mots et des situations je me suis laissée emportée comme d’habitude par l’écriture de Guy Gavriel Kay. C’est poétique, imagé, vivant. On sent la tristesse d’un monde qui se meurt, que la beauté est éphémère pour mieux réapparaître. Une société se meurt, une autre se profile. Ainsi va le monde.

Très belle lecture en bonne compagnie. Merci les filles, un très bon moment de lecture comme d’habitude.

La conteuse (Ludovic Mélon)




Miya a vingt ans – ou vingt-trois, difficile à dire quand votre identité a brûlé avec votre enfance. Depuis, elle survit à Prague dans une gare désaffectée, trime pour un patron de bar odieux et pioche dans les valises perdues ce dont elle a besoin. Sa seule richesse : un talent rare pour conter des histoires, ce qu'elle fait chaque vendredi soir sur le parvis de la cathédrale.
Quand un mystérieux employeur lui offre un poste dans une université inconnue, sa vie bascule. L’homme, nommé Séraphin, la conduit à Sakura, un monde parallèle peuplé d'esprits, d'anges et de démons, où la magie règne. Séraphin propose à Miya d'y suivre la formation des futurs gardiens, capables d’influencer les vies dont ils ont la charge.
Miya l'ignore encore, mais elle n'est pas une recrue ordinaire : parmi les esprits de Sakura, certains n'ont aucune intention de la laisser intégrer l'ordre des gardiens. Heureusement, elle va y rencontrer l'amitié et l'amour, et pour la première fois, découvrir qu'elle, la petite orpheline, peut compter dans la vie des autres...
 



De nos jours à Prague, Miya, jeune fille fragile mais débrouillarde survit tant bien que mal grâce à de petits boulots pas très bien rémunérés. Et en plus il faut qu’elle fasse avec un employeur des plus mal embouché.

Son refuge, une gare désaffectée où elle s’est créée son petit monde, entourée de valises abandonnées. Ce bureau des objets perdus lui permet de survivre et de découvrir l’histoire de tous ces passagers inconnus. Elle adore aussi régulièrement raconter de jolis contes émaillés de tours de magie devant une assemblée de spectateurs aux pieds de la cathédrale.

Son quotidien va changer du tout au tout lorsque Séraphin, son futur mentor va débarquer dans une superbe Rolls-Royce pour l’emmener à Sakura, monde similaire à la Terre, habité par des esprits, anges et démons et de multiples autres espèces.

Je ne vous en dirai pas plus que le quatrième de couverture n’ait dévoilé, il faut le lire pour découvrir la richesse de ce roman qui regroupe plusieurs codes dans le domaine de l’imaginaire. Le livre est un petit condensé de bien-être, de magie, d’humour, de bons jeux de mots. On y côtoie mythologie, croyances religieuses avec Lucie Lediable et Terrence Dieu. On y retrouve aussi un petit côté gothique dans les descriptions des lieux et de certains personnages.

Il y a aussi un petit côté Harry Potter avec le recrutement d’apprentis gardiens. Un petit groupe d’apprentis se constitue qui font corps dans l’adversité et l’apprentissage.

Chacun d’eux découvre l’amitié, la solidarité, l’amour après une vie plutôt difficile.

C’est foisonnant, léger et facile à lire.

Différents thèmes y sont abordés comme le rejet de l’autre pour son apparence, sa différence car Sakura n’est pas forcément un paradis.

Un petit roman fort sympathique dans un style onirique, que j’ai pris grand plaisir à lire. J’ai passé un agréable moment de lecture en compagnie de Miya et de ses amis.

Merci à Babelio et aux Éditions Calman-Lévy pour cette belle découverte en masse critique.

jeudi 9 juillet 2026

Yawaruma (Laure Billoët)




Il y a des mondes dont on ne revient pas indemne, même vivant on en revient transformé.
Quand l’avion s’écrase au cœur de la forêt amazonienne, elle pense avoir tout perdu, sa famille, son monde et son avenir mais la forêt ne tue pas toujours, parfois elle observe et parfois elle choisit.
Elle apprendra que dans la jungle, chaque pas engage une dette et que chaque choix a un prix. Les décisions ne concernent plus seulement la survie, mais l’honneur, la transmission, et ce que l’on accepte de sacrifier pour protéger les siens.
Entre civilisation et forêt, violence et solidarité, Yawaruma raconte l’apprentissage d’une jeune fille devenue femme, dans un monde où rester humain est peut-être l’acte le plus courageux.




La forêt amazonienne…. Un crash d’avion, la peur, l’angoisse, le sang tout concourt à mette l’héroïne en situation de dépendance. De plus deux jeunes enfants l’accompagnent, s’accrochent à elle. Elle, la toute jeune fille va devoir affronter pour eux trois, un voyage qui ne la laissera pas indemne.

Sa rencontre du début avec un indien charismatique qui va les guider, les protéger et les aider est le début d’une aventure qui la laissera à tout jamais changée.

Il y a l’héroïne dont on ne connaît pas le nom, mais il y a aussi la forêt amazonienne, une présence envoûtante, vivante, qui est remplie à chaque pas de dangers diffus, d’animaux,de plantes, l’ambiance étouffante et angoissante.

Elle est un personnage en elle-même. L’homme ou la femme qui s’y trouve doit prouver sa valeur mais surtout son appartenance à ce milieu.

L’héroïne devra affronter de multiples situations pour s’y faire une place. Et quelle place !!!

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman, à la fois envoûtant, effrayant mais si beau. Il nous raconte les tribus disséminées qui vivent en harmonie avec la nature et la faune. La place du chamanisme, des soins avec les moyens mis à disposition par la nature. Et ce sentiment diffus que rien n’est acquis, tout est affaire d’appartenance, de respect de l’autre et de l’environnement.

Et bien sûr on y voit les prédateurs, les autres qui viennent pour envahir, détruire au nom d’une certaine modernité.

Très belle découverte, j’ai beaucoup apprécié le style, vif, envoûtant et percutant.

jeudi 2 juillet 2026

Eren Stanford – L’héritage (Constantin Tsuvaltsidis)




Depuis plus de mille cinq cents ans, le vaisseau Eureka traverse l’univers, défiant les lois de l’espace-temps et les frontières de la réalité. Chaque saut l’éloigne un peu plus de la Terre, chaque distorsion redessine le monde qu’il laisse derrière lui. Lorsqu’il revient dans l’orbite de Gaïa (EXP123), une exoplanète au passé énigmatique, c’est toute la destinée de l’équipage qui vacille. Au centre de cette mission : Eren Stanford, xénologue d’exception, héritière d’une ancienne lignée sacrée marquée par un legs qu’elle n’a jamais choisi.
Entre technologies interdites, héritage génétique, mémoire enfouie et conflits spirituels, Eren s’avance sur un territoire où la science rencontre le mythe, où l’exploration se transforme en quête intérieure. Tandis que l’Eureka fait face à des choix décisifs, la jeune femme devra affronter ce qui la lie à Gaïa… et à son propre passé.
Un roman de science-fiction dense et immersif, mêlant space opera, exploration interstellaire et destin individuel, où le voyage devient autant cosmique qu’intime.



Une envie de space-opéra, je me lance dans la lecture de ce roman proposé par Librinova pour le mois de juin.

Le lecteur se retrouve à bord de l’Euréka, vaste vaisseau qui à la suite d’un premier voyage dans l’hyper-espace fait un bon dans le temps qui les prive de tout repère lors de leur retour sur terre. Le temps pour eux n’a duré qu’une semaine mais sur Terre il s’y est passé plusieurs dizaines d’années qui les ont privés de tout ce qui s’apparentait à leur famille et parenté. Les hommes et femmes de l’Euréka se retrouvent donc à voyager en permanence encore plus loin dans l’espace et dans le temps.

1500 ans plus tard en temps réel, ils reviennent sur l’orbite de Gaïa de part la volonté du Major Eren Stanford. Ou plutôt c’est l’esprit et la personnalité d’une autre entité qui l’y conduit. Une mission doit s’accomplir pour le bien de l’humanité.

Je dois dire que j’ai eu un peu de mal à adhérer à la narration, les phrases sont soit dans un langage soutenu soit dans un langage plus que familier. Les notions scientifiques me semblaient incompréhensibles, le fait est que je n’ai jamais été très fan de physique et notion de l’espace. Il n’empêche que l’idée du roman en elle-même est pas mal, deux esprits dans une même personne, une planète plus qu’énigmatique, une population qui a une langue très ressemblante à celle de la Terre d’origine, un monde médiéval avec des notions de magie. Une armée de femmes guerrières au service d’une mystérieuse princesse Illiane qui semble avoir des affinités et similitudes avec la Major Eren Stanford.

Il y a de l’action, mêlée à du mysticisme, à une pointe de magie, des notions scientifiques avec bataille dans l’espace entre belligérants venant de la Terre et l’Euréka, tout ça sur fond de dictature sur Terre. La religion s’en mêlant on y trouve aussi beaucoup de fanatisme.

J’ai bien aimé les personnages principaux Eren, sa gardienne Jo Rodriguez, les guerrières de Gaïa. C’est foisonnant mais un peu trop confus dans les explications reliant Eren et Illiane. On a l’impression de naviguer dans un monde sans repère.

Donc une lecture en demi-teinte. De l’humour, de l’amitié et de la franche camaraderie entre les différents personnages mais un manque de
compréhension dans les différents enjeux qui ont mené à la conclusion.

mardi 2 juin 2026

Ce qu’il reste de toi et moi (Lylian et Sophie Ruffieux)




Armelle et Entso sont en couple depuis 15 ans. Un travail, des enfants, une petite maison dans la banlieue parisienne. Les jours passent et se ressemblent pour ce gentil couple qui a tout et rien pour être heureux. Lors d'un moment intime, une conversation s'engage, les reproches pleuvent, la crise éclate. Fin de partie.

Armelle et Entso, l'histoire d'un couple qui a tout et rien pour être heureux. De leur rencontre passionnée à la lassitude d'un quotidien rythmé par les enfants, le travail, la routine... leur couple s'effondre lentement, et la séparation devient la seule issue pour Armelle. Éloignés mais ensemble, Armelle et Entso vont explorer ce qu'il reste d'eux et peut-être se donner la chance de se rencontrer à nouveau. Une histoire singulière mais universelle.

115 pages




C’est une belle histoire d’Armelle qui vient de sa Bretagne natale et d’Entso originaire de Madagascar. Elle démarre sur les bancs de l’université de lettres. Ils sont jeunes, amoureux, plein de rêves, de désir. Ils se découvrent, s’aiment et fondent une petite famille avec tout d’abord un garçon, Arthur puis une petite fille Madina. L’amour est là, Armelle se créer sa petite boutique d’antiquaire, Entso, lui se cherche entre les petits boulots et l’écriture de son livre qui lui prend tout son temps. Où trouver le temps de vivre pleinement sa vie familiale avec sa femme et les enfants ?

J’ai adoré cette Bande-dessinée. Elle retrace bien le parcours d’un tas de couples. La jeunesse, la rencontre, la passion, l’amour, l’installation et la création d’une famille et le temps qui passe. Qui bloque, qui lasse bien que l’amour soit toujours là. Chacun cherche son chemin malgré tout et puis ….

J’ai aimé la structure de cette BD, une première partie toute en images, sans écrits et pourtant on ressent tout. La dessinatrice a su bien rendre la rencontre et l’amour d’Armelle et Entso.

Puis la seconde partie il y a dessins et dialogues. Le ressenti de chacun est exprimé à la fois par l’image et les mots. C’est ainsi en alternance jusqu’à la fin.

Les couleurs toutes douces magnifie le dessin et le ressenti. On y voit le quotidien des amoureux, leur séjour en Bretagne sur l’île de Sein quand le père d’Armelle décède. C’est beau, c’est touchant.

Très belle histoire qui m’a fait ressentir beaucoup d’émotions. Je vous la recommande.

Merci à Babelio et les éditions Soleil pour cette masse critique et pour cette très belle découverte.

Les chevaux célestes (Guy Gavriel Kay)




On donne à un homme un coursier de Sardie pour le récompenser immensément. On lui en donne quatre ou cinq pour l'élever au-dessus de ses pairs, lui faire tutoyer l'élite - et lui valoir la jalousie, parfois mortelle, de ceux qui montent les chevaux des steppes. L'impératrice consort du Tagur venait de lui accorder deux cent cinquante chevaux célestes. À lui, Shen Tai, fils cadet du général Shen Gao, en reconnaissance de son courage, de sa dévotion et de l'honneur rendu aux morts de la bataille du Kuala Nor. On me tuera pour s'en emparer. On me réduira en charpie pour mettre la main sur ces chevaux avant même que j'aie regagné la capitale. » Deux cent cinquante sardiens, introduits par son entremise dans un empire qui éprouvait pour ces montures un désir insatiable, qui gravait à leur image des blocs de jade et d'ivoire, qui associait les mots de ses poètes au tonnerre de leurs sabots mythiques. Le monde vous offre parfois du poison dans une coupe incrustée de pierreries, ou alors des présents stupéfiants. Il n'est pas toujours facile de distinguer l'un de l'autre.
Il est une forme de fantasy dont le Canadien Guy Gavriel Kay est le maître incontesté. Entre la Provence médiévale de La Chanson d'Arbonne, l'Espagne de la Reconquista des Lions d'AI-Rassan, l'empire byzantin de La Mosaïque de Sarance, il revisite l'histoire sous une coloration fantastique et l'imprègne de son lyrisme mélancolique si particulier Les Chevaux célestes s'inspire de la Chine du VIle siècle sous la dynastie des Tang.




Les chevaux célestes sont pour les chinois de l’époque Tang, des montures hors pair qu’ils envient farouchement. C’est le royaume de Tagur qui les possèdent. Hors Shen Tai, fils cadet d’un général décédé va se retrouver au centre d’un vaste défi quand, en récompense de son courage et de son abnégation à enterrer les morts d’une vaste scène de bataille, il va recevoir 250 sardiens, c’est à dire des chevaux Ferghana, chevaux racés, résistants et puissants. Des chevaux de guerre qui peuvent changer la donne lors d’un conflit.

Cadeau empoisonné s’il en faut. Suite à ça, Shen Tai va devoir se protéger car de nombreuses tentatives d’assassinat vont être lancées contre lui. Qui peut bien lui en vouloir pour chercher à l’assassiner. La liste est longue et la route sera remplie d’embûches.

Une mystérieuse confrérie de guerriers : les Nankins lui viendront en aide. Ils sont payés par de puissants personnages pour le protéger. A savoir aussi, que Shen Tai a, plus jeune, subi leur formation pour ensuite s’engager dans l’armée, puis suivre des études pour passer les concours pour devenir mandarin. Il a de multiples formations qu’il n’a jamais terminées mais qui en font un homme cultivé et courageux, habile aux armes.

Ce roman est aussi un prétexte à nous faire connaître la Chine des Tang au Haut Moyen-Age chinois. Les guerres, la vie à la cour impériale, les intrigues, les assassinats, la vie des courtisanes, des étudiants nous sont racontés à travers la plume de Guy Gavriel Kay.

On s’attache aux différents personnages qui gravitent autour de Tai, entre autre Wei Song, une Nankin déléguée à sa protection, son ami poète Sima Zian, sa sœur Li-Mei devenue princesse impériale, son premier amour Bruine de printemps source de haine entre lui et Wen-Zou le premier ministre, L’empereur Taizu, l’héritier Shinzu et tant d’autres. Tout est lié, les intrigues sont nombreuses mais elles font avancer l’histoire et les dynasties au fil des manigances et des profits. Un jeu d’échecs où chaque coup est prévu largement à l’avance.

Entre romance et narration historique on se laisse prendre au jeu. L’auteur y mélange les héros fictifs et réels. Dommage qu’il ait changé les noms des vrais protagonistes, il est plus compliqué de s’y retrouver. Plusieurs recherches sont nécessaires.

Je ne suis pas très connaisseuse de l’histoire chinoise, il faut dire qu’ils ont près de 4000 ans d’histoire, mais je veux bien apprendre de cette façon là. J’apprécie toujours autant ce genre d’apprentissage à travers les romans. Surtout aussi bien écrit que les romans de Guy Gavriel Kay.

 A très bientôt avec la suite.




dimanche 26 avril 2026

La parabole des talents (Octavia Butler)

 



Californie 2032. La fille de Lauren, Asha, créatrice de jeux virtuels, découvre le journal dans lequel Lauren a posé les bases de Semence de la Terre, bible humaniste et pacifiste.
Dans un pays au comble du chaos, les élections portent au pouvoir le révérend Jarret, un chrétien fondamentaliste. L'Amérique renoue avec la grande tradition de l'esclavagisme, dernière étape avant l'ouverture de camps de détentions destinés aux rebelles. C'est le sort réservé à la communauté Semence de la Terre. Lauren entre en résistance et subit le pire sans jamais se résigner, masquant son hyper empathie à ses bourreaux, et luttant pour s'évader, retrouver les siens et réensemencer la vie.
Prix Nebula 1999




Avec le premier tome La parabole du semeur, l’on voit émerger une petite communauté au sein de la Chênaie, petit havre de paix créé par Lauren Olamina et son mari Bankole. Un petit groupe s’est constitué au fur et à mesure des pérégrinations de nos héros, à la recherche d’un endroit où vivre en paix.
Olamina, La guide comme la nomme les enfants de la communauté, a subi très jeune de nombreuses épreuves, destruction de sa famille, de ses amis, rudesse de l’exil et de la survie sur les routes.
C’est une femme qui s’est forgée une force, une détermination qu’elle mettra au service d’une foi pour une nouvelle religion qu’elle a inventée. Dieu est changement, mais il faut compter sur soi et non sur lui pour survivre et obtenir soi-même ce que l’on souhaite. Par là-même, Lauren a un cœur qui déborde pour ceux qui ont en besoin et en qui elle croit. La solidarité, l’entraide ne sont pas des mots anodins pour elle. Elle donne, elle prend lorsque c’est nécessaire. Le monde dans lequel elle vit nécessite souvent la loi du talion. On ne peut survivre qu’en se défendant et défendant ceux qu’on aime.

Dans ce deuxième tome, les épreuves sont à nouveau là. Elle perd tout, sa famille, sa liberté, sa dignité mais toujours elle résiste. Elle soutient du mieux qu’elle peut ceux qui comptent pour elle. Les croisés de Jarret, nouveau président des États-Unis commettent des atrocités, et elle n’aura de cesse de retrouver les enfants enlevés aux parents de ses disciples mais surtout de revoir sa petite Larkin, sa fille de deux mois qui lui a été arrachée.

La première partie du roman est surtout consacré à l’installation, la défense de la communauté, la mise en pratique des convictions de Lauren et de son groupe, communauté autonome qui prône l’entraide et l’éducation ainsi que la solidarité entre ses membres. Le dialogue est primordial, toute décision est prise en commun. La vie est rude mais heureuse. La menace rôde après l’accession au pouvoir de fanatiques religieux. La pays est en grande détresse, les inégalités flagrantes et outrancières, la pauvreté, l’anarchie font accéder à la tête du pays un soi-disant sauveur qui va créer de terribles représailles à l’encontre de ceux qui ne sont pas dans ses normes. L’esclavage est de retour et l’utilisation de colliers de servitude devenir chose commune. Lauren et ses amis en feront l’amère expérience.

La deuxième partie est particulièrement rude à lire, les exactions, les tortures, viols, meurtres d’innocents font partie du lot des prisonniers. Malgré tout, l’espoir, la force du groupe est là. Beaucoup d’entre eux vont mourir. Mais Semence de la terre reste toujours dans la tête de Lauren Olamina. On suit son cheminement, la création de son mouvement.

Entre anticipation et dystopie, Octavia Butler nous raconte sa vision d’un monde futur où le fanatisme, les crises écologiques, économiques et sociales peut entraîner un continent à tomber dans une folie meurtrière envers les plus faibles et où les riches se barricadent et oppriment à qui mieux mieux. L’espoir est quand même là, le mieux côtoie le pire. Aux hommes et aux femmes de bonnes volonté de ramener un semblant d’humanité dans un monde en pleine déliquescence.

Ce deuxième tome a été particulièrement difficile à lire surtout dans la seconde moitié et ce n’est pas Fifrildi, ma chère co-lectrice qui me contredira . Comme dans Liens de sang, l’auteure décrit crûment les exactions commises.
J’ai préféré le 1er tome, plus porté sur l’action que sur l’introspection, la fin du 2ème tome me laissant avec un sentiment d’inachevé. La vision science-fiction d’Octavia Butler n’étant pas assez développée à mon goût.

Une lecture en demi-teinte, avec une grande préférence pour le premier tome. Ce second tome est trop plein de violences, exactions. A noter néanmoins, les débuts de chaque chapitre qui sont émaillés de citations de Semence de la Terre, en forme de vers qui retracent les choses essentielles de la vie.

Merci à toi Fifrildi pour ton accompagnement de cette lecture qui a été parfois difficile ;-)