mardi 13 septembre 2022

Fable - T1 – L’aventurière des mers (Adrienne Young)

 





Fable, 17 ans, est la fille du marchand le puissant des Goulets près de la mer sans Nom. Pourtant, après la mort de sa mère au cours d’une tempête, son père l’a abandonnée sur une île peuplée de voleurs où elle a dû se battre pour survivre. Plongeuse, découvreuse de gemmes qu’elle revend pour assurer sa subsistance, Fable poursuit un but : quitter l’île et rejoindre son père afin d’obtenir son héritage, une place dans sa flotte. Pour cela elle doit gagner le continent où il a établi son comptoir commercial. Elle fait appel à West, le jeune capitaine d’un navire marchand, le Marigold, qui accepte de l’emmener. Mais une fois à bord, alors qu’elle doit faire ses preuves et être acceptée par l’équipage, elle découvre que West et son navire ne sont peut-être pas ce qu’ils paraissaient être…

 


Fable, jeune fille de 18 ans n’a qu’un but, partir de l’île de Jeval où son père l’a abandonnée quatre ans auparavant. Elle se pose toujours la question du pourquoi et son seul but est de le retrouver.
Lors d’une grosse altercation avec un autre plongeur, Fable trouve l’opportunité de rejoindre le bord du Marigold, vaisseau marchand à l’équipage très hétéroclite et mystérieux.
C’est le début d’une nouvelle aventure pour elle, le monde de la mer n’a pas de secret pour elle, c’est une plongeuse fille d’Isolde et de Saint, un marchand en pleine ascension. Elle a passé son enfance à bord d’un autre bateau l’Alouette qui a sombré quatre ans auparavant.

J’ai bien aimé ce monde maritime, les navires, ces mots spécifiques, les tempêtes, les profondeurs de la mer. Adrienne Young nous fait vivre dans ce monde bleu si particulier. De plus Fable est une gemmologue, elle ressent le chant des gemmes qui l’attendent au fond de la mer. « Soudain je l’entendis : un chœur de mille voix. Le chant harmonieux des gemmes m’enveloppa, comme l’appel du vent ».

La vie dans la mer Les Goulets est rude, tous les coups sont permis, c’est la loi du plus fort. Fable est à présent une jeune fille forte et prête à tout pour arriver à son but.

Un premier tome facile et agréable à lire, les éditeurs l’attribuent à des 6/9 ans, je dirais plus à partir de 12 ans, et oui j’ai deux petites filles de 7 et 9 ans et je les vois mal lire un livre aussi détaillé au niveau maritime. Pour un enfant qui ne connaît pas ce domaine, il lui faut le dictionnaire en permanence à côté lui. Une bonne expérience remarquez !!!

Merci à Babelio et les éditions Rageot pour cette belle masse critique, j’attends avec impatience le 2ème tome, la fin nous laissant sur notre faim….


Le livre d’or de la science-fiction (Robert Heinlein)

 



Le « livre d’or » présente le panorama complet de la science-fiction classique et moderne à travers les œuvres, les écoles et les genres qui ont marqué son évolution.


• Chaque volume est consacré à un auteur ou à un domaine particulier, dont il regroupe les nouvelles les plus fulgurantes, les plus illustres ou les plus significatives.
• Un grand nombre de textes présentés dans le « livre d’or » sont inédits en français.
• Chaque volume est en outre enrichi d'une préface, d'une étude bibliographique approfondie et de nombreuses notices demandées aux meilleurs spécialistes.
Le « livre d’or » c'est la « bibliothèque idéale » de l'amateur de science-fiction.



Le livre d’or de la science-fiction concernant Robert Heinlein est un recueil inédit de six nouvelles et d’un court roman fantastique concernant l’auteur. Cette anthologie a été rassemblée par Demètre Ioakimidis pour le public francophone et publiée en 1981 en France.

Depuis le challenge de Fifrildi concernant Heinlein, je pars régulièrement à sa découverte et j’en suis toujours agréablement surprise. Heinlein a une écriture qui me plaît, à la fois simple dans son contexte complexe de science-fiction. Il nous la rend accessible. Les thèmes sont différents que ce soit science-fiction, apocalyptique, fantastique, mathématiques, architecture.

Dans le présent recueil on retrouve :

- Une préface sous le titre de « Un juvénile patriarche »de Demètre Ioakimidis qui nous retrace la bibliographie et l’influence de Robert Heinlein sur le monde de la science-fiction.
- Six nouvelles :
.Un self made man (1941) nous fait voyager dans le temps avec ses paradoxes

. Sous le poids des responsabilités (1953) fait valoir l’utilisation de l’homme à ses dépens pour l’utilité du plus grand nombre

. L’année du grand fiasco (1952) est plutôt dans le registre apocalyptique.

. De l’eau pour laver (1947) nous emmène à travers un cataclysme planétaire.

. Les autres (1941) : schizophrénie ou réalité.

. La maison biscornue (1941) que j’ai bien aimé, car elle fait intervenir la quatrième dimension, même le contexte mathématique ne m’a pas rebutée (bon vous l’aurez deviné ce n’est pas matière préférée).

Et en dernier un court roman, mon préféré avec « L’étrange profession de Mr Jonathan Hoag (1942)

A travers toutes ces courtes histoires, on se rend compte que Heinlein peut nous emmener dans différentes directions aussi bien science-fiction avec son Histoire du futur dont j’ai lu un tome précédemment, mais aussi dans le domaine fantastique avec L’étrange profession de Mr Jonathan Hoag : avec lui tout n’est qu’illusion bien que nous soyons dans notre réalité. C’est bien écrit, fluide, compréhensible et addictif dans le suspens. Et pour ne rien gâcher il a de l’humour.

En somme un ouvrage que j’ai pris grand plaisir à découvrir à travers ses différents thèmes, je pense lire très prochainement un autre Heinlein avec « En terre étrangère ».





samedi 10 septembre 2022

Histoire du futur V – Les orphelins du ciel (Robert Heinlein)

 




L'univers mesure huit kilomètre de long. Et en largeur? Oh, peut-être un et demi, pas plus.Quant aux vieilles légendes, il y a belle lurette qu'on ne les prend au sérieux. Vraiment qui pourrait croire aux étoiles? Qui a pu imaginer que le navire se déplace dans l'espace? Quand la fantaisie va jusque là, on bascule dans le délire. Car le navire, c'est l'Espace. Rien ne peut exister à l'extérieur. Et il est facile de tout vérifier: le tour est vite fait. Ne me dites pas qu'un petit malin pourrait découvrir un jour une salle oubliée au fond du navire. Ca n'existe pas. On ne peut pas trouver de fenêtre ouverte sur je ne sais quel monde extérieur, et d'où l'on verrait bouger les étoiles. Ca n'a littéralement aucun sens, et je suis poli.



Les orphelins du ciel est un court roman, qui termine L’histoire du futur, vaste épopée écrite par Robert Heinlein.


L’histoire du futur est un cycle de nouvelles et de romans écrit par Robert Heinlein au début de sa carrière entre 1939 et 1941 (source Wiki)

L’histoire globale s’étire du milieu du XXème siècle au début du XXIIIème siècle. Dans cette dernière partie de l’Histoire, nous nous retrouvons à l’intérieur d’un vaisseau de huit kilomètres de long et de un et demi de large. Pour les humains qui l’habitent, le navire spatial est le monde, fixe. Il n’existe pas d’étoiles, c’est une hérésie d’y croire. Toutes hérésies, tares ou manquement au règlement vous mènent au convertisseur qui fournit l’énergie au navire.

Un jeune homme Hugh Hoyland est recruté dans la catégorie des savants. Et lors d’une de ses escapades et recherches aux niveaux supérieurs, il est fait prisonnier des mutes. Tout son univers va être remis en question.

Ce court roman publié en 1963 regroupe deux nouvelles écrites par Heinlein en 1941 : Univers et Sens commun.
L’histoire commence par un extrait d’une légende spatiale :
L’expédition du Proxima du Centaure, parrainée en 2119 par la Fondation Jordan, est la première tentative connue pour atteindre les étoiles les plus proches de cette galaxie. Nous ne pouvons que faire des conjonctures sur son sort…. »
Jordan, comme le nom du dieu vénéré du vaisseau. De nombreuses générations se sont succédées à bord et un micro-monde s’est mis en place, un monde pétrit de superstitions.
Nous assistons à la prise de conscience par quelques membres de l’équipage de ce qui les entoure.

J’ai trouvé ce court roman, excellent. A la fois de l’action et une réflexion sur la superstition qui tue tout mouvement de révolte sous prétexte d’hérésie.

Il ne me reste plus qu’à découvrir les autres romans et nouvelles composant cette vaste Histoire du futur.

Zephyr, Alabama (Robert McCammon)

 



Découvrez Zephyr, Alabama, l’histoire d’une époque et d’une vie, celle du jeune Cory Mackenson, qu’il passe jusqu’alors comme enveloppé d’un voile tissé de magie, de copains plus intéressés par le baseball que par la quête de l’amour, d’heures entières passées à arpenter la ville à vélo et de parents aimants. Mais c’est sans compter un événement dramatique qui va surgir dans le quotidien de cette petite ville tranquille de l’Alabama, et qui forcera Cory à ouvrir les yeux sur ce qui l’entoure.


C’est à travers ce petit bijou de roman que je découvre Robert McCammon. Non pas à cause d’un suspens insoutenable mais bien à grâce à la description d’une Amérique aujourd’hui disparue et d’une enfance, celle de Cory Mackenson. Jeune garçon de douze ans, il vit une enfance heureuse entourée de ses parents Tom et Rebecca et de son chien Rebel dans une petite ville du fin fond de l’Alabama, Zephyr.

Cependant un évènement tragique va bousculer tout son univers. Un crime horrible qui traumatise son père va le faire basculer dans le monde brutal des adultes. Mais malgré tout Cory a un cœur d’écrivain, de conteur, tout est merveilleux, fantastique.. A ses dépens il se rendra compte que tout n’est ni blanc, ni noir que la noirceur n’est pas qu’au fond d’un lac mais dans l’âme des hommes.

Zephyr Alabama est un roman d’initiation, d’apprentissage. On voit Cory évoluer en un an à travers différentes mésaventures qui lui arrivent à lui et ses copains Ben, Davy, Johnny et même Nemo… Ils auront maille à partir avec deux petites frappes, les frères Branlin deux petites teignes qui ne recherchent que la bagarre et l’humiliation de plus faible qu’eux.

Il rencontrera aussi une Lady noire, dirigeante spirituelle et aînée respectée de la communauté Noire de plus de cent ans qui lui ouvrira les yeux sur ses possibilités et son devenir.

C’est un tout petit monde condensé dans cette petite ville qui nous est livré à travers l’écriture de Robert McCammon. Très belle écriture, bien imagée, tellement vraie et sensible. Il nous décrit les sentiments de tout un chacun, les émotions, les méchancetés, la haine, car nous sommes dans les années 60, Kennedy a été assassiné, le Ku Klux Klan sévit même à Zephyr. Les blancs et les noirs ne se mélangent pas. Tout cela est motif à réflexion pour notre petit bonhomme.

Et comme Cory est un grand rêveur, tout évènement devient un fait fantastique à ses yeux, tout est sujet à raconter des histoires. Cory a le don de transporter ses copains dans des contrées merveilleuses rien qu’avec les mots.

Je me souviendrai longtemps de ce superbe roman de plus de 600 pages que je viens de lire par petite touche pour mieux en apprécier chaque mot, chaque situation. Cory restera pour moi comme le passage de l’enfance à l’âge adulte avec toute sa candeur et sa naïveté. Car quoi de plus beau que de garder une âme d’enfant qui vous protège de la noirceur du monde.

Un beau coup de cœur.

samedi 20 août 2022

Mais sinon tout va bien (Maxime Gillio)

 





Déjà, s’appeler Georges quand on a la trentaine, c’est partir avec un sacré handicap. Mais aujourd’hui, c’est bien le dernier souci de ce père célibataire au bord de la crise de nerfs. Car tout fout le camp. D’abord, sa carrière : s’exhiber en slip kangourou pour une publicité n’est pas exactement ce qu’il avait en tête en embrassant le métier de comédien. Mais pour payer ses factures et conserver l’école de théâtre léguée par ses parents, il n’a pas le choix. Ensuite, il y a Henrik, son fils adoré, surdoué mais exigeant, qui fait fuir tous ses professeurs. Enfin, Georges n'a que quelques mois pour monter Phèdre avec une poignée d’amateurs et une prof incontrôlable. Bilan : c’est la cata. Et quand une nouvelle élève, aussi talentueuse que fascinante, et une préceptrice punk aux cheveux bleus, surgie de nulle part, mettent leur grain de sel dans ce monumental bazar, Georges commence à se demander si les dieux n’auraient pas une dent contre lui.





Lille, une école d’art dramatique : Côté Cour. Un jeune directeur, Georges Goubert, comédien mais sans le sou comme beaucoup dans le métier. Un fils Henrik, surdoué mais asocial ; toutes ses préceptrices l’ont fuit au bout de quelques heures.
Rajouter Mireille, son enseignante préférée et bénévole, amie de ses parents décédés et 3 élèves Karim, Cindy et Jean-Christophe tous plus ou moins amochés par la vie.

A cela, Mireille, veut leur faire jouer Phèdre de Racine en public. Georges, n’en croit pas ses yeux, comment vont ils arriver à s’en sortir. C’est sans compter avec le destin.

Un petit roman qui soulève bien des sujets de société, l’intégration des hauts potentiels intellectuels, la corruption dans l’immobilier, la thérapie par l’art dramatique. Et aussi comment joindre les deux bouts quand on ne sait jouer que la comédie.

L’auteur nous livre cette histoire avec un style plein d’humour et un langage familier qui nous emporte dans les tribulations de Georges. Amusant, tendre, l’affection de ce père pour son fils surdoué est touchante. Et les personnages secondaires donnent de la vie et de l’épaisseur à cette histoire.
Cerise sur le gâteau l’auteur donne envie à son lecteur de découvrir cette tragédie classique de Racine à travers les répétitions de notre petit groupe de comédiens amateurs.
On sent à travers leurs commentaires, leurs sensibilités réciproques à fleur de peau.
Les déboires de Georges sont vraiment, vraiment nombreux, je dirais même que c’est un peu trop. A chaque tuile qui lui tombe dessus, je me disais : encore !!!! mais bon c’est le propre de la fiction, l’auteur nous invente son petit monde à lui.

Un livre facile à lire, on s’attache aux héros et à leurs mésaventures. Un bon point à Mireille surnommée Tortue Géniale qui apporte toute son énergie à faire sortir le meilleur de ses élèves.

Merci à masse critique Kobo et Babelio pour la découverte de cet auteur qui d’après mes recherches serait plutôt un auteur de polar. Donc première immersion dans le domaine du roman.

Hit the road, Jack (Didier Bertrand)



À Elizabethtown, au Kentucky, il ne fait pas bon fricoter avec la fille du chef d’industrie local quand on est fils d’ouvrier.
"Fous le camp, Jack !"

Commence alors pour le jeune historien un incroyable road-trip à travers le Kentucky et le Tennessee. Piégé au cœur d’un conflit mafieux entre un patron du charbon et un industriel du tabac, comment Jack sortira-t-il de ce sac d’embrouilles mortelles ? Que possède donc cette mystérieuse colline que tout le monde cherche à contrôler ?
Et Jack n'en fait qu'à sa tête: lorsqu’il découvre la décapitation des montagnes et l’exploitation des enfants dans les champs de tabac, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il reste les bras croisés, surtout quand la colère populaire gronde et que la canicule échauffe les esprits.




Après « La folle erreur de Don Cortisone » découvert l’année dernière, je réitère avec l’auteur Didier Bertrand et « Hit the road, Jack ».

Avec des sujets d’actualités, comme l’écologie, la destruction des écosystèmes, la mafia politique et l’engrenage des catastrophes minières, l’auteur nous livre ici un très bon thriller sur l’Amérique des mineurs et de la misère humaine.

Jack Stubborn, enfant de mineur, enfant de la limaille devient l’ami de la fille du patron, Elizabeth Vanderbilt. La vie, le déménagement des parents de Jack vont les séparer. Jack devient professeur d’histoire en université grâce à sa thèse sur Hannibal et sa guerre entre Carthage et Rome. Les deux héros vont se retrouver, ils ont grandi et l’amour avec. Devinez ce qui va se passer, papa Vanderbilt n’est pas d’accord et Jack doit prendre la route de l’exil.

Une route qui le mène dans une autre région où la mine et les grandes compagnies détruisent tout. S’en suit un combat pour l’écologie, la survie des mineurs, les dégradations de travail et les malheurs qui s’enchainent.

Un très bon roman sensible, sans temps mort, bien écrit qui nous fait voyager à travers l’état du Tennessee. Il y a de l’humour, de la gouaille, le héros sait manier les mots et ils sont percutants.

J’ai beaucoup aimé voyager en compagnie de Jack et suivre ses pérégrinations d’une région à l’autre. On assiste à son combat de David contre Goliath et ce n’est pas une mince affaire.

Un grand merci à Didier Bertrand de m’avoir fait connaître son dernier roman.



samedi 13 août 2022

Un ange dans la tourmente (Alain Léonard)



1914. Près de Chinon, les Decourson, viticulteurs, vivent des jours heureux. L'équilibre familial vacille dès l'annonce de la mobilisation générale. Armand, l'unique fils de la fratrie, est envoyé au front. Très vite, les siens sont sans nouvelles, redoutant le pire. Alors qu'il est officiellement porté disparu, l'une de ses jeunes sœurs, Aurélia, abandonne son projet d'études et décide d'intégrer la Croix-Rouge pour se former aux premiers soins, rejoindre à son tour la zone de combat et retrouver sa trace. À Amiens, au milieu des bombardements et des brancards, elle découvre la terrible réalité du conflit et l'horreur des blessures mais rien ne saurait l'arrêter dans sa quête ni la faire renoncer.




Été 1914. La vie est douce à Savigny-en-Véron. La fratrie Decourson vit ses derniers moments de paix, Armand l’aîné et ses jeunes sœurs Aurélia et Sophie profitent de la douceur de l’été.

Malheureusement, le pays va plonger dans l’horreur de la première guerre mondiale. Armand disparaît au front, sa sœur Aurélia ne peut l’accepter et va tout faire pour le retrouver. Pour cela elle s’engage comme volontaire médicale dans le service de santé des armées et demande à rejoindre le front.

C’est à l’hôpital 101 d’Amiens qu’elle est affectée et va être mise tout de suite dans l’ambiance. C’est la mort, la souffrance, le sang et la misère qu’elle va rencontrer. Le carnage du front arrive directement dans ces hôpitaux de campagne.

Toute une organisation est en place mais il manque toujours du personnel, des médecins, des infirmières. C’est un petit monde très solidaires les uns des autres qui œuvrent à offrir le mieux qu’ils peuvent. L’auteur nous raconte les blessés, les gueules cassées, les traumatismes, les amputations, les morts en fait toute la folie de la guerre.

Aurélia découvrira donc la réalité de la guerre, elle y trouvera aussi l’amour.

Très beau roman historique qui rend hommage à tous ces hommes et femmes qui ont donné pour la plupart leur vie pour en sauver d’autres. Il leur a fallu force et courage ainsi que persévérance pour continuer à travailler dans de telles conditions. C’était un devoir pour eux de se donner à fond pour tous ces soldats pour la plupart de jeunes hommes qui vivaient dans la peur et l’horreur journalière.

Et puis on assiste aussi au début de la médecine reconstructive, la mise en place des prothèses aussi bien orthopédiques que faciales.

Un grand merci aux Éditions de Borée et à l’auteur Alain Léonard pour son petit mot de dédicace. C’est la deuxième fois que je lis cet auteur et j’apprécie beaucoup son écriture et les sujets abordés.

Algérie, la conquête 1830 – 1870. Comment tout a commencé (Thierry Nélias)





Été 1830. La conquête de l’Algérie, censée répondre à un coup d’éventail du dey d’Alger au consul de France, est lancée par une monarchie déclinante. Mais que va-t-on faire de cette colonie ?

Après des décennies de tâtonnements, d’hésitations entre régime militaire et civil, Napoléon III débarque en 1860 sur les côtes algériennes et tranche : l’Algérie sera le cœur de son Royaume arabe, un royaume pour partie autonome, pensé dans un certain respect des droits et des coutumes « indigènes ».

Vaincu dix ans plus tard face aux Prussiens, l’empereur, que les natifs appellent le « Sultan Napoléon », n’aura pas le temps d’agir. La toute jeune République opte pour la colonisation totale, fissurant un édifice déjà fragile et ranimant les braises de l’esprit de révolte des autochtones.

1830-1870 : ces quarante années préfigurent l’histoire future et dramatique de la colonie. Riche de multiples sources d’époque, cet ouvrage nous invite à assister à la conquête aux côtés des grands noms de l’armée française et de la résistance arabe, à voir l’Algérie changer au rythme de l’installation des colons et à partager les impressions de voyage des premiers touristes. Il ancre ainsi la guerre d’Algérie dans le temps long, celui d’un passé totalement méconnu.
 




L’Algérie, on sait comment cela c’est terminé, on sait moins comment tout a commencé : Par un mouvement d’humeur du dey d’Alger qui a souffleté le consul de France par un coup d’éventail. Excuse officielle, la vraie raison est que les incursions barbaresques en Méditerranée empêchent tout commerce international.
Du coup la France sous le règne de Charles X, lance une opération militaire pour faire cesser le piratage en attaquant Alger et la côte où se réfugie les pirates.
La conquête est un long chemin de batailles, l’Algérie entre la Tunisie et le Maroc a une population essentiellement tribale et nomade.

Comme le dit l’auteur « il faut remonter aux origines pour comprendre le paradoxe de « l’Algérie française ». Le livre se passe de 1830 à 1870 où différents types de colonisation ont été expérimentés, au début essentiellement militaire, puis mi-civil, mi-militaire, puis une colonisation totale. L’auteur s’appuie sur différentes archives aussi bien militaires que civiles, des souvenirs de soldats, des vies de colons, des journalistes, des articles de presse.

Il est intéressant de lire ces articles ou ces tranches de vies du moment. On a l’impression d’y être.
L’information est essentiellement européenne, les archives écrites étant moins documentées du côté arabe.

J’ai trouvé ce livre fort intéressant, car s’y déroule la plupart des batailles, des enjeux, des décisions prises heureuses ou malheureuses pour un partie ou l’autre.
La guerre n’est jamais belle, la colonisation était une option courante pour accéder aux ressources naturelles et aux nouvelles terres à exploiter.
On y découvre les méthodes du Général Bugeaud adversaire de l’émir Abd el-Kader qu’il vainc en 1837. Il devient ensuite Gouverneur général de l’Algérie en 1840. Il adapte ses troupes aux conditions de la guerre africaine et allie la conquête militaire aux réalisations administratives.

D’autres hommes vont se faire un nom et une carrière en terre d’Algérie, le duc d’Aumale, le fils de Louis Philippe dont une ville portera le nom, le général Jean-Auguste Margueritte qui très jeune suivit son père gendarme à Kouba. L’enfant apprend l’arabe et très vite est engagé comme interprète. Sa carrière l’amènera a être un bâtisseur. Il s’occupera de la construction de routes, de villages, il rend carrossables des centaines de kms de routes et surtout il met en place des systèmes d’irrigations et des réseaux de puits artésiens qui vont permettre la distribution de l’eau aussi bien aux hommes qu’aux cultures.

Un livre en deux parties essentielles : la conquête puis la colonie et son administration.
C’est surtout une succession de témoignages qui nous montrent comment fonctionnait du côté européen cette colonisation.
Beaucoup de dissensions sur les méthodes de colonisation et d’administration, aussi bien militaires que civiles. Le livre s’arrête en 1870, à la défaite de Sedan et l’abdication de Napoléon III qui ne voulait pas d’une colonisation totale.

Un livre fort diversifié et intéressant. Il contient de nombreuses informations sur ce début de colonisation, et les témoignages reflètent bien les difficultés et différents du moment.

Je remercie Babelio et les éditions Vuivert pour cette fort intéressante masse critique.

L’écho du grand chant (David Gemmell)

 





Depuis le raz-de-marée gigantesque qui a décimé ses territoires, l’Empire avatar se meurt et ses seigneurs, autrefois immortels, avec lui. Devant ce déclin, les peuples qu’ils avaient jadis asservis se soulèvent les uns après les autres. Jusqu’au jour où deux lunes apparaissent dans le ciel et que les armées sanguinaires de la Reine de Cristal déferlent sur eux. Maîtres et esclaves doivent alors faire table rase du passé et s’unir face à l’ennemi commun. Ensemble, cinq héros que rien ne rassemble, si ce n’est le courage né du désespoir, combattront le crépuscule… car perdu pour perdu, autant partir en beauté !



Une civilisation ancienne, un peuple se faisant reconnaître comme des dieux, se retrouve un beau jour balayée par une terrible catastrophe. Ce peuple tire ses pouvoirs de cristaux qui emmagasinent l’énergie leur permettant de régénérer leur corps et cela au détriment des hommes. De vrais vampires. En contrepartie ils apportent aux peuples dominés l’agriculture, la civilisation comme ils disent. Bien sûr tout dépend de quel côté on se trouve.

Ce cataclysme va rebattre les cartes. Ce peuple dominant, les Avatars est déclinant. Il en reste à peine 500. Les Vagars ainsi que d’autres peuples se révoltent les uns après les autres. C’est sans compter avec un danger encore plus grand, les armées sanguinaires de la Reine de Cristal, peuple similaire aux Avatars qui veut prendre le pouvoir au nom de leur Reine.

Quand tout est perdu, il faut se rassembler. Les seigneurs, les esclaves vont s’unir pour les combattre.

Un défi lancé par Nadou, m’a permis de découvrir ce one-shot de David Gemmel. J’ai beaucoup aimé l’intrigue, les interactions entre les héros, l’émergence d’une conscience chez les Avatars de ce qu’ils furent. Quand l’orgueil et l’honneur donne la force d’aller au bout de leurs forces et de leur volonté.

Très bon roman qui m’a fait penser un peu à l’Atlantide en tant que terre mythique dévastée par un cataclysme. Un regard sur le rapport qui s’établit entre peuples dominés et peuples dominant. La révolte qui gronde, la prise de conscience que les rapports de force ont une limite dans le temps. Les bons, les méchants sont de tout bord dans chaque peuple.

Des héros attachant entre Talaban, le quêteur Ro, Vitruk, Touchepierre, Sofarita, Rael etc. … il y en a tant.
Des personnages arrogants qui au fil de la narration nous deviennent sympathiques pour terminer en héros. Le tout, dans la nuance.

Un excellent moment de lecture.