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mercredi 9 novembre 2022

Le dixième vaisseau (Pierre Bordage)




Sur la planète Brull, le capitaine de vaisseau Livio Squirell purge sa peine à perpétuité pour meurtre et escroquerie. Jusqu'au jour où, en échange de sa liberté, le gouvernement lui propose de prendre part à une expédition dans la galaxie du Triangle, car des signes d'une activité intelligente y ont été détectés. Mais le voyage s'annonce périlleux : les neuf vaisseaux ayant tenté l'aventure ont mystérieusement disparu... Pour s'assurer de sa loyauté, on injecte à Livio un virus dont les effets se déclencheront dans deux ans. Afin de revenir à temps pour avoir l'antidote, il prévoit alors de prendre tous les risques et de franchir les trois millions d'années-lumières qui les séparent de la galaxie du Triangle, en effectuant des bonds spatiotemporels jamais tentés...

De son côté, Flogg, une mécanospace aguerrie, décide de prendre part à l'expédition, assistée de Tarr, un Gromb, espèce ni humaine ni animale. Mais très vite, au milieu de cet équipage d'une quarantaine d'humains et non-humains, l'ambiance se dégrade... Entre sabotages, insubordinations et tentatives de meurtre, arriveront-ils à destination ? Que se passe-t-il à bord de L'Esmerillo ? Et qui a envoyé les signaux captés sur Brull ?
 
481 pages, sortie le 5 mai 2022




Pierre Bordage n’est pas un inconnu pour les amateurs de Sfff, j’ai déjà eu le plaisir de lire plusieurs de ses livres.

Ses romans ont ce petit côté fantastique, onirique qui lui sont familiers. Ici nous sommes par contre dans un domaine très cartésien, de la Space Opera. Dans le huit-clos d’un vaisseau interstellaire, nous observons et accompagnons l’équipage de Livio Squirell à bord de l’Esmerillo.

Le capitaine se voit confier la mission de rejoindre une lointaine galaxie, celle du Triangle où neuf vaisseaux ont déjà disparu.
L’équipage est très hétéroclite, entre les différentes espèces humaines et ENHNA (non humaines et non animales), aussi bien techniciens, médecins, mécanospaces qui vont devoir effectuer un voyage inter galaxie de près de trois millions d’années lumières. Un vieux vaisseau qui malgré tout, a de grandes possibilités et une IA de bord, Solilla qui pallie à toutes défaillances et calculs hyper complexes.

Une histoire très sympathique, pleine d’actions, de rebondissements, de bons sentiments. Les héros pour la plupart sont des accros de l’espace, leur vie est de voyager parmi les étoiles. Mais cette fois-ci, la mission risque d’être plus que dangereuse et surtout mystérieuse. De nombreux incidents émaillent le voyage, un saboteur est à l’œuvre dans le vaisseau.

Un livre facile à lire, malgré les termes techniques de physique quantique et d’astronautique. Les personnages sont attachant avec leurs motivations, et leurs doutes.
Solilla, l’IA du vaisseau est un personnage à part entière, avec ces belles réparties et réflexions.

Le scénario rappelle d’autres histoires déjà lues, avec le capitaine intrépide et casse-cou, les entités malveillantes, les IA, mais on s’y prend et le livre se lit d’une traite. L’écriture de Pierre Bordage est toujours aussi agréable et fluide mais dans un domaine différent de celui qui est le sien d’habitude.

Merci donc à Babelio et les éditions ScriNeo SF pour cette belle découverte.


dimanche 12 janvier 2020

La trilogie de L'enjomineur (Bordage Pierre)


TOME 1 - 1792



Vendée, 1792. Entre les aristocrates réfractaires à la marche de la Révolution et le peuple révolté par la Constitution civile du clergé, les tensions s'exacerbent. C'est dans ce climat électrique qu'Emile, que l'on dit né d'une fée et élevé par un prêtre progressiste, s'est fait embaucher comme saisonnier. A Nantes, Cornuaud tente de renouer avec les milieux du crime organisé, dont la fréquentation l'avait envoyé deux ans plus tôt par-delà les mers. Les temps ont bien changé, et les malfrats d'hier sont devenus les fervents serviteurs d'une Révolution qui a besoin d'hommes comme lui : prêts à tout. Mais Cornuaud, pour prix d'un viol qu'il a commis sur le négrier qui l'employait, s'est fait enjominer par une sorcière noire...



Avec l'Enjomineur, Bordage se lance dans de la fantasy historique au temps de la Révolution française. On assiste à la montée en puissance de la Terreur en 1792 aussi bien en Vendée (terre natale de l'auteur) et Paris : lieu de pouvoir. On sent la fracture entre les deux mondes, l'ancien le nouveau, la monarchie la révolution. Les rancunes, les misères des uns qui n'en peuvent plus de la suprématie des autres poussent le peuple à se révolter avec tous les excès que ça suppose dans les deux parties. Car tout n'est ni blanc ni noir. Chacun cherche à tirer profit des situations, soit pour régler ses comptes, soit pour s'enrichir.

Au milieu de tout cela, il y a Émile, jeune homme attachant, élevé par un prêtre progressiste. On le dit fils de fée, mais il est surtout élevé par ce prêtre à réfléchir par lui même, à lire, à écrire, à raisonner. Il ne veut pas prendre vraiment position entre les deux factions les trouvant aussi extrêmes l'une que l'autre. Il est pour l'égalité entre tous et dans l'humanisme. Mais en lui couve une colère qu'il ne contrôle pas toujours.

De l'autre côté il y a Cornuaud dit Belzébuth de son ancien nom de truand. Né dans le Pays de Retz, bandit, négrier, enjominé par une sorcière vaudou lors de ses périples sanglants. Il incarne le mal, mais on se prend à avoir de la compassion pour lui, car il cherche à se débarrasser de ce qui l'envahit mais retombe sans arrêt dans le noir. Ce qui n'empêche qu'il s'en sort toujours à chaque fois de justesse, roman oblige, plus de méchants plus d'histoire.

Et parmi tout ce beau monde pas joli joli, il y a Perette, jeune fille élevée par Bequette, la guérisseuse. Perette, c'est la beauté, la bonté et l'amour pour Émile. La petite lumière qui éclaire ce monde en furie.

Vivement la suite...

Merci à Nadou pour notre lecture commune, l'amour de l'histoire et de la fantasy nous a réuni autour de cette trilogie que nous ne tarderons pas à continuer pour notre plus grand plaisir.



TOME 2 - 1793


Au plus fort de la Terreur, Émile fuit la Vendée qui l'a vu naître, mais qui aujourd'hui le rejette pour avoir failli dans sa quête. Cependant, la fée Mélusine lui a fait un bien étrange cadeau : une dague qui tue quiconque chercherait à se l'approprier. Cornuaud, lui, est toujours habité par la sorcière noire qui l'a enjominé et qui l'incite à commettre des crimes de plus en plus horribles. Pire, à sa sortie de prison, il devient un agent de la Révolution et peut désormais agir en toute impunité. Tandis que, dans l'ombre, la secte de Mithra, sous l'égide du Père des pères, tire des ficelles de plus en plus tranchantes... 




Et nous voilà reparti avec Nadou, dans ce deuxième tome de l'Enjomineur, à la suite d’Émile et Cornuaud pris dans les tourments de la Révolution française. Nous sommes en 1793.

Après sa rencontre avec la fée Mélusine, Émile se retrouve perdu, sans ressources à fuir la Vendée et à vouloir rejoindre Paris où semble vouloir le mener le cheval fantastique que la fée a mis à sa disposition. Ce périple lui fera rencontrer de nombreuses personnes amicales, d'autres bien moins, qui lui feront prendre conscience qu'il ne faut pas faire confiance à tout un chacun. Sa dague s'anime dès qu'il s'approche du mal...

On se retrouve dans ce second tome à suivre Cornuaud toujours enjominé par la sorcière Vaudou qui lui fait commettre de plus en plus d'atrocités. Des geôles de la Conciergerie aux bas-fond de Paris, Pierre Bordage nous décrit cette période affreuse en nous faisant pénétrer dans les lieux les plus putrides et infectes de la capitale. On ressent la peur, l'insécurité perpétuelle d'être dénoncé même pour des choses inexistantes. Il faut dire que « La Veuve » coupe beaucoup de tête en cette époque. La Terreur est entrain de naître à travers le pays.
Tous les grands partis révolutionnaires que ce soit Girondins, Jacobins, etc.. se cherchent et s'éliminent au fur et à mesure. Toutes les grandes figures de la Révolution sont mentionnées à travers les grands événements de cette triste période où le pays fut à feu et à sang.
C'est surtout à travers Cornuaud que l'on ressent tout cela. Après un passage à la Conciergerie où il est enfermé pour crimes, il est recruté par le comité de sûreté nationale qui fait souvent appel à d'anciens criminels pour leurs basses besognes.
Émile et lui vont se trouver confrontés l'un à l'autre. Le bien contre le mal ? Il faudra lire le troisième tome pour en savoir plus.
Toujours autant de plaisir à plonger dans l'Histoire même si elle est mâtinée de fantastique. Bordage a le chic pour décrire la réalité la plus sordide, on s'y croit, on ressent les émotions de nos héros ainsi que de la population. C'est imagé et réaliste. Pour l'instant je dirais que c'est ma trilogie préférée de cet auteur.

Tome 3 - 1794




A la toute fin de l'année 1793, alors que la Terreur fait rage, les voiles qui entouraient le mystère de la naissance d'Emile vont enfin se lever, lui révélant le rôle qu'il est appelé à jouer dans les rangs de la secte de Mithra. Cornuaud, lui, n'en finit plus de retourner sa veste : tantôt volontaire de la Nation, tantôt du côté des insurgés, il sert invariablement ceux qui font couler le sang, car ainsi en a décidé la sorcière qui l'a " enjominé ". Ses pas lui feront traverser Nantes et la Vendée en flammes, où l'idéal de la Révolution s'est perdu dans une guerre civile meurtrière...



Et voilà nous arrivons au plus fort de la Terreur dans notre pays de France. Les différentes factions conventionnelles se font la guéguerre, la corruption est partout et qui trinquent dans tout cela : le peuple.

Émile découvre qui il y est et à quoi il est destiné. Mais les filles de la lune sont toujours là pour l’aider ainsi que le petit peuple de la nature. Il goûte à l’haoma qui lui révèle le passé, les pouvoirs et le but de la secte de Mithra. Un long travail de sape a été entrepris pour arriver à l’avènement du Taureau. Tous les milieux sont infiltrés et le Père des pères tire toutes les ficelles. Émile sera-t-il convaincu du bien fondé de cette secte ou va-t-il la combattre ?

Cornuaud quant à lui, cherche son chemin entre les patauds (révolutionnaires) et les armées vendéennes. Il combat d’un côté et de l’autre, il cherche sa place. C’est un personnage fort, très charismatique qui domine je trouve au niveau des héros de l’histoire. La sorcière vaudou vit dans son corps, ils sont un seul corps un seul esprit. Chacun apprend de l’autre.

Pauvre région, nous connaissons tous les exactions de la révolution mais vraiment ce que cette région a subi est franchement horrible dans la politique de la terre brûlée instaurée par les conventionnels de Paris pour mâter la révolte. C’est un véritable massacre organisé. Le marais, le bocage vendéen se révolte contre toutes les troupes envoyées et le mal rôde à chaque coin de bocage et dans les villes de l’ouest. Nantes sous la coupe de Carrier baigne dans le sang et la Loire devient le linceul de milliers de pauvres gens.

Bordage avec ce livre nous immerge vraiment dans la politique parisienne des milices de tous bords, où le malandrin devient le policier et l’innocent se fait guillotiner. Il nous raconte aussi l’histoire et le destin de milliers de Vendéens. L’histoire de la Vendée, sa région natale ne peut que lui être familière.

C’est une immersion totale dans un monde de violence et d’outrance. Dure époque !!!

En tout cas les aventures d’Émile et de Cornuaud nous amène à distinguer le mal, le bien, le pourquoi de la cruauté de certains hommes. La souffrance et le mépris font les tueurs du jour mais la rédemption n’est pas loin à celui qui la veut vraiment.

Coup de cœur pour cette trilogie lue en compagnie de Nadou, un grand merci à elle pour nos échanges fort agréables autour de son beau pays de Vendée.



mercredi 10 avril 2019

Arkane, 2 La résurrection (Pierre Bordage)



Après le massacre de son clan, Oziel, fille de la maison du Drac, a réussi à fuir dans les bas-fonds de la cité labyrinthique d'Arkane.
Là, elle va se mettre en quête de son frère aîné et organiser leur vengeance...
De leur côté, Renn, l'apprenti-enchanteur de pierre, et Orik, guerrier venu d'une lointaine contrée arrivent en vue de la grande cité porteurs d'une bien sinistre nouvelle : l'arrivée imminente de l'invincible armée d'invasion qui a déjà anéanti le royaume d'Orik !
Les destinées de notre trois héros vont s'entremêler et décider de l'avenir d'Arkane.


Dans la continuité du tome 1 « La désolation », nous voici reparties à l'aventure avec Angie, à la suite d'Oziel, Jifar, Renn et Orik. Les deux premiers cherchant à rejoindre le frère aîné d'Oziel, Mattéo incarcéré parmi les bagnards dans les Fonds. Les deux derniers faisant route vers Arkane pour prévenir les autorités du danger, et de l'approche imminente d'une armée surpuissante.

Nous avions dans le premier tome assisté au massacre du clan d'Oziel, fille de la maison du Drac et de sa fuite éperdue à travers tous les strates d'Arkane. Du sommet, les Hauts où elle vivait insouciante et nantie elle se retrouve à se faufiler dans des niveaux de moins en moins prestigieux et surtout plus dangereux, les Dits avec ses comédiens, hérauts, artistes, joailliers…, les Marches avec ses commerçants, les Labeurs, ses artisans, les Bas avec ses portefaix, débardeurs et enfin la fin du fin les Fonds et ses bagnards où Oziel compte bien retrouver son frère.
Tous les moyens sont bons pour franchir les étapes, on pourrait presque se croire dans un jeu vidéo à se battre pour passer les niveaux, c'est du moins l'impression que j'ai eu et pourtant je ne suis pas une fan de jeux vidéo ;-)
J'avais oublié Noy, jeune homme nanti, cadet d'une des six familles des hauts qui va avoir un rôle crucial dans la bataille finale d'Arkane avec sa jeune femme Amantara.

Ce deuxième tome est surtout une quête, une étape importante pour Oziel qui a pris possession de son pouvoir à travers le Drac. Le feu la dévore et la sauve.
Renn lui aussi sent grandir en lui son talent d'enchanteur de la pierre, il est poursuivi pas ses ennemis car justement il est un danger pour eux et leur projet d'investir Arkane. Il est bien accompagné avec Orik, son champion et défenseur qui le suit partout et le sort d'affaire en maintes occasions.
Comme l'autre tome, on les suit en alternance dans leurs avancées vers les Fonds et vers le dénouement final.

Lecture plaisante, c'est l'écriture de Pierre Bordage tout de même. Les personnages d'Oziel et de Renn sont de plus en plus approfondis, les épreuves les ont endurcis et rendus plus matures. Ils se rendent compte du rôle qu'ils ont à jouer pour sauver Arkane et aussi à se retrouver.

Joli moment d'aventure fantasy, avec ses héros et ses monstres venus des profondeurs d'Arkane. Je ne mettrai que 4 étoiles, j'ai trouvé que le livre traînait un peu en longueur avec tous ses niveaux à passer.

Niveau écriture, comme toujours elle est fluide et plaisante, Bordage a la pratique et nous fait vivre ses personnages de manière convaincante dans ce monde de fantasy

dimanche 21 mai 2017

Arkane, 1 La désolation (Pierre Bordage)

Arkane : une ville labyrinthique, bâtie selon la légende par sept maisons toutes-puissantes, et dont les luxueux niveaux supérieurs sont occupés par un pouvoir corrompu. Là, ont cours intrigues incessantes, empoisonnements, meurtres, magie noire et décadence.
Après le massacre de son clan, Oziel, fille de la maison du Drac, s’enfuit des Hauts de la ville. Elle espère gagner les Fonds afin de rejoindre son frère condamné, et de lever une armée parmi les prisonniers du terrible bagne dans les profondeurs de la cité.
Oziel rencontrera sur son chemin Renn, un apprenti-enchanteur de pierre, et Orik, guerrier venu d’une lointaine contrée…

Arkane est une ville labyrinthique en sept niveaux, gouvernée par les sept grandes familles fondatrices qui contrôlent la cité. La jeune Oziel voit son clan décimé par un complot des six autres familles et doit trouver son frère exilé dans les niveaux inférieurs de la ville. Elle doit s'inoculer volontairement la mécrose (sorte de peste/lèpre) pour se cacher et fuir les meurtriers. Pendant ce temps, Noy, membre d'une des maisons dirigeantes, enquête sur ce fameux massacre et suspecte une menace plus grave, tandis que, loin d'Arkane, l'apprenti enchanteur de pierre Renn et le guerrier Orik tentent de rejoindre la ville au plus vite pour prévenir les habitants qu'une immense armée arrive pour semer le chaos.

Voici donc les principaux personnages que nous décrit Pierre Bordage. Le début du récit met un peu de temps à se mettre en place je trouve, mais justement l'auteur nous les décrit avec précision : leur physique, leur caractère, leurs aspirations, et ma foi le tout m'a bien accroché. 

On suit leurs aventures de manière alternée, à chacun son chapitre et ça donne une bonne dynamique au livre.

Le style de l'auteur est enlevé, précis et détaillé, mais bien sûr on a affaire à Pierre Bordage. 

On retrouve également les scènes d'action haletantes, les complexes luttes de pouvoirs des élites, la cruauté des ennemis qui ont fait la renommée de l'auteur. En revanche, la violence et le sexe, habituellement très présents chez Bordage, sont ici atténués, permettant ainsi aux plus jeunes de le découvrir. 

Dans une interview Bordage nous explique « Dans Arkane, j'ai fait le choix d'avoir deux héros adolescents et il est évident que cela parlera peut-être plus à ceux qui ont cet âge. Si cela permet d'ouvrir une porte d'entrée dans mon univers à des jeunes, c'est très bien. J'espère aussi garder mes lecteurs qui sont très fidèles et me suivent depuis des années. »

C'est sans doute pour cela que je me suis laissée portée dans cette aventure, car j'aime moins les mondes de violence qu'il nous raconte dans ses livres de SF. Bon j'en ai lu que quelques uns (Porteurs d'âmes que j'ai beaucoup aimé, un peu moins Les dames blanches), mais là je suis tout à fait réconciliée avec lui du moins niveau fantasy. Et je lirai certainement la suite de Arkane.


Note : 5/5

vendredi 18 novembre 2016

Les dames blanches (Pierre Bordage)

Une étrange bulle blanche d’une cinquantaine de mètres de diamètre est découverte un jour dans une bourgade de l’ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d’Élodie. D’autres bulles apparaissent, grossissent, et l’humanité échoue à les détruire. Leur activité magnétique de plus en plus importante perturbe les réseaux électriques et numériques, entraînant une régression technologique sans précédent.Seule l’ « absorption » de jeunes enfants semble ralentir leur expansion…La peur de disparaître poussera-t-elle l’humanité à promulguer la loi d’Isaac ? Mais peut-on élever un enfant en sachant qu’il vous sera arraché à ses trois ans ? Camille, qui a elle-même perdu un fils, et son ami Basile, d’origine malienne – ufologue de son état – vont essayer de percer le mystère des dames blanches afin d’éviter le retour à la barbarie.
Un livre poignant, dans lequel Pierre Bordage donne toute la mesure de sa passion pour les grands mythes fondateurs de l’humanité et sa haine des fanatismes.

Pour tenir mon challenge Bordage je me devais de lire un dernier livre de cet auteur. Avec quelques amis Babeliautes, nous avons choisi « Les Dames Blanches », et je dois dire que je suis un peu déçue par cette histoire. 

Le thème choisi aurait pu être très intéressant, imaginons des entités inconnues qui capturent les petits de moins de quatre ans et cela sur plusieurs décennies. On voit les humains comme toujours se retrancher dans leurs certitudes du refus de ce qui leur est inconnu et commettre des lois iniques et totalement inutiles. 

Il m'a fallu arrivé à la moitié du livre pour trouver un semblant d'intérêt à la narration, j'avais l'impression de m'engluer dans un univers totalement insipide, dans le quotidien des différents héros qui se succédaient. Le point d'ancrage dans tous ces personnages, étaient Camille et Basile.

Et puis, au fur et à mesure de la lecture, la barbarie, l'ineptie des gouvernants qui promulguent des lois totalement arbitraires et qui nous rappellent les sombres heures de la dernière guerre mondiale, avec ses milices et tout le toutim, m'ont mise en colère. 

Pour Pierre Bordage, qui n'a vraiment pas l'air d'avoir foi en l'humanité, l'homme, la société serait capable pour soi-disant sa survie, de menez à l'abattoir de petits êtres sans défense, au titre de la soi-disant survie de l'espèce. Cette histoire m'a beaucoup remuée, étant mère et grand-mère, je ne peux supporter que l'on ait une vision telle de sacrifier ce qu'on a de plus précieux au monde : nos enfants.

A travers cette histoire on voit l'humanité se déliter dans ses compromissions et certitudes.

J'en suis à mon cinquième livre de Pierre Bordage, et je dois dire qu'il me met mal à l'aise dans ses certitudes que tout est mauvais ou presque dans l'homme. Il ressort toujours bien sûr quelques exceptions, mais elles sont rares. Sa vision de notre futur est franchement très pessimiste. Un peu d'espoir dans tout cela ferait du bien.


Note : 3.5/5


samedi 21 mai 2016

L'évangile du serpent (Pierre Bordage)



Quatre « évangélistes » - Mathias, jeune tueur d’origine russe au visage d’ange, Marc, journaliste à la cinquantaine désabusée, Lucie, strip-teaseuse sur le Net et Yann, premier disciple - vont approcher chacun à leur façon un jeune Indien d’Amazonie élevé en Lozère, Vaï-Ka’i ou Maître-esprit en langue Desana. Les chemins de ces quatre personnages ne se croiseront qu’à la fin du roman. Chacun d’eux suivra une évolution personnelle émaillée de prises de conscience ou d’expériences déroutantes. À la fois chamanique et écologique, l’enseignement de Vaï-Ka’i prône une réconciliation avec la mère Terre malmenée depuis le mythe de la chute du jardin d’Éden et une vision cyclique du temps, opposée à la vision linéaire du temps génératrice d’un progrès fragmenté. Les disciples, de plus en plus nombreux, abandonnent leurs maisons qu’ils marquent du symbole du serpent double, ou la double hélice d’ADN, pour se lancer dans le néo-nomadisme. Les miracles qui fleurissent dans le sillage de Vaï-Kaï lui valent une renommée croissante, qui attire des adeptes du monde entier, mais qui inquiète les autorités. Car c’est bel et bien la menace d’un bouleversement des valeurs établies et des notions de propriétés, de biens — les marchands du temple —, que font planer le « Christ de l’Aubrac et les néo-nomades ». Alors les pouvoirs en place vont riposter, d’abord par la calomnie, les faux témoignages, les procès, ensuite par le jugement suprême, celui de la télévision, et enfin par la sentence, la mort.Un grand Bordage, servi par un rythme narratif admirable et des personnages contemporains justes et émouvants, pour une entrée en littérature générale attendue.

Biographie :

Né en 1955 en Vendée, Pierre Bordage est notamment l'auteur des Guerriers du silence, Grand Prix de l'imaginaire en 1993, de Wang, Prix Tour Eiffel 1997 et des Fables de l'Humpur, Prix Paul Féval de littérature populaire 1999. Écrivain visionnaire et conteur hors-pair, l'imaginaire formé par les mythologies, il est l'un des plus grands romanciers français actuels. Prix Bob Morane 2001, L’Évangile du Serpent est le premier volet de la trilogie contemporaine des Prophéties, qui se poursuit avec L'Ange de l'Abîme (Au diable Vauvert).


Dans le cadre du challenge Pierre Bordage, je viens de terminer « L'évangile du Serpent », le premier tome de La trilogie des prophéties.

A l'instar du Nouveau Testament, Pierre Bordage structure son histoire autour d'un messie amazonien Vaï-Kaï qui prône une réconciliation avec la mère Terre malmenée, de ses quatre évangélistes : Mathias, jeune tueur d’origine russe au visage d’ange, Marc, journaliste à la cinquantaine désabusée, Lucie, strip-teaseuse sur le Net et Yann, premier disciple de Vaï-Kaï.

On alterne les chapitres sur ces quatre personnages. Vaï-Kaï bien sûr est l'élément central, mais ceux sont eux quatre que Bordage nous raconte, ils sont profondément humains, avec leurs qualités, leurs défauts, mais surtout il nous fait découvrir leur cheminement intérieur au contact du nouveau prophète. Ils se cherchent, ils se perdent, et ils accèdent enfin chacun d'entre eux avec leur expérience, à une vérité qui leur ouvre grand les yeux et leur apporte la paix intérieure.

On sent à travers ses livres, que Bordage est lui-même à la recherche de sa propre vérité. Les thèmes mystiques, religieux, la spiritualité doivent lui tenir à cœur, car c'est un point commun avec les quelques livres que je viens de lire de lui.

Ce n'est pas tant la description de la société où évolue nos personnages qui m'a intéressée, mais plutôt l'évolution des héros Yann, Mathias Marc et Lucie. Bordage les rend très proches de nous, quand on lit les chapitres, on a l'impression de vivre à travers eux. Ils sont à la fois si fragiles et si forts, qu'ils trouveront tout quatre, le but à leur vie. Et n'est ce pas ça qui est primordial dans notre quête à tous.

Tout ceci pour dire, que j'aime beaucoup l'écriture et le style de Bordage, ces personnages sont poignants de vérité et si proche de nous avec leur questionnement, je me suis beaucoup attachée à eux.
La suite au prochain épisode avec « L'ange de l’abîme », second volet de la trilogie.



lundi 4 avril 2016

Porteurs d'âmes (Pierre Bordage)





Léonie, achetée enfant au Liberia, séquestrée, prostituée, s'enfuit à vingt ans de son enfer pour se retrouver clandestine et sans papiers dans les rues de Paris. Edmé, inspecteur désenchanté à la Crim', déprimé par les violences, la misère et le cynisme qu'il côtoie chaque jour, découvre un étrange charnier dans la Marne. Cyrian, fils de famille en mal de raisons de vivre, se prête à un voyage expérimental d'un genre nouveau, pour trouver le frisson de l'extrême : le transfert de l'âme dans un corps d'emprunt. Leur point commun ? Tous trois sont porteurs d'âmes, comme tous les êtres humains.

Mais parfois les âmes ne sont pas où elles devraient être...

Polar, roman d'amour et anticipation... Pierre Bordage joue ici de tous les genres pour mieux évoquer la rencontre des âmes.

Biographie de Pierre Bordage :

Né en 1955 en Vendée, Pierre Bordage est l'auteur de plus de trente romans et recueils distingués par de nombreux prix (Grand Prix de l'Imaginaire, Prix Paul Féval de littérature populaire, Prix Tour Eiffel...). Écrivain visionnaire et conteur hors pair, l'imaginaire trempé dans les mythologies, il est un des grands romanciers français contemporains. Il a publié au Diable Vauvert la magnifique trilogie des « Prophéties ».

Citation :

« Les êtres humains vivaient tous sur la même terre, mais chacun se figurait que l'univers se résumait à ses seules perceptions, à son seul moi. De là sans doute la plupart des malentendus humains. Si les croyances et les certitudes dépendaient de la façon dont les sens appréhendaient le monde extérieur, comment se mettre à la place de l'autre ? » (p.316)

L'avis de Marie-Jo

Edmé, caricature de flic sur le retour, n’a plus goût à rien.
Cyrian est un gosse de riche à qui rien ne semble manquer
Léonie, vingt ans, est libérienne. Elle s’est enfuie du pavillon de sa tante qui la livrait à la prostitution depuis douze ans.
Entre ces trois personnages que tout sépare, une étrange machine : le translateur. L’invention va attiser bien des convoitises et provoquer nombre de morts.

L'histoire, mélange de polar, d'anticipation et de prise de conscience de l'autre, est un livre qui nous livre toute la noirceur de notre société, qui personnellement bien que connaissant la nature humaine, m'a laissé très mal à l'aise au début. (par les scènes de maltraitance, les dialogues et les situations crus) Mais bon je suppose que c'est le jeu de l'auteur, nous mettre dans l'ambiance malsaine des rapports humains, la haine, la lubricité, la maltraitance, le mépris de l'autre, pour mieux faire ressortir en fin de compte l'empathie, la compassion, la meilleure connaissance de soi, et bien sûr l'amour qui émerge de tout cet imbroglio.

Un livre dans lequel j'ai eu du mal à rentrer mais qui m'a pris dans ses filets. Je me suis laissée entraîner, je ne l'ai plus lâché et me suis attachée aux trois héros que l'on suit en parallèle au fil de chaque chapitre.

L'action est là, très présente en alternance avec des questionnements sur la nature humaine, sur notre société capitaliste qui ne s'occupe plus de l'humain mais plutôt de ce qu'il peut rapporter de profits. C'est aussi une toile de fond qui fait ressortir la vie au quotidien des sans-abris, de tout ce monde invisible qui nous entoure.
Edmé, comme Léonie, comme Cyrian, cherche, plus ou moins activement, à donner du sens, de la substance, de la vie à leur existence, jusque-là passive. Cette recherche va révéler leur âme, leur personnalité profonde et les valeurs qui les animent.

En somme un livre que j'ai beaucoup aimé, l'anticipation est peu présente finalement sauf à la fin mais est le révélateur et l'accélérateur de la compréhension de nos trois héros avec leur questionnement, leur force et leur faiblesse qui les révélera à eux mêmes.

Mon premier Bordage qui me donne un aperçu de son écriture et de ses valeurs, qu'il cherche à mettre en évidence parfois d'une manière un peu impromptue en plein milieu d'un chapitre, ce qui est un peu dommageable lorsque qu'on est en pleine action. Je ne peux pas dire que tout m'ait plu dans le livre mais je me suis laissée emportée par les vies parallèles de nos héros et leurs aventures.

jeudi 10 mars 2016

Ceux qui sauront (Bordage Pierre)







Après l’exécution publique de Jules Ferry et le renversement du gouvernement Gambetta en 1882, le roi Philippe VII a durablement installé la monarchie absolue en France. La Seconde Restauration a fermé les écoles et interdit l’apprentissage de la lecture et de l’écriture aux masses laborieuses, jugées trop dangereuses pour être instruites. Les progrès techniques sont réservés aux élites. Le Parti de l’Ordre veille. 

C'est dans cette ambiance, que Jean, jeune « cou noir » tombe amoureux de Clara, jeune aristocrate, fille de l'Argentier à la cour du roi.

A travers sa narration Pierre Bordage, nous mets dans le prolongement du 18ème et 19ème siècle, niveau mentalité, 20ème niveau technologie. On a l'impression de se retrouver dans « Les misérables » de Victor Hugo, lors des grosses révolutions populaires du 19ème siècle, lors de la manifestation des laissez pour compte de la société ainsi que dans l'eugénisme nazi, lorsque Hitler voulait exterminer tous les handicapés mentaux et physiques.

La foule prolétarienne ne cesse de se révolter, mais son inculture, son illettrisme la condamne à échouer. Alors les plus malins, les plus instruits misent sur l’éveil des consciences par l’éducation. Ceux qui sauront sauveront les autres. Bel idéal, qui pour l'instant n'aboutit à rien, malgré les bonnes volontés mais qui espérons le, marchera mieux dans les autres tomes.

Ce premier tome m'a bien accroché, autant par l'histoire ( car j'adore l'Histoire même revisitée), que par l'écriture de Pierre Bordage qui est franchement très agréable et même poétique dans certaines descriptions de situations et de descriptions. A poursuivre…..la suite.