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samedi 24 juin 2023

La maison des âmes perdues (Alain Léonard)




Claire, jeune fille de 17 ans, descend de son village de Besse pour se placer comme domestique chez une famille de notables de Clermont-Ferrand. Exploitée et peu considérée, elle est en outre forcée par François, le fils de la famille. Se découvrant enceinte, commence alors pour elle une descente aux enfers qui la mènera bien malgré elle dans une maison close de la ville.
Dans le sombre avenir qui l’attend, Claire parviendra-t-elle à renouer avec des jours heureux ?



La Belle Époque fin 19ème/début 20ème l’insouciance d’une certaine partie de la population n’est pas forcément celle d’une autre. Pour vivre correctement, les filles des montagnes ou de paysans cherchent du travail dans les grandes villes. Ici l’histoire se situe à Clermont-Ferrand dans le Massif Central. Claire jeune fille du village de Besse, s’est faite engager comme domestique au sein d’une famille bourgeoise dont le père est notaire. Pour elle c’est un soulagement car la vie est difficile pour sa famille.

Malheureusement, le fils de famille est un étudiant en droit, imbu de lui-même et pour qui tout est dû. La jeune fille va subir ses assauts et vite se retrouver enceinte. Scandale, elle est mise à la porte et se retrouve à la rue sans ressources. Elle a le malheur de tomber sur la mauvaise personne qui va l’entraîner dans le cycle infernal de la prostitution. A cette époque, tout est réglementée et les filles sont enfermées dans des maisons closes à la merci de mères maquerelles et de souteneurs violents.

Elle va trouver aussi l’amitié au sein de ce groupe de filles. La vie est dure, les brutes partout. Claire pourra-t-elle retrouver sa liberté et connaître l’amour ?

A travers son roman, l’auteur nous raconte la vie d’une maison close de l’époque, La Boule d’Or qui a vraiment existé. Les tracasseries de l’administration, la surveillance accrue de la police et des instances sanitaires.
Ce roman, nous amène aussi à l’époque de la Belle Époque avec l’émergence des thermes du Massif Central.

J’ai déjà lu d’autres romans d’Alain Léonard. Il sait nous parler de son terroir, de la vie de l’époque, de ses personnages attachants, et bien sûr de ces belles terres du Centre de la France.

Agréable lecture, je remercie Les Éditions de Borée pour ce dernier roman d’Alain Léonard.

samedi 13 août 2022

Un ange dans la tourmente (Alain Léonard)



1914. Près de Chinon, les Decourson, viticulteurs, vivent des jours heureux. L'équilibre familial vacille dès l'annonce de la mobilisation générale. Armand, l'unique fils de la fratrie, est envoyé au front. Très vite, les siens sont sans nouvelles, redoutant le pire. Alors qu'il est officiellement porté disparu, l'une de ses jeunes sœurs, Aurélia, abandonne son projet d'études et décide d'intégrer la Croix-Rouge pour se former aux premiers soins, rejoindre à son tour la zone de combat et retrouver sa trace. À Amiens, au milieu des bombardements et des brancards, elle découvre la terrible réalité du conflit et l'horreur des blessures mais rien ne saurait l'arrêter dans sa quête ni la faire renoncer.




Été 1914. La vie est douce à Savigny-en-Véron. La fratrie Decourson vit ses derniers moments de paix, Armand l’aîné et ses jeunes sœurs Aurélia et Sophie profitent de la douceur de l’été.

Malheureusement, le pays va plonger dans l’horreur de la première guerre mondiale. Armand disparaît au front, sa sœur Aurélia ne peut l’accepter et va tout faire pour le retrouver. Pour cela elle s’engage comme volontaire médicale dans le service de santé des armées et demande à rejoindre le front.

C’est à l’hôpital 101 d’Amiens qu’elle est affectée et va être mise tout de suite dans l’ambiance. C’est la mort, la souffrance, le sang et la misère qu’elle va rencontrer. Le carnage du front arrive directement dans ces hôpitaux de campagne.

Toute une organisation est en place mais il manque toujours du personnel, des médecins, des infirmières. C’est un petit monde très solidaires les uns des autres qui œuvrent à offrir le mieux qu’ils peuvent. L’auteur nous raconte les blessés, les gueules cassées, les traumatismes, les amputations, les morts en fait toute la folie de la guerre.

Aurélia découvrira donc la réalité de la guerre, elle y trouvera aussi l’amour.

Très beau roman historique qui rend hommage à tous ces hommes et femmes qui ont donné pour la plupart leur vie pour en sauver d’autres. Il leur a fallu force et courage ainsi que persévérance pour continuer à travailler dans de telles conditions. C’était un devoir pour eux de se donner à fond pour tous ces soldats pour la plupart de jeunes hommes qui vivaient dans la peur et l’horreur journalière.

Et puis on assiste aussi au début de la médecine reconstructive, la mise en place des prothèses aussi bien orthopédiques que faciales.

Un grand merci aux Éditions de Borée et à l’auteur Alain Léonard pour son petit mot de dédicace. C’est la deuxième fois que je lis cet auteur et j’apprécie beaucoup son écriture et les sujets abordés.

jeudi 5 août 2021

La prophétie des marguerites (Alain Léonard)


Aînée de 6 enfants, Jeannette a grandi dans une ferme près de Clermont-Ferrand. En 1867, elle part travailler à Paris avec Marius qu'elle a rencontré à Riom dans l'hôtel-restaurant où elle travaille comme fille de salle. Ensemble, ils vont découvrir la vie d'ouvriers dans une filature de Vaugirard, les premières grèves et aussi l'Exposition Universelle. Suite au décès accidentel de Marius, Jeannette, sans argent, est arrêtée pour vol et condamnée à 6 mois de prison...


Jeannette, 16 ans en 1866 est l’aînée d’une fratrie de 6 enfants. Après de si nombreuses grossesses en si peu de temps sa mère décède peu de temps après la naissance de son dernier enfant. Le père bourru, alcoolique s’est entiché d’une autre femme qu’il impose à ses enfants. Vous devinez bien ce qu’il va se passer. Jeannette ne supportera pas longtemps Lucile et vice-versa. La marâtre va vite convaincre son mari de placer sa fille au travail comme petite main. 

En un sens c’est un nouveau départ pour la jeune fille qui va rencontrer son premier amour Marius au bal de Beauzire, village d’Auvergne près de Clermont-Ferrand. Leur périple ne s’arrêtera pas là. L’attrait de Paris, des grandes usines, des filatures et de l’ère industrielle en plein essor feront que nos tourtereaux migreront vers la capitale. 

Mais la vie pour les petites gens n’est pas facile en cet fin du Second Empire. Paris est un immense chantier sous la houlette du baron Haussmann. Les conditions de vie difficiles pour les ouvriers. Et le destin ne vous joue pas toujours de jolis tours. Comme le dit le titre Jeannette devra se méfier à ne pas s’approcher des marguerites. Je n’en dirai pas plus. 

C’est une bien belle chronique de cette dure époque d’évolution de la société. On visite l’exposition universelle, les nouvelles avenues de Paris, les grands magasins mais aussi les immenses usines de filatures où règnent des monstres de machines et où l’homme et la femme se retrouvent tout petit. Du fait de la destruction de nombreux bâtiments le logement est très difficile à trouver pour les petits salaires. La colère gronde dans le milieu ouvrier. 

J’ai beaucoup aimé suivre le cheminement de Jeannette dans cette découverte si palpitante de la capitale, elle, la petite auvergnate. Le style, l’écriture de l’auteur nous fait vibrer pour la jeune fille qui devra prendre son destin en main. 

Très belle histoire sensible qui nous fait vivre cette deuxième moitié du XIXème siècle en compagnie des moins nantis de notre société. 

Merci aux Éditions de Borée et à Alain Léonard de m’avoir fait découvrir en avant première ce livre qui sortira le 12 août prochain.