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samedi 19 février 2022

Un pays de neige et de cendres (Petra Rautiainen)

En 1944, au milieu des étendues sauvages de la Laponie, un jeune soldat finlandais, Olavi Heiskanen, officie comme traducteur dans un camp de prisonniers dirigé par les Allemands. La cruauté fait partie du quotidien, détenus et gardiens luttent pour préserver leur humanité.

Enontekiö, 1947. La journaliste Inkeri Lindqvist s’installe dans la ville pour écrire sur la reconstruction de la Laponie. Mais elle cherche avant tout, et en toute discrétion, à élucider le mystère qui entoure la disparition de son mari durant la guerre.
Alors qu'Olavi et Inkeri cohabitent, la journaliste découvre peu à peu ce que tout un peuple sami a subi dans l'indifférence la plus totale. Et dans la nuit polaire, l'Histoire s'apprête à révéler, sous le soleil de minuit, ses plus sombres secrets.
Petra Rautiainen est née en 1988 en Finlande. Elle s'intéresse à la représentation du peuple Sami dans les médias. Un pays de neige et de cendres, son premier roman, est un best-seller et a été traduit dans douze langues.
Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli.
 


1944, un jeune interprète finnois Väino Remes débarque au centre pénitentiaire d’Inari en Finlande. Le grand Nord, le froid, la neige, la souffrance, la cruauté, il verra de tout mais du côté des gardiens. En tant que finnois, il est associé aussi au rôle de gardien alors qu’initialement il est interprète. La peur règne dans le camps, les prisonniers sont souvent déplacés sans savoir pourquoi. Même les gardiens ont peur.

1947, à Enontekiö près du lac Inari, Inkeri Lindqvist, photographe pour un magazine s’installe dans sa nouvelle maison. Le journal qui l’a mandaté pour son reportage, l’a achetée à un autochtone sami, Pietra, vieil homme taciturne qui a une petite fille Bigga-Marja.

S’en suivront de nombreuses découvertes sur de mystérieuses fouilles et surtout sur le passé des Samis, communauté primitive qui vit de l’élevage de rennes et nomadisent dans une zone qui couvre le nord de la Suède, de la Norvège, de la Finlande ainsi que la péninsule de Kola en Russie connue sous le nom de Laponie. Leur vie est rude, soumise à de multiples discriminations, vexations de la part de leurs voisins.
La Finlande a eu pendant la seconde guerre mondiale un statut d’allié de l’Allemagne et des purges sont faites à la fin de la guerre.

Le livre s’articule entre deux histoires qui se rejoignent à la fin. On alterne avec deux personnages au fil des chapitres.

Le premier, le journal intime de Väino Remes nous raconte son séjour à Inari, au milieu de ses compagnons soldats et des prisonniers qui nous apparaissent comme des fantômes.

La deuxième, Inkeri, journaliste à la recherche de son mari disparu lors de la seconde guerre mondiale. Sous couvert de ses reportages elle cherche à savoir ce qu’il est devenu.
Et puis au contact de Bigga-Marja, elle prend fait et cause pour ce peuple sami et s’attache à l’enfant. Elle lui apprend le métier de photographe et la prend sous son aile.

Thriller glaçant et très intéressant malgré ce que l’on peut supposer de ce qu’il se passe dans le camps. On ne sait que trop malheureusement ce que cela peut comporter de manipulations, expériences et cruauté.
L’auteure sans s’étendre sur la cruauté la laisse deviner.

En somme un thriller a deux voix qui se rejoignent. Oppressant, sombre comme la nuit polaire en hiver ou qui rend fou lors de la saison estivale lorsque le soleil se couche à peine. Un vent de folie semble parfois flotter au dessus des hommes.
Un livre qui prend aux tripes et nous raconte les horreurs de la guerre ainsi que la discrimination d’un peuple qui ne demandait rien que de vivre leur vie ancestrale.
L’écriture de l’auteure alterne entre beauté des paysages et cruauté des hommes.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture et je remercie Babelio et les Éditions Seuil de cette découverte en avant première.

Chaos (Luca Tahtieazym)

Il neige.

Mais, sans que personne n’ait pu l’anticiper, les flocons ne cessent plus de tomber et, au fil des semaines et des mois qui passent, recouvrent peu à peu les vestiges du monde tel que nous le connaissions.
Les survivants tentent de s’organiser. Parmi eux, une femme. Seule et livrée à elle-même.
Dans un déchaînement de violence et de désespoir, elle cherche un homme pour le tuer et ni les loups ni les tempêtes ne pourront l’empêcher de se venger.




Dans le cadre de notre petit défi littéraire, Nadou m’a choisi un livre qui me sort totalement de ma zone de confort. Merci à elle, il en faut un peu quand on lit beaucoup ;-). Il faut changer de genre de lecture, ce serait trop facile sinon lol.

Donc du post-apocalyptique glaçant, de la neige soudaine et drue partout depuis près d’un an, le monde est envahi par ce grand Blanc. Des hommes, des femmes en mal de survie. Des loups partout qui attaquent de plus en plus en meutes. La faim, le froid, la solitude, la mort omniprésente.
Des vengeances en suspend de retrouver les coupables.

Le roman est scindé en deux parties.

La première nous raconte le périple d’une femme, seule dans ce grand blanc, pour qui la vengeance est le seul moteur à sa survie. Et il lui en faudra du courage et de la ténacité au fil de chaque pas fait pour retrouver l’Autre.

La deuxième partie nous plonge au milieu d’un groupe d’hommes, de femmes nombreux. On dit que l’union fait la force, mais à force de mésaventures, de drames, de morts, la solidarité en prend un coup.

Et puis ne dit on pas, l’homme est un loup pour l’homme.

Un roman glaçant, cruel, désespérant. Aucune perspective que cette neige qui envahit tout. Même l’humanité des hommes disparaît.
Je ne peux pas dire que ce soit un sujet qui m’ait passionnée, je m’y suis laissée prendre néanmoins. On veut toujours connaître la fin de l’histoire.

J’ai trouvé le roman pas mal tourné, l’idée est bonne. Mais la narration pâtit de longueurs et de redondances. Il y a bien sûr des moments où l’action s’accélère et où les personnages prennent de la puissance. Et puis certaines notions carnivores m’ont un peu soulevé l’estomac. A ne pas lire après un bon repas ;-)))

Au final, un livre à découvrir, pour qui aime la neige, quoique là les mordus n’apprécieront pas forcément.