jeudi 26 mars 2020

Les porteurs d'eau (Atiq Rahimi)

11 mars 2001 : les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan. Le même jour basculent la vie d'un porteur d'eau à Kaboul et la vie d'un exilé afghan entre Paris et Amsterdam (Amazon)


Atiq Rahimi est un auteur que j'affectionne. Ses mots sont touchants, ses phrases sont poétiques et le contenu tellement triste mais si réalistes. Jamais il ne vous mentira et c'est ce que j'apprécie chez cet auteur. 

Ce roman est digne de lui. Il relate avec tant de silence la souffrance que renferme chaque personnage. "Les porteurs d'eau" est sans doute celui que j'ai moins aimé et pourtant... 

Ma note : 3/5

mardi 24 mars 2020

Boudicca (Jean-Laurent Del Socorro)


Angleterre, an I. Après la Gaule, l'Empire romain entend se rendre maître de l'île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan Icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l'empire des aigles jusqu'à Rome ?
À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd'hui encore la révolte.

Après Royaume de vent et de colères, premier roman très remarqué qui a reçu le prix Elbakin.net 2015, Jean-Laurent Del Socorro fait son retour avec une héroïne symbole d'insoumission...

« Il n'y a pas de honte à renoncer car seuls les dieux ne connaissent pas la peur. Je ne vous jugerai pas. Je vous pose simplement la question : serez-vous, aujourd'hui, à mes côtés ? » 


Boudicca qu’on appelle aussi Boadicée est une reine guerrière du Ier siècle, qui dirigea la grande révolte des Bretons contre l'occupant romain. Elle est née vers 30 et morte en 61. Reine des Icenis dans la région qui est aujourd’hui le Norfolk au Nord-Est de la province romaine de Bretagne (source Wikipédia).

Les historiens Tacite et Dion Cassius ont en dressé un portrait terrifiant, avec Jean-Laurent Del Socorro c’est un portrait de femme de son enfance à sa mort. Il nous offre une version très poétique et onirique de l’enfant (fille d’Antedios et des deux Andraste, reine des Icènes et déesse de la guerre) en manque d’amour et de reconnaissance de son père, à son initiation guerrière par sa protectrice Ysbal (une ancienne guerrière) à son éducation par le druide Prydain (le grand druide) qui lui apprend toutes les subtilités de la nature et des hommes. La jeune fille est une rebelle qui aime son peuple. Elle se bat pour lui avec amour et passion.

Pour lui elle devient une chef courageuse, respectée pleine de ressources et déclare la guerre à l’ennemi romain. Elle est femme, elle est reine, elle est mère. Tout cela Del Socorro nous le raconte dans un livre relativement court mais bien condensé et plein d’émotions, on a l’impression d’être dans un monde de héros mythiques de légendes mais en fait ce fut une réalité.

Une femme forte et en manque de beaucoup de repères mais qui sait les dépasser. Une reine dans un monde d’hommes, les siens la reconnaissent comme telle, les Romains la sous-estiment, ils en paieront le prix fort. Mais l’Aigle est plus fort que le Lièvre… malheureusement pour Boudicca.

Très beau roman que j’ai adoré. J’aime l’écriture de Del Socorro déjà découverte "Dans royaume de vents et de colères".

Cerise sur le gâteau, la couverture du livre est vraiment magnifique. La femme représentée couverte de peintures de guerre dans cette couleur bleue vive a tout de la guerrière des temps anciens. Ce livre donne envie d’en découvrir un peu plus sur cette femme hors norme qui est devenue une légende pour son peuple.

mercredi 18 mars 2020

Kristin Lavransdatter (Sigrid Undset)



Kristin Lavrandsdatter défie l'autorité du père adoré quand elle refuse d'épouser l'homme que celui-ci a choisi pour elle. En effet, elle aime Erlend, le chevalier au passé scandaleux. Mais le couple que forment Kristin et Erlend va connaître de orages. La jeune femme, amante passionnée à seize ans, épouse et mère à dix-sept , se retrouve maîtresse du domaine de Husaby. Très vite elle va apprendre à le diriger, à devenir celle sur qui tous et toutes reposent. Jusqu'au jour où ses fils, devenus des hommes, prétendent prendre en main leurs destins. Kristin devra alors choisir entre deux attitudes : céder à l'amertume du désespoir ou croire qu'il est encore possible de donner. Décrivant avec une exactitude féroce les conditions de vie du Moyen Âge scandinave et les débuts du christianisme, Sigrid Undset nous offre le tableau sublime d'une existence tragique, et l'une des plus belles figures de femme que la littérature ait produite. 




Tome 1 – La couronne


Kristin Lavransdatter de Sigrid Undset (auteure norvégienne 1882/1949) est un cycle romanesque comprenant « Kransen » (La couronne le présent volume sorti en 1920. Lui succéderont « Husfrue » (La femme 1921 ou aussi « La maîtresse de Husaby) et « Korset » (La croix 1922).
Avec cette œuvre Sigrid Undset obtiendra le prix Nobel de littérature en 1928.


En compagnie d'Eric76, nous nous sommes décidés à attaquer cette trilogie avec entrain, une intégrale de près de 1100 pages. L'attrait du roman, de l'histoire et de l'Histoire y sont pour beaucoup. Il y a déjà quelques années j'avais lu « Vigdis la farouche » qui m'avait beaucoup plu par l'écriture forte de l'auteure.

Nous voici donc au début du 14ème siècle en Norvège à Joerundgard dans le Gulbrandsdal où les parents de Kristin se sont installés.
La jeune fille va y grandir entourée de l'amour de ses parents.
C'est une vie de grand air, de beauté vespérale, d'amour de la terre. Son père est un homme aisé mais la vie de l'époque est très rude. Les petits enfants ne vivent pas longtemps et Kristin est donc un bonheur pour eux.
La jeune fille évolue dans un domaine où tout le monde travaille dur, les femmes comme les hommes. C'est le monde du Moyen-âge et la religion y a une grande place. Les pays scandinaves ont été évangélisés au 11ème siècle et la vie quotidienne et les mœurs en sont toutes imprégnés.

L'écriture de Sigrid Undsett est toujours aussi belle, forte et imprégnée de poésie. Les descriptions champêtres sont magnifiques, on assiste à une explosion de descriptions de la nature de ce pays scandinave où les nuits peuvent durer plusieurs jours et inversement. Le froid y est présent, glacial et peut causer de graves pénuries qui menacent directement la population.

Mais c'est aussi un roman, où l'amour va révéler une Kristin, forte, déterminée mais aussi fragile. Sa forte imprégnation religieuse la tourmentant.
Ce premier tome nous raconte ses premiers émois et sa révolte et son entêtement à obtenir ce qu'elle veut vis à vis de ses parents.
Il me tarde de découvrir la suite de sa vie auprès de l'homme qu'elle s'est choisi.

Tome 2 – La maîtresse de Husaby

Avec ce tome 2, Sigrid Undset, nous brosse le portrait du mariage de Kristin et d’Erlend, un mariage bouleversé par la passion, les récriminations, ainsi que par l’ Histoire.
Kristin veut créer son foyer, élever dignement ses enfants, nombreux : sept fils. A travers cela elle espère effacer la honte qu’elle a causée à ses parents et à eux-mêmes en n’observant pas les canons de bienséance de l’époque.

Ce qui est intéressant c’est d’assister à tous les us et coutumes de l’époque aussi bien privés que sociétaux. C’est toute la vie de Kristin, maîtresse d’un grand domaine que nous décrit l’auteure. Aussi bien le quotidien d’une grande maison en tant que famille élargie, le couple, les enfants, les serviteurs, toute la maisonnée nous est décrit avec précision. Ainsi que les difficultés pour les femmes de l’époque de donner la vie, chaque naissance est un défi, le décès des mères ou des enfants étant fréquents. Les descriptions sont fortes, poignantes. On tremble pour l’un ou l’autre.

Les personnages principaux sont très attachant avec leurs qualités et leurs défauts, rien n’est blanc ni noir, c’est la vie qu’il faut prendre comme elle vient. Leur psychologie est très fouillée, on se trouve dans leur questionnement de ce qu’il est bon de faire ou pas. Quelle décision prendre, pour un peu on se poserait nous même la question.

La multiplicité des personnages est un peu perturbante, les noms scandinaves n’arrangent pas la chose. Il faut se laisser prendre par l’intrigue et lire attentivement chaque phrase, chaque page. C’est une histoire à la fois simple par l’image de Kristin mais aussi très complexe lorsque l’on rentre dans sa tête. Elle n’est vraiment jamais en repos, son amour d’Erlend et de ses enfants mais aussi de la religion ne lui laisse aucun répit.

Dans la troisième partie de ce tome, l’Histoire s’invite au rendez-vous. La Scandinavie de l’époque est l’union du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Un seul roi, donc des troubles et des complots. Erlend, Norvégien va se retrouver mêler à la grande Histoire.

Merveilleuse histoire encore avec ce tome 2.


TOME 3 - LA CROIX 

Et nous voilà au troisième tome de cette superbe chronique. Chronique d’une femme, d’une mère, d’une époque et d’un pays. Chroniques de sa jeunesse, de son amour, de ses maternités, de ses doutes, de ses joies et de ses peines. Toute chose de sa vie est décrite et racontée avec beaucoup de détails et nous entrons de plein fouet dans ses pensées les plus intimes.

Toujours de superbes descriptions de la nature et des domaines de nos héros. Leurs vies sont riches en événements et en coup du sort. Mais ils sont forts surtout Kristin qui porte beaucoup de choses à bout de bras. Erlend son époux, banni de son pays s’installe avec Kristin et ses enfants dans le domaine des parents de son épouse. Ces derniers étaient très aimés et appréciés de leurs voisins mais en revenant chez elle avec sa famille Kristin va vite sentir le rejet et la méfiance de leur entourage. Seul sa sœur Ramford et son beau-frère Simon les reçoivent avec chaleur et affection. Mais les rancœurs et les inimitiés ne sont jamais bien loin et gâchent la bonne entente de la famille.

Où l’on voit aussi les fils de Kristin grandir, et prendre en indépendance. Ils se rapprochent de leur père et quoi de plus normal cherchent à lui ressembler. Kristin à l’âme d’une battante pour son domaine et sa famille, Erlend chevalier de son état est plus un guerrier avec l’attirance de la liberté et de l’aventure. Deux caractères différents mais qui s’aiment profondément. Sauront-ils dépasser leurs différences ?

Une magnifique fresque qui transporte par l’écriture vive et dynamique de Sigrid Undset, elle est tout empreinte de poésie et de la violence de l’époque. Aussi bien violence sociale que familiale avec les heurts et les mésententes entre différentes familles et même dans les familles. C’est une approche de la société réaliste et sans fioritures. On vit vraiment le roman.

Un gros coup de cœur.. Un portrait de femme de sa naissance à sa mort. Beaucoup de ses tourments sont ceux de son époque mais aussi de la nôtre surtout dans son rôle de femme et de mère. Son angoisse pour le devenir de sa famille, de son amour et de ses enfants.

Ce fut une lecture aussi belle qu’exigeante. Chaque chapitre a son attrait et chaque moment aussi intime qu’aventureux à de la puissance dans la narration. Il faut aussi suivre les nombreuses parentés des uns et des autres, leurs inimitiés, leurs alliances et aussi leurs noms à rallonge qui m’ont demandé un certain temps d’adaptation ;-)

L’histoire de Kristin est belle, émouvante c’est une femme de son époque qui malgré la condition féminine au Moyen-Âge vis à vis de son époux et surtout de l’Église s’est comportée d’une manière libre et forte. Elle a pris son destin en main tout en étant très pieuse mais aussi très orgueilleuse. Ce qui l’a rend d’autant plus attachante.

J’ai repéré un autre livre de Sigrid Undset qu’il me plairait bien de lire un de ses jours (en général ce sont de bons gros pavés de lecture) : Olav Audunson…

Les carnets secrets du Général Huntziger (Max Schiavon)



Saint-cyrien, le général Huntziger (1880-1941) a choisi l'infanterie coloniale dès sa sortie de l’École spéciale militaire et fait une carrière extrêmement brillante qui lui a valu d'être promu général à 48 ans. Chef de la IIe armée de septembre 1939 à mai 1940, c'est lui qui négocie le mois suivant les armistices avec les Allemands et les Italiens. Personnage essentiel du début de la Seconde Guerre mondiale, il est controversé à cause de décisions malheureuses prises durant le conflit, mais surtout du fait de son action ultérieure comme ministre de la Guerre durant quatorze mois. De 1938 à 1941, le général Huntziger tient des carnets personnels qui apportent une mine d'informations nouvelles à propos du rôle des responsables politiques et militaires. qu'il s'agisse des actions envisagées ou entreprises, de la perception des événements internationaux, de l'ambiance et du rôle de chacun, notamment à Vichy. Inédits, d'une grande valeur historique, ces carnets ont l'avantage de ne pas avoir été retouchés après-guerre du fait de la mort accidentelle du général dans un accident d'avion. Huntziger est sans doute le dernier, parmi les principaux personnages de l'Etat français, dont on savait si peu jusqu'à aujourd'hui.


Charles Huntziger est né en Bretagne à Lesneven dans le Finistère le 25 juin 1880 d’un père alsacien (Un optant de Guebwiller – c’est à dire un Alsacien qui a choisi de quitter les territoires annexés par l’Empire Allemand en 1871 à la suite de la guerre franco-allemande en 1870 pour conserver la nationalité française) et d’une mère bretonne. Il meurt accidentellement dans un crash d’avion le 12 novembre 1941. 

Il a tenu des seconds rôles pas toujours glorieux. Début septembre 1939, le général Gamelin lui confie le commandement de la IIème armée à la charnière de Sedan. A la mi-mai 1940 c’est l’assaut des Panzer et la défaite des français. Il partage avec le général Corap, la responsabilité du désastre.

Ce recueil de carnets débute par une biographie succincte du général, qui a fait ses preuves en tant qu’officier dans l’Infanterie coloniale et a gravit les différents échelons en tenant des postes très importants au fil de ses affectations outre-mer, principalement au Levant. Apparemment fin diplomate il mène à bien différentes négociations avec le Liban, la Turquie. Il est très apprécié de sa hiérarchie et il accède donc à de très hautes responsabilités militaires et de diplomatie.

Puis ces carnets portent sur les mois de l’immédiat avant guerre et ceux de la drôle de guerre. Il est chargé d’assumer le rôle peu enviable du principal signataire français de l’armistice de Rethondes. Puis c’est le régime de Vichy à la commission de Wiesbaden puis Ministre de la guerre.

Il meurt dans un accident d’avion en novembre 1941 en laissant niveau Histoire un renom très controversé.

Ce qui m’a frappé c’est de voir à quel point il existe peu avant cette seconde guerre mondiale en France un climat d’intrigues basse politicienne, ainsi que des dysfonctionnements flagrants dans l’organisation des armées, tout cela déréglant les organes supérieurs de décision. Un vrai panier de crabe, malsain qui est très préjudiciable à la prise de décision car ce sont des calculs individuels des protagonistes et cela Huntzinger en est parfaitement conscient….

Ce livre est pour moi une découverte de l’homme bien sûr, mais aussi d’une période fort sombre. Je connais très peu cette époque du moins j’en connais les grandes lignes. Il est vrai que la drôle de guerre je la connais de nom mais sans plus.

A travers ces carnets il y a la parole du général Huntziger qui consigne ses impressions, ses points de vue, les grands événements, les différentes décisions prises au plus au niveau, sa vision des différents personnages haut placés qui l’entourent.

Ce que j’ai beaucoup apprécié ce sont les notes de l’auteur Max Schiavon qui donne un éclairage sur les différents événements évoqués. Ce dernier est docteur en histoire et a dirigé la recherche du Service historique de la Défense. Il a une connaissance très poussé des élites militaires.

Un livre pour les passionnés de la seconde guerre mondiale pour découvrir une personnalité très controversé, de part sa participation au gouvernement de Vichy. Des carnets intimes du général annoté par l’auteur qui en donne une lisibilité très intéressante.

Personnellement ce fut pour moi une découverte enrichissante mais difficile à assimiler. J’aime découvrir les époques que je méconnais et dans lesquels je ne suis pas forcément à l’aise. Toujours à la découverte du passé et là en l’occurrence un passé proche.

Merci à l’équipe Babelio et aux Éditions Pierre de Taillac pour cette masse critique.

lundi 2 mars 2020

Siège 7A (Sebastian Fitzek)




Pour sauver sa fille, un psychiatre doit provoquer le crash de l'avion à bord duquel il a pris place. Le douzième suspense de Sebastian Fitzek, numéro 1 du thriller en Allemagne.
Il existe une arme létale que chacun peut embarquer sans encombre à bord d’un avion.

Aucun contrôle au monde ne peut la détecter...
Un vol de nuit Buenos Aires-Berlin.
Une passagère fragile psychologiquement.
Un psychiatre contraint de la manipuler afin de provoquer le crash de l'appareil. À défaut, sa fille, la seule famille qu'il lui reste, mourra...


Niveau polar, ceux qui me connaissent, savent que je suis allergique au gore, sanguinolent et terrifiant. Je préfère le polar psychologique, les enquêtes bien menées et palpitantes.

Quand j’ai reçu ce service presse j’ai été bien servi, (merci les éditions l’Archipel et Mylène), un polar comme j’aime.

Le docteur Krüger, éminent psychiatre allemand, vit à Buenos Aires et doit rejoindre sa fille qui est sous le point d’accoucher. L’angoisse émerge dans le livre quand Nele, sa fille se fait enlever par un personnage carrément perturbé, obsédé par des considérations animalières qu’il veut appliquer à Nele. Malheureusement ce pauvre bougre est manipulé par un cynique maître-chanteur, qui menace Krüger de laisser mourir sa fille dans les mains de son kidnappeur s’il n’obéit pas à sa demande de faire crasher l’avion dans lequel il se trouve.

Krüger a lui même la phobie de l’avion, mais par amour pour sa fille, il surmonte plus ou moins son handicap et met tout en œuvre pour s’en sortir et protéger les passagers tout en cherchant à sauver sa fille.

La narration s’alterne entre les différents personnages, Krüger, Nele et Feli (jeune psychiatre que Krüger a contactée pour faire des recherches sur l’enlèvement de Nele).

L’histoire est palpitante, les rebondissements nombreux, les personnages bien campés. Krüger tout en étant psychiatre est un homme fragilisé par ses propres démons. Nele se retrouve dans une situation très particulière d’accouchement entre gérer la folie de son kidnappeur et l’arrivée de son « petit cœur ». Feli est quand à elle l’élément qui fait tenir Krüger dans son combat pour sa fille.

L’alternance des chapitres avec les protagonistes donne un sentiment d’urgence et d’angoisse qui porte le livre.
J’ai beaucoup aimé l’écriture de Sebastian Fitzek que je découvre comme auteur. C’est palpitant, on n’a pas envie de lâcher la lecture, un chapitre en entraînant un autre. L’auteur nous distille certains éléments véridiques sur les risques de crash d’avions, de tests psychologiques pour le personnel navigant qui sont en cours de décisions politiques, on se souvient du crash d’avion récent provoqué par un copilote dérangé psychologiquement.

C’est son douzième roman et je le note pour de prochaines lectures

mardi 25 février 2020

L’empire de l’atome (A.E. Van Vogt)



Clane, né difforme et maudit par les dieux de l'Atome, aurait dû mourir. La sentence est d'ordinaire sans équivoque : les mutants doivent être éliminés. Seulement, quand on naît prince héritier de l'empire de Linn, la situation est nécessairement différente. La malédiction de Clane sera ainsi plus douloureuse encore, condamné à vivre en paria, haï, méprisé et martyrisé.
Il est donc décide que l'enfant sera pris en charge par les prêtres de l'Atome, et bénéficiera d'une éducation sur mesure, éducation pour laquelle il révèle d'ailleurs vite de grandes dispositions.
Alors qu'autour de lui complots et guerres laissent dans leur sillage mort et désolation, Clane entreprend de tisser un réseau de fidèles... Car un jour, de lui seul dépendra le salut de l'Empire. 


Premier tome du cycle de Lynn écrit en 1956 par Alfred Alton Van Vogt communément appelé A.E. Van Vogt. Ce dernier est un auteur canadien né en 1912.

Dans le monde de l’atome, écrit après guerre et la bombe atomique d’Hiroshima et Nagasaki, on ressent bien le peu d’informations concernant l’atome. Tout paraît magique ou religieux dans l’explication de l’utilisation de la radioactivité.

Clane jeune mutant, né dans la famille dirigeante de Linn devrait normalement être supprimé comme beaucoup d’enfants bénis par les dieux de l’atome, mais son grand-père convaincu par un savant précurseur Joquin, le remet entre les mains des savants. Il sera instruit et protégé par Joquin et par d’autres savants de l’atome. Il devient un jeune très érudit et précoce, très au fait des stratégies militaires, des sciences en général. On pourrait dire comme aux échecs qu’il prévoit tous ces coups à l’avance. Et il a de qui tenir, déjà son grand-père l’Empereur, sa grand-mère Lydia nagent avec habileté dans la cour de Lynn, où tout est prétexte à éliminer celui qui gène.

Mais Clane est aussi un précurseur dans le sens où il aimerait bien abolir l’esclavage, la population d’esclaves pouvant devenir menaçante pour les hommes vu leur nombre grandissant.
Là aussi, il aura vu juste. Mais n’en disons pas plus.
Tous ces personnages Clane, L’empereur, L’impératrice Lydia, son fils Tew né d’un premier lit, sont décrits avec précision, et se partage l’affiche. Leur point commun : le pouvoir. Moins pour Clane car mutant il ne se fait guère d’illusion sur sa capacité à accéder au pouvoir suprême. Mais c’est un conseiller précieux, mais méconnu.

L’écriture de Van Vogt m’a paru particulièrement froide, cartésienne. On le lit avec facilité mais sans émotion. C’est mon humble avis. J’ai lu Les joueurs du A et A la poursuite des Slans, il y a déjà de nombreuses années, mais ne m’en souvient pas particulièrement. Le prétexte du challenge du Trio auteur de Fifrildi m’en donne l’occasion et cette lecture commune en particulier. Je compte bien continuer avec la suite Le sorcier de Linn, rien que pour voir comment ce termine l’épopée de Clane. La curiosité l’emportant sur l’évolution donnée à la défense de notre galaxie. Je l’aime bien ce Clane, il a tout, malgré sa difformité, pour être Empereur définitif de l’empire de Linn. Un super héros en devenir grâce à sa connaissance de la science et son savoir en diplomatie.

A voir la suite : Le sorcier de Linn

jeudi 20 février 2020

La chorale des dames de Chilbury (Jennifer Ryan)


1940. Un paisible village anglais voit partir ses hommes au front. Restées seules, les femmes affrontent une autre bataille : sauver la chorale locale pour défier la guerre en chantant. Autour de Miss Primrose Trent, charismatique professeur de chant, se rassemble toute une communauté de femmes, saisie dans cet étrange moment de liberté : Mrs. Tilling, une veuve timide ; Venetia, la « tombeuse » du village ; Silvie, une jeune réfugiée juive; Edwina, une sage-femme qui cherche à fuir un passé sordide. Potins, jalousies, peurs, amours secrètes... Entre rires et larmes, Jennifer Ryan, s'inspirant des récits de sa grand-mère qui a vécu le conflit depuis un petit village du Kent, sonde les âmes de ce choeur que vous n'êtes pas près d'oublier.



Une lecture commune faite avec mes copinautes.

Malgré une multitude de personnages (ce qui m'a un peu perdu au début j'avoue), j'ai aimé ce roman entre épistolaire et reflets de journaux intimes.

On entre de plein fouet dans le quotidien des habitantes du petit village de Chilbury durant la seconde guerre mondiale. Les hommes et les garçons sont partis à la guerre, mais la vie continue; chacun(e) doit aller de l'avant. 

Basé sur les récits de la grand-mère de l'auteure, on se prend tout de suite d'affection pour ces femmes qui ne perdent pas espoir et sont solidaires. Une histoire amusante et touchante.

Une jolie découverte !

mardi 18 février 2020

Théo super-héros de la nature, 1 SOS Insectes (Anne-Marie Desplat-Duc)

Il arrive à Théo, 10 ans, quelque chose d'incroyable ! Tout ça parce qu'il a sauvé une limace cachée dans une salade. Le voilà choisi par les petits animaux du jardin pour sauver la nature. Quelle formidable mission ! Mais comment s'y prendre ? 
Avec l'aide de Maëlle et de ses amis, il décide de tenter l'aventure.

Un roman qui va sensibiliser les enfants à l'écologie et à la sauvegarde des espèces. Premier tome d'une nouvelle série, j'ai beaucoup apprécié ce roman. D'une typographie variée pour mettre en avant certaines parties du texte, cette série est adressée aux lecteurs dès 8 ans.

Un sujet très actuel et l'auteure n'y est pas allée de main-morte quant aux dénonciations. Bravo ! 

Théo est un jeune garçon qui va comprendre le calvaire de tous les insectes et apprendre grâce à leur aide comment lutter contre les insecticides qui polluent les champs et tuent les animaux. Une lutte s'engage contre le monstre Tosanmo. Aidé de son amie, de sa maîtresse et de ses camarades de classe, il va mettre sur pied un projet d'envergure. 

Bien écrit et illustré avec talent par Mathilde George, je recommande ce roman à tous les petits lecteurs, à leurs parents et à leurs enseignants. 

Merci aux éditions Scrineo et à Netgalley pour ce service presse.





lundi 17 février 2020

Marlène (Hanni Münzer)



Allemagne, juillet 1944. Marlène se souvient de son passé, celui qui a fait d'elle l'une des femmes les plus recherchées du Reich. Après Au nom de ma mère, Hanni Münzer nous dessine le portrait d'une femme courageuse, prête à tout abandonner pour changer le cours de l'Histoire.
Qui est la véritable Marlene.

Munich, juillet 1944. L'une des femmes les plus recherchées du IIIe Reich se tient face à la maison bombardée de Deborah et de son frère, qu'elle croit enfouis sous les décombres. Si elle était arrivée la veille, Marlene aurait pu les sauver.
Mais qui est au juste cette femme ? La veuve d'un notable connu pour ses sympathies nazies ? Une actrice en devenir ? Une résistante ?
Marlene va devoir prendre l'une des décisions les plus difficiles de sa vie : épargner la vie de millions de personnes... ou sacrifier l'homme qu'elle aime.
Dans le sillage d’ Au nom de ma mère, ce roman s'attache au destin d'une femme courageuse, confrontée aux soubresauts de l'Histoire.

Prix Skoutz, du meilleur roman historique


Quand j’ai reçu ce livre, tout de suite je me suis dit qu’il valait mieux lire le premier : Au nom de ma mère ce dernier posant bien tous les personnages. Et j’ai bien fait. Du point de vue de la chronologie de l’histoire et de l’Histoire c’était plus explicite.

On assiste dans le premier à l’entre deux-guerres à la montée du nazisme et d’Hitler ainsi qu’à la discrimination mise en place contre les juifs.

Dans Au nom de ma mère c’est surtout l’histoire de Deborah qui est contée, dans Marlene c’est celle d’Anna Von Dürkheim alias Greta Jakob alias Marlene de son nom d’espionne pour la résistance allemande.

J’ai dévoré ces deux livres d’une traite et j’ai adoré.
Ce sont des romans avec des personnages principaux fictifs, mais l’ambiance de l’époque est bien retranscrite. On sent la chape de plomb qui a envahi l’Europe mais aussi l’Allemagne. Tout le monde a peur, et la peur n’est pas toujours bonne conseillère. Certains préfèrent se mettre du côté du plus fort et ainsi commettent des atrocités ou ferment les yeux sur l’innommable et d’autres s’élèvent contre la tyrannie avec conviction mais en paient la plupart du temps le prix fort.

Dans le premier tome l’action se passe essentiellement en Allemagne dans le deuxième nous sommes le plus souvent en Pologne à Cracovie. Ainsi qu’à Auschwitz.

Marlene est une héroïne comme on les aime. Forte, déterminée, astucieuse, courageuse et pleine de ressources. Malheureusement cette guerre ne l’épargnera pas ni dans son corps ni dans son esprit. La reconstruction sera difficile.

L’auteur nous conte donc cette histoire parfois à la manière d’un roman, parfois comme un journal. La plupart des chapitres commencent par de courtes citations d’hommes célèbres ou d’articles de journaux. L’ambiance est ainsi ramenée à la réalité de l’époque.
Certains faits évoqués sont des nouveautés pour moi et pourtant j’en ai lu pas mal sur cette période tourmentée.

Pour moi un excellent livre, romancé il est vrai mais poignant par le fait que ce soit une auteure allemande qui l’ait écrit et l’on sent que le sujet a été creusé et bien travaillé. C’est aussi un livre en hommage à tous ces morts inconnus déportés, torturés, résistants de la première heure bien avant le début de la guerre car en Allemagne la résistance a vu le jour dès l’accession au pouvoir d’Hitler et de ses premières exactions.

C’est aussi un livre qui porte haut les valeurs de l’amour universel entre les hommes et contre les discriminations aussi bien ethniques, raciales qu’entre hommes et femmes. Un vibrant hommage à toutes ces femmes qui ont mené à leur manière le combat contre l’injustice de l’époque.

Un très grand merci aux Éditions l’Archipel et Mylène pour cette très belle découverte.

mardi 11 février 2020

Quel malpoli ! (Olivier Tallec, Clare Helen Welsh)

Lulu a invité Coin-Coin pour le goûter, mais Coin-Coin est très malpoli. Lulu sent la colère monter peu à peu...

Un album qui a fait réagir les petits (1-2-3P) auxquels nous avons lu cette histoire.

Effectivement, Coin-coin est un vrai malpoli et un sans-gêne. Il se croit en terrain conquis lorsqu'il arrive pour un goûter. 

C'était très amusant de noter les réactions des enfants (indignations) au fur et à mesure de la lecture car tous (ouf !) ont acquis certaines règles de politesse.

Lecture faite en tandem avec ma collègue (toujours un régal de le faire à deux) et un vrai plaisir de ressentir les réactions des enfants.

Des illustrations épurées mais qui font le tout.

Un vrai succès pour la lecture de cet album.