dimanche 26 juin 2022

Les bouquinistes des quais de Paris (Thierry Chardonnet)

 





Leur tradition remonte au « bon roi » Henri IV et s'écrit avec celle des petits marchands de livres d'occasion et autres colporteurs. Il faut pourtant attendre 1789 pour que le mot « bouquiniste » apparaisse pour la première fois dans le dictionnaire de l'Académie française. Était ainsi nommé « celui qui vend ou achète des vieux livres, des bouquins ». Un petit monde à découvrir en flânant sur les rives de la Seine... A l'ère du numérique, les bouquinistes des quais de Paris résistent encore, à l'ombre de Notre-Dame qui renaît de ses cendres. L'ouvrage se compose de six chapitres et propose une centaine de documents rares, commentés avec précision.




A travers ce beau livre d’images, Thierry Chardonnet retrace l’installation et le devenir des bouquinistes de Paris. Depuis les tous premiers au 17ème siècle sur le Pont Neuf de Paris parmi le tohu-bohu que l’on peut imaginer à nos jours.

Bouquinistes du mot boeckin qui désigne un petit livre en flamand et Buck en allemand qui désigne un livre.

Ce sont de nombreuses cartes postales, gravures, dessins qui nous sont livrés au fil des pages. L’édition bilingue francais/anglais est parfaite pour le touriste qui se promènera le long des quais de Paris à la recherche de ses fameuses boîtes vertes ainsi que pour nous lecteurs et amateurs passionnés de livres.

On sent le travail minutieux fourni par Thierry Chardonnet, la compilation de tous ces petits morceaux d’un autre temps qui font revivre les gens qui ont contribué à faire vivre ce petit métier. Pour nous les amoureux des livres ce n’est qu’un pur moment de bonheur.

Merci à Virginie et aux Éditions de Borée pour ce beau voyage à travers le temps.

Zarra vient de la mer (Gaëtan Dorémus)

 





Un matin, Zarra atterrit dans un village de pêcheurs, déposée par la mer. Elle mélange les mots, ignore qui elle est et ce qu'elle fait là. Encore étourdie par son naufrage, elle rencontre Wendi, une enfant impétueuse et généreuse qui la prend en charge : un travail à la conserverie que dirigent ses parents, un logement dans la "Zone". Au fil des jours, leur amitié faite de jeux, de parties de pêches et de déjeuners au soleil aide Zarra à se retrouver un peu. Elle fait de drôles de rêves qu'elle dessine et décide de devenir artiste, avec l'aide Wendi. Mais il reste une zone d'ombre : qui est-elle ? Le gentil commissaire Koala pourrait facilement trouver son identité, mais il la met en garde : Zarra veut-elle vraiment savoir ?
88 pages – sortie le 12 mai 2022 aux Éditions La Partie




 
Lors de la dernière masse critique sur Babelio, j’ai eu le plaisir de recevoir ce charmant petit album des Éditions La Partie.
Écrit et illustré par Gaëtan Dorémus, j’ai découvert un dessin tout en douceur et très pastel, ainsi qu’un texte qui fait découvrir aux plus jeunes, l’amnésie, la confiance en l’autre, le sens de la différence, l’approche des métiers de la mer, des conditions de vie des plus démunis et le regard porté sur eux.

Zarra est un personnage gigantesque avec un cœur en or qui débarque un jour malencontreusement sur les rives du village de Wendy. Elle a fait naufrage, ne se souvient de rien, et se lie d’amitié avec la petite fille qui se met en quatre pour l’aider.

Une chaude amitié naît entre elles. Les problématiques des chocs sur la tête sont mis en avant : l’amnésie, l’inversion des mots. Le choc de ne pas savoir qui on est.

Un petit album que je vais offrir à ma petite fille qui commence tout juste à lire, le texte est très abordable, les dessins illustrent bien le fond.

Album à lire aussi aux plus petits sans modération et avec délicatesse.

Une bien jolie découverte.


samedi 25 juin 2022

Le sortilège Modiano (Nicolas Bocq)

 



Marc Viker est un avocat au bout d'une brillante carrière, obnubilé par les images récurrentes de son passé qui le poursuivent sans relâche.


Pour essayer de s'en sortir, il décide d'aller à la rencontre de son amour de jeunesse lors d'un congrès à Paris.

Comme toujours, il trouve du soutien dans les lectures de son auteur préféré, Patrick Modiano.

Mais souhaite-t-il réellement se délivrer de ce sortilège dont il semble définitivement affecté ?


Biographie de l’auteur :

Né en 1976, Nicolas Bocq est médecin généraliste. Après avoir grandi en pays de Beauce, son cursus médical l'a mené à Tours puis à Paris où il a passé son internat de médecine. Installé depuis près de 20 ans sur le port de La Rochelle, il partage sa carrière entre la pratique de la médecine générale et l’exercice d'expert judiciaire auprès des tribunaux. Il est également médecin départemental de la Police Nationale.



En 2020 je découvrais l’écriture de Nicolas Bocq avec « La matière noire » court livre à consonance autobiographique. J’avais adoré.

Avec Le sortilège Modiano, c’est toujours avec sensibilité que l’auteur nous emmène dans l’intimité de Marc Viker, brillant avocat à l’enfance heureuse mais pauvre. L’homme a réussi, s’est élevé à la force du poignet et beaucoup de travail. Des rencontres l’ont aussi transformées, un ami lui a transmit les codes de la société qui lui manquaient. Une rencontre littéraire à travers les livres de Modiano, prix Nobel de littérature, lui apporte aussi une substance intellectuelle qui le guide dans certains moments difficiles de sa vie.

C’est avec délectation qu’il lit et relit des passages de livres qui l’interpellent dans ces moments là.

Après une vie bien remplie, il se retrouve à un tournant où il a besoin de mettre les choses de son enfance à plat, des humiliations et blessures l’ont marqué à vie. Mais comme le dit Modiano, est-il bon ou non d’avoir les réponses. C’est à Marc Viker de faire son choix.

Comme son livre précédent, j’ai adoré ce livre plein de sensibilité, de questionnements, de retours en arrière. Marc Viker est un homme complexe qui n’a pas su se libérer de ses angoisses de jeunesse. A côté de cela c’est ce qui fait sa force. Mais un jour ou l’autre le passé vous revient en pleine figure.

Belle écriture, agréable à lire et relire. Merci à Nicolas Bocq de m’avoir permis de lire son dernier livre. On y sent tout son travail et son amour de la prose de Patrick Modiano. Moi, qui n’en aie jamais lu, je vais me laisser tenter. ;-)




mercredi 22 juin 2022

L’assassin au bout du couloir (Nana Malone)

 



Cette fois il n’y a pas que l’amour qui est sous couverture…

Être impliqué dans une fusillade n’est pas exactement ce qu’on appellerait un rencard traditionnel. Mais ce n’est pas comme s’il y avait quoi que ce soit de traditionnel entre Lyra et Marcus. C'était déjà assez difficile de cacher leur travail sous couverture l'un à l'autre, mais découvrir que leurs agences sont des ennemis jurés ? Ça devient carrément gênant.
Lyra n'a jamais été connue pour son self-control, mais tirer sur son petit-ami est un tout nouveau record. Marcus n'est pas le genre d'agent à désobéir aux ordres, mais il ne semble pas pouvoir détacher ses yeux - ou ses mains - de la femme exaspérante qu'il est censé oublier. Le danger se rapproche de toutes parts, les obligeant à faire équipe pour résoudre leur problème commun... mais l'ennemi est déjà plus proche qu’ils ne le pensent.





En février dernier, dans le cadre de l’opération Babelio/Kobo je lisais le premier tome « L’espion d’à côté » du même auteur. Un bon moment de divertissement. Avec ce tome 2, l’aventure et la romance très très sexy, reprend de plus belle. Lyra et Marcus ne savent plus trop où ils en sont avec leurs agences très secrètes. Que se trame-t-il en coulisse, qui fait quoi et qui est qui ? Lyra est menacée, Marcus veut la protéger. Et quand l’amour s’en mêle, c’est très explosif. Le langage aussi ainsi que les scènes de sexe. Un peu trop je dirais, un juste milieu aurait été plus agréable ainsi qu’un langage un peu plus policé. Les p****, m*** reviennent un peu trop souvent et ça gâche les dialogues.

L’action espionnage quand à elle est très classique, nos deux héros ont affaire à plus fort qu’eux et surtout qui est contre eux ? Ce sera le suspens de l’histoire.

Un livre que je verrais bien en film de série B, qui ne demande pas trop à réfléchir et qui distrait bien. Lyra et Marcus sont mignons à souhaits et sont de bons agents espions. La castagne et les scènes de bagarre sont au rendez-vous et on dégomme du méchant...Que demande le peuple !!!

Encore merci à Babelio et à Kobo pour cette participation à leur masse critique privilégiée. Cela me permet de découvrir des auteurs que je n’aurais jamais lus sinon.

jeudi 16 juin 2022

Malatraix (Emmanuelle Robert)




Septembre 2020: une sportive fait une chute accidentelle en courant de Montreux aux Rochers-de-Naye. Accidentelle, vraiment? Une ombre plane sur les sentiers de montagne, mettant en émoi la communauté des adeptes de l’ultra-endurance. Mais qui les croira ?
Entre deux vagues de covid-19, de fêtes clandestines en courses annulées, des destins basculent ; des non-dits éclatent au grand jour. Sur fond d’enquête policière, Malatraix déroule une intrigue haletante dans un univers inexploré par le polar, le trail, au cœur des somptueux paysages des Préalpes. Un thriller à vous faire passer le goût des balades solitaires!



Un roman que j'ai vu passer dans ma biblio et dont le résumé m'avait titillé. 
Sur les conseils d'une amie, je me suis plongée dans cette lecture. 

Un roman qui m'a fait beaucoup rire, car le tueur m'a rappelé certaines connaissances qui râlent contre les traileurs et tous ceux qui n'ont rien à faire en montagne. Pratiquant la course à pied, j'étais intéressée par le contexte du récit. 

Une lecture qui m'a fait voyager dans les paysages et lieux de ma région. 

Des personnages attachants, sans manquer me remettre en mémoire certains notables connus. 

Un petit roman sans prétention, des relations entre les personnages avec parfois trop de coïncidences, presque un huis-clos. 

Mais j'ai eu beaucoup de plaisir avec cette lecture "régionale" et vraiment aimé ce tueur revenchard (mon goût prononcé pour les méchants, même si sa fin était prévisible). 

Plaisant à lire pour les habitants de la Riviera vaudoise; les autres risquent de ne pas adhérer à ce polar régional. 


vendredi 3 juin 2022

L'étoile de la providence (Alain Delage)

1972 : Florian, retraité de l'aéronautique, se rend avec sa compagne au palais de l'Élysée afin d'y être décoré de la Légion d'honneur. Il ne comprend pas pourquoi. L'évocation de sa jeunesse lors de la cérémonie lui permettra peut-être d'y voir plus clair... 1910, retour en arrière : Florian a 12 ans et vit en Algérie française auprès d'un père militaire et d'une mère aimante. Lorsque celle-ci décède subitement, le jeune garçon, abandonné par son père, est envoyé dans une école militaire du Gard, contre son gré. Là-bas, de rencontres providentielles en expériences formatrices, il prendra en main sa destinée et n' écoutera que son courage. 




Dernier livre en date d’Alain Delage, celui-ci sort en ce début du mois de juin.
De cet auteur j’ai déjà lu un très beau roman du terroir « Le banni des Hautes-Terres ». 

Un style, une écriture précise, détaillée et fort agréable, Alain Delage démarre son histoire dans les années 70, sous la présidence de Georges Pompidou. Ce dernier décerne la légion d’honneur à Florian Duval qui en est le premier surpris, pourquoi, comment ? Il n’a rien demandé. 

1910, à Blida en Algérie, Florian a une vie heureuse entourée de sa mère qui attend un heureux évènement. Son père, militaire est pratiquement absent de leur vie en plus d’être un coureur de jupons. 

Un beau jour, la vie de Florian va prendre un tournant dramatique. Il sauve la vie d’un nourrisson dans la fournaise d’un incendie. Et tout s’enchaîne. 

Le drame est là. Son père l’inscrit dans une école d’enfants de troupes à Saint Hippolyte du Fort dans le Gard. Une nouvelle vie démarre pour lui entre études et vie militaire. Ce sont aussi les débuts de l’aviation. Les aéroplanes vont rentrer dans sa vie et ne le quitteront plus. 

Très beau roman. Une histoire fictive dans la grande Histoire. Un hommage à tous ces hommes qui ont fait l’histoire de l’aviation et à qui l’on doit tous les progrès qui s’y réfère. 

Ici on rencontre deux aviateurs célèbres René Duval, homonyme de Florian et Paul Hanouille. Le meeting décrit à Saint Hippolyte du Fort a réellement eu lieu en 1912. 

Alain Delage nous immerge dans ce monde à la fois ancien et si proche. Tant de progrès en si peu de temps!!!. 

J’ai beaucoup aimé suivre les aventures de Florian dans une France en pleine mutation 

Un grand merci à Virginie des Éditions de Borée de me l’avoir fait découvrir. 

vendredi 27 mai 2022

Il nous restera ça (Virginie Grimaldi)

À 33 ans, Iris trimballe sa vie dans une valise.
Théo, 18 ans, a peu de rêves, car ils en foutent partout quand ils se brisent. 
À 74 ans, Jeanne regarde son existence dans le rétroviseur. 
Rien ne les destinait à se rencontrer. 
Quand le hasard les réunit sous le même toit, ces trois êtres abîmés vont devoir apprendre à vivre ensemble. La jeune femme mystérieuse, le garçon gouailleur et la dame discrète se retrouvent malgré eux dans une colocation qui leur réserve bien des surprises.
C’est l’histoire de trois solitudes qui se percutent, de ces rencontres inattendues qui sonnent comme des évidences.

 
Encore une fois, je suis bluffée par le talent de cette auteure. 

Dès les premières lignes j'ai été happée par son récit, ses personnages (au point de presque brûler mon dîner...). 

Prise dans ce récit, je n'avais qu'une envie : le poursuivre et ne pas arrêter ma lecture.

Des personnages écorchés vifs, des douleurs qui se rencontrent et s'apprivoisent.

Des mots qui frappent au coeur.

Le deuil, l'isolement, la vieillesse, la précarité, la violence conjugale : des thèmes abordés avec pudeur et justesse. 

Une lecture prenante, tendre et touchante.

Gros coup de coeur pour ce roman. 







mercredi 11 mai 2022

Des ombres sur la pierre (Claire Michaud-Destriau)

Une boîte en fer pleine de cassettes audio, chacune portant un numéro. Quelles confidences ces vieilles bandes magnétiques ont-elles pu recueillir ?


Tess a onze ans lorsqu’elle perd ses parents et sa sœur dans un accident de la route dont elle est la seule rescapée. Douze ans plus tard, elle se résout à retourner dans le village ariégeois de son enfance et pousse, chancelante, la porte de la maison familiale, dans laquelle le temps semble s’être arrêté. Que cachent les murs de cette ancienne bergerie ? 

Au gré de ses recherches et de quelques rencontres, le voile se lève progressivement sur les fantômes et les rivalités insoupçonnées du passé. Un monde d’adultes plein de secrets, telles des ombres sur les pierres de sa reconstruction. 

Sortie le 14 avril 2022





Ayet en Ariège en pleines Pyrénées orientales, un petit bourg, une famille en week-end qui reprend la route . Une dispute, puis l’accident. De ce drame, seule Tess fillette de onze ans survit à ses parents et à sa sœur aînée. 
C’est une enfance en manque d’affection et de parentèle aimante qui l’attend. Arrivée à l’âge adulte, la jeune femme qui se sent mal dans sa peau d’être une survivante, revient sur les lieux de son enfance heureuse et insouciante. 

Mais l’enfance ne connaît pas les adultes, leurs secrets, leurs choix. C’est tout un monde inconnu qui va se révéler à ses recherches. Et il n’est pas toujours bon de remuer le passé, il peut se révéler aussi pesant que l’ignorance. Les ombres sont sur les pierres. 

Roman original, la narratrice, l’auteure construit une histoire à travers des cassettes retrouvées par hasard dans un vide-greniers. Elle va s’immerger dans l’histoire de Tess et nous livre un roman sur la difficulté de faire le deuil de l’enfance, des chers disparus, de ce qu’ils étaient vraiment. L’enfance est innocente et insouciante et ne se rend pas compte des drames qui se joue à côté d’elle. 

Une chronique familiale qui retrace bien cette douleur, et ce mal-vivre des survivants. On le ressent à chaque page. De plus l’auteure nous emmène à la découverte de cette belle région d’Ariège, de ses paysages, de sa faune, de ses senteurs. Tout cela fait ressurgir les souvenirs de la jeune Tess, car souvent enfant ce sont des sensations, des odeurs, des lieux qui ramènent les souvenirs. 

Belle écriture, fluide et immersive, par moment poétique. 

Merci aux Éditions de Borée de m’avoir fait découvrir cette auteure.

lundi 9 mai 2022

L'Etrusque (Mika Waltari)

L'Étrusque est à la Grèce antique ce que Cent ans de Solitude de Gabriel Garcia Marquez est à la Colombie, un voyage dans le temps. Sachant, en plus, que Mika Waltari avait vraiment le don surnaturel de voyager dans le temps, ce livre est encore plus extraordinaire: il lui suffisait de prendre dans sa main une pièce en or de l'époque sur laquelle il écrivait pour être instantanément transporté, avec le simple contact du métal, dans les ports, les forêts, les villes, les routes, les temples, les lieux sacrés, auprès des dieux et des déesses, et surtout de ses personnages.

La raison pour laquelle le jeune Turms a toujours été le personnage littéraire préféré de Pierre Jovanovic est qu'il a un Ange gardien, et que celui-ci est une femme! Turms tombe amoureux de cet Ange, "une" Ange, et il ne vit que dans l'espoir de la revoir.
Entre les pirates, le monde des esprits, les batailles, les Spartes, une prêtresse nymphomane, l'Oracle de Delphes et les déesses tutélaires, Mika Waltari nous emporte dans l'époque grecque la plus fertile et chez les Étrusques, juste avant leur disparition soudaine, toujours mystérieuse à ce jour.
Turms est le prêtre de la Fin des Temps étrusques. Sans le savoir, il annonce la fin d'une Ère.




Il y a quelques années je me suis laissée emportée par la lecture de Sinouhé de Mika Waltari. Une quête, une époque, un homme hors du commun. Avec mon amie Nadou, l’envie nous a pris de remettre cela avec l’Étrusque du même auteur. Nous voilà transportées sur les rives méditerranéennes entre la Grèce, la Sicile, Rome, les états étrusques. Nous partons à la découverte du monde antique du Vème siècle avant JC. 

Le début du roman nous présente Lars Turms, un vieil homme qui n’aspire qu’à la mort pour retrouver celle qui lui est le plus cher au monde. Pour nous lecteur, pour la postérité il se souvient. 

Turms ne sait pas qui est son père qui est sa mère. La foudre l’ayant frappée il a perdu la mémoire et part donc en quête de son identité. 

Guerrier il se lie d’amitié avec Deneios un spartiate, Mikon un médecin grec et surtout il tombe éperdument amoureux d’Arsinoé, une vierge sacrée nymphomane qui lui en fera voir de toutes les couleurs. Mais l’amour est aveugle. Son destin est en route. 

Car Turms est un être d’exception, il peut invoquer la foudre, la tempête, il échappe à de nombreuses situations critiques, la fortune lui sourit. Chaque point d’ancrage qu’il trouve lui en fait découvrir un peu plus sur lui. De l’Oracle de Delphes, à la Sicile avec les Sicares peuple primitif de l’île où il trouvera un peu la paix. Il découvrira toujours encore plus sur les diverses divinités et croyances de ce monde en perpétuel mouvement. A travers son cheminement c’est nous aussi lecteurs qui assistons aux us et coutumes, croyances et guerres de l’époque, des enjeux politiques entre la Perse et la Grèce. L’émergence de Rome, les fils de la louve guerriers et expansionnistes. Les Étrusques aux douze états gouvernés par des Lucumons, rois aux prérogatives à la fois terrestre et spirituel. Ils sont sensés parlés au dieux. 

En cours de lecture, surtout au début les élucubrations des héros, leurs extravagances, leurs lourdeurs m’ont un peu agacé et puis peu à peu au fil du roman, l’écriture de Mika Waltari, à la fois poétique et réaliste de cette époque révolue a éveillée des images dans ma tête. Je m’y croyais et les us et coutumes, le côté très mystique et superstitieux des peuples que Turms côtoient est passionnant. On se rend compte que toutes ces religions polythéistes se recoupent et s’empruntent leurs croyances en donnant de nouveaux noms aux anciens. 

C’est aussi l’histoire d’un homme qui se cherche, qui veut comprendre ce qui l’entoure mais comme tout homme de l’époque s’en réfère aux augures et oracles. Mais Turms n’est pas un homme ordinaire. 

Merci à toi Nadou, de m’avoir accompagné dans ce beau voyage dans le monde antique de Waltari, ainsi que pour tous nos échanges instructifs et oui car pour nous deux ce fut une belle découverte que ce monde Étrusque à la culture politique avisée et à la civilisation raffinée.